Une fellation contre la déforestation !

Ulcéré de voir la population de pandas s’amoindrir d’année en année? Dégouté devant la déforestation galopante qui grignote inexorablement les poumons de notre planète ? Indigné de la persistance des famines dans un monde qui surproduit et surconsomme ? Œuvrons pour un monde meilleur, pour nos enfants, pour les abeilles… avec du porno !

La verdure, ça donne envie

Avec le porno durable, il n’est pas question d’améliorer vos performances sexuelles en allongeant la durée de vos ébats. Non, le porno durable c’est quelque chose de sérieux. Avec le porno durable, on s’engage et on lutte contre la déforestation et  on finance, de sa braguette poche, des projets de développement local d’accès à l’éducation ou de lutte contre la sous-nutrition. Oui, cela s’apparente à un argument fallacieux sorti à la va-vite devant l’irruption impromptue de ses parents dans la chambre…j’avais pourtant mis l’écriteau « frappez avant d’entrer » ! Passons.

Vous me direz, par quels mécanisme prévient-on à lutter contre la pêche de la baleine dans l’océan pacifique avec l’arrivée du réparateur de la photocopieuse, même si ce dernier n’a pas oublié de ramener son gros outil ?

La réponse est simple. Après le café, les glaces et les chaussures, le porno se met au vert. En 2004, une ONG a trouvé un fi(l)on : protéger la nature en proposant des films pour adultes tournés exclusivement dans la nature pour promouvoir sa préservation. L’ONG Fuck For Forest (oui, oui) vend des films sur Internet dans lesquels la nature tient un rôle central. Bien sûr, il ne s’agit aucunement de zoophilie mais bien de décors bucoliques. A défaut de scénarios tenant la route, les décors pourront attirer les plus récalcitrants aux films X…c’est pour l’environnement, un effort !

L’ONG porno-écolo a ainsi récolté 350.000 dollars qu’elle a utilisés pour financer une demi-douzaine de projets forestiers allant de la Slovaquie, au Costa Rica en faisant une halte à l’Equateur. Là, déjà, ça rigole moins.

Déjà, en 2008, Greenpeace surfait sur le sexe et la nature:

Un projet économique viable

Cette expérience a depuis fait des petits. Deux Italiens –exit Rocco Siffredi- ambitionnent de créer une plateforme de partage de vidéos torrides pour financer des projets philanthropiques : Come4.org. Une fois le rictus sur le jeu de mot passé on se penchant sur le business model, comme sur une machine à laver, et on remarque que l’idée tient la route. Des vidéos seront mises à disposition gratuitement et les recettes publicitaires engrangées iront au financement de projets humanitaires. Pour information, les sites pornographiques engrangent quelques cent milliards de dollars par an, uniquement grâce à la publicité. Les bourses sont effectivement pleines dans ce secteur qui ne connaît pas la crise.

Le principe est simple. Professionnels du X et amateurs avec une conscience environnementale hors pair pourront charger leur vidéo sur le site. Les utilisateurs voteront pour un projet humanitaire ou écologique associé au film et toutes les recettes publicitaires générées par la vidéo seront reversées à cette cause. En somme, c’est toute la communauté du X qui, mise bout à bout, donne un coup de main à la cause socio-environnementale. Le visionnage de porno, c’est comme les excès de vitesse, tout le monde y passe mais personne ne l’avoue. Avec ces initiatives, on le met en avant mais pour la bonne cause.

Certes, ça prête à sourire, mais ces initiatives traduisent plusieurs éléments intéressants. D’une part, les préoccupations sociales et environnementales touchent de plus en plus de domaines. Que l’industrie du X s’en empare montre une naturalisation des visions sociétales et un ancrage de ces enjeux. Il faut se l’avouer, le marketing environnemental est à la mode : même dans les biens et services à destination des adultes. On se rappel des sex-toys en plastique recyclé avec un faible bilan carbone en Allemagne.  D’autre part, grâce au porno durable nous pourrons allègrement recaler un vendeur ambulant déguisé en représentant associatif quémandant nos dons en lui expliquant, gentiment mais fermement : « écoute coco, je donne déjà… je mate du porno-écolo à longueur de journée ! ». Et finalement, tous ces aspects positifs, une mine intarissable de slogans drôlissimes -ou pathétiques c’est selon l’humour de chacun- s’ouvre à nous : « soyez coquin, sauvez les dauphins », « un gang-bang pour l’Amazonie », etc.

Des idées ?

Corne de l’Afrique – régler les causes profondes de la crise s’annonce délicat

La sécheresse qui frappe actuellement la Corne de l’Afrique ne suscite toujours que bien peu d’engouement. Alors que les Nations Unies évaluent à près de sept cent millions d’euros le montant de l’aide humanitaire qu’il faudrait réunir pour soutenir les populations affectées, les promesses de dons de la communauté internationale ne comblent pour l’heure que la moitié de ce montant. Une évolution de cette situation est attendue le 25 août, date à laquelle doit intervenir une conférence de l’Union africaine, à laquelle participeront les donateurs.

