Arctique : des polluants piégés puis volatilisés par le réchauffement climatique

Prisonniers des glaces, les pesticides et d’autres polluants organiques persistants sont les « témoins indésirables de notre passé environnemental » venant « du froid ». C’est ici le constat des auteurs d’un récent article dans la revue scientifique Nature Climate Change. Pire, le réchauffement climatique conduit à la fonte des neiges et libère ces produits dans l’atmosphère, expliquent-ils.

 

Qu’est-il advenu des restrictions imposées à leur usage ?

La concentration dans l’air de la région arctique de plusieurs de ces substances toxiques avait pourtant diminué au cours des dernières décennies suite aux restrictions de production et d’utilisation. En effet, la Convention de Stockholm, entrée en vigueur en 2004, visait à réduire ou éliminer progressivement les rejets de douze polluants organiques persistants (POP), dont le DDT, l’hexachlorobenzène (HCB) et le polychlorobiphényle (PCB). Neuf autres substances ont été ajoutées en 2009.

Les polluants sont susceptibles d’être transportés sur de longues distances, aidés d’un vent fort et de l’effet des basses températures ; les substances ont pu s’accumuler sur le pôle. Mais le recul des banquises menacent les gains obtenus par ces mesures en les rendant volatiles, décrit Jianmin Ma de l’agence Environnement Canada, Toronto.

« Nos résultats indiquent qu’un large éventail de POP ont été relargués dans l’atmosphère de l’Arctique au cours des deux dernières décennies suite au changement climatique », résument les chercheurs.

 

D’inquiétants commentaires

Dans un commentaire accompagnant l’article scientifique, Jordi Dachs de l’Institut espagnol de diagnostic environnemental et d’étude de l’eau relève que des « milliers » de polluants organiques persistants pourraient se comporter de façon similaire. Ainsi relargués « les polluants générés par nos grands-parents » deviendraient des « témoins indésirables de notre passé environnemental » venant « du froid ».

Cela confirme « que le réchauffement de l’Arctique pourrait entraver les efforts destinés à réduire l’exposition de l’homme et de l’environnement à ces produits chimiques toxiques », concluent les auteurs de l’étude.

 

Sources:  goodplanet, 20minutes, radio-canada

 

Arctique : des polluants piégés puis volatilisés par le réchauffement

L’Agence européenne de l’environnement cible la pollution chimique des eaux européennes

L’AEE vient en effet de publier un nouveau rapport en date du 14 juillet sur ce thème, et met en évidence « la persistance des substances chimiques dans les rivières et mers d’Europe malgré un attirail de législations » visant à la contrecarrer. Ces substances chimiques sont émises par l’usage de produits domestiques, par les activités industrielles et de transport, ou encore l’agriculture notamment.

Elle souligne, après des recherches menées par un organisme de la Commission européenne, le Joint research center, que 60 % des rivières et 25 % des eaux souterraines analysées contiennent un ensemble de substances chimiques néfastes pour l’environnement, parmi lesquelles figurent des herbicides, des anticorrosifs, mais aussi des antibiotiques et antiépileptiques. Les eaux marines ne sont pas en reste, puisque leur teneur en PCB reste élevée, malgré un recul de leur concentration en produits chimiques.

Outre un impact sur l’environnement et la faune, ces substances chimiques ont un impact sanitaire important sur l’homme. Il s’agit en effet de perturbateurs endocriniens, molécules qui agissent sur l’équilibre hormonal, et peuvent ainsi provoquer certains symptômes tel des malformations génitales, ou encore altérer le développement neuronale, voire entrainer des risques de cancer.

Face à ces constats, l’AEE souhaite une amélioration du traitement des produits chimiques dans les eaux des villes, principalement lorsque de fortes précipitations accentuent le risque de ruissellement et d’infiltration. Elle appelle également à une réduction de leur usage à la source, en favorisant l’essor de la chimie verte.

Source : actu-environnement.com.