Deux ans après Fukushima : une gestion désastreuse de la centrale accidentée

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Ces derniers mois ont été marqués par une information négative, en continue, liée à Tepco (Tokyo Electric Power Company), l’exploitant gérant la centrale accidentée de Fukushima.

Dès lors une question s’est posée  de savoir si l’exploitant était bel et bien à la hauteur de la tâche qui lui incombait de démanteler au mieux la centrale accidentée, de décontaminer les eaux contaminées, de faire face et d’agir en conséquence aux fuites de ces eaux de plus en plus nombreuses.

On ne peut s’empêcher de soulever qu’en vue de tous ces récents évènements, dont on fera part par la suite, le gestionnaire semble être soit dépassé par l’ampleur du travail, soit incompétent au regard des résultats attendus suite à une telle catastrophe.

Car les enjeux et les conséquences de la catastrophe sont nombreux et lourds : selon actualites-news-environnement.com, « le défi de Tepco consiste à déterminer quoi faire de l’eau contaminée qui s’accumule à la centrale à un rythme de 400 tonnes par jour –soit suffisamment pour remplir une piscine olympique en une semaine » et « le plan compliqué de nettoyage de la centrale de Fukushima pourrait prendre 30 ans voire plus ».

Et depuis la catastrophe, les conséquences ne manquent pas, comme les relaient de nombreuses sources, comme celles selon lesquelles le gestionnaire croulerait depuis deux ans sous les procès, lesquels se comptent par centaines, comme celles des demandes d’indemnisation des victimes de l’accident, lesquelles s’accroissent avec le temps et se compteraient même en dizaines de milliards d’euros.

A propos de l’accident

En chiffres, il est intéressant d’évoquer que jusqu’à présent, « 30 milliards d’euros ont été payés par l’Etat japonais pour aider Tepco » face à cette situation et que « 17 réacteurs du groupe Tepco sont à l’arrêt depuis l’accident survenu le 11 mars 2011 ».

Radioactivité et pollution nucléaire

Deux ans après la catastrophe, les fuites d’eau radioactives vers l’océan, provenant du refroidissement des réacteurs ravagés, semblent se poursuivre. Des fuites similaires avaient déjà été détectées en 2012, et en avril dernier principalement, celles-ci avaient été nombreuses, poussant le gestionnaire Tepco à reconnaître que ces fuites étaient « graves » et à admettre être incapable d’en « expliquer la raison ».

De même, Tepco avait pêché en février, aux abords de la centrale, un poisson avec un taux de radioactivité de 740 000 becquerels de césium par kilogramme, soit 7 400 fois plus que la norme fixée par les autorités japonaises pour interdire tout aliment à la consommation. Le gestionnaire avait alors listé un grand nombre d’autres poissons contaminés, saisis depuis déjà plusieurs mois…

En juin : nouvelle contamination radioactive des eaux

La compagnie avait fait état en début de semaine de juin de « l’écoulement de césium radioactif dans l’eau du sol en direction de la centrale, après avoir assuré que la contamination était négligeable et qu’il n’y avait pas de crainte pour l’environnement ».

Malgré la construction de la compagnie de réservoirs dans les sous-sols de la centrale pour stocker l’eau contaminée, dans laquelle toute l’eau est conservée actuellement, l’eau contaminée arrive toujours à s’infiltrer, prouvant ainsi que les réservoirs utilisés ne sont pas fiables à 100%. Et, soulignons-le, la gestion des liquides de refroidissement n’est qu’une infime partie du travail de démantèlement que doit entreprendre Tepco…

Le gouvernement avait alors ordonné à l’opérateur d’accroître ses capacités de stockage d’eau et de construire un mur de terre gelée autour des quatre réacteurs pour empêcher l’écoulement d’eau de s’infiltrer dans la centrale. Mais serait-ce suffisant ?

Fin mai, la compagnie avait alors nouvellement installé des citernes en acier pour les utiliser à la place des réservoirs. Mais déjà le 5 juin, Tecpo a annoncé qu’une nouvelle fuite d’eau contaminée d’environ un litre avait été détectée dans l’une des citernes.

Enfin, le 10 juin dernier, la compagnie a annoncé avoir terminé, la veille, d’extraire les 24.000 tonnes d’eau concernées pour être enfermées dans des citernes. Mais ces citernes d’accueil viennent de prouver qu’elles ne sont pas non plus fiables à 100%… Cercle vicieux ? Ce problème n’est vraisemblablement pas réglé.

