La chasse aux terres rares s’organise

Le monopole de la Chine dans le commerce des « terres rares » pourrait à terme s’avérer bénéfique pour l’environnement. On parle ici selon les propos de l’AFP, du nom donné à un ensemble de dix-sept métaux indispensables à la fabrication de la plupart des produits de haute technologie.

Chercher à contourner le monopole chinois constitue ainsi la clef, et pourrait alors conduire à favoriser l’émergence d’une filière dédiée au recyclage de nos déchets électriques notamment, au sein desquels ces métaux sont présents.

C’est une ambition qu’a voulu incarner la société Récyclum en ce début du mois d’octobre, en organisant une importante opération de communication sur le Parvis de la Défense. Son objectif : présenter ces déchets comme un vaste « gisement de matières premières encore trop largement inexploité » et qu’il s’agit de valoriser, afin de sensibiliser l’opinion publique sur l’enjeu de leur recyclage.

L’entreprise souligne que 3 % du poids des lampes à économie d’énergie est ainsi constitué de ce type de métaux, présents en leur sein sous la forme d’une poudre fluorescente. Cette dernière est actuellement « neutralisée et stockée définitivement comme le mercure dans des installations spécifiquement agréées » sans être réemployée. Mais la donne pourrait changer sous l’impulsion d’un nouveau procédé développé par l’entreprise Rhodia, qui devrait rendre son recyclage possible à l’horizon 2012, et placer la France à la première place des producteurs de « terres rares » recyclées.

D’ici là, Récyclum renouvelle son appel aux Français afin qu’ils soient toujours plus nombreux à rapporter leurs ampoules dans l’un des 19.000 points de collecte dédiés.

Canicule : une mine d’or et de cuivre sous la mer

Fonds marins de PNG

Alors que des mineurs grévistes ont été exécutés de sang froid en Afrique du Sud, d’autres explorent les fonds marins à la recherche de matières premières : le cuivre et l’or. Quoi de mieux en période de canicule ? C’est dans les pays du Pacifique que l’intérêt porté aux ressources minières sous-marines est le plus fort. Il faut dire que la demande mondiale en métaux augmente incessamment, ce qui encourage évidemment l’exploration dans sous la mer.

La première opération commerciale jamais menée

En 2013, la première opération commerciale minière sous-marine jamais réalisée débutera sous le nom « Solwara 1 ». Le projet sera conduit par la compagnie canadienne Nautilus Minerals à laquelle le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) a accordé un permis de 20 ans pour « explorer et exploiter son fond marin ».

Un projet déjà vivement critiqué

Située à 1600 mètres de profondeur dans la mer de Bismark, la mine d’or et de cuivre concernée semble bel et bien riche en minerais, « dix fois plus que la moyenne pour les mines terrestres » à certains endroits, avec « 20 gramme par tonne » d’or et « 7% » de cuivre.

Le projet requière « plus de 400 millions de dollars » d’investissement pour une rentabilité assurée, avec des « revenus annuels de 800 millions » pour les deux ou trois années d’exploitation. La production annuelle s’élèverait à un plafond compris entre « 80 et 100 000 tonnes » pour le cuivre et « 150 à 200 000 once d’or ».

Parmi les critiques émises, les « faibles bénéfices » alloués à la population locale et des retombées basses pour l’économie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ces critiques sont formulées au regard de l’ampleur du projet et de ses risques environnementaux.

L’impact environnemental de ce champ minier sous-marin est évident compte tenu du fait que cette zone constitue une grande réserve de biodiversité. Il y existe un « écosystème et une diversité biologique méconnus » : des centaines d’espèces non identifiées y vivraient. Des opposants au projet estiment que les études menées sur ses impacts environnementaux sont bien insuffisantes. Ils affirment qu’en Asie du Pacifique, « déjà 1 million de km2 du fond marin est sous licence d’exploration ».

Pour information, l’entreprise Nautilus Minerals compte à elle seule près de « 524 000 km2 de fonds marins sous licence d’exploitation ou en attente de l’être, en PNG, Nouvelle-Zélande, îles Fidji et Tonga ».

Vu la raréfaction des ressources terrestres, la quête aux ressources marines ne fait que commencer… Et après ? Une fois les fonds marins épuisés ?

Pérou : l’Eglise défend des opposants à un projet minier

opposants à la mine i-service.com

L’Eglise est très vive en Amérique Latine. Au Pérou, elle s’érige même en médiateur dans un conflit minier. En effet, le nouveau président du Pérou, Ollanta Humala, en pouvoir depuis juillet, a proclamé, le 4 décembre, l’état d’urgence à Cajamarca afin de gérer son premier conflit social d’ampleur. Par sa déclaration, le président a donc autorisé le déploiement de l’armée dans la province, pour répondre aux deux semaines de manifestations qui ont paralysé la région.

