Cameroun : du biocarburant à partir du lisier

Les éleveurs ruraux au Cameroun sont en passe de devenir un exemple à suivre en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. En effet, afin de pallier la pénurie d’électricité sévissant dans le pays, un programme gouvernemental a été mis en place afin d’aider les fermiers à transformer le fumier de leurs animaux en biocarburants. Cette initiative permet non seulement d’apporter aux professionnels une source de revenus supplémentaires, mais aussi d’apprendre à mieux appréhender les problématiques liées à l’environnement et au changement climatique.

« Nous ne nous rendions pas compte de la destruction causée à l’environnement par le fumier en décomposition. Maintenant, nous avons appris qu’il rejette des tonnes de méthane, qui est un gaz très dangereux », déclare Juliana Mengue, une fermière veuve de 46 ans vivant au Nord-ouest du Cameroun.

Il est aujourd’hui prouvé scientifiquement que le méthane provenant du fumier a un impact non négligeable sur le changement climatique. Les efforts pour infléchir son émission à travers le monde se concentrent principalement sur la transformation de ce gaz en biocarburant et sur le changement du régime alimentaire des animaux élevés afin qu’ils en produisent moins.

Jean Kuete, le ministre camerounais de l’agriculture, a déclaré que les efforts sur le biocarburant constituent une des composantes d’un ensemble d’initiatives gouvernementales concentrées sur l’amélioration des conditions de vie des fermiers et leurs communautés.

« La technologie de production d’énergie à base de biocarburant est assez peu coûteuse  et permet ainsi aux éleveurs de l’utiliser sans une assistance financière importante ».

Selon de nombreux éleveurs, ces nouvelles technologies ont apporté des changements significatifs à leurs conditions de vie ainsi qu’à celles de leurs communautés. Afin d’installer un digesteur de fumier dans sa ferme, l’éleveur doit s’acquitter de la somme de 15 000 francs CFA, soit un quart de son prix, le reste étant pris en charge par le ministère de l’Agriculture et le groupe Heifer International qui s’est associé au projet.

Pour produire leur biocarburant, les fermiers collectent le lisier de leur bétail qui sera ensuite mélangé avec de l’eau. Cette mixture est laissée en décomposition  et le méthane s’y échappant est alors stocké dans le digesteur qui a une capacité de 18 mètres cube. A la fin du processus de décomposition, le fumier est enlevé, séché, puis transporté dans les champs locaux pour être utilisé comme fertilisant.

Micheal Mbu, un autre pionnier de la biogestion qui élève des porcs, des chèvres et des vaches, affirme que la simplicité du procédé est à la portée de n’importe quel fermier et peut lui assurer une véritable source de revenus complémentaires.

« J’ai connecté le méthane à dix cuiseuses avec deux pompes qui assurent une fourniture constante en essence. Avec ça, j’ai de l’énergie pour faire de la farine à pain et à pâtisserie. J’ai monté ma petite affaire qui emploi aujourd’hui cinq personnes ».

Eugène Ejolle Ehabe, membre du gouvernement en charge de la recherche et du développement pour l’agriculture, a déclaré dans un entretien que la production de biocarburant à partir de fumier et autres déchets pourrait, en étant appliquée à l’échelle nationale, endiguer les énormes pertes en bois et ainsi améliorer significativement le développement.

Il a noté que seulement un cinquième des ménages ruraux avait accès à l’électricité et seulement 40% des ménages urbains. Chaque année au Cameroun, des milliers d’arbres sont coupés, le bois restant la principale source d’énergie dans les milieux ruraux.

« La production de biocarburant pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation et ainsi aider à préserver les forêts et la fertilité des sols » a-t-il déclaré.

Sources :  trust.org   bonaberi

Un jardin dans le ciel à Beyrouth : la dépollution collaborative

Il ne fait pas bon de respirer l’air de la capitale du Liban. En effet, selon une étude menée durant les deux dernières années, le taux de particules en suspension dans l’air de Beyrouth  dépasse de 175 à 275% les normes fixées par l’Organisation mondiale de la Santé. Le trafic routier de la capitale serait le premier responsable de cette pollution,  « Le parc automobile libanais compte environ 1,3 millions de véhicules en circulation dont 600 000 qui traversent le Grand Beyrouth tous les jours et 28 à 30% de ces véhicules n’ont pas leur contrôle technique à jour », indique, exaspéré,  Ziad Akl, fondateur de l’association de sécurité routière, YASA. Ces contrôles sont pourtant obligatoires, mais rarement sanctionnés. Alors que ce taux de particules nocives devient de plus en plus alarmant, des associations et des spécialistes tentent de trouver des solutions. C’est le cas de Wassim Melki, un jeune architecte de 28 ans, qui vient de mettre en place le projet « Beirut Wonder Forest ».

