La chasse aux terres rares s’organise

Le monopole de la Chine dans le commerce des « terres rares » pourrait à terme s’avérer bénéfique pour l’environnement. On parle ici selon les propos de l’AFP, du nom donné à un ensemble de dix-sept métaux indispensables à la fabrication de la plupart des produits de haute technologie.

Chercher à contourner le monopole chinois constitue ainsi la clef, et pourrait alors conduire à favoriser l’émergence d’une filière dédiée au recyclage de nos déchets électriques notamment, au sein desquels ces métaux sont présents.

C’est une ambition qu’a voulu incarner la société Récyclum en ce début du mois d’octobre, en organisant une importante opération de communication sur le Parvis de la Défense. Son objectif : présenter ces déchets comme un vaste « gisement de matières premières encore trop largement inexploité » et qu’il s’agit de valoriser, afin de sensibiliser l’opinion publique sur l’enjeu de leur recyclage.

L’entreprise souligne que 3 % du poids des lampes à économie d’énergie est ainsi constitué de ce type de métaux, présents en leur sein sous la forme d’une poudre fluorescente. Cette dernière est actuellement « neutralisée et stockée définitivement comme le mercure dans des installations spécifiquement agréées » sans être réemployée. Mais la donne pourrait changer sous l’impulsion d’un nouveau procédé développé par l’entreprise Rhodia, qui devrait rendre son recyclage possible à l’horizon 2012, et placer la France à la première place des producteurs de « terres rares » recyclées.

D’ici là, Récyclum renouvelle son appel aux Français afin qu’ils soient toujours plus nombreux à rapporter leurs ampoules dans l’un des 19.000 points de collecte dédiés.

Déchets industriels: la prochaine ruée vers l’or aura lieu dans nos poubelles

Alors que l’Université des Nations Unies (UNU) déclare que les équipements électroniques et électriques « fabriqués en 2011 dans le monde concentrent 320 tonnes d’or et 7500 tonnes d’argent » et recouvrent une valeur totale de 17 milliards d’euros, une étude menée par des chercheurs japonais estime à 1/3 des réserves mondiales de métaux précieux et de terres rares, les déchets d’équipement électriques et électroniques (DEEE). La prochaine ruée vers l’or aura-t-elle lieu dans nos poubelles?

Photo: fotopedia.com

Le recyclage des DEEE presque inexistant

L’or et l’argent ne sont pas les seuls composants précieux qui habitent nos équipements électriques et électroniques, on y trouve également d’autres métaux précieux comme le cobalt, le palladium et des terres rares en moindre quantité. Selon un récent rapport du Global e-Sustainability Initiative (GeSI), les DEEE sont jusqu’à « 40 à 50 fois plus riches en métaux que les mines traditionnelles ». Tandis qu’une étude du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) intitulée « Le taux de recyclage des métaux: état des lieux » indique que « moins d’un tiers des 60 métaux étudiés ont un taux de recyclage supérieur à 50% », 34 d’entre eux comptant à peine 1% de taux de recyclage.

En 2011, l’Association Nationale des Consommateurs et Usagers et l’ADEME déclaraient que « 7 ordinateurs sur 10 finissent toujours dans une décharge, sans être dépollués ». Les équipements électriques et électroniques mis sur le marché entre 2006 et 2009 et les DEEE collectés sur la même période ne représentent que 9% de récupération « du volume d’équipements neufs vendus » sur cette même période. Le recyclage des DEEE est donc très réduit.

Les « mines urbaines » des pays du sud

Les poubelles à DEEE des pays développés sont principalement l’Afrique et l’Inde. Des « mines urbaines » où le volume de déchets d’équipements électriques et électroniques pourrait être multiplié par 5 d’ici à 2020, même si le taux de collecte dans les pays occidentaux était augmenté significativement. D’autant que, comme le rappelle Richard Toffolet, directeur technique d’Eco-systèmes, un des quatre éco-organismes officiels, chargés d’organiser le recyclage des DEEE en France, « l’on sait parfaitement récupérer les métaux précieux, qui se trouvent essentiellement dans les cartes électroniques ». Quatre ou cinq unités de traitement existent dans le monde, « ce sont des installations qui exigent des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros » et, qui se trouvent… en Europe et en Amérique du Nord.

Source: GreenIT.fr

Des terres rares trouvées au fond de l’océan Pacifique

Les terres rares ou les 17 métaux aux propriétés électromagnétiques similaires sont très recherchées pour fabriquer les technologies de pointe comme les voitures hybrides et électriques, les énergies renouvelables, électroniques, l’éclairage et l’armement. Ils sont présents naturellement dans le sol mais sont très difficiles à extraire.

 

La fin du quasi-monopole chinois : bienfait pour les autres pays industriels et pour l’environnement

Aujourd’hui, 97% de la production de terres rares est possédée par la Chine. Mais les résultats d’une étude japonaise publiée lundi dans l’édition en ligne de la revue scientifique britannique Nature Geoscience, pourraient changer la donne. Le quasi-monopole chinois est soudain contre-balancé, ces découvertes sont donc bien accueillies par le milieu de l’industrie technologique.

Les mondes scientifique et industriel ont conscience de la présence de ces précieux métaux dans les fonds marins mais aucune initiative n’a pour l’heure été prise en raison des incertitudes quant à leur localisation.

Cette nouvelle est importante car si la Chine ne dispose que d’un tiers des ressources mondiales, l’extraction des métaux dans ses sols est véritablement prédatrice de l’environnement. Près des exploitations, les terres, l’air et l’eau sont contaminés par des matières radioactives cancérigènes issues des déchets d’extraction.

Les résultats des recherches japonaises montrent que les fonds sous-marins sont un gisement considérable de «terres rares» et d’yttrium, présents en forte concentration dans certains sites (est du Pacifique nord et centre du Pacifique sud). Les gisements sous-marins sont évalués à 100 milliards de tonnes, écrit le quotidien financier Nikkei. Ils reposeraient par 3.500 à 6.000 mètres de fond, sur une superficie de 11 millions de mètres carrés. « Un kilomètre carré de ces gisements pourra fournir un cinquième de la consommation annuelle mondiale actuelle [de terres rares] », a expliqué Yasuhiro Kato, professeur associé de sciences de la terre à l’université de Tokyo.

 

Sous les mers : extraction facile

Mieux encore, les expériences menées par les chercheurs japonais montrent que ces «terres rares» contenues dans les boues sous-marines peuvent être facilement extraites à l’aide d’un bain acide. Selon Yasuhiro Kato, une telle technique ne présenterait pas de danger pour l’environnement, «car les acides dilués utilisés dans ce lessivage ne sont pas rejetés dans l’océan».

Cependant ces propos n’ont pas encore été mis à l’épreuve de la grande profondeur des mers pacifiques – entre 4000 et 5000 mètres – « c’est une question difficile pour moi, car je ne suis pas ingénieur, juste géologue » admet M. Kato. Sera-t-il possible technologiquement et rentable économiquement d’extraire ces terres rares ? Quoiqu’il en soit, pouvons-nous encore accepter que les matériaux de fabrication de nos voitures électriques ou éoliennes proviennent d’une production polluante ?

Source: 20minutes.fr, les echos, le devoir