Elevage porcin : la honte des Etats-Unis

L’association de défense pour  la cause animale américaine Mercy For Animals a réussi à infiltrer les bâtiments de l’un des plus gros producteurs de porcs de l’Iowa, Iowa Farms Select Kamrar.

Les conditions d’élevage intensif sont tout bonnement impitoyables. Les porcs sont gardés dans des bâtiments surchargés, entassés les uns sur les autres et où l’éclairage est quasi-inexistant. Le sol, dