Les fleurs et les immeubles : des menaces pour l’Ouganda

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Grand producteur de fleurs, l’Ouganda en exporte plus de 7000 tonnes par an. Cependant l’expansion de cette production florale nuit à une célèbre zone humide de; site classé au programme Ramsar pour sa biodiversité unique et sa richesse ornithologique.

Sur les rives du lac Victoria, non loin de la route d’Entebbe, le nombre de plantations de fleurs et d’immeubles résidentiels remplacent le marais progressivement. En effet, la proximité de la capitale Kempala et d’un aéroport international rend la baie tentante pour les promoteurs et les horticulteurs.

Logements et emplois vs Marais

L’affrontement entre défenseurs de l’environnement et promoteurs immobiliers, soutenus par les pouvoirs publics,  porte sur l’exploitation de ces zones humides car le gouvernement y voit une source de création d’emplois et de logements.

La banque Crane Bank est d’ailleurs confrontée à un dilemme ; alors qu’elle finance les fermes horticoles de la région, elle soutient aussi le programme Ramsar… Achilles Byaruhanga, le président de Nature Uganda, explique en outre que l’association demande  « au Secrétariat de la Convention Ramsar de cesser de recevoir de l’argent provenant de la destruction des sites Ramsar en Ouganda. L’Union européenne doit interdire la vente des fleurs de Rosebud sur son marché car elle se rend complice de la destruction de sites Ramsar en Ouganda ».

Si la loi, prescrite par l’Environment Management Authority (NEMA),  prévoit une zone tampon de 200 mètres le long du lac, elle avait autorisé le projet de Rosebud malgré les protestations des écologistes. Ces derniers semblent avoir eu raison de s’inquiéter car le projet a clôturé une partie de la zone humide et l’assèche pour permettre la production de fleurs. La NEMA a tenté de réagir en imposant la restauration des secteurs détruits par le programme Rosebud, mais rien ne semble se passer sur le terrain.

Lutembe Bay est  essentielle pour les oiseaux migrateurs et nicheurs or « depuis 2000, nous avons constaté une chute du nombre d’oiseaux migrateurs. Une combinaison de facteurs expliquent cette situation », décrit un représentant du Programme des Nation Unies pour l’Environnement (PNUE) ; les oiseaux sont des indicateurs importants de l’état des écosystèmes.

Les écologistes craignent que la production de fleurs ne pollue aussi les eaux. À court terme, le drainage de la zone humide dégraderait en effet leur qualité. Cette zone humide joue en effet un rôle de filtre pour les eaux des égouts et de ruissellement qui arrivent éventuellement dans le lac Victoria.
À long terme, Nature Uganda ajoute que les produits chimiques utilisés pour les cultures risquent d’avoir un effet négatif. Les Ecologistes dénoncent aussi la pression des promoteurs immobiliers pour pousser les communautés au départ. Ces dernières dépendent effectivement de la pèche locale.

Source: Ornithomedia

La Halle fait rimer écologie et économies

Dès aujourd’hui et ce jusqu’au 17 décembre 2011, l’enseigne La Halle s’associe pour la sixième année consécutive au Relais, association d’entreprises membre d’Emmaüs France, afin de faire rimer économies et écologie.

221 magasins ouvrent ainsi leurs portes afin de collecter les vêtements, accessoires ou encore le linge de maison dont les particuliers n’ont plus l’usage. En contrepartie, et ce pour favoriser le succès de la démarche, l’enseigne leur offrira des bons d’achat, dont le montant sera calculé sur la base du poids de leurs dons : 5 € pour 3 kg. Ces vêtements seront recyclés, ou bénéficieront d’une nouvelle vie.

Une telle démarche devrait permettre de créer de nouveaux emplois « d’insertion et durables » au sein de l’association d’entreprises, dédiés au tri et au recyclage des textiles.

Notons que l’association Emmaüs dont elle est membre, collecte toujours les dons de particuliers réalisés à titre gracieux, auxquels elle offre une nouvelle vie, et qui lui permettent chaque année de favoriser l’emploi de personnes en difficulté. Sa branche « économie solidaire et insertion » regroupe à ce jour 2.818 bénévoles et a collecté 107.000 tonnes de marchandise.

Pour les citoyens européens, le changement climatique est plus préoccupant que la crise financière

La Commission européenne vient de publier un nouveau baromètre européen consacré au changement climatique. Celui-ci, réalisé par TNS est consacré au le sentiment des citoyens de l’Union à l’égard de cette problématique.

Il démontre notamment qu’elle préoccupe chaque année un nombre croissant de personnes. En effet, alors qu’en 2009, année marquée par la tenue du sommet de Copenhague, 64% des personnes interrogées classaient le changement climatique parmi les problèmes les plus graves auxquels nous devions faire face, elles sont désormais 68% à le faire. Mais il y a plus éloquent encore, puisque les citoyens européens estiment en majorité que le changement climatique est aujourd’hui un problème plus sérieux pour le monde que la situation économique marquée par la crise financière. D’ailleurs, 80% d’entre eux estiment que la lutte contre le réchauffement climatique peut impulser un élan économique et contribuer à la création d’emplois nouveaux.

Plus surprenant, ce baromètre souligne que la population européenne est assez largement favorable à l’idée d’une imposition des émissions de gaz à effet de serre. 68% des personnes interrogées se déclarent ainsi favorables à une telle démarche.

Cependant, seule une personne sur cinq estime avoir sa part de responsabilité dans le changement climatique. La faute reste rejetée en majorité sur les gouvernements nationaux, les institutions européennes et les entreprises.

La Commission européenne s’est pour sa part félicitée de ces résultats. Ceux-ci vont conforter sa politique de promotion d’une réduction de 20% des émissions de CO2 en 2020, par rapport à 1990.

Pour l’OCDE, croissance et protection de l’environnement vont de pair

crédits : fotosearch.fr

L’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient de publier, à l’occasion de ses cinquante ans, une tribune en ce sens sur son site web, relayée par le quotidien britannique The Guardian.

L’institution insiste sur le fait que, par des investissements judicieux dirigés vers des politiques d’innovation ou d’entreprenariat, en vue d’initier le changement vers une économie plus verte, les Etats peuvent « trouver de nouvelles sources de croissance et d’emploi ». Dans cette optique, elle a récemment mis à leur disposition un nouveau rapport, intitulé « Vers une croissance verte ». Celui-ci leur ouvre la voie en fixant « un cadre pratique pour stimuler la croissance économique et protéger l’environnement ».

Ainsi, pour le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, « ce rapport montre que croissance et souci de l’environnement peuvent aller de pair […] à condition de mettre en œuvre les politiques appropriées, nous pouvons tout à la fois créer des emplois, accroître la prospérité, préserver notre environnement et améliorer la qualité de vie ».

Deux types de mesures complémentaires sont envisagés pour permettre une transition vers cette économie plus verte. Tout d’abord, il s’agit de fixer un cadre budgétaire et réglementaire solide, ainsi qu’une politique d’innovation ambitieuse, afin de renforcer la croissance économique et préserver le capital naturel. Ensuite, il convient d’inciter à « une utilisation efficiente des ressources naturelles » et de rendre ainsi la pollution plus coûteuse.

L’organisation estime que ce changement doit être opéré le plus rapidement possible. Elle constate en effet que le capital naturel dont l’humanité dispose se dégrade : l’eau se raréfie, le climat se modifie…

Enfin, elle met également à la disposition des Etats certains outils pratiques afin de les soutenir dans cette transition, comme le document « outils pour la mise en place d’une croissance verte » ou encore un mécanisme de suivi des progrès réalisés.