Abeilles : les mères de notre agriculture en danger

source: terresacrée.org

Menacées, les abeilles sont victimes de nombreux phénomènes prédateurs.

Lors de la journée de l’environnement du 6 juin, Dennis Van Engelsdorp, chercheur à l’université de Penn State en Pennsylvanie et Philippe Lecompte, apiculteur et président du Réseau biodiversité pour les abeilles, ont conclu que la disparition de ces charmants insectes est issue de plusieurs variables interdépendantes et nuit gravement à notre agriculture. On estime que le travail fourni par l’ensemble des pollinisateurs représente environ 153 milliards d’euros, soit 9,5% de la valeur de la production mondiale de produits agricoles. Pour rappel, sur les 100 espèces végétales qui fournissent 90% de la nourriture dans le monde, plus de 70 sont pollinisées par les abeilles.

Le « syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles » se caractérise par une soudaine disparition de toutes les abeilles adultes d’une colonie. Constaté dès le milieu des années 1960, le phénomène s’est accéléré en Europe depuis 1998, particulièrement en Belgique, en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Espagne et au Royaume-Uni. Le phénomène a été constaté dans de nombreuses autres régions du monde.

De quoi souffrent-elles ?

– Des pesticides agricoles qui peuvent affecter le sens de la direction, de la mémoire et le métabolisme des abeilles ;

– des bactéries, des virus et du Varroa qui détruisent les riches ou se nourrissent de leurs larves ;

– d’espèces invasives comme le frelon asiatique qui affectent les colonies ;

– du manque de nourriture (pollen et nectar) dans les paysages agricoles simplifiés où la présence de fleurs est limitée dans le temps et peu diversifiée ;

– de la régression et dégradation des espaces naturels et semi naturels, diminution des surfaces en légumineuses, expansion du maïs (qui ne produit pas de nectar) ;

– de la pollution de l’air qui interfère avec leur capacité à retrouver l’odeur des pollens.

Selon le rapport publié en mars par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), il y aurait plus d’une douzaine de facteurs à l’origine de l’effondrement des colonies d’abeilles et des pollinisateurs en général.

Quelle(s) solution(s) ?

M. Van Engelsdorp reconnait qu’ »on a identifié soixante-quatre variables différentes, allant des pesticides aux modifications génétiques et agents chimiques, mais nous n’avons pas pu trouver LA solution ».

« Il suffit que 0,5 % de la zone de butinage des abeilles accueille des plantes diversifiées pour assurer les 2/3 de leur alimentation quotidienne », calcule Philippe Lecompte. Or nous avons, en France, 2 millions d’hectares mobilisables pour les abeilles, il revient donc aux agriculteurs de leur y laisser une place.

Le Réseau biodiversité pour les abeilles place beaucoup d’espoirs dans la Pac qui devra être revue en 2014, et qui permettra peut-être de favoriser ces solutions, faciles à mettre en place. Mais rien n’est pourtant encore tranché dans la réforme de la Pac.

La résolution prise, en novembre 2010, par le Parlement Européen invitent la Commission européenne à accroître son aide au secteur apicole dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) après 2013. Il prévoit, également, un renforcement de la recherche indépendante sur la mortalité des abeilles, une réglementation sur les pesticides et les produits phytopharmaceutiques, pour permettre une évaluation des risques liés à l’exposition des abeilles à ces substances et culture et enfin la mise en place d’un plan d’action qui comporterait des pratiques agricoles respectueuses des pollinisateurs.

Les zones non agricoles doivent aussi être mobilisées, estime Philippe Lecompte, qui confie travailler sur un projet de partenariat avec RTE (Réseau transport d’électricité), qui dispose d’un réseau de 10 000 ha de tranchées forestières. »

La protection des abeilles suggère une gestion coordonnée et collective du problème afin de réduire avec efficacité l’ensemble des variables qui les menacent.

S’engager pour les oiseaux avec la LPO

 

Sources: site LPO

En cette journée mondiale des océans – 8 juin à la Rochelle -, la Ligue de protection des oiseaux (LPO )et ses 6 partenaires européens réaffirment leur engagement jusqu’en 2012 pour la réalisation d’un programme d’étude des oiseaux marins baptisé Future of the Atlantic Marine Environment (FAME).

Le programme vise mieux connaître les oiseaux de la zone atlantique pour mieux gérer l’espace maritime et protéger la biodiversité  afin de permettre aux oiseaux marins, à l’issu de cette étude, « de trouver sur nos côtes les zones d’alimentation, de repos et de reproduction indispensables à leur survie ».

Le projet est au cœur d’une coopération transrégionale entre la France, Royaume-Uni, Irlande, Espagne, Portugal qui allient leurs technologies pour « mieux connaitre les espèces d’oiseau de la zone atlantique […], leur distribution en mer, leurs zones de repos et leurs interactions avec les activités humaines et à comprendre les raisons de leur déclin, pour mieux gérer l’espace maritime et protéger la biodiversité à long terme » et engagent leur scientifiques et associations locales.

Ce programme de coopération transnationale se nomme INTERREG « Espace atlantique » financé par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) et l’Agence des aires marines protégées.

Suivis côtiers, géolocateurs, des GPS et des balises Argos sont autant d’innovations technologiques aujourd’hui au service de la biodiversité. La LPO est chargée de la coordination du programme au niveau français : elle récolte, analyse et valorisation des données issues des comptages humains et des relevés effectués.

Le programme envisage finalement d’établir un guide de bonne pratique à l’attention des usagers de la mer après avoir déterminer les zones importantes pour les oiseaux marins.

L’intérêt de ce projet répond à l’urgence de la situation ornithologique : la disparition progressive d’espèces rares. Cette faune n’a pas conscience des frontières, la prise de mesures ne peut s’arrêter à la seule échelle locale ou nationale…