En attendant, la compagnie a promis la construction accélérée de nouvelles cuves qui seront posées au sol. Seront-elles enfin fiables ?

En mai : Tepco envisageait de rejeter en mer l’eau stockée dans la centrale

L’opérateur japonais avait déjà fait parler de lui à la mi-mai en déclarant envisager de rejeter en mer l’eau stockée dans la centrale, expliquant ne « plus savoir quoi faire des dizaines de milliers de tonnes d’eau contaminée stockée dans les réservoirs de la centrale accidentée » et avait alors déclaré espérer pouvoir rejeter ces eaux dans l’Océan Pacifique, une décision à laquelle les pêcheurs japonais se sont évidemment farouchement opposés.

La compagnie avait alors affirmé que « l’eau rejetée ne contiendrait que très peu d’éléments radioactifs grâce au mélange avec de l’eau de pluie »… Ah bon ?

Mars-avril : pannes d’électricité et courts-circuits dus à la présence de rats

Une série d’incidents de ce genre et de pannes de courant avaient été signalés également en mars et avril. Ces incidents ont constitué un nouveau revers pour l’opérateur, lequel cherche toujours à rassurer l’opinion et les pouvoirs publics de sa capacité à gérer le problème de l’eau contaminée. L’incident le plus médiatisé étant celui d’un court-circuit décelé, dont la raison avait été donnée à la présence de cadavres de rats…

Quelles solutions peut-on envisager face à cette situation ?

On peut se demander si tous les problèmes imputés à la compagnie sont dues à un manque d’investissement du gouvernement japonais (ou mondial ?), bien que les responsables de la compagnie continuent à déclarer qu’ils n’ont pas besoin d’aide extérieure. La solution reposerait-elle sur un investissement plus important du gouvernement japonais ? La centrale a-t-elle besoin d’une aide mondiale pour pallier à tous ses problèmes rencontrés ou arriverait-elle à maîtriser seule la situation bien que cela ne semble pas être le cas?

En vue de la gravité de la situation, il n’est pas préjudiciable de penser que le problème ne concerne que le Japon et la société fautive : en négligeant le risque de tsunami ainsi que les préparatifs pour pallier à un grave accident, la société a mérité le grand nombre de procès et d’indemnisations qu’elle récolte. Néanmoins, c’est la population japonaise, les pêcheurs (lesquels n’ont toujours pas repris leur activité depuis l’accident) et certainement la population mondiale qui se trouvent concernés par ce risque majeur qu’est le déversement d’eau contaminée en mer.

En attendant il ne nous reste plus qu’à espérer, face à ces nombreuses lacunes, qu’un nouveau séisme ne survienne pas prochainement et que la présence de rats ne vienne pas gêner le travail déjà colossal et laborieux de la compagnie, ce qui aggraverait très nettement la situation. Espérons également que la centrale prenne en considération la demande de l’Agence internationale de l’énergie atomique quant à l’amélioration de la fiabilité de ses équipements et que la décision finale du gouvernement japonais ne soit pas, en ce mois de juin, d’accepter le rejet des eaux de la centrale dans l’Océan Pacifique.

Sources :

http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0EH1MT20130605

http://www.actualites-news-environnement.com/30700-pecheurs-eau-radioactive-Fukushima.html

Greenpeace projette sa liste noire de centrales nucléaires à fermer en priorité

Projection sur la centrale de Fessenheim, le 28 mars 2013
http://lci.tf1.fr/france/societe/centrales-nucleaires-francaises-greenpeace-publie-sa-liste-7902506.html

« Pourquoi seulement moi ? », voilà ce que Greenpeace a projeté sur la centrale nucléaire de Fessenheim, le matin du 28 mars 2013. Par cette action assez spectaculaire, l’organisation cherche à toujours plus sensibiliser la population sur les risques que représentent les centrales nucléaires, mais aussi à publiciser le rapport qu’elle a publié le même jour, dans lequel elle appelle à la fermeture de quatre centrales. Les noms de celles-ci – Blayais, Bugey, Gravelines, et Tricastin – étaient d’ailleurs projetés en même temps sur une piscine proche de Fessenheim.

« 50% de nucléaire : 5 centrales nucléaires à fermer en priorité » : pourquoi ce rapport?

Greenpeace part de plusieurs constats.

