Le crabe royal migre en Antarctique : nouvelle menace sur la biodiversité

Une migration « prévue » par les scientifiques

Le biologiste Sven Thatje avait prévu la migration des crabes des eaux profondes vers les eaux peu profondes de l’Antarctique depuis plusieurs années. Mais son équipe américano-suédoise n’a observé ce phénomène que cet hiver à bord du brise-glace suédois Oden. Elle essaye de comprendre où, quand, à quelle vitesse cette migration se produit et surtout, s’il s’agit d’une migration pérenne.

Le crabe royal vit habituellement dans les eaux profondes qui bordent l’Alaska, la Russie, la Nouvelle-Zélande, le Chili ou l’Argentine. Or, cette espèce n’avait pas pu survivre jusqu’à présent en Antarctique car il faisait trop froid. Ainsi, beaucoup de créatures du fond des mers comme les moules, les étoiles de mer et les oursins n’ont pas développé de défense contre les crabes depuis 40 millions dernières d’années. Selon Sven Thatje, « les espèces de l’Antarctique sont tout à fait uniques, c’est le résultat de dizaines de millions d’années d’évolution isolée ».

 

Le réchauffement climatique fait chuter « la barrière de magnésium »

Lorsque l’eau est trop froide, les crabes ne peuvent pas se débarrasser du magnésium de leur sang. Le magnésium est un minéral commun dans l’eau de mer et s’ils ne peuvent pas s’en débarrasser, il cause un effet narcotique qui les empêche de se déplacer. Mais, les eaux et l’air autour de la péninsule arctique se sont réchauffés depuis les années 1950.

Quelques scientifiques vont jusqu’à avancer que la barrière de magnésium pourrait bientôt chuter puisque le changement climatique mondial affecte continuellement la faune et la flore des régions polaires. D’autres scientifiques comme David Barnes, écologiste marin du British Antarctic Survey, relativise en ce que les changements de température d’eau de mer affectent la surface mais ne seraient pas assez significatifs pour affecter les espèces du fond des mers.

D’un autre côté, il reconnaît que le changement climatique affecte l’Antarctique et cause des problèmes pour les manchots et les phoques qui dépendent des surfaces glacées pour se nourrir et s’abriter. Il admet que cela créé une source d’inquiétude : la tolérance ou l’adaptation des animaux à ses changements dans un court laps de temps va être « délicate »…

Source : The Washington Post