Le principe est simple : imaginer des milliers d’arbres sur les toits de l’agglomération, plantés et entretenus par les habitants de chaque bâtiment. Il est encore difficile de mesurer l’impact du projet sur la qualité de l’air, mais il devrait être largement bénéfique quand on sait que chaque arbre pourrait capturer 10kg de CO2 en moyenne par an. La « Beirut Wonder forest » pourrait également avoir des retombées positives sur le climat local, du fait de l’ombre projetée par les arbres et ainsi, favoriser indirectement une baisse du niveau de pollution de la ville : en été, une température plus fraîche dans les habitations permettrait de réduire l’utilisation des systèmes de climatisation, très énergivores.

Le plus difficile va consister à faire adhérer les Beyrouthins au projet, la plantation et l’entretien des arbres devant être à l’initiative des particuliers. D’après l’initiateur, la voie la plus efficace serait l’incitation politique, par obligation légale, ou, plus raisonnablement, par le biais de réduction d’impôts pour les participants au projet.

Un prototype de plantation sur immeuble devrait être proposé cette année au ministère de l’Environnement. Les adhérents de « Beirut Wonder Forest » envisagent ensuite de tester le principe à l’échelle d’un quartier.


Source : courrierinternational.com

Le cerveau des poissons perturbé par le gaz carbonique dans les océans

Selon une étude australienne publiée la semaine dernière, la hausse des émissions de dioxyde de carbone causées par l’homme peut affecter le cerveau et les centres nerveux des poissons de mer. Cette publication, réalisée par le Centre d’Excellente pour l’Etude des Coraux et le Conseil australien de la recherche, démontre que les concentration de CO2 dans les océans prévues pour la fin de ce siècle vont interférer avec les capacités des poissons à entendre, sentir et échapper à leurs prédateurs.

Les chercheurs ont testé pendant plusieurs années les aptitudes des jeunes poissons évoluant dans des eaux de mer contenant de hauts niveaux de gaz carbonique dissous. « Il est désormais certain que ces populations enregistrent une perturbation notable de leur système nerveux central, ce qui amoindrit leurs chances de survie. Nous avons découvert qu’un taux élevé de gaz carbonique dans l’eau peut interférer directement avec les fonctions de neurotransmission des poissons, ce qui représente une menace directe et jusqu’alors inconnue pour la vie marine », a déclaré Philip Munday, un des scientifiques de l’équipe.

Une forte concentration de gaz carbonique dans l’eau de mer perturbe un récepteur clé du cerveau des poissons ce qui entraine des changements dans leur comportement et leurs capacités sensorielles. Lors des expériences, les chercheurs ont constaté que les bébés poissons souffraient plus de ces perturbations que leurs prédateurs.

« Nos travaux montrent que l’odorat des bébés poissons était affecté par une hausse du gaz carbonique dans l’eau, ils avaient plus de mal à trouver les récifs de coraux ou à détecter l’odeur d’un poisson prédateur, les poissons perdaient également leur instinct pour tourner à droite ou à gauche, un facteur crucial lorsqu’ils évoluent en groupe ».

Philip Munday a souligné que quelques 2,3 milliards de tonnes de CO2 d’origine humaine se dissolvent dans les océans de la planète chaque année, provoquant un changement dans la composition chimique de l’environnement marin.

Source : AFP

L’Impériale fait son come back green à Londres

Six ans après l’arrêt de sa circulation, le mythique autobus à étage fait un retour en fanfare dans les rues de la capitale anglaise. Londres a obtenu il y a une dizaine de jours la première livraison d’une nouvelle flotte d’autobus hybrides, censé être le plus écologique de sa catégorie.

Cette nouvelle version du « Routemaster » préserve l’essentiel : le fameux rouge pompier et son petit escalier en colimaçon. Mais surtout,  le retour de la plateforme arrière permettant aux usagers de monter ou de descendre entre les arrêts.

La principale innovation de cette nouvelle génération réside sous la carrosserie. Ces bus rouges, construits en Irlande du Nord par Wrightbus, sont équipés de moteurs Diesel hybrides d’une performance à toute épreuve. Un récupérateur d’énergie de freinage alimente une batterie au lithium-phosphate et un moteur électrique. Le système réduit à 28 litres aux 100 kilomètres sa consommation de carburant, soit 40% de moins que les bus diesel non hybrides. Les émissions de CO2 passent à 750g/km, contre 1 200g/km pour les bus diesel.