Cette période s’étendra sur une période 60 jours, afin de rétablir « la paix et l’ordre interne » après « l’échec du dialogue avec les opposant de la mine Conga, du groupe américain  Newmont ».

La population s’oppose à un projet de mine d’or et de cuivre qui serait opérationnel d’ici 2014. Si les tensions semblent peu à peu s’apaiser, puisque l’état d’urgence restreint le droit de rassemblement et de manifestation, l’Eglise, à travers un prêtre français basé depuis 1987 à Lima, la capitale du pays, le Père Hubert Boulangé, tente de protéger la population, en se faisant le porte-voix de la menace que représente le projet industriel.

L’institution déplore que le projet minier implique de « creuser la montagne » en sacrifiant « quatre lacs naturels, la seule ressource en eaux dans cette région agricole, pour les remplacer par des lacs artificiels ».

A suivre…

 

Sources : Oecumene.radiovaticana.org, Canoe.ca

Australie : la taxe carbone travailliste soumise au parlement

L’initiative est osée. Alors que le gouvernement travailliste est le impopulaire depuis 40 ans, Julia Gillard, Premier Ministre, a annoncé dimanche 10 juillet son projet de loi de taxe carbone sur les gros pollueurs. Le prix est fixé depuis le début du mois : la taxe s’élèvera à 23 dollars australiens – 17,2 euros – par tonne de dioxyde de carbone émise.

Très peu fière de leur palmarès – l’Australie est l’un des plus gros pays émetteurs de CO2 de la planète, et où 80 % de l’énergie proviennent du charbon – les travaillistes ont décidé de prendre des mesures concrètes après avoir attendu 2007 pour signer le protocole de Kyoto.

Près de 500 gros pollueurs devraient être concernés

Pas moins de cinq cent entreprises polluantes vont être taxées dès juillet 2012. Les 17 euros exigés représentent trois euros de moins que le prix imposé par la Commission européenne. « Nous avons opté pour la solution la moins coûteuse », a précisé Mme Gillard dans un spot télévisé.

Le prédécesseur du Premier Ministre travailliste, Kevin Rudd, avait dû s’incliner l’année dernière devant la pression défavorable à son projet de marché de quotas d’émission. Arguant alors pendant sa campagne qu’elle ne passerait pas cette taxe, Julia Gillard s’est vue vivement critiquée par l’opposition présente dans les puissants groupes miniers, les compagnies aériennes, et le parti conservateur. Cependant « le dispositif mis en place par le gouvernement surprendra la plupart des gens par sa douceur » souligne un média australien. Le but est d’agir tout en calmant l’anxiété de l’électorat. En effet, au final, on dénombre plus de 60% des Australiens hostiles à la mesure. C’est pourquoi la mesure fait l’objet de quelques exceptions, les entreprises forestières ou les exploitations agricoles seront ainsi exemptées de taxe carbone.

Les opposants à la réforme dénoncent une importante hausse des prix. Les grandes entreprises craignent une inflation par les coûts qui amènerait une baisse de leur production et aurait de grandes chances de se répercuter sur les clients. Ils argumentent aussi que la taxe fera croître les coûts de l’énergie, de l’alimentation et de nombreux produits manufacturés. Les économistes estiment que le coût de la vie pourrait progresser de 0,7% à 1% du seul fait de la taxe carbone.

Détermination travailliste vers une nouvelle orientation environnementale de l’Australie

Julia Gillard rappelle les étapes de son projet. Premièrement, avec les 10 milliards de dollars qui seront ainsi levés, l’Etat constituera un fonds public chargé de financer la décarbonisation du pays : aides fiscales et conseils pour réduire ses consommations énergétiques des ménages, compensations aux compagnies minières, électriciens et aciéristes, soutien au développement des énergies renouvelables.

En 2015, la taxe devrait laisser la place à un marché de quotas d’émission de CO2, dont le prix planché sera fixé par l’Etat. Au total, espère Julia Gillard, l’Australie pourrait réduire de 150 millions de tonnes ses émissions de gaz carbonique entre 2005 et 2020.

Malgré les réticences conservatistes, le vote de la loi au parlement devrait permettre d’engager l’Australie durablement dans une voie nouvelle: la baisse volontaire de ses émissions de CO2.

Hormis l’Australie, seules l’UE et la Nouvelle-Zélande ont instauré des taxes de cette nature. Quel que soit la bonne volonté travailliste, on observe déjà de virulentes coalitions d’opposants comme le regroupement d’industriels baptisé l’Alliance Australienne qui s’apprête à lancer une campagne de protestation. L’espoir est de faire plier une nouvelle fois le gouvernement, tout comme il l’avait fait l’an dernier, vers un assouplissement des conditions…au dépend d’une véritable avancée environnementale.

Source: journal de l’environnementcourrierinternational, zegreenweb