Des escargots très au courant !

Après le cafard, le rat ou le lapin, l’escargot devient un des animaux sur lesquels les chercheurs tentent d’implanter des micro piles, encore appelées biopiles, qui ont la propriété de produire du courant électrique en transformant en énergie le glucose et l’oxygène contenu dans leur organisme. Ce phénomène est synonyme d’espoir pour les chercheurs et les médecins qui souhaitent voir utiliser cette technologie comme moyen d’alimentation autonome des pacemakers ou autres organes artificiels.

Des escargots produisant de l'électricité. Photo: Wikimedia.fr

Une technologie à la pointe

Les efforts faits par les chercheurs en matière d’animaux cyborgs n’en sont pas à leurs débuts. Cela fait dix ans que les chercheurs inventent et fabriquent des microcircuits de capteurs et d’antennes radios destinés à être implantés dans différents animaux et insectes afin de recueillir des informations précises sur leur environnement et leur cycle de vie. Le ministère américain de la Défense s’est intéressé le premier à ces expérimentations.

Aujourd’hui, la technologie a beaucoup évolué et s’est perfectionnée. Les microcircuits sont peu à peu devenus des piles à biocombustibles, que l’on nomme GBC. Elles ont d’abord été testées sur des rats de laboratoire, il y a un an. La technique est simple, il suffit d’implanter la pile dans le corps de l’animal, de la laisser assimiler les enzymes qui génèrent de l’électricité. Les rats qui ont servi de cobayes, ont gardé la biopile dans leur organisme pendant 11 jours. Les résultats se sont montrés probants : après ce laps de temps, la pile n’a montré aucun signe de faiblesse et aucun rejet n’a été signalé.

Depuis, l’escargot a rejoint le rang des animaux tests. Les scientifiques de l’université de Clarkson (Postdam, New York), dans le journal de l’American Chemical Society, soulignent que c’est la première fois qu’une équipe « réussi à créer une biopile implantée dans un petit animal vivant (l’escargot en question) capable de produire de l’électricité pendant une période de temps prolongée sans lui être préjudiciable. » En effet, l’expérience menée par le professeur Katz sur 12 escargots a duré plus de 11 mois. Il révèle qu’en cumulé, les escargots ont généré « jusqu’à 7,45 microwatts. » Toutefois, l’énergie chute de 80% après 45 minutes. L’objectif de l’équipe est d’obtenir à l’avenir une alimentation à courant continu.

Vers une implantation humaine

Les expériences menées sur les animaux représentent beaucoup d’espoirs pour la médecine. La prochaine génération d’implants médicaux et d’organes artificiels, comme les stimulateurs cardiaques ou les sphincters urinaires artificiels fonctionnent grâce à des piles, ce qui engendre un épuisement de l’appareil et nécessite une intervention chirurgicale visant à la remplacer. Les nouveaux implants pourraient être alimentés directement par l’énergie du corps. Ceci est déjà possible sur les animaux, le but est de rendre la technologie applicable à l’humain.

Il existe un projet lancé par des chercheurs français de l’université Joseph Fourrier de Grenoble, visant au développement d’une biopile à glucose chez l’homme. Mais un risque majeur a été détecté pendant les expérimentations faites sur les escargots et les rats. Lors d’un dysfonctionnement du dispositif, la quantité de glucose consommée est trop élevée, « conduisant les organismes à un stade d’hypoglycémie, c’est-à-dire une baisse drastique du taux de sucre dans le sang. » L’hypoglycémie provoque, entre autres, l’accélération cardiaque et l’élévation de la pression artérielle.

A l’avenir, d’autres animaux, plus gros, rentreront dans des programmes d’expérimentations, ce qui laisse présager encore beaucoup d’amélioration de la micro pile et peut-être bientôt verrons-nous des applications réelles sur l’homme. Affaire à suivre !

Source : Enerzine.com