Les premiers exemplaires de cette nouvelle version rouleront dès février prochain sur la ligne 38 au départ de Victoria Station. Selon Tranport for London, la flotte devrait atteindre 300 bus au début 2012 sur les 7 500 unités du réseau.

Seule ombre au programme pour les usagers, l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs 2012. Autant dire qu’être utilisateur des transports publics londoniens est en phase de devenir un luxe. Avec un tarif 3,5 fois supérieur  à celui de la RATP, le «pass » annuel multizones londonien  le plus cher coûte la modique somme de 3 900 euros contre 1 129 euros pour un Navigo 5 zones. Donc certes, les bus de la capitale anglaise sont beaucoup plus « Rock and Roll », mais à ce prix, mieux vaut s’offrir une promenade en bateaux mouches.

Sources : slate, naturavox

Quelles sont les nations réellement responsables du changement climatique ?

Le Guardian vient de publier un tout nouvel outil interactif agrégeant de nombreuses données climatiques et permettant ainsi de consulter des cartes des pays qui contribuent le plus aux changements climatiques de la planète.

Les chiffres utilisés sont ceux de l’Agence d’information sur l’énergie (EIA), organisme américain indépendant qui publie chaque année des statistiques sur les émissions de gaz à effet de serre.

L’originalité de l’initiative du Guardian repose dans la compilation de ces données et leur présentation selon différents points de vue. Il est alors possible de consulter les émissions de CO2 par pays (actuelles et historiques)  mais également par habitant ou encore en production de gaz à effet de serre et en consommation de biens et services.

Emissions de CO2 actuelles :

 

Emissions de CO2 actuelles par personne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A noter que d’autres types d’émissions, comme par exemple, la déforestation (pourtant responsable d’un quart des émissions mondiales), ne sont pas prises en compte. Mais, même si ces données ne renseignent pas sur la pollution globale engendrée par un pays, elles sont par contre représentatives quant à la responsabilité des différentes populations par rapport au changement climatique. Il est ainsi possible de se rendre compte que Doha (Qatar)  est le plus gros pollueur au monde avec 53,4 tonnes de CO2 par personne, soit trois fois plus qu’un Américain (17,5 tonnes) et 10 fois plus qu’un Chinois (5,2 tonnes).

De plus, si on tient compte du fait que le CO2 rejeté dans l’atmosphère peut y demeurer des siècles, il est intéressant d’examiner non seulement les émissions actuelles mais aussi les émissions passées. Ainsi, entre 1850 et 2007, les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne se retrouvent en tête, avec plus de la moitié du total des rejets. Cette responsabilité historique est d’ailleurs une source de tensions omniprésente au sein des négociations climatiques. En effet, les pays émergents estiment qu’ils doivent faire moins d’efforts que les pays développés du fait de la responsabilité de ces derniers dans le changement climatique.

Sources : Le Monde  The Guardian

Et si on arrêtait de se lancer des fleurs ?

 

Un article intéressant a été publié par la journaliste Catherine Bernard sur la plate forme Slate.fr.

Depuis plus de 20 ans, l’Europe et la France voient leurs émissions de CO2 diminuer alors que les pays émergents  comme la Chine ou l’Inde enregistrent une très forte progression des leurs. L’Europe, en bon petit soldat,  a alors la fâcheuse tendance à se positionner en tant qu’exemple à prendre en termes de bonnes pratiques environnementales. Mais…

La journaliste alerte sur le fait que ces chiffres sont à prendre avec précaution. En France, par exemple, les émissions de CO2 ne concernent que les productions réalisées sur le territoire national. Elles  incluent les produits exportés mais négligent les importations. « En tenant compte de ce facteur – et à partir des chiffres d’émissions de 2005 –  les services statistiques de l’Etat français ont ainsi calculé que le solde des émissions de CO2 des échanges extérieurs de la France était de 135 Mt, qui viennent donc s’ajouter aux 410 Mt émises sur le territoire national. Et si aucune statistique d’évolution de ce chiffre n’est pour l’instant disponible, il y a fort à parier que nous « importon » une partie croissante de notre CO2, une tendance que la désindustrialisation accélérée de la France risque fort d’accentuer ». 545 Mt, nous sommes déjà plus éloignés des 410 Mt annoncés au départ…

Catherine Bernard insiste sur le fait que l’enjeu du développement durable n’a peut être pas réellement été assimilé par la population. Il est vrai que si l’on se fie aux différents sondages publiés, l’opinion deviendrait de plus en plus sensible aux thématiques de développement durable et de responsabilité environnementales. Dans l’absolu, il semblerait que cette tendance ne soit pas toujours mise en pratique.