  • Tout d’abord, elle reprend l’objectif annoncé par le candidat Hollande lors de la campagne présidentielle : diminuer la part du nucléaire de 75 à 50% d’ici 2025. Or selon Greenpeace, il n’y a clairement pas d’adéquation entre cet objectif et les mesures proposées par le gouvernement Hollande qui prévoit actuellement le lancement de l’EPR de Flamanville, la fermeture de la centrale nucléaire Fessenheim, et un grand débat sur l’énergie devant déboucher sur une loi de programmation énergétique et. Pour l’organisation écologiste, il faudrait en fait fermer vingt réacteurs pour effectivement diminuer la part du nucléaire de 75 à 50%.
  • Ensuite, Greenpeace souhaite tirer une leçon du drame de Fukushima. Comme l’a exprimé l’ancien président de l’ASN, « il faut imaginer l’inimaginable » en matière de catastrophe nucléaire. Or aujourd’hui l’on en est encore à une logique probabiliste, en faisant donc fi des risques à faible probabilité. Pour Greenpeace, ce n’est plus tenable, il faut passer à une logique déterministe pour s’assurer que le drame de Fukushima ne se reproduira pas.

Comment ce rapport est-il construit ?

« Il faut imaginer l’inimaginable », c’est bien ce que s’efforce de faire Greenpeace dans ce rapport. L’organisation s’est en effet donné pour objectif d’analyser la situation des différentes centrales nucléaires françaises, et d’imaginer les conséquences que pourraient avoir des accidents divers et variés.

Le rapport sélectionne alors trois critères qui permettent de déterminer une « liste noire » des centrales qui seraient en fait aussi dangereuses que celle de Fessenheim et qui mériteraient donc au même titre, d’être fermées :

– le niveau de  sûreté des centrales (leur âge, leur puissance, la nature du combustible ou encore le type de radier) ;

– les risques d’agressions externes naturelles ou non naturelles (un incendie, un séisme, ou bien un crash aérien) ;

– les conséquences d’un accident (en fonction des activités proches, de la proximité d’une grande métropole, de la densité de la population).

Prenons un exemple avec la centrale de Blayais.

  • Pour cette centrale comme pour les trois autres visées par Greenpeace, on trouve dans le rapport une fiche récapitulative de la centrale donnant notamment des informations sur son emplacement, ses réacteurs, son âge.
  • Le rapport répertorie alors les éléments propres à la centrale qui peuvent impacter sur les critères choisis. Puis en fonction de cela, le rapport va plus en détails, dessinant en quelque sorte des scénarios traduisant la dangerosité de la centrale.
  • Par exemple, on constate que la centrale de Blayais, compte tenu de sa situation géographique, est facilement inondable. Dès lors, le rapport dresse un scénario d’inondation et montre ainsi que les risques pour la centrale liés à cette agression naturelle sont :

–          un isolement de la centrale ;
–          la rupture d’une digue ;
–          le sous-dimensionnement des digues ;
–          une inondation centra via le canal de rejet des eaux de refroidissement.

  • Si les risques de tout accident – naturel ou non – pour la centrale se produisent, les conséquences toucheraient toute la région :

– concentration de la population ;

– contaminations ;

– impacts socio-économiques : la centrale de Blayais est située dans une région où les exploitations agricoles sont nombreuses, et en particulier les exploitations viticoles, toutes seraient alors directement touchées par une catastrophe par exemple naturelle dont l’impact sur la centrale ne ferait qu’amplifier les conséquences sur toute la région.

Par ce rapport donc, Greenpeace parvient à « imaginer l’inimaginable » et à tirer la sonnette d’alarme : il ne suffit plus d’imaginer, il faut agir, en fermant ces centrales qui sont, comme tend à le montrer ce rapport, aussi dangereuses que Fessenheim.

Manifestations contre le nucléaire à Tokyo

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées le 16 juillet pour demander l’abandon du nucléaire, un peu plus d’un an après la catastrophe de Fukushima.

Le parc Yoyogi, à Tokyo, a abrité le 16 juillet des milliers de manifestants, appelant à un « Japon propre ». Le rassemblement prend part alors que le Premier ministre, Yoshihiko Noda, a annoncé le 16 juin dernier la décision du gouvernement de remettre en service deux réacteurs de la centrale d’Ohi, en affirmant qu’il s’agissait d’une nécessité économique.

Les organisateurs ont revendiqué près de 170000 personnes tandis que la police a prévenu ne donner aucune estimation. C’est ainsi l’une des manifestations les plus massives depuis l’accident de Fukushima, témoignant le traumatisme social toujours prégnant auprès des habitants de la région. Satoshi Kobayashi, père de deux jeunes enfants, explique : « Un accident nucléaire a des conséquences ineffaçables et marque à jamais le territoire. C’est pour ça qu’il faut arrêter d’utiliser cette énergie ».

La mobilisation augmente

Le mouvement « Adieu l’énergie nucléaire ! », à l’origine de l’événement, à fédérer des groupes militant de longue date dont des personnalités influentes comme le compositeur Ryuichi Sakamoto ou le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe.

Les organisateurs affirment ne pas avoir l’intention de relâcher la pression. Mayumi Ishida, étudiant de l’université du Tohoku à Sendai, explique : « La mobilisation augmente mais il faudrait aller plus loin. Pourquoi pas un mouvement social avec des grèves ? »

AIEA : gendarme de l’atome ?

Source: photosearch

« Nous vivons à l’ère post-Fukushima » a déclaré ce lundi le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano. Selon lui, il est grand temps de redéfinir le rôle de l’Agence.

Déjà la Suisse, l’Allemagne et l’Italie, ont décidé de progressivement abandonner leur programme de développement nucléaire. Les propos du directeur général auront surement un impact significatif sur l’opinion mondiale, aujourd’hui très circonspecte sur le sujet.

Faire de l’AIEA un « gendarme » mondial

Yukiya Amano a indiqué dans un rapport aux cent cinquante et un Etats de l’Agence onusienne, que la mission de promouvoir le nucléaire civil de l’Agence n’est plus suffisante suite à l’accident du Japon. « La sûreté des installations nucléaires est plus que jamais prioritaire pour les pays » affirme-t-il. Il désire que l’Agence puisse « vérifier systématiquement et régulièrement la sûreté de toutes les centrales nucléaires ». Les évaluations nationales de sécurité ne sont qu’un point de départ, l’AIEA doit s’assurer de leur pertinence dans un second temps.

M. Amano a également souhaité un renforcement rapide des critères de sécurité de l’AIEA tout en cherchant à garantir leur application au niveau mondial. « Même les meilleurs critères sont inutiles s’ils ne sont pas appliqués », explique-t-il.

Vers une politique nucléaire mondiale ?

Réunis cette semaine à Vienne, en Autriche, siège de l’Agence, les experts de l’AIEA encouragent les Etats à prendre une solution collective.

Le rapport ne cherche pas à contester la responsabilité des États sur leur centrale, ni à modifier le statut de l’Agence – sous peine d’âpres discussions. Il reste donc trois jours aux ministres de ces pays pour mettre au point une stratégie internationale convaincante de renforcement de la sécurité nucléaire. Le risque d’attiser le courroux des anti-nucléaires va certainement influer beaucoup sur le débat.

Les évaluations vont être sélectives dans un premier temps. Il n’est pas possible, en effet, pour l’agence de vérifier les 440 réacteurs du monde dans le délai des 18 mois fixés. Encore aucune proposition concrète n’a été clairement énoncée, « les techniciens de l’AIEA se mettront d’accord sur un plan d’action » a confirmé la ministre française de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Le directeur général espère que les imprécisions concernant encore les modalités d’examens de sécurité seront une « motivation supplémentaire » des exploitants des centrales pour qu’ils se conforment strictement aux normes de sécurité.

M. Amano  est visiblement optimiste quant à l’assentiment des États membres, même si les stress tests européens ont montré que tous ne partagent pas la même approche de la sûreté nucléaire. Oui, tous les pays ont conscience de la nécessité de travailler ensemble en matière de sécurité nucléaire mais le consensus va être difficile à atteindre.

Le renforcement de l’intervention de l’agence onusienne va poser un problème politique majeur. Les pays tels que l’Iran, n’ayant obtenu que récemment la possibilité de développer l’énergie nucléaire civile, ne pourraient y voir qu’un moyen pour les occidentaux de garder un œil sur leurs activités. Ainsi les déclarations des experts de l’AIEA vont être un enjeu de renforcement de la sécurité nucléaire, de gouvernance mondiale mais aussi une manière d’apprécier la légitimité de l’agence…

Japon: scandale autour du redémarrage de deux centrales

La décision de redémarrer deux centrales nucléaires, sur les 50 fermées depuis la catastrophe de Fukushima, a été confirmée ce samedi 16 juin, après une semaine de délibération, ceci en dépit des protestations et de l’indignation du public et des organisations gouvernementales, dont Greenpeace, scandalisée, qui proteste et juge que cette décision menace «  inutilement l’environnement japonais, son peuple et son économie ».

Photo: fotopedia.com

Le redémarrage pour la survie du pays?

C’est dans l’Ouest du pays, à Ohi, que le gouvernement japonais a autorisé la réouverture de deux réacteurs nucléaires. Ce sont les deux premiers à bénéficier de cet accord, car jugés sûrs par l’Agence de sécurité nucléaire, qui a effectué les tests pour le compte du Japon. Après l’arrêt complet de tout le parc nucléaire suite à la catastrophe de Fukushima, survenue le 11 mars 2011, le gouvernement japonais déclarait la semaine dernière que «si tous les réacteurs qui fournissaient 30% de l’électricité du Japon sont arrêtés, la société japonaise ne peut pas survivre».

Le ministre de l’industrie, Yukio Edano déclare quant à lui que « les préparatifs d’une relance effective sont en cours », relance qui sera assurée par le groupe industriel Kansai Electric dans les cinq à six prochaines semaines.

Cette annonce, qui intervient avant le pic de demande dû à la saison chaude, période où la climatisation au Japon tourne à plein régime, n’est pas la seule explication de la réouverture des deux réacteurs du site d’Ohi. Le Premier ministre Yoshihiko Noda rappelle que « ce n’est pas un problème de pénurie cet été, mais une nécessité pour ne pas freiner l’activité économique du pays qui s’accélère ».

Une forte désapprobation populaire

La réouverture du site d’Ohi semble être le commencement d’un mouvement massif de relance de l’activité des centrales nucléaires japonaises, malgré la forte hostilité de l’opinion publique. Le gouvernement japonais a prévenu « qu’environ 20 autres réacteurs ont subi des examens et qu’ils sont jugés sûrs ». Déjà, une dizaine de milliers de manifestants se sont rassemblés vendredi 15 juin « pour s’opposer à cette mesure ». Ils ont également fait circuler une pétition dans l’espoir « d’abandonner l’énergie atomique », qui a déjà recueilli 7,5 millions de signatures.

Fortement opposée à ce « feu vert » du Premier ministre qu’elle trouve « hâtif et dangereux », Greenpeace souligne dans un communiqué de presse que le gouvernement « ne tient pas compte de l’avis des experts en matière de sécurité et de l’hostilité de l’opinion ». Gouvernement japonais qui assure pourtant que « la politique de dépendance à l’égard de l’atome à l’horizon 2030 n’est pas remise en cause ».

 

Source: LeFigaro.fr

Des papillons mutants ont été découverts à Fukushima

On savait que la radioactivité était cause de mutations chez les organismes vivants. Preuve encore à Fukushima : des papillons mutants y ont été découverts.

À plus de 200 kilomètres de Fukushima, les papillons présentent des altérations génétiques qui provoquent des malformations.

Un taux de malformations élevé, voilà ce que révèle une étude scientifique japonaise publiée dans la revue Scientific Reports. Et pas seulement dans la zone d’exclusion de 20 kilomètres : c’est jusqu’à plus de 200 kilomètres de distance de la centrale que des papillons mutants ont été retrouvés.

Résultats de l’étude sur les papillons

En mai 2011, les scientifiques ont capturé des spécimens exposés à la radioactivité sous forme de larves et ont constaté que 12 % des papillons étaient alors atteints de malformation touchant surtout les ailes – plus petites – et les yeux – malformés. Il est inquiétant de constater que les malformations se transmettent aux générations suivantes : à la seconde génération 18 % de malformations étaient constatées et le taux s’élève encore à la troisième génération et monte à 33,5 %.

Si la radioactivité a globalement décru depuis, dans la région de Fukushima, tout l’écosystème a été contaminé et les papillons, se nourrissant de plantes contaminées, ont continué de subir les effets pervers de la radioactivité : en septembre 2011, 28 % des papillons étaient mutants et ce taux grimpe à 52 % après une génération élevée en laboratoire.

Soulignons qu’il est tout de même dommage que l’étude ne révèle pas le pourcentage de larves de papillons n’ayant pas atteint le stade adulte…

Et chez l’homme ?

Pour le moment, aucun cas de mutation n’a été détecté chez l’homme mais les cancers de la thyroïde et des ganglions lymphatiques seront à surveiller dans les années à venir, l’expérience de l’accident de Tchernobyl nous ayant tristement appris que ces maladies apparaissent chez l’homme après une exposition chronique aux radiations due à la dispersion dans l’atmosphère d’éléments radioactifs…

Japon : des millions de tonnes de déchets – contaminés – à gérer

Le tremblement de terre du 11 mars 2011 et son tsunami de dizaines de mètres de haut, ont généré des millions de tonnes de déchets. Ces derniers émanent de la destruction de nombreux foyers ainsi que de l’effondrement de nombreuses infrastructures. Près d’un an après, la question de leur gestion reste posée.

