Le réchauffement climatique influe de plus en plus rapidement sur les forêts françaises

Un colloque a réuni jeudi dernier à Paris des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique, du CNRS (INRA) et de plusieurs universités. Ce rassemblement a permis de dévoiler une étude sur l’impact du réchauffement climatique sur les forêts françaises.

« Il y a 10 ou 15 ans, on pensait que l’impact du réchauffement climatique serait bénéfique à la forêt. » L’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère laissait espérer un impact positif sur la croissance des arbres et un rendement plus important des massifs forestiers. Le constat des chercheurs aujourd’hui est moins optimiste. Les scientifiques ont expliqué que « au mieux nous irons vers une stabilisation, au pire vers une diminution de la production de nos forêts ».

Les études présentées durant le colloque n’avaient pas pour objectif de définir « la carte des forêts françaises de demain », mais bien de quantifier l’amplitude des changements rencontrés au cours du XXIème siècle.

Les scientifiques affirment que le  principal danger qui menace les forêts réside dans les sécheresses qui devraient se multiplier et s’aggraver suite au réchauffement de la planète. En conséquence de ces périodes sans pluie, les forêts souffriront d’un manque d’eau qui causera leur régression. Certaines régions comme par exemple le Sud et le Sud-Ouest de l’hexagone seront touchées dans un futur proche (vers 2050).

Les espèces méditerranéennes, comme le chêne vert (Quercus ilex), devraient remonter vers le nord. Quand au pin sylvestre (Pinus sylvestris), l’espèce diminuera considérablement dans tout l’Ouest, voire disparaîtra. « L’augmentation des températures sera particulièrement néfaste pour cette espèce, impactant fortement la respiration de l’arbre », indique Paul Leadley, du laboratoire d’écologie systématique et évolution de l’Université d’Orsay (ESE).

Selon les chercheurs, les forestiers devront donc s’adapter en fonction des espèces, de la région et du milieu local. Un colloque international sur les forêts et les changements climatiques se tiendra en mai 2012 à Tours.

Sources : immoxygene, journal de l’environnement

Des hommes qui redonnent vie aux forêts!

Aussi incroyable que cela puisse paraître, deux hommes, le photographe Sebastiao Salgado et Jadav Payeng , sur deux continents différents, avec des moyens colossaux pour l’un et dérisoires pour l’autre, ont redonner vie à des forêts éteintes ou quasi inexistantes. Une façon pour eux de montrer au monde qu’il est possible de « reconstruire la nature, de redonner vie à tout ce que l’on a détruit ». Ces actions poussent à réfléchir à la préservation de l’environnement, mais la population mondiale est-elle toutefois prête à accepter les concessions que cela implique?

Photo: fotopedia.com
Après la surexploitation… la luxuriance

C’est au Brésil, dans l’État de Minas Gerai, que le photographe Sebastiao Salgado et son épouse Leila, ont pris le pari fou de redonner vie à la forêt luxuriante Mata Atlantica, dévastée par le commerce intensif de bois et l’élevage de bétail. Ils commencent leur aventure en 1997, après avoir reçu en héritage une ferme familiale, jadis entourée par cette forêt.

Afin que ce projet puisse être réalisé, malgré les doutes de l’entourage de Sebastiao Salgado, notamment de son père, il fonde, avec Leila, l’Instituto Terra, et réussit peu à peu à transformer « cette terre déserte en un véritable parc national ». Avec son équipe, ils parviennent à développer une technologie pour la plantation de nouveaux arbres « sur une terre vieille, érodée, épuisée ». Il faudra plusieurs années à Sebastio Sagaldo, avant que les plants prennent. Toutefois, après avoir comptabilisé 60% de pertes des nouveaux plants la première année, le couple entouré de ses petites-mains, parvient à créer une pépinière « capable aujourd’hui de produire 1,2 millions de plants par an ».

Aujourd’hui, 15 ans après le lancement de ce projet, l’aventure du photographe ne s’arrête pas, notamment lorsqu’il est question de témoigner de la capacité de redonner vie à la planète, lors de conférences internationales. Il déclare, lors de la présentation de son projet, le 13 mars 2012, au Monaco Press Club, que plus d’1,9 millions d’arbres ont été replantés sur une surface de 800 hectares. Dans cette « nouvelle forêt », l’écosystème s’est naturellement reformé, la réintroduction de la faune s’est elle aussi faite naturellement, « comme un miracle, une résurrection », tels que des oiseaux, des insectes, des jaguars, et des caïmans, pourtant disparus de cette région depuis plus de 50 ans.