« Pourquoi inventer des ampoules à faible consommation si on les laisse allumées toute la journée ? Ou investir dans des chaudières à très fort rendement et isoler drastiquement les maisons puisque les ménages en profitent pour augmenter le thermostat ? »

Catherine Bernard prend l’exemple d’une étude réalisée par le constructeur de maisons basse consommation d’énergie (BBC) Trecobat. Ses clients ont certes effectué des économies non négligeables sur leurs factures de chauffage (passées de 1 152 à 739 euros), mais 59% d’entre eux ont avoué en profiter pour augmenter le thermomètre à 20-22°C en journée, contre une recommandation à 19°C. Ces clients ont, en effet, réduit leurs émissions de gaz à effet de serre mais pas autant qu’ils auraient pu.

Est-il vraiment rentable, pour l’environnement, de proposer des services de véhicules  auto-partagés et ainsi pousser des usagers à ne plus prendre les transports en commun ? Il en va de même pour d’autres investissements soi-disant « verts »  comme par exemple, la construction d’un tramway, certes électrique, quand on connait la dépense énergétique engagée durant plusieurs années par la construction de ce dernier. Un simple couloir réservé aux  bus ne serait-il pas plus « green » ?

« L’effet rebond », c’est le terme utilisé par les experts pour définir cet effet pervers. « Plus la consommation d’un produit ou service devient économe en énergie, et plus sa consommation devient accessible, entraînant une augmentation du pouvoir d’achat et donc de la consommation (de ce produit ou d’un autre). Avec bien souvent à la clé, une augmentation des émissions de gaz à effet de serre ».

Le chemin s’annonce encore tortueux avant d’arriver à la construction d’un équilibre entre développement humain et préservation de l’environnement. Invoquer la sauvegarde de la planète est une chose mais n’est-ce pas avant tout  l’humanité qui aurait besoin d’être sauvée  ?

L’article de Catherine Bernard est consultable à cette adresse.

Le locavorisme a la cote

Comme bien d’autres mouvements, le locavorisme a fait son apparition sur la Côte Ouest américaine, à San Francisco. Le terme locavore a été utilisé pour la première fois en 2005, lors de la Journée mondiale de l’environnement et désigne une personne consommant de la nourriture produite dans un rayon allant de 150 à 400 kilomètres autour de son domicile. Le locavore souhaite limiter les émissions de CO2 issus de son alimentation. Il remet en question la mondialisation, l’agriculture intensive, l’uniformisation de la production ainsi que l’appauvrissement de l’économie locale et ce, dans un souci de respect de l’environnement.

Depuis 2006, ce phénomène a pris de l’ampleur et s’étend désormais à la scène écologique internationale.

En Europe, le phénomène « Locavore » se retrouve sous la forme des AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) constituées par un ou plusieurs producteurs de fruits et légumes vendant leurs produits directement au consommateur final sans passer par les intermédiaires de la grande distribution. La France compte aujourd’hui environ 1 200 AMAP contre 250 en 2007.

Les Français de plus en plus adeptes

Selon un sondage réalisé par BVA pour Metro Cash & Carry France, les produits locaux attirent de plus en plus le consommateur. En effet, 53% des Français se déclarent sensible à l’origine des produits alimentaires qu’ils achètent et près d’un sur deux achète ou consomme régulièrement des denrées fabriquées localement. Parmi les valeurs de Locavorisme mises en avant par les sondés, le goût reste un argument de poids, plébiscité par 45% d’entre eux. Ils sont 42% à penser que l’approvisionnement local favorise également la création d’emplois dans leur région et 38% à en faire un gage de sécurité alimentaire.

Le « consommer local » a donc de beaux jours devant lui et de plus en plus d’initiatives sont mises en place dans les différentes régions de l’Hexagone afin d’accélérer son développement, comme par exemple l’Eco-Centre de Crolles, qui était le sujet d’un des articles publié par Ressources et Environnement en octobre.

La Coop de France Aquitaine envisage d’ailleurs la création d’une Maison de l’agriculture et de l’agroalimentaire à l’horizon 2013 – 2014. Cette structure s’inspirerait du modèle « Eataly », crée à Turin en 2007 et s’appuierait sur la démarche « slow food » afin de créer un supermarché proposant des aliments diversifiés uniquement produits dans un rayon n’excédant pas les 250 kilomètres.

Sources : BVA, locavorespirit