L’enjeu du traitement de ces incroyables quantités de déchets est primordial à l’heure de la reconstruction. Comment retrouver un environnement « normal » alors que des volumes faramineux de matières hors d’état d’usage, encombre encore et toujours ?

Pourquoi le gouvernement japonais n’accélère pas les choses ?

Le ministre de l’Environnement nippon, Goshi Hosone, a récemment indiqué avoir pris « des dispositions supplémentaires, comme la construction de sites temporaires d’incinération » tout en précisant que cela ne suffirait pas.

Problématique, dans la province de Fukushima, « une bonne partie » – quelle proportion ? – de ces déchets est contaminée par des éléments radioactifs. Cela nourrit une inquiétude au sein des habitants de cette région qui craignent la dispersion de cette radioactivité lors du retraitement des déchets par incinération. Le gouvernement assure pourtant prévoir l’installation de « filtres très fins destinés à capturer les particules radioactives »… Oui, mais est-ce suffisant ? Qui peut répondre précisément ?

Pour l’instant, on filtre les détritus « très méticuleusement ». Une partie d’entre eux est traitée, l’autre « stockée en attendant les résultats des tests de radioactivité ». On notera les précautions prises pour les déchets identifiés comme « sans risque », dont les opérations d’incinérations font tout de même l’objet de « mesures de radioactivité » dans « quatre directions différentes ».

Manifestement, la reconstruction, ce n’est pas pour demain…

Source : Enviro2b.com

Trois centrales nucléaires japonaises en état d’urgence

Centrale d'Onagawa par la Tohoku Electric Power Company. Crédits photo : KYODO/REUTERS
Centrale d'Onagawa par la Tohoku Electric Power Company. Crédits photo : KYODO/REUTERS

Que peut-on dire à l’heure actuelle de la situation des centrales nucléaires japonaises suite au séisme et au tsunami qui a frappé l’archipel en fin de semaine dernière ? Futur Tchernobyl ou Tricastin ?

  • L’incident à la centrale nucléaire de Fukushima N° 1 a été classé au niveau 4 par l’Autorité de Sureté Nucléaire, ce qui la place au même niveau que l’incident survenu sur le site nucléaire du Tricastin en France en 2009. Entre temps, le bâtiment accueillant un des réacteur a explosé, diffusant un nuage de particules radioactives et les autorités japonaises craignent une fusion du noyau et de nouvelles explosions. Quelques experts estiment qu’un des réacteur est en fusion partielle.
  • La société gérant la centrale d’Onagowa,a décrété le premier niveau de l’état d’urgence dimanche. Il y aurait une hausse de la radioactivité dans cette centrale. Sans plus de précision.
  • Le système de refroidissement du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Tokai a une pompe défectueuse. Mais le système de secours serait en état de marche.
  • En France, ces événements créent la polémique dans le monde politique et associatif.

    • Eric Besson, le ministre de l’Industrie, estimait samedi qu’il s’agissait « d’un accident grave mais pas une catastrophe nucléaire« .
    • Thierry Breton, ancien ministre de l’industrie et amoureux du Japon, estime de son côté samedi, qu’il n’y aura pas d’explosion. Dimanche matin, il avait tord.
    • Corinne Lepage, une autre ancienne ministre, mais de l’Ecologie, déclare que l’on doit tirer des leçons de cette situation : « Cela montre qu’il y a des risques. Et nous avons aussi en France des centrales à risque. Cela relance le débat sur le coût et les avantages du nucléaire. »
    • Sofia Majnoni de Greenpeace France déclare de son côté à l’AFP : « Ca fait un moment qu’on tirait la sonnette d’alarme, et on déplore qu’il faille en arriver là pour que les autorités puissent se poser des questions, et on n’est même pas sûr qu’elles le fassent ». Elle annonce par ailleurs, que les informations qu’elle reçoit de ses homologues japonais plus préoccupantes que celles diffusée par le ministère de l’Environnement.

    Difficile donc de se faire une idée claire sur la situation. Il est très frustrant de recevoir quasiment en temps réel des images de l’autre bout de la Terre tout en ne sachant finalement que peu de choses…