Mais au-delà de cette aide d’urgence, certains intervenants appellent à aller plus loin, et à envisager le déploiement de mesures pour qu’une telle crise ne se reproduise plus. Jacques Diouf, directeur général de la FAO, souhaite ainsi que l’on commence « à bâtir pour l’avenir » et veut inciter les gouvernements et les donateurs à investir dans l’agriculture. Position mise en avant également par Yukiko Omura, vice-présidente du Fonds international de développement agricole, qui souhaite un soutien accru au développement de cultures vivrières sur place, permettant de fournir en alimentation les communautés.

Certaines mesures envisagées par la communauté internationale vont dans ce sens. Il s’agit par exemple de la fourniture de semences, d’engrais et d’eau destinée à l’irrigation, afin d’assurer la campagne de semis à venir. Mais régler les causes profondes de la crise sera bien plus délicat, même si des propositions existent.

Source : journaldelenvironnement.net.

Les causes environnementales de l’extrême sécheresse en Somalie

La crise humanitaire en Somalie inquiète. Jean-Cyril Dagorn d’Oxfam France donne une interview au Journal de l’environnement. Il dessine un portrait des causes environnementales de la crise alimentaire qui y sévit. Les Nations Unies estiment que 1,6 milliards sont nécessaires à l’Afrique de l’Est pour éviter la crise.

La crise alimentaire a créé une situation humanitaire désastreuse. Guerre civile et mouvement de réfugiés rendent difficiles ou impossible l’intervention de secours internationaux.  La situation est grave 12 millions de personnes sont en situation très critique, dont 3,7 millions sont touchées par « la sécheresse exceptionnelle » en Somalie, explique M. Dagorn.

Les causes environnementales sont connues. La région de la Corne d’Afrique est affectée par le phénomène de la Nina – il s’agit d’une anomalie climatique qui touche différemment certaines régions du monde, et a ici particulièrement  renforcé la sécheresse. Pour le représentant d’Oxfam, « ce phénomène n’est pas nouveau mais devrait il s’accentuer dans le futur » d’autant qu’il a été d’une amplitude extrême cette année.

Le responsable d’Oxfam France s’inquiète cependant déjà des conséquences prochaines. Deux saisons des pluies ont été minées par la sécheresse. En octobre, les pluies torrentielles risquent d’être absorbées difficilement dans les sols devenus arides. Cela risque de provoquer des inondations des plus destructrices, entrainant les sols les plus fertiles…

« L’impact est très clair sur les denrées alimentaires. La FAO prévoit une chute de productivité de 20% sur le maïs et les haricots dans ces régions d’ici la fin du siècle. » Aussi la région somalienne dénombre beaucoup d’éleveurs de bétails, et la plupart ont perdu entre 30 et 60% de leur cheptel.

 

Qu’advient-il de l’environnement dans l’urgence ?

L’association Peuples Solidaires a récemment enjoint les autorités à donner la possibilité aux populations dans la misère d’accéder aux zones touristiques et aux parcs nationaux. L’objectif est de donner une terre à ces éleveurs afin qu’ils y trouvent de quoi nourrir leur bêtes. Mais alors les terres vont perdre leur statut de zone protégée… C’est là une question de gouvernance essentielle qui questionne l’urgence de la situation et les perspectives de retour à la normale sur le long terme.

Jean- Cyril Dagorn cite aussi l’exemple des zones qui ont été « accaparées par l’Etat » comme en Ethiopie ou les terres cultivables auraient été vendues par l’Etat à des sociétés étrangères pour produire des agro-carburants. Le débat « rouler ou manger » revient ici à la surface… Les éleveurs sont perturbés par ce nouvel usage de leur terre et sont contraints de trouver de nouvelles routes de migration. Oxfam envisage le rachat du bétail le plus affaibli à ces paysans afin de distribuer la viande par la suite tout en leur permettant « de parer au plus pressé ».

La gouvernance internationale est trop limitée. Et l’aide nationale, il cite l’exemple de la France, est faible. Il relève l’exemple de la conférence des donateurs, à Nairobi, le 27 juillet…qui « n’existe pas ! » ; « l’activité diplomatique déployée par la France ces derniers jours n’est qu’un écran de fumée pour cacher la faiblesse de ses engagements financiers ». Mercredi 27 juillet, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies a effectivement réuni à Nairobi les ambassadeurs des pays donateurs, mais simplement pour faire un point régulier et technique de la situation en Somalie. La France n’a donné que 10 millions d’euros alors que l’Australie a donné l’équivalent de 46 millions. Or, il le rappelle, 1,6 milliards seraient nécessaires.

