Pays-Bas : La gestion des poubelles soumise aux restrictions budgétaires

Sources: Fotosearch

Afin de réaliser une économie de 25 millions d’euros dans son budget, la municipalité d’Arnhem, au Pays-Bas, a décidé de supprimer 650 poubelles sur les 1300 existantes en dehors du centre-ville.

La plate-forme de renseignements Crow [organisme à but non lucratif de formation, d’information et de conseil] conseille dans une notice sur la gestion des poubelles de les placer tous les 25 mètres. En deçà de ce seuil, et les autorités en sont conscientes, la masse de déchets jetés par terre risque d’augmenter nettement.

Margreet van Gastel, adjointe au maire chargée de l’aménagement, de l’environnement et des affaires foncières d’Arnhem, y voit cependant l’occasion de favoriser l’ « autonomie » des habitants. “Il est incompréhensible que l’on jette des détritus dans la rue et que l’on s’attende à ce qu’un autre les ramasse. A quoi sommes-nous en train de jouer ?” demande-t-elle.

Cette décision invite les citoyens des Pays-Bas à réfléchir, notamment sur le rôle du service publique dans la gestion de la propreté : serait-ce si étonnant après-tout de voir un particulier balayer la rue qu’il habite ?

La sensibilisation à l’environnement n’en est pas moins nette : « des applications pour téléphones portables faciliteront le signalement à la municipalité de détritus non ramassés via une simple photo » décrit le journal néerlandais, De Volkskrant.

 

La gestion des déchets de plus en plus complexe

Pour les mêmes raisons qu’à Arnhem, la commune française de Nay, dans les Pyrénées-Atlantiques, a décidé qu’à partir de la semaine prochaine, les déchets du centre de la municipalité ne seront plus collectés en porte à porte mais en points de regroupement collectifs. Les priorités données à l’éducation ou à l’aide sociale obligent les communes à revoir leur budget et à réduire des frais de gestion de voies publiques.

Ces inquiétantes orientations ne sont pas généralisées à l’ensemble du territoire français. Les conseils municipaux restent sensibles aux enjeux environnementaux. Ainsi la ville d’Angoulême démarre aujourd’hui une semaine « pour une ville plus propre » et prévoit déjà l’installation de 30 nouvelles poubelles aux endroits appropriés, s’adaptant ainsi aux nouvelles pratiques, la prise des repas dans la rue par exemple.

Pourtant la gestion des déchets pose encore problème, sans mentionner les troubles qui secouent les villes italiennes, la France est touchée par quelques débordements. Les cas de poubelles à ciel ouvert au sud de Paris ou près de Toulouse sont des exemples parlant. La restriction budgétaire réduit les moyens de municipalité pour gérer les détritus de leurs citoyens et de leurs entreprises.

Le sujet est grave. Si on ne protège plus l’environnement des activités humaines, cela va endommager la planète et dégrader la santé même des individus. Les économies réalisées sur la réduction du nombre de poubelles pourraient créer de nouveaux coûts. Et ceux là pourraient ne pas être réductibles…

 

Sources:  Courrier International, le 20minutes,  sudouest.fr, charentelibre.fr, myeurop.info,  bfmtv,

Les nuisances de l’éclairage public

L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie) relance le débat sur la problématique de l’éclairage public. Dans l’une de ses études, relayée par le quotidien L’Est-Eclair, elle indique ainsi que « l’éclairage artificiel public occasionne 37 % des dépenses en électricité des municipalités, soit 7,10 € par habitant et par an en moyenne ».

Les motifs avancés par les municipalités pour justifier ces dépenses sont connus. Celles-ci mettent en avant l’apport pour l’esthétique des villes de l’éclairage public, ainsi qu’une nécessité de lutter contre l’insécurité. Mais selon le quotidien, son efficacité en matière de sécurisation « n’a jamais été démontrée ».

En outre, l’ADEME souligne qu’actuellement, près de neuf millions de lampes sont utilisées en France dans le but d’éclairer les villes et les campagnes, pour une consommation estimée à 5,6 térawatts par heure, soit l’équivalent de la production annuelle d’un réacteur nucléaire.

Un tel sur-éclairage aurait des conséquences importantes sur notre organisme, de même que sur la faune. La sécrétion de mélatonine – l’hormone du sommeil – chez l’Homme, diminuerait ainsi sous l’influence de la lumière artificielle environnante. Or, celle-ci contribue à stabiliser la tension par exemple. Les espèces animales, comme les oiseaux ou les chauves-souris, verraient pour leur part leurs repères s’estomper et seraient alors considérablement désorientées. Enfin, les insectes  trouvent dans la pollution lumineuse une grande cause de mortalité, devenant des proies faciles.

Des progrès devront donc être réalisés dans les années à venir, afin de rendre l’éclairage public plus durable. Poursuivant cet objectif, l’association Cluster Lumière qui regroupe les acteurs de de la filière, organisera le 29 septembre les premières rencontres sur le thème de la performance et de l’efficience durables dans l’éclairage public à Paris. Nous verrons ce qu’il en sortira.