Un banc de sable aux couleurs de bambou

L’aventure de Jadav Payeng, originaire du Nord-est de l’Inde, dans un lieu que les habitants nomment Molai Kathani, « le bois de Molai », est un peu différente de celle de Sebastiao Salgado. En effet, Payeng a donné vie à une forêt sur un banc de sable de 550 hectares situé au milieu du fleuve Brahmapoutre (long de 2900 km).

Photo: fotopedia.com

Son projet prend forme en 1979 alors qu’il n’a que 16 ans, après avoir trouvé le banc de sable jonché de cadavres de reptiles, morts de chaud après une forte crue du fleuve. Payeng déclare dans le Courrier International, que cette découverte « fut le tournant de sa vie ». Malgré ses appels au secours, lancés en vain, auprès du Ministère des forêts, il décide d’arrêter ses études, de s’installer sur le banc de sable et de créer une forêt. Après quelques années d’arrosage quotidien et de taille des plants, il parvient à transformer le banc de sable en forêt de bambou, faisant ainsi mentir les propos du Ministère: «  Ils m’ont répondu que rien ne pousserait ici et m’ont dit d’essayer de planter des bambous. C’était dur mais je l’ai fait. » Puis Payeng fit pousser « de vrais arbres », qui permirent une réadaptation naturelle de la faune: plusieurs animaux en voie de disparition comme le rhinocéros à une corne ou le tigre du Bengale se sont installés dans la forêt de Payeng, tout comme des vautours, des oiseaux migrateurs, des daims et du bétail.

Aujourd’hui, la forêt de Payeng est assurée d’avoir un long avenir devant elle, si l’on en croît les propos du conservateur assistant des Forêts, Gunin Saikia, concernant la contribution du Ministère au projet : « Payeng est incroyable. Ça fait trente ans qu’il est là-dessus. Dans n’importe quel autre pays, il serait un héros ».

Utopie et persévérance pourrait-elle réellement faire changer les mentalités d’une population mondiale mondialisée et matérialiste? Il est bon de croire que ce type de projet fou puisse avoir cette influence…

Sources: MonacoHebdo.mc, CourrierInternationnal.com

FAO : un guide de gestion forestière

Lors de la Conférence internationale sur les modes de tenure, la gouvernance et l’entreprise en matière de forêt de Lombok, en Indonésie, du 11 au 15 juillet, la FAO – l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture –  a révélé les grandes lignes de son nouveau rapport sur la gouvernance de forêts – Reforming Forest Tenure – un guide pour une réforme de la tenure forestière à l’attention des décideurs.

Le rapport résulte de l’étude, sur plusieurs années, des régimes forestiers et de leurs impacts sur la gestion durable des forêts et la réduction de la pauvreté en Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et en Asie centrale. Les propos d’Eva Muller, experte du Département des forêts de la FAO illustrent les conclusions de l’étude : « la demande de terres continue, les faiblesses de la gouvernance dans de nombreux pays et les nouveaux défis mondiaux tels que le changement climatique renforcent l’urgence de la réforme de la tenure forestière ».

La FAO propose une réforme de la gestion des domaines forestiers. Elle désire une plus grande implication de populations locales en permettant non un accaparement des terres mais plutôt une sécurisation des droits de propriété. L’organisation espère ainsi améliorer considérablement les moyens d’existence des populations et leur permettre de tirer des revenus des produits de la forêt.

La proposition est risquée. La distribution de droits de propriété implique l’exclusion de certaines populations au profit d’autres, or l’organisation montre qu’environ 80 % des forêts mondiales appartiennent aux Etats « mais la propriété et la gestion par les communautés, les individus et les sociétés privées sont en expansion, à des degrés divers selon les pays ». Les représentants de l’association souligne que « la tenure informelle peut s’avérer efficace, à moins que d’autres intérêts, comme la privatisation ou la conversion des forêts à d’autres utilisations des terres, ne viennent empiéter sur les droits coutumiers, ce qui porte souvent à des conflits et entraîne la dégradation des forêts. »

Intervenir dans la gouvernance permettrait alors de prendre en considération tous les intérêts des parties prenantes mais dans une perspective de long terme tant pour l’environnement que pour la végétation.

Sources: actu-environnement, mediaterre