Le tourisme, la pollution et l’écotourisme

Les impacts négatifs de l’industrie du tourisme se manifestent quand le niveau de l’impact environnemental des touristes est supérieur à la capacité de l’environnement à s’y adapter. Le tourisme de masse incontrôlé représente une vraie menace pour les différentes zones naturelles du monde qui se retrouvent en surexploitation et souffrent de pollution.  La pollution issue du tourisme met une énorme pression sur les zones touchées avec des dégradations environnementales telles que l’érosion des terres, les rejets d’eaux usées dans les mers et les rivières, la destruction des habitats naturels des animaux, la pollution par une gestion négligée des déchets et la pollution de l’air. Avec une montée de la sensibilité des populations aux enjeux environnementaux, l’écotourisme devrait se trouver une place de choix dans les années à venir.

Les Maldives : île paradisiaque et calamité environnementale

Elle s’appelle l’île Thilafushi. Elle est seulement l’un des nombreux exemples de l’impact du tourisme sur l’environnement. Elle est située à l’ouest de Malé, la capitale des Maldives  à seulement une demi-heure en bateau. Il y a encore quelques années, cette île était aussi belle que les autres îles formant l’archipel des Maldives, une destination haut de gamme et fortement prisée par les touristes. Aujourd’hui, elle est une immense poubelle fumante à ciel ouvert où s’amassent des tonnes de déchets issus du tourisme mais aussi de toutes les îles avoisinantes.

Tourisme et Pollution – Thilafushi Island

Les déchets qui augmentent depuis 1993 sont en permanence brulés par des hommes qui y travaillent dans des conditions déplorables et les fumées sont rejetées dans l’atmosphère sans aucun traitement. Les vagues sont aussi en contact avec les flancs pollués au plomb et au mercure de l’île. Cette pollution peut très facilement impacter la chaine alimentaire des habitants qui subsistent grâce à la pêche. Le gouvernement des Maldives a effectué une étude qui démontre que  chaque touriste génère plus de 5 kg de déchet quotidiennement, contre 2 kg pour les habitants de Malé. Le million de touristes annuels représente trois fois le nombre de résidents de l’archipel. Après calcul, l’industrie du tourisme en est effectivement pour quelque chose dans la catastrophique évolution de l’environnement insulaire.

L’écotourisme, le tourisme durable et responsable

Il ne faut pas confondre l’écotourisme avec d’autres pratiques de tourisme responsable et citoyennes qui ne sont pas moins importantes. L’écotourisme est le tourisme qui limite au maximum l’impact sur l’environnement des visiteurs. Le tourisme éco-responsable met les visiteurs à contribution. Le tourisme doit être bien encadré. Le danger que représentent des visites touristiques en Arctique ou en Antarctique par exemple doit être évalué pour les touristes et pour les animaux dont l’ours polaire qui est en voie d’extinction. Selon Mikhaïl Babenko, qui travaille pour le WWF Global Arctic programme, le bruit des moteurs de bateaux et des sources humaines ont une influence négative sur la vie marine.

De Sotchi à Rio, 2014 connaitra un flux migratoire significatif en termes de tourisme sportif. L’accueil des compétitions sportives est une lourde responsabilité pour les pays concernés car ils se retrouvent à gérer une masse humaine qu’il est statistiquement impossible à estimer avec précision. Le comportement des visiteurs est aussi variable car ils se retrouvent dans un environnement différent.  Les débordements plus que probables peuvent lourdement impacter l’environnement. La préparation de ces jeux a aussi un impact sur l’environnement qu’il faut mesurer et limiter au maximum.

L’éco-tourisme est un modèle alternatif du tourisme traditionnel qui consiste à donner une expérience plus « verte ». Le tourisme  responsable inclut des actions de sensibilisation des visiteurs aux enjeux pour la protection de la faune, de la flore et de la population locale d’un pays ou d’une région. Cette évolution du tourisme cache un potentiel significatif et divers pays commencent à se positionner en matière d’écotourisme et de tourisme responsable. Par exemple au Bhoutan, le gouvernement a décidé de prioriser le respect de la nature et des traditions comme un dogme national. Le Bhoutan se positionne sur l’écotourisme de luxe. Et pour cause, chaque touriste reverse quotidiennement 250 $ de taxe qui sert à la préservation du pays, enclavé entre l’Inde et la Chine, à l’est de l’Himalaya. En France, les projets éco touristiques  se développent davantage à un niveau local que national.  La Loire-Atlantique soutient notamment des projets innovants tels qu’ un téléski nautique qui fonctionne à l’électricité, mise en valeur des loups par le parc animalier du sentier des daims, à Frossay, des chambres d’hôtes intégrées à la nature entre autres.

En 2013, selon les statistiques de l’administration chinoise du Tourisme (CNTA), les chiffres du tourisme en Chine étaient en net recul avec une chute de 10%. Tout comme le tourisme affecte l’environnement, la pollution fait aussi effet boomerang sur l’industrie du tourisme qui doit trouver le juste milieu afin de limiter son impact environnemental.

« Se décloisonner l’esprit » pour lutter contre le réchauffement climatique

Le président des Maldives lors de la conférence du 12 octobre au ministère du développement durable

En visite officielle en France les 12 et 13 octobre, le Président de la République des Maldives, Mohamed Nasheed, a soutenu une vision proactive de la lutte contre le réchauffement climatique. Directement concerné par la montée du niveau de la mer, le point culminant des Maldives s’établissant à 3 mètres au-dessus du niveau de la mer, la transition vers une économie décarbonée est un enjeu vital pour cet atoll de plus de 1.000 îles flottant dans l’océan indien.

L’annonce d’un double partenariat

Lors de la conférence de presse organisée au Cabinet ministériel de la ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, le 12 octobre, M. Nasheed a expliqué sa vision de la lutte contre le réchauffement climatique : « réinitialiser les manières de faire » et « se décloisonner l’esprit » pour repenser l’économie et « se repenser » dans une optique soutenable. Le Plan de neutralité carbone des Maldives s’inscrit dans cette dynamique préférant aux attributions d’aides au développement la mise en place de partenariats innovants et de financements de projets environnementaux existants. Par cette action, Mohamed Nasheed espère faire des Maldives un laboratoire actif du développement économique d’un pays par les énergies renouvelables et l’innovation environnementale. Symboliquement, cette initiative se traduit par l’ambition d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2020.

La ministre de l’Environnement et le président maldivien ont déclaré partager « l’urgence » de « trouver des mécanismes économiques et politiques ». A cet effet, Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé le soutien de la France au projet du Président Nasheed et ce dernier a indiqué que son pays adhérait à l’initiative franco-kenyane visant la promotion de l’accès aux énergies propres dans les pays en voie de développement. Ces partenariats s’inscrivent également dans la préparation de la Conférence internationale de Durban (28 novembre-11 décembre 2011) sur le climat.

Un engagement sur le financement innovant poursuivi après la conférence

Pour poursuivre ce raisonnement novateur sur le financement innovant, la Baronne Ariane de Rothschild, vice-président de la compagnie financière la Holding Edmond de Rothschild SA, a annoncé qu’un dîner de travail serait tenu le 12 octobre au soir en l’honneur du président maldivien. Mohamed Nasheed expliquait lors de la conférence avec Nathalie Kosciusko-Morizet n’être « pas venu chercher des financements » mais bien des « engagements dans l’avenir » sur « de nouveaux enjeux économiques ». Cette vision sera approfondie à l’occasion du dîner : la Compagnie Benjamin de Rothschild, le ministère de l’Environnement, le Conseil Économique, Social et Environnemental, des représentants industriels français, des experts économiques et environnementaux, des représentants des institutions internationales et des membres du corps diplomatique échangeront des idées en vue d’un accompagnement pour les financements environnementaux innovants.

La recherche des nouvelles manières de raisonner économiquement pour un financement innovant n’est pas restreint à la seule initiative des Maldives, qui selon Mohamed Nasheed est un « prélude à ce qui va se passer » dans le monde, mais se présente comme un laboratoire à l’échelle mondiale pour « nouer des partenariats de longue date pour l’avenir. »


Maldives: Pour une économie sans carbone en 2020 par Youphil

Avis de disparition : les îles Tuvalu

les îles tuvalu

Devant les Maldives, les îles Tuvalu pourraient être le premier Etat englouti si les émissions de CO2 ne sont pas réduites. Pour prévenir leur disparition, une délégation de représentants de trois collectivités françaises du Pacifique, entre autres, devrait réaliser une mission exploratoire à Fidji cette semaine.

Cette démarche s’inscrit « dans le cadre d’un mouvement d’intégration régionale en matière de lutte contre les effets des changements climatiques et des risques naturels qui y sont associés ». Elle est financée par le Fonds Européen de Développement (FED).

Ce groupe d’experts, d’une quinzaine d’ultramarins devrait donc, selon la commission océanienne pour les sciences de la terre, « échanger des idées » – ce serait le minimum – et examiner de près des projets réalisés ou en cours sur des sujets relatifs à :

–       la gestion de l’eau,

–       l’assainissement,

–       la gestion des risques naturels

Les délégués devraient notamment se rendre « dans la région de la seconde ville fidjienne, qui se situe dans un bassin naturel frappé régulièrement par des inondations (dont la dernière remonte à 2009) et où d’importants travaux d’irrigation ont eu lieu ces dernières années » pour lutter contre ce phénomène. Ces travaux ont été financés via un fonds mondial pour l’environnement : le Global Environment Facility (GEF).

Le directeur local du projet subventionné par ce fond, Vinesh Kumar, aurait déclaré : « ce que nous espérons, c’est qu’en faisant visiter ces projets et nos approches en matière de réduction des impacts des inondations, nos amis des PTOM [Pays et Territoires d’Outre-Mer] pourront puiser quelques idées applicables à leurs problèmes locaux (… ) Mais nous considérons aussi (ces échanges) comme faisant partie du début des relations plus étroites avec les PTOM, dont nous pouvons nous aussi apprendre ».

Il ne serait peut-être pas idiot de mettre le Bangladesh dans la boucle…

Sources : Tahiti-infos.com