Les fermes agricoles ont le vent en poupe à New-York

L’agriculture urbaine est une forme émergente de pratiques agricoles en ville visant à faire face aux défis de l’urbanisation et de la périurbanisation. Cette solution, qui se développe désormais aux quatre coins du globe, fait partie des recommandations de L’ ONU et la Food and Agriculture Organization pour faire face aux besoins de sécurité alimentaires mondiaux. En effet, près de 60% de l’Humanité se concentre aujourd’hui dans les zones urbaines. D’ici 2050, cette proportion devrait atteindre 80%.

Il est alors fort probable qu’à ce stade, l’agriculture traditionnelle ne soit plus en mesure de répondre à la demande.

Voici un joli reportage filmé en mode « tilt shift » au sujet des potagers situés en plein New-York. On y découvre notamment les actions menées par Brooklyn Grange Farm, Nourishing New-York, Snap Gardens et le chef du restaurant Bobo.

New York Farm City from Petrina TV on Vimeo.

Source : locavorespirit

De la ferme au quartier : quand l’agriculture arrive au cœur de Saint-Etienne

Dans la ville ouvrière de Saint-Etienne, associations de quartiers et paysans se mobilisent autour du projet « de la ferme au quartier », une plateforme d’approvisionnement alimentaire solidaire en circuit court ayant pour objectif de proposer aux riverains des légumes de saison et des produits sains. La principale différence avec les AMAP traditionnelles réside dans le fait que ce projet se veut créateur d’emplois et touche un plus large public, y compris les couches les moins favorisées de la population stéphanoise.

 

« Comment permettre au plus grand nombre, y compris aux personnes aux revenus très faibles et précaires, d’accéder à une alimentation saine ? » Georges Günther et les autres initiateurs du projet « de la ferme au quartier » ont répondu concrètement à la question. Cette initiative se veut complémentaire de l’offre proposée par les AMAP, qui repose totalement sur l’engagement bénévole de familles directement en lien avec les paysans partenaires. « Le projet De la ferme au quartier se veut, quant à lui, créateur d’emplois » explique Georges Günther.

Lancer une activité viable économiquement et créatrice d’emplois a évidemment un coût. Pour sa mise en place, le projet a notamment bénéficié d’un soutien dela RégionRhône-Alpes, de la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire Rhône-Alpes avec le fond social européen, l’Etat et la ville de Saint-Etienne qui loue un local.

Producteurs et consommateurs participent à parts égales aux frais de fonctionnement de la structure. « Nous misons sur la solidarité entre les consommateurs. L’idée est qu’ils participent aux frais de fonctionnement en fonction de leurs revenus », précise Georges Günther. Le montant de cette participation aux frais varie de 0 à 20%. L’association accepte également les chèques d’aide alimentaire, « notre objectif est de pouvoir proposer à tous les publics de l’agglomération de Saint-Etienne des produits agricoles locaux de qualité à un prix abordable ».

L’une des spécificités du projet est l’engagement de plusieurs associations de quartier qui mettent à disposition leur local, participent au conseil d’administration et mènent également un travail de sensibilisation auprès des riverains. Aux côtés de l’Association Départementale pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural (ADDEAR), on retrouve des centres sociaux, des amicales laïques, mais aussi le centre Al Qalam-Firdaws, qui développe et diffuse des travaux traitant de la culture musulmane.

« Se démarquer de l’image bobo qui colle aux AMAP n’est pas simple mais on a globalement un bon retour », estime Michel Avril, directeur de l’Agence Française des Producteurs Indépendants (AFPF). La mise en place du quotient familial soulage les familles les plus modestes, « on insiste sur le fait que c’est un service auquel même les populations en difficulté ont droit ». Tout l’enjeu pour l’AFPF est de redonner du sens afin de renforcer d’adhésion au projet « cela passe par une éducation, les gens ont perdu ces repères. C’est aussi une sensibilisation au développement local, on montre que c’est générateur d’emplois et de débouchés. On sensibilise aussi aux difficultés que rencontrent les paysans ».

« De la ferme au quartier » compte 24 paysans, dont la moitié environ est labellisée en Agriculture Biologique. « On discute avec les producteurs, on les met en lien avec d’autres producteurs et consommateurs pour faire évoluer leurs pratiques », l’association se place dans une démarche de respect de la charte de l’agriculture paysanne. Récemment, les initiateurs du projet sont rentrés en contact avec un producteur de poules pondeuses utilisant des aliments avec des OGM, « ce dernier à accepter d’y renoncer pour travailler avec nous ». Pour Georges Günther, refuser de travailler avec ce type de producteur reviendrait à vouloir s’enfermer dans une niche, « face à un système productiviste délocalisable, nous voulons tirer les pratiques vers le haut ».

L’objectif « de la ferme au quartier » est d’atteindre la taille d’une dizaine d’AMAP d’ici 2013, soit environ 600 familles pour une trentaine de paysans. « L’enjeu est d’augmenter en nombre d’adhérents si l’on veut embaucher ». L’association pourrait devenir une coopérative vers la mi-2013 si, comme l’espère ses initiateurs, le projet atteint son équilibre économique.

Source : http://www.bastamag.net

Le supermarché communautaire

Inspiré d’un concept venu de Brooklyn à New-York, The People’s Supermarket est un supermarché d’un nouveau genre basé à Londres. Ouvert en juin 2010 aux 72 – 78 Lamb’s Conduit Street, il fonctionne sur le même principe que l’AMAP et regroupe 350 membres qui en sont à la fois les gestionnaires et les propriétaires. L’objectif de cette coopérative est de vendre des produits à des prix équivalent qu’à ceux pratiqués par les enseignes de la grande distribution tout en répondant aux mieux aux attentes des habitants du quartier (bio, éthique, locavorisme…).

