La Journée mondiale de l’eau 2011: combattre « les problèmes de gouvernance, l’insuffisance des politiques et la mauvaise gestion » (Ban Ki-moon)

L'eau dans les villes
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Le thème retenu pour célébrer cette journée du 22 mars cette année « L’eau pour les villes : répondre au défi urbain » a pour but de mobiliser et de sensibiliser les gouvernements, les organisations, les communautés et les individus à s’engager activement pour relever le défi de la gestion urbaine de l’eau.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité la majorité de la population vit dans les villes : 3,3 milliards d’êtres humains… et l’étalement urbain continue.

Les bidonvilles, toujours en extension, représentent 38 % de cette croissance, tandis que la croissance de la population urbaine prend de vitesse le développement des infrastructures.

L’objectif de la Journée mondiale de l’eau est de braquer l’attention internationale sur les impacts de cette croissance urbaine rapide, de l’industrialisation et des incertitudes liées au changement climatique, aux conflits et aux catastrophes naturelles, sur les réseaux d’eau urbains.

L’expansion de l’urbanisation permet de porter un regard plus rationnel et durable sur la gestion de l’eau mais elle peut également créer des problèmes d’accès par manque d’une réelle prise de conscience de la part des gouvernements mais également d’investissements dans ce secteur.

L’effervescence urbaine et la rapidité à laquelle se développe nos agglomérations conduisent  à des problématiques liées à la gestion et à l’assainissement de l’eau.

Les autorités peinent à leur fournir l’accès aux services de base et l’on compte aujourd’hui encore 1 citadin sur 4 dans le monde, soient 789 millions de personne, qui n’a pas accès à des infrastructures d’assainissement améliorées.

Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, dans un message adressé à la communauté internationale a appelé les « gouvernements » à « prendre conscience des véritables causes de la crise de l’eau qui touche les zones urbaines et tient davantage à des problèmes de gouvernance, à l’insuffisance des politiques et à la mauvaise gestion qu’à des problèmes de pénurie. »

Il les a également appelé  « à inverser la tendance alarmante à la diminution des investissements bénéficiant aux pauvres qui sont réalisés dans les secteurs de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement » et à  « réaffirmer de nouveau notre volonté résolue de mettre fin au sort des plus de 800 millions de personnes qui, dans un monde d’abondance, n’ont toujours pas accès à l’eau potable ni aux installations sanitaires dont ils ont besoin pour vivre dignement et en bonne santé. »

La population française se dit sensible aux enjeux écologiques de l’eau

Le premier baromètre de l’opinion des Français sur l’eau réalisé par l’IFOP, a été présenté la semaine dernière. Ce nouvel outil, mis en place par le Ministère du développement durable, Les Agences de l’Eau et l’Office National de l’Eau et des Milieux aquatiques (ONEMA), permettra chaque année de recueillir l’avis du grand public sur les politiques de gestion de l’eau et leur efficacité.

Les résultats montrent que la population française accorde plus d’importance à la qualité de l’eau potable et à la bonne gestion des ressources en eau de la planète qu’à son prix. Quatre enjeux écologiques prioritaires arrivent en tête des préoccupations : la bonne gestion de l’eau de la planète pour 51% des sondés, la préservation de tous les milieux aquatiques pour 49%, la qualité de l’eau du robinet pour 48% et enfin pour 47%, la réduction de la pollution de l’eau des rivières.

Pour 75% des Français, les pesticides utilisés dans les champs et les jardins sont les principales causes de la dégradation de l’état de l’eau des rivières. En ce qui concerne les causes des inondations, deux sont privilégiées et sont fortement corrélées à l’action de l’Homme : les constructions dans les zones à risques et l’urbanisation et l’imperméabilisation des sols.

Pour les principales causes perçues de pollution liées aux usages domestiques, là encore, l’opinion en perçoit deux principales : les produits d’entretiens ou de bricolage (56%) et les produits utilisés pour le jardin (49%).

Les actions relatives à l’amélioration de la qualité de l’eau sont toutes considérées majoritairement prioritaires. Le traitement des eaux usées se plaçant en tête avec 91% de jugements prioritaires. Pour 93% des personnes interrogées, le respect des réglementations liées à l’eau est une priorité.

La satisfaction à l’égard de la gestion de l’eau dans sa région est forte (74% des sondés se déclarent satisfaits).

Enfin, l’IFOP constate « une adhésion majoritaire aux pratiques pouvant améliorer la préservation des ressources en eau. L’entretien naturel des espaces verts publics constitue une mesure envers laquelle la quasi-totalité de la population se montre favorable, de même que, dans une moindre mesure l’effacement des barrages et la restitution de méandres de rivières ».

Les résultats de l’étude sont disponibles sur le site de l’IFOP

 

Sauvegarder nos ressources naturelles, un objectif rentable pour les entreprises

crédit flickr

Alors que les ressources en eau se raréfient, voici un modèle de développement qui devrait faire des émules. La Campbell Soup Company, entreprise basée aux États-Unis sur les rives du fleuve Delaware, a en effet depuis plusieurs années investi pour une meilleure gestion de l’eau dans sa chaine de production. Fabricante de produits alimentaires variés, allant de la soupe comme son nom l’indique, aux sauces en tout genre, elle en était à l’origine une grande consommatrice. Mais seulement 2% de l’eau qu’elle utilisait était alors intégrée dans ses aliments. Désormais, entre autres économies, cette entreprise réutilise par exemple l’eau qu’elle consomme pour chauffer une partie de ses locaux. Elle a pu en économiser près de 4 milliards de litres depuis 2008.

Un tel modèle de développement a un effet positif non négligeable sur l’environnement, mais ne se limite pas à cela. Il confère ainsi un avantage concurrentiel important à l’entreprise qui le met en place. En effet, comme nous l’indiquent les responsables de la Campbell Soup Company, « chaque projet d’efficacité de l’eau […] financé conduit à un retour sur investissement interne de 15-20% ». Leur objectif est d’ailleurs de réduire l’empreinte environnementale de leur entreprise de 50% à l’horizon 2020, engagement pris au sein d’un plan qui donne une grande importance la gestion efficace de l’eau. Et la Campbell Soup Company ne s’arrête pas là, puisqu’elle invite également ses fournisseurs à s’engager eux aussi en faveur d’une meilleure gestion de l’eau et du soutien aux agriculteurs.

Source : The Guardian.