Record historique pour la fonte des glaces de l’Arctique

L’Institut de physique environnementale de l’université de Brême, en Allemagne, a publié une étude révélant que la banquise de l’Arctique a atteint, cet été, son plus bas niveau depuis le début des observations par satellite en 1972. Avec 4,24 millions de kilomètres carrés, l’étendue des glaces du pôle Nord est inférieure d’environ 0,5 % à celle du précédent record enregistré en septembre 2007 (mesuré à 4,27 millions). Des résultats confirmés par le rapport américain du centre d’observation de la neige et de la glace (NSIDC), selon lequel la couverture actuelle de glace ne représente plus que les deux tiers de l’étendue moyenne enregistrée entre 1979 et 2000. Outre l’étendue, l’épaisseur des glaces s’est également significativement réduite au cours des récentes décennies.

Les deux équipes de scientifiques s’accordent pour dire que la fonte des glaces durant l’été est un impact du réchauffement climatique. Georg Heygster, chercheur à l’université de Brême, explique effectivement que « le recul de la glace de mer ne peut plus être expliqué par la variabilité naturelle d’une année sur l’autre. Les modèles climatiques montrent plutôt que ce recul est lié au réchauffement climatique, particulièrement prononcé en Arctique du fait de l’albédo » (l’albédo correspond à la fraction de l’énergie solaire qui est réfléchie vers l’espace). En effet, l’atmosphère au-dessus de la région arctique se réchauffe plus vite qu’ailleurs. Les températures y auraient augmenté deux fois plus vite que les températures moyennes au cours des cinquante dernières années.

A ce rythme, la banquise pourrait complètement disparaître en période estivale d’ici 30 ans, soit quarante ans plus tôt que ce qu’a estimé le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Cette fonte de la glace entraîne des conséquences néfastes, tant pour les populations autochtones, la faune et la flore de cette région que pour le reste de la planète (modification des courants océaniques et atmosphériques, relargage accru de pesticides et autres polluants organiques persistants dans l’atmosphère, etc.).

Sources : ecologie.blog.lemonde.fr, energie-climat.greenpeace.fr, actu-environnement.com et enviro2b.com