Informatique « verte » : EELV et l’AGIT contre l’obsolescence programmée

La proposition de loi d’EELV et les 13 propositions de l’AGIT

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Le 18 mars, EELV a proposé une nouvelle loi au Sénat pour allonger la durée de vie effective des équipements électriques et électroniques. Cette loi vise à « lutter contre l’obsolescence et à augmenter la durée de vie des produits ».

L’obsolescence programmée est « l’ensemble des techniques par lesquelles un fabricant ou un importateur de biens vise, notamment par la conception du produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement ». Cette loi est portée par M. Jean-Vincent Placé, président d’EELV au Sénat, et les membres du groupe écologiste.

Pour  l’Alliance Green IT (AGIT), l’association des professionnels de l’informatique responsable, cette proposition de loi est « indispensable mais insuffisante ». Par conséquent, en complément de ces propositions de loi, l’association propose 13 solutions « concrètes, efficaces, et faciles à mettre en œuvre, sans attendre le vote » :

–  dans la rubrique « Fabricants », elle propose « l’allongement de la durée de garantie » ; « la facilité de réparation et de mise à jour matérielle» ; « l’Open Hardware ».

 –  pour les loueurs « l’allongement de la durée de la location financière (de 3 ans en moyenne à 5 ans)».

 –  pour les éditeurs de logiciels, ils préconisent de « supporter plus longtemps des anciennes versions de logiciel » et de « privilégier les logiciels ouverts ».

 –  concernant les « solutions côté utilisateurs », ils demandent aux administrateurs système d’« inciter à l’entretien de la couche applicative » telles que la « désinstallation des logiciels inutiles, la défragmentation, la suppression des fichiers temporaires » et aux directeurs informatiques d’ « aider les DSI à intégrer les coûts cachés du renouvellement dans le calcul du TCO Acheteurs » ; de « donner du poids aux écolabels complets et à la facilité de mise à jour du matériel dans les appels d’offre » ; d’’« intégrer la gestion des DEEE dès l’achat Gestionnaire de parc » et enfin de « favoriser l’architecture client-léger ».

 –  pour les « solutions côté pouvoirs publics », ils proposent de « diminuer le seuil-plancher d’amortissement » et de « communiquer auprès des entreprises ».

Frédéric Bordage, co-fondateur de l’Alliance Green IT, explique que « l’allongement de la durée de vie active des équipements électriques et électroniques (EEE) est indispensable pour réduire leur empreinte écologique qui se concentre lors de leur fabrication et de leur fin de vie. Il faut donc les utiliser plus longtemps pour en utiliser moins et réduire leur empreinte écologique et économique ».

Il est bon de noter qu’avec une durée de vie moyenne divisée par 3 en 25 ans, les achats de matériels high-tech ont été multipliés par 6 en France entre 1990 et 2007.

Pourtant, les Français seraient prêts à conserver leur matériel plus longtemps.

Une récente étude d’Ipsos pour Crucial.fr,  réalisée du 26 octobre au 1er novembre 2012 auprès d’un échantillon de 803 personnes représentatif de la population française possédant un ordinateur, montre en effet que les Français seraient prêts à « réparer » ou « booster » leur ordinateur plutôt que de le remplacer : « 86 % des Français pensent qu’il est préférable pour l’environnement de réparer un ordinateur ou de lui ajouter de la mémoire plutôt que de le remplacer » et « plus de la moitié d’entre eux (66 %) seraient même prêts à repousser un achat si leur matériel existant pouvait être rendu plus performant ».

Une dynamique en faveur de l’environnement

Le 7 juillet 2011 déjà, l’ADEME, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, montrait via une étude le non-respect de l’environnement des technologies de la communication. Avec des exemples à l’appui, l’Agence a ainsi montré que l’envoi d’emails, les recherches sur le web ou encore les transmissions et lectures de fichiers par clé usb généraient une quantité importante de CO2. L’Agence a également publié Étude sur la durée de vie des équipements électriques et électroniques, en juillet 2012 ; un rapport de 100 pages sur le sujet.

Depuis, l’Alliance Green IT a proposé 8 gestes essentiels et certains fabricants s’impliquent de plus en plus pour la protection de l’environnement.

L’association expose ainsi ces « 8 gestes essentiels » : « utiliser le matériel le plus longtemps possible » ; « collecter et recycler le vieux matériel » ; « acheter du matériel d’occasion reconditionné » ; « en cas d’achat de matériel neuf, préférer le matériel éco-conçu » ; « débrancher tous les appareils électriques inusités » ; « mettre en veille votre PC aussi souvent que possible » ; « n’imprimer que le strict nécessaire » ; « réduire la consommation électrique de votre centre informatique ».

Du côté des fabricants, Acer, par exemple, vient de lancer une nouvelle gamme de moniteurs professionnels Acer B6. Cette gamme est « destinée aux utilisateurs professionnels recherchant confort, qualité d’image et design écologique ». Faisant partie de la gamme Acer Displays, ils sont fabriqués à plus de 10% avec du plastique recyclé et « une évaluation interne a montré que ces moniteurs pouvaient réduire la consommation d’énergie de 50% par rapport à d’autres moniteurs de la même catégorie ».

Quel impact énergétique et environnemental lié à l’utilisation quotidienne d’un ordinateur et ses périphériques ?

Un intéressant site internet présente de manière ludique les gestes et conseils utiles pour préserver l’environnement via l’informatique verte. Un jeu de missions sur le thème de l’informatique verte est proposé aux internautes. Le jeu consiste à interviewer  des experts « pour mieux comprendre » et avoir des « conseils d’usage » pour ensuite, en tant que journaliste, rédiger un article grâce aux informations collectées. Il est également possible de vérifier sa compréhension des interviews par le biais d’un Quiz et d’une Boîte à outils.

Bon reportage à tous.

Sources :

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/energies-environnement/developpement-durable/221168925/obsolescence-programmee-13-s

http://www.indexel.net/sur-le-terrain/green-it-les-huit-gestes-essentiels-2974.html

http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/comment-surfer-sur-le-web-en-polluant-moins_258461.html

Google : au top du green

Google vient d’être élue entreprise la plus « Cool It » par Greenpeace. Ce classement annuel compare les géants du secteur de l’IT en fonction de trois critères, les solutions mises sur le marché afin de réduire l’impact environnemental, les mesures prises pour réduire l’impact environnemental de l’organisation elle-même et la contribution au débat public.

Google monte sur la première marche du podium suivi de Cisco, Ericsson et Fujitsu. Facebook et Apple ont, quant à eux, été exclus du classement. D’après Greenpeace, les deux mastodontes n’ont montrés aucune réelle volonté de diminuer leur impact environnemental. Facebook ayant par ailleurs conclu un partenariat avec Greenpeace fin 2011, il est fort probable que le Social Network fasse son apparition dans le classement l’année prochaine.

Google fait figure de premier de la classe et ce, notamment grâce à l’augmentation de son approvisionnement en énergies renouvelables ainsi que ses investissements dans ce secteur. The Big Brother affiche également publiquement ses ambitions en ayant fourni un plan détaillé de sa stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce rapport, Greenpeace pointe du doigt les data centers qui sont de plus en plus nombreux. Entre 2005 et 2010, la consommation en énergie de ces derniers a augmenté de 56%.

En conclusion, ce classement montre qu’il reste encore d’importants efforts à fournir. Comme le stipule Gary Cook, expert IT chez Greenpeace International, « les entreprises parlent beaucoup de transition vers des énergies propres et de réduction des impacts environnementaux mais n’agissent pas beaucoup ».

Les résultats du rapport sont disponibles à cette adresse.

Source : greenit.fr