Energies renouvelables : nuisibles pour l’environnement ?

Fotosearch.fr

La Californie s’investie avec enthousiasme dans  les énergies renouvelables : fleurissent les panneaux solaires et les éoliennes sur les étendues autrefois désertiques. Le parc éolien croît avec rapidité, les oiseaux de la région en pâtissent.

Eolienne tueuse des « rois du ciel »

Les estimations sont de mauvaise augure pour l’ « or vert » : 440 000 volatiles seraient tués chaque année par les turbines éoliennes aux Etats-Unis. La Californie établie d’ailleurs un triste record. Les aigles dorés, une espère menacée et protégée avec zèle par les autorités fédérales, sont victimes des fermes éoliennes. Six aigles dorés ont été tués, en une année, par les 90 turbines du tout nouveau site de la Pine Tree Wind Farm, gérée par le Department of Water and Power (DWP) de la ville de Los Angeles. Le 2 aout, l’organisme fédéral US Fish and Wildlife Service ont annoncé le déclenchement d’une enquête pour comprendre les raisons d’une telle surmortalité. Par ailleurs, un rapport des consultants de BioResource établit à 1 595 le nombre d’oiseaux morts à Pine Tree, essentiellement des oiseaux chanteurs migrateurs, des cailles et des alouettes (ce chiffre inclue les morts naturelles et les victimes de prédateurs).

Les inquiétudes sont justifiées. L’enquête signe la première démonstration de l’impact néfaste des énergies alternatives sur l’environnement qu’elle est censée préserver de prime abord. Si l’enquête fédérale aboutit à une charge, le site éolien de Pine Tree, qui fournit la ville de Los Angeles en énergie renouvelable, serait la première industrie éolienne accusée d’atteinte à l’environnement.

Le « versant noir » de l’or vert en justice

Quel que soit l’aboutissement de l’enquête la poursuite de la stratégie verte menée par la Californie risque d’être soumise à de nombreux compromis. L’Etat s’est pourtant fixé l’atteinte du seuil de 35 % d’énergies renouvelables d’ici 2020.

Plus encore, cette enquête pose une nouvelle question fondamentale : l’énergie du vent est-elle forcément durable, et pour qui, exactement ?

L’affaire risque de faire jurisprudence pour les énergies « propres » qui révèleraient le « versant noir » de cet or vert. De nombreux sites éoliens font d’hors et déjà l’objet d’une surveillance fédérale pour leur atteinte similaire aux écosystèmes. D’autant que le bruit de ces nouvelles technologies ennuient les résidents des zones où elles sont implantées car « bruit particulièrement énervant des turbines, qui, nuit et jour, a remplacé le chant des grillons ». La pollution visuelle n’est pas sans agacer une partie de la population.

« Il est temps de considérer ce problème avec le sérieux qu’il mérite, et les énergies alternatives, solaire et éolienne, doivent adapter leurs pratiques, soutient Travis Longcore, président de la société Audubon de Los Angeles, qui se consacre à la préservation des espèces animales et végétales, d’autant que ce n’est que le début d’une industrialisation verte intensive dans la région. »

La question reste entière : comment protéger à la fois la planète et tous ses oiseaux ?

Source: Le Monde

Eole Water : produire de l’électricité et de l’eau avec une éolienne !

Voilà de l’innovation dans les énergies éoliennes : à Saint-Tulle, la start-up française Eole Water vient de mettre au point une éolienne capable de produire de l’électricité, mais aussi jusqu’à 2.000 litres d’eau potable par jour…

Projet n’a toujours pas été concrétisé pour l’heure mais il peut s’agir d’une avancée majeure. De nombreuses éoliennes et autres sources d’énergie peuvent être installées dans des lieux isolés en étant cependant rattachées à un réseau. Eole Water développe un concept simple : l’eau provient de l’air, l’énergie du vent et les composants sont tous entièrement recyclables.

Une telle éolienne va permettre à des milliers de personnes vivant dans des zones isolées de pouvoir accéder à l’eau potable et à l’électricité. En effet, « l’éolienne pèse 11 tonnes, mesure 30 mètres de haut et n’a pas besoin d’être connectée à un réseau », décrit Thibault Janin, Directeur marketing et logistique d’Eole Water.

La commercialisation n’est encore qu’à ses balbutiements mais la start-up compte déjà en implanter dès septembre à Abu-Dhabi. Des projets de contrats avancent également avec la Polynésie, le Chili, le Bénin ou encore la Zambie.

Grâce à la condensation de l’air, c’est une nouvelle source d’eau qui peut s’installer n’importe où. Une bonne chose quand on dénombre encore que plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et que 2,6 milliards de personnes manquent d’installations sanitaires de base…

Mont-Saint-Michel: l’Unesco demande la suspension des projets éoliens

Source: Fotosearch

Lors de la 35ème session de l’Unesco – l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture – réunie jeudi 23 à Paris, ses représentants ont demandé à la France de renforcer la protection du Mont Saint-Michel, site classé au Patrimoine mondial depuis 1979.

L’Unesco recommande à l’État « de mettre en œuvre un plan de gestion de la vue autour du Mont ». Elle proscrit les projets d’installation d’éoliennes autour de la baie sur terre comme en mer. Elles ne doivent pas être visibles depuis la Merveille de l’Occident, ou visibles quand on la regarde : la France doit suspendre tout projet d’installation accepté ou en cours.

L’État devra faire un rapport sur ce plan de gestion « à la 36e session, en juin 2012 ». D’ici là, une délégation de l’Unesco devrait se rendre sur place en automne…Le Mont ne risque pas d’être déclassé du Patrimoine mondial de l’humanité, l’organisation décrit uniquement avec précision ses souhaits pour la préservation.

Seuls deux projets ont été autorisés : côté Manche à Argouges, où l’on compte trois éoliennes qui, à la demande du préfet en 2007, ont limité leur hauteur à 99 m en bout de pale. Des recours ont été déposés. La construction n’a pas commencé. Côté Ille-et-Vilaine, un seul projet est prévu à Tremblay: quatre éoliennes de 140 m. Le préfet a donné son accord fin mai.

Ces projets ont été acceptés car même « si les éoliennes étaient perceptibles, elles seraient difficilement identifiables, compte tenu de l’infime taille des objets pouvant apparaître à l’horizon » déclarent les autorités du département Manche. Cependant il n’est pas certain que l’Unesco accepte un tel argumentaire. D’autant que selon l’ONG Europa Nostra, qui regroupe plus de 250 associations du patrimoine en Europe, ces éoliennes, à 20 km du Mont-Saint-Michel, seraient visibles depuis le Mont, et dégraderaient un « paysage immuable et unique ».

En attendant de possibles suspensions, les associations opposées à l’installation de parcs éoliens dans la baie du Mont Saint-Michel à l’instar de la Fédération Environnement Durable se sont félicitées de cette demande. Le conflit entre nature et culture est de nouveau déclaré cette semaine. Comment devrions-nous concilier ces deux types patrimoines ? L’énergie renouvelable ou la majesté d’un site ?

 

Source:  actu-environnement, ouest-france, romandie