En échange d’une contribution annuelle de 25 livres, les membres décident ainsi des produits qui y sont commercialisés, des fournisseurs ou encore des horaires du magasin. Une des principales originalités de cette grande surface communautaire réside dans le fait que chaque membre peut bénéficier de 10% de réduction sur tout le magasin en échange de quatre heures de bénévolat mensuel au sein de l’enseigne.

The People’s Supermarket  s’engage également dans une démarche d’insertion professionnelle en participant  à un programme gouvernemental de « community service ». A travers ce programme, l’enseigne s’engage à  former des jeunes de 18 à 25 ans à la recherche d’un emploi et ainsi favoriser leur insertion dans la vie active mais aussi leur redonner confiance en eux.

Ce nouveau modèle de distribution pourrait bien être à l’origine d’une nouvelle relation entre enseignes et consommateurs.

Sources :   oeilbylaser.com  thepeoplessupermarket.org

Le locavorisme a la cote

Comme bien d’autres mouvements, le locavorisme a fait son apparition sur la Côte Ouest américaine, à San Francisco. Le terme locavore a été utilisé pour la première fois en 2005, lors de la Journée mondiale de l’environnement et désigne une personne consommant de la nourriture produite dans un rayon allant de 150 à 400 kilomètres autour de son domicile. Le locavore souhaite limiter les émissions de CO2 issus de son alimentation. Il remet en question la mondialisation, l’agriculture intensive, l’uniformisation de la production ainsi que l’appauvrissement de l’économie locale et ce, dans un souci de respect de l’environnement.

Depuis 2006, ce phénomène a pris de l’ampleur et s’étend désormais à la scène écologique internationale.

En Europe, le phénomène « Locavore » se retrouve sous la forme des AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) constituées par un ou plusieurs producteurs de fruits et légumes vendant leurs produits directement au consommateur final sans passer par les intermédiaires de la grande distribution. La France compte aujourd’hui environ 1 200 AMAP contre 250 en 2007.

Les Français de plus en plus adeptes

Selon un sondage réalisé par BVA pour Metro Cash & Carry France, les produits locaux attirent de plus en plus le consommateur. En effet, 53% des Français se déclarent sensible à l’origine des produits alimentaires qu’ils achètent et près d’un sur deux achète ou consomme régulièrement des denrées fabriquées localement. Parmi les valeurs de Locavorisme mises en avant par les sondés, le goût reste un argument de poids, plébiscité par 45% d’entre eux. Ils sont 42% à penser que l’approvisionnement local favorise également la création d’emplois dans leur région et 38% à en faire un gage de sécurité alimentaire.

Le « consommer local » a donc de beaux jours devant lui et de plus en plus d’initiatives sont mises en place dans les différentes régions de l’Hexagone afin d’accélérer son développement, comme par exemple l’Eco-Centre de Crolles, qui était le sujet d’un des articles publié par Ressources et Environnement en octobre.

La Coop de France Aquitaine envisage d’ailleurs la création d’une Maison de l’agriculture et de l’agroalimentaire à l’horizon 2013 – 2014. Cette structure s’inspirerait du modèle « Eataly », crée à Turin en 2007 et s’appuierait sur la démarche « slow food » afin de créer un supermarché proposant des aliments diversifiés uniquement produits dans un rayon n’excédant pas les 250 kilomètres.

Sources : BVA, locavorespirit

Le commerce de proximité passe à la vitesse supérieure avec L’Eco-Centre

La petite commune de Crolles dans l’Isère (38)  va accueillir dans quelques mois un centre commercial d’un nouveau genre inspiré du « locavorisme » et du concept américain des « 100 miles » (tous les produits proviennent  de moins de 100 miles), l’Eco-Centre. L’objectif est de réunir des acteurs locaux dans un bâtiment respectueux de l’environnement.  

Ce concept est né dans l’esprit de l’écologiste Philippe Audfray qui est parti du constat que la consommation énergétique était le défi à relever pour préserver notre environnement.

Le principal attrait de l’Eco-centre est la diversité de son offre. Le défi a été de réunir à la fois des activités artisanales, commerciales, de services et des logements.

Ce projet a pour ambition de devenir un bâtiment exemplaire en matière d’éco-construction et de mixité d’usages. Les différents acteurs de l’Eco-Centre de Crolles sont animés des mêmes convictions éthiques  et écologiques.

Le bâtiment :

Situé sur un terrain vierge largement ensoleillé, il répondra à la norme BBC. Les toitures seront végétalisées et un système de récupération d’eau de pluie permettra l’arrosage du jardin. Le bois utilisé pour la construction proviendra de la région afin de réduire l’impact carbone, de dynamiser les emplois locaux, mais aussi marquer l’identité architecturale.

Les commerces :

L’Eco-Centre regroupe des commerces et artisans partageant la même éthique et proposant un mode de consommation plus responsable.

Tous ces commerçants s’engagent à proposer un mode de consommation différent basé sur la qualité des produits, sur le contact, sur le respect de l’homme et de son environnement.

Au-delà de la dimension commerciale, l’envie commune des commerçant de l’Eco-Centre est la création de lien social en proposant un lieu d’échange et de rencontres (organisation de soirées, de débats, d’expositions).

Source : ecocentrecrolles