La crise somalienne est une crise humanitaire grave. La question de la gouvernance environnementale perd de son sens tant le contexte est avancé. Les sols ne peuvent être sauvés pour l’heure, la priorité est évidemment à l’humain. Cependant, peut-on penser qu’une prise de conscience plus rapide aurait pu prévenir une telle catastrophe ? Prévenir les émissions de gaz à effet de serre aurait-il réduit la violence du phénomène Nina ?

Inflation des prix agricoles et G20

 

Source: site ocde

Dans un nouveau rapport publié le 31 mai, Oxfam souligne que les défaillances de l’actuel système alimentaire mondial et les conséquences du changement climatique vont entrainer de nouvelles crises marquées par l’épuisement des ressources naturelles et l’augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde. Les prévisions du rapport sont terribles : le prix des cultures de base augmenterait de 120 à 180 % d’ici 2030.

 

Pourquoi les prix flambent ?

Les prix flambent et provoquent la famine. L’inflation des prix de l’alimentation a de nombreuses causes.

L’ONG l’explique par les conditions d’offre de produits agricole, que ce soit la spéculation sur les matières premières ou l’augmentation du cours du pétrole qui a provoqué l’augmentation des prix des engrais et des transports ou encore les accidents dus au changement climatique (sècheresse, inondations, vagues de froid…).

La demande augmente énormément sous l’effet de la croissance de la population mondiale. L’ONG Oxfam dénonce aussi l’utilisation de la nourriture comme matière première pour la production de biocarburants qui concurrence les cultures alimentaires.

Le NPA y voit les revers d’ « autres causes plus structurelles [qui] ont mis à mal la souveraineté alimentaire des pays du nord comme du sud ». Pour eux, « le problème n’est donc pas, comme on voudrait nous le faire croire, le manque de nourriture mais la répartition et l’accès pour la moitié de la population mondiale déjà concernée par la crise alimentaire » des denrées existantes. Le mouvement anticapitaliste regrette le « développement d’un modèle agricole productiviste » et « des programmes d’ajustement structurel imposés au pays du sud pour assurer le remboursement de leur « dette » » qui nuisent finalement à leur agriculture. La destruction des barrières douanières des pays du sud soumet leurs paysans à produire pour exporter et non pour vivre…

Le rapport Oxfam souligne aussi l’impact négatif des politiques inefficaces des gouvernements et du comportement des grandes entreprises tirant bénéfice de ces politiques et faisant pression pour leur maintien.

 

Quelles victimes ?

« Les pauvres des pays pauvres, et les éleveurs des pays riches » sont les victimes de cette crise, affirme Philippe Chalmin, de l’université Paris-Dauphine.

Dans les pays développés, on observe l’augmentation des prix à la consommation (de 2,1% en France). La déclaration du G8 de Deauville les 26 et 27 mai concluaient que « la forte augmentation des prix des matières premières et leur volatilité excessive gênent considérablement la reprise » de l’économie.

« 44 millions de personnes […] sont tombées dans la misère depuis juin dernier sous le coup de la flambée des prix » déclare la Banque Mondiale. Oxfam envisage un scénario catastrophe surtout dans les pays pauvres importateurs de denrées alimentaires. Mais le pessimisme ne gagne pas tout le monde et Concepcion Calpe, économiste de la FAO estime qu’ « on a encore énormément de potentiels pour éviter une crise alimentaire »…

 

Que faire d’un tel constat ?

Une semaine avant la rencontre ministérielle du G20 agricole qui se tiendra à Paris les 22 et 23 juin, Oxfam appelle les pays du G20 à agir. Les gouvernements doivent investir dans l’agriculture paysanne et familiale, en valorisant les ressources naturelles, en gérant mieux le système alimentaire et en assurant l’égalité hommes – femmes.

Un rapport confidentiel de Pierre Jacquet, économiste en chef de l’Agence française de développement a été remis à Nicolas Sarkozy. Il juge impossible d’encadrer la spéculation, malgré l’objectif affiché de la présidence du G20 et propose 6 points pour réguler la hausse du cours des matières premières (les points ont, eux, été communiqués).

De nombreux désaccords subsistent entre les Etats-Unis, la Chine et l’Europe. Mais le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire reste confiant sur la capacité des pays du G20 agricole à trouver fin juin un accord pour lutter contre la volatilité des prix. A la demande américaine, aucune réglementation financière ne sera étudiée lors du sommet.

Ainsi les 400 représentants dont 250 délégués de 120 organisations agricoles et paysannes de 80 pays répartis sur les 5 continents discuteront de l’avenir de l’agriculture mondiale dans les locaux de l’OCDE de Paris. L’objectif vise à établir une vraie régulation pour le G20 de Cannes, début novembre. Mais le risque de l’absence de consensus subsiste…