Politique de développement durable : l’Etat et les collectivités plus timides que les entreprises ?

Lorsque l’on parle de politique de développement durable, il nous vient tout de suite à l’esprit l’exemple d’une entreprise vantant le bilan carbone de son usine pilote, ou la politique d’achats esponsables imposée à ses services généraux. Dernièrement, c’est IKEA qui annonce la publication de son premier rapport de développement durable dématérialisé sous la forme d’une vidéo interactive hébergée sur Youtube et d’un PDF pour les plus sérieux ! L’histoire ne dit pas quelle est l’empreinte carbone des fermes de serveurs de Google et Youtube…

Mais si l’on cherche des exemples concrets dans les administrations centrales de l’Etat, il est difficile de s’y retrouver et de comprendre la continuité des actions annoncées… Déficit de communication après le coup d’éclat du Grenelle de l’Environnement ? Par exemple qu’en est-il de la politique de fret ferroviaire ? En effet, Jean-Louis Borloo avait présenté en 2009 des objectifs ambitieux afin de réduire la part de transport de marchandises par camions en France. Si l’on consulte le site de l’Ademe, nous apprenons que la dernière réunion sur le sujet s’est tenue le 7 juillet 2010.

En revanche, c’est à l’échelle micro locale que l’on trouve les illustrations les plus concrètes d’initiatives durables qui ont souvent été impulsées bien avant le Grenelle. Il suffit d’ouvrir un journal de presse régionale (PQP) pour s’en rendre compte : part grandissante des produits bio ou issus de producteurs locaux dans les cantines scolaires, gestion raisonnée des ressources en eau dans les communautés d’agglomérations, construction de bâtiments publics Haute Qualité Environnementale (HQE). Prenons deux cas concrets – dans un syndicat intercommunal et dans les hôpitaux publics – rencontrés ces derniers jours dans la presse.

L’usine d’incinération des déchets ménagers de Lumunoc’h chauffe des serres horticoles

La chaleur de l’usine d’incinération des déchets ménagers du Syndicat intercommunal d’incinération des déchets du Pays de Quimper (Sidepaq) permet de chauffer aujourd’hui 50 000 m2 de serres. Les élus du pays rappellent que le projet de valorisation de la chaleur résiduelle date de 5 ans déjà. Remise aux normes antipollution, l’usine est mieux acceptée par la population. Autre atout, la production  d’eau à 52 °C sur un an équivaut à une économie équivalente à 1 542 tonnes de pétrole.

Les Hôpitaux de Paris primés pour leur politique d’achat éco-responsable

Chaque année, un comité de pilotage regroupant les fédérations hospitalières des secteurs public, privé et associatif (FHF, Fehap, FHP, FNCLCC), le ministère de la Santé, celui du Développement Durable, l’Ademe et des professionnels du secteur de la santé remettent les Award du Développement Durable à l’Hôpital (DDH), prix récompensant les actions responsables menées dans les établissements hospitaliers.

Pour l’édition 2011, l’AP-HP a reçu un Award dans la catégorie « achats durables ». L’institution a été récompensée pour sa stratégie d’achat responsable ou éco-responsable intégrant des critères de développement durable dans les cahiers des charges de ses appels d’offres. L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris estime que  « c’est un bon marqueur de la politique de management durable qui oblige à mesurer très en amont les incidences d’une décision de gestion sur le moyen et le long terme (…). Dès lors, la notion de cycle de vie invite-t-elle les acheteurs à intégrer dans la sélection des offres des critères liés à la fabrication du produit et/ou à l’origine des matériaux (recyclage…), à son exploitation (consommation d’énergie…) et sa fin d’utilisation (valorisation…). La question des emballages et de leurs incidences sur les déchets qui mobilise aujourd’hui les acheteurs prend ainsi toute son importance. »

Ce sont deux exemples parmi d’autres, mais qui montrent que les choses avancent dans les services publics et les collectivités, avec ou sans l’impulsion de l’Etat. Cependant, on en parle moins que les initiatives des grandes entreprises, aux moyens de communications incomparables. Vous savez ce qu’on dit :  « C’est celui qui en parle le moins…« 

Stations de ski et développement durable ne font pas bon ménage

Chaque année, des millions de skieurs envahissent les quelques milliers de stations aux quatre coins de l’Europe. A elles seules, les Alpes abritent plus de 600 stations qui disposent de plus de 10 000 rampes de télésièges et qui consomment une quantité phénoménale d’eau et d’énergie pour faire de la neige artificielle. Quel est l’impact de cette industrie florissante sur les fragiles écosystèmes montagneux ? 

