Ce que la France défend à Durban

La stratégie de la France dans les négociations de Durban consistera principalement à contribuer à l’application des accords qui ont été décidés politiquement à Cancùn. Serge Lepeltier, l’ambassadeur Français en charge des négociations sur le changement climatique, estime que la France et l’Europe sont en mesure d’arracher une prolongation du protocole de Kyoto après 2012. « Kyoto ne peut pas exister de façon isolée, il est nécessaire d’élaborer un nouvel instrument juridique recouvrant les actions et les engagements de tous les principaux émetteurs ».

Interview de Serge Lepeltier, ambassadeur en charge des négociations climatiques, sur les enjeux de la conférence

Source : Ministère du développement durable

Ouverture de COP 17 à Durban

 

 

La 17ème conférence  des parties à la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (COP) s’ouvre aujourd’hui  dans la ville de Durban, en Afrique du Sud . Ce sommet, qui se tiendra jusqu’au 9 décembre, réunis 195 pays et est censé préparer la suite du protocole de Kyoto, signé en 2007.

Après le succès de Cancùn en 2010, COP 17 constitue une nouvelle étape importante quant aux négociations sur le climat. La communauté internationale n’étant toujours pas parvenue à mettre en place un nouveau régime de lutte contre le changement climatique qui limite le réchauffement du climat en dessous du seuil dangereux des 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle.  Les dernières avancées scientifiques rappellent pourtant la nécessité de réduire de moitié les émissions mondiales d’ici 2050.

Le changement climatique produit déjà des effets désastreux particulièrement marqués dans les pays les plus pauvres. Le secrétaire de l’ONU Ban Ki-Moon assure qu’il n’est plus possible de « demander aux plus pauvres et aux plus vulnérables de payer le prix du changement climatique ». Durban doit permettre de consolider les mesures actuellement  insuffisantes afin de répondre au défi de l’adaptation au changement climatique.

COP 17 est en quelque sorte le sommet  de la dernière chance pour construire rapidement un nouveau protocole de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, les négociations s’avèrent compliquées. En effet, la Chine, premier émetteur mondial de CO2, refuse toujours de signer tout accord pour préserver son « droit au développement ». Les Etats-Unis, deuxième pays émetteur de la planète – qui n’a jamais ratifié Kyoto – n’avanceront pas si la Chine ne débloque pas la situation, la Russie et le Japon sont du même avis. Quant à l’Union européenne, elle affirme ne rien vouloir ratifier sans engagement de réduction des Etats-Unis. Il est donc fort peu probable que la signature d’un traité effectif dès 2013 se fasse en Afrique du Sud.

Enfin, Durban devrait concrétiser les engagements pris lors des derniers rounds de négociation. Le cas de la question des financements de long terme sera de nouveau aborder, sur ce sujet, un travail important a déjà été accompli  au-delà du cadre strict de la Convention climat, notamment dans le cadre du G20 qui s’est tenu à Cannes les 3 et 4 novembre dernier.

Source : France Diplomatie


Australie : la taxe carbone travailliste soumise au parlement

L’initiative est osée. Alors que le gouvernement travailliste est le impopulaire depuis 40 ans, Julia Gillard, Premier Ministre, a annoncé dimanche 10 juillet son projet de loi de taxe carbone sur les gros pollueurs. Le prix est fixé depuis le début du mois : la taxe s’élèvera à 23 dollars australiens – 17,2 euros – par tonne de dioxyde de carbone émise.

Très peu fière de leur palmarès – l’Australie est l’un des plus gros pays émetteurs de CO2 de la planète, et où 80 % de l’énergie proviennent du charbon – les travaillistes ont décidé de prendre des mesures concrètes après avoir attendu 2007 pour signer le protocole de Kyoto.

Près de 500 gros pollueurs devraient être concernés

Pas moins de cinq cent entreprises polluantes vont être taxées dès juillet 2012. Les 17 euros exigés représentent trois euros de moins que le prix imposé par la Commission européenne. « Nous avons opté pour la solution la moins coûteuse », a précisé Mme Gillard dans un spot télévisé.

Le prédécesseur du Premier Ministre travailliste, Kevin Rudd, avait dû s’incliner l’année dernière devant la pression défavorable à son projet de marché de quotas d’émission. Arguant alors pendant sa campagne qu’elle ne passerait pas cette taxe, Julia Gillard s’est vue vivement critiquée par l’opposition présente dans les puissants groupes miniers, les compagnies aériennes, et le parti conservateur. Cependant « le dispositif mis en place par le gouvernement surprendra la plupart des gens par sa douceur » souligne un média australien. Le but est d’agir tout en calmant l’anxiété de l’électorat. En effet, au final, on dénombre plus de 60% des Australiens hostiles à la mesure. C’est pourquoi la mesure fait l’objet de quelques exceptions, les entreprises forestières ou les exploitations agricoles seront ainsi exemptées de taxe carbone.

Les opposants à la réforme dénoncent une importante hausse des prix. Les grandes entreprises craignent une inflation par les coûts qui amènerait une baisse de leur production et aurait de grandes chances de se répercuter sur les clients. Ils argumentent aussi que la taxe fera croître les coûts de l’énergie, de l’alimentation et de nombreux produits manufacturés. Les économistes estiment que le coût de la vie pourrait progresser de 0,7% à 1% du seul fait de la taxe carbone.

Détermination travailliste vers une nouvelle orientation environnementale de l’Australie

Julia Gillard rappelle les étapes de son projet. Premièrement, avec les 10 milliards de dollars qui seront ainsi levés, l’Etat constituera un fonds public chargé de financer la décarbonisation du pays : aides fiscales et conseils pour réduire ses consommations énergétiques des ménages, compensations aux compagnies minières, électriciens et aciéristes, soutien au développement des énergies renouvelables.

En 2015, la taxe devrait laisser la place à un marché de quotas d’émission de CO2, dont le prix planché sera fixé par l’Etat. Au total, espère Julia Gillard, l’Australie pourrait réduire de 150 millions de tonnes ses émissions de gaz carbonique entre 2005 et 2020.

Malgré les réticences conservatistes, le vote de la loi au parlement devrait permettre d’engager l’Australie durablement dans une voie nouvelle: la baisse volontaire de ses émissions de CO2.

Hormis l’Australie, seules l’UE et la Nouvelle-Zélande ont instauré des taxes de cette nature. Quel que soit la bonne volonté travailliste, on observe déjà de virulentes coalitions d’opposants comme le regroupement d’industriels baptisé l’Alliance Australienne qui s’apprête à lancer une campagne de protestation. L’espoir est de faire plier une nouvelle fois le gouvernement, tout comme il l’avait fait l’an dernier, vers un assouplissement des conditions…au dépend d’une véritable avancée environnementale.

Source: journal de l’environnementcourrierinternational, zegreenweb