Les régions montagneuses sont particulièrement sensibles au changement climatique. Dans les Alpes par exempe, le réchauffement récent y a été près de trois fois supérieur à la moyenne planétaire. Actuellement, on considère que 90% des domaines skiables alpins de moyenne ou grande taille bénéficient d’un enneigement naturel suffisant au moins cent jours par an. Les 10% restants opèrent déjà dans des conditions précaires. Une hausse de la température de 1°C ou 2°C pourrait ramener le nombre de domaines skiables jouissant d’un enneigement fiable à 500 ou 400. La perspective d’une fréquence plus forte d’hivers sans neige est maintenant avancée comme une conséquence du réchauffement climatique pour les stations, et ce dans divers pays.

Le marché des sports d’hiver est totalement tributaire des conditions météorologiques et face à l’augmentation des jours de fermeture, les stations se doivent d’innover afin de continuer à attirer les touristes. Ces principales innovations sont d’ordre technologique et la stratégie la plus répandue consiste à la création de nouvelles pistes grâce à l’enneigement artificiel. Ces pratiques, considérées comme nécessaires par de nombreuses stations, ont un coût environnemental et économique considérable.

Le coût de l’enneigement artificiel représente un minimum de 140 000 euros par hectare. L’énergie constitue la plus grosse dépense mais l’impact le plus important d’un point de vue écologique est celui de l’eau. Selon la Commission Internationale pour la Protection des Alpes, 95 milliards de litres d’eau sont nécessaires pour couvrir de neige artificielle les 23 800 hectares de pistes de ski alpines.  En prélevant l’eau dans les rivières, les lacs et les bassins de retenue, cette technique affecte la vie aquatique et la distribution d’eau. La demande est si importante que certaines stations sont obligées de construire des lacs artificiels.

En ce qui concerne l’impact écologique des skieurs eux-mêmes, l’empreinte carbone la plus importante proviendrait des voyages. Une étude réalisée en 2007 par l’association Mountain Riders et l’ADEME montre que 73% des émissions de CO2 engendrées par les séjours au ski proviennent des voyages en avion. Afin d’accompagner les passionnés  des sports de glisse à réduire leur empreinte carbone, plusieurs initiatives ont été créées comme par exemple le site Snow Carbon ou encore Responsible Skiing.

Sources : duralpes.com   Courrier International.com

 

Un absorbeur de CO2 atmosphérique révolutionnaire

Une équipe de scientifiques californiens a mis au point un nouvel absorbeur de CO2 atmosphérique qui serait capable d’enlever de grandes quantités de dioxyde de carbone de l’air. Ce matériau, qui est en fait une forme de plastique, permettrait ainsi de mieux contrôler les émissions de gaz à effet de serre et limiter le changement climatique.

George Olah, qui a remporté le Prix Nobel de chimie en 1994, travaille depuis longtemps avec son équipe de scientifique sur la fabrication d’un carburant créé à partir de méthanol afin de pallier la probable pénurie des carburants fossiles. Monsieur  Olah et ses collègues s’intéressent  en parallèle au développement de batteries à base de fer, pouvant stocker l’excès d’électricité générée par des sources d’énergie renouvelable pour ensuite l’injecter dans le réseau électrique lors des périodes de forte demande.

Ces batteries d’un nouveau genre utilisent l’oxygène contenu dans l’air. Cependant, si de faibles quantités de CO2 sont impliquées dans la réaction, cela a pour effet de la tuer. Après avoir réussi à développer des systèmes permettant d’absorber le CO2 à partir de solides poreux appelés zéolites, les scientifique se sont tournés vers le polyethyleneimine, un polymère bien meilleur marché que les zéolites.

En testant les capacités d’absorption en CO2 de ce nouveau matériau, les chercheurs se sont aperçus qu’à l’air humide, chaque gramme du matériel absorbait en moyenne 1,72 nanomoles de CO2. Il s’agit de l’un des niveaux le plus élevé jamais testé, d’après ce que l’équipe a indiqué le mois dernier dans le Journal of the American Society.

Le polymère pourrait aussi être utilisé pour construire des fermes massives d’arbres artificiels qui auraient pour objectif de réduire les concentrations atmosphériques de CO2 et de prévenir les pires ravages du changement climatique.

Sources : news-environnement  sciencemag

Eco innovation : Danone et SAP s’associent

Danone a décidé d’utiliser les solutions de développement durable SAP pour collecter, mesurer, analyser et réduire l’empreinte carbone de ses produits. Le leader français de l’agroalimentaire s’est fixé l’objectif ambitieux de diminuer de 30 % son empreinte environnementale en 2012.

Jusqu’à présent, l’évaluation de l’empreinte carbone de chacun des 35 000 produits du groupe s’effectuait sous Excel à l’aide de données collectées en partie « à la main ». L’empreinte carbone de chaque produit était également imprécise puisqu’elle reposait sur une approche par échantillonnage, tous les produits n’étant pas évalués individuellement.

Pour relever ce défi, Danone et SAP se sont associés afin de mutualiser leur savoir-faire et développer ensemble une solution inédite de mesure et de réduction de l’émission de CO2. « Des solutions existent sur le marché, mais aucune ne permet cette intégration de la mesure de l’empreinte carbone dans les systèmes opérationnels, tout au long du cycle de vie du produit et pour tous les produits », explique Jean-Marc Lagoutte, Directeur général des systèmes d’information de Danone. L’objectif de ce logiciel « ad hoc » est de fournir aux responsables opérationnels des informations concrètes afin de leur permettre d’analyser les options stratégiques et de prendre les décisions appropriées, qu’il s’agisse du développement des produits, de la sélection d’ingrédients, de choix géographiques d’approvisionnement, des modes de transport ou encore d’investissements. L’ensemble des données recueillies fournissent des résultats sous forme d’analyse multidimensionnelles, de rapports ou de tableaux de bords.

Cette nouvelle solution a été testée en avant première au sein de quatre divisions du groupe : l’eau et produits laitiers en Espagne, la division produits laitiers en Belgique et l’entreprise Stonyfield Farm aux Etats-Unis. Cette étape a rencontré un vif succès et 40 filiales seront équipées de la nouvelle solution d’ici la fin de l’année 2012. L’objectif de Danone est de généraliser cette solution à 100 de ses filiales à travers le monde en couvrant les quatre domaines d’activités du groupe : produits laitiers frais, eau en bouteille, alimentation infantile nutrition médicale.

Ce logiciel encre l’enjeu environnemental comme un élément essentiel de la stratégie et du développement de Danone  et lui permet également de conforter ses performances économiques. « Nous devions auparavant travailler à partir d’estimations et d’extrapolations. Désormais, avec les solutions de développement durable de SAP, nous pourrons mesurer automatiquement et en temps réel toutes les émissions de carbone de nos sources internes et de notre chaîne logistique », déclare Jean-Marc Lagoutte.

Danone a par ailleurs décidé de renoncer à conserver la propriété intellectuelle pourtant sur ce projet afin de permettre à d’autres entreprises de bénéficier de cette solution. Ce nouveau logiciel sera donc commercialisé à terme par SAP.

Sources : greenit   SAP

 

RIP, mon beau sapin

Tous les ans début janvier, la magie des fêtes de fin d’année s’estompe brutalement laissant progressivement nos rues se transformer en cimetière de conifères décrépits.

Quelle ingratitude, passé le 1er janvier, celui qui fût le point central de tous les émerveillements durant un mois devient un vulgaire félon que l’on abandonne lâchement au coin d’une rue sans une once de remord.

Au-delà de l’attachement qui lui a été porté, c’est également un acte civique de ne pas abandonner son sapin n’importe où. Ce malheureux, considéré comme un objet encombrant, ne sera pas ramassé par les éboueurs.

Pour inciter les Parisiens à faire un geste à la fois écologique et économique, la Ville de Paris met en place chaque année une opération de recyclage en proposant à chacun de déposer son sapin naturel dans des espaces spécialement aménagés. Recycler son sapin, c’est valorisé les déchets verts. Les conifères  seront ensuite transformés en broyat et utilisés comme paillage directement répandu sur les massifs des jardins parisiens ou serviront  à la fabrication de compost.

 

Recycler son sapin contribue à améliorer le Bilan Carbone de la capitale en évitant les transports inutiles. Chaque année, de plus en plus de Parisiens adoptent ce geste éco citoyen et participent ainsi à réduire la quantité  des ordures ménagères incinérées.

Depuis 2007, l’opération a permis de collecter :

–          15 000 sapins en 2007-2008 sur 65 points de collecte

–          25 000 sapins en 2008-2009 sur 95 points de collecte

–          27 000 sapins en 2009-2010 sur 95 points de collecte

–          29 000 sapins en 2010-2011 sur 95 points de collecte

Cette année, les sapins pourront être déposés dans l’un des 100 points de collecte jusqu’au 22 janvier. Ils doivent pour cela  être dépourvus de décorations et non floqués.

La liste des lieux de dépôt est consultable au format pdf à cette adresse

Source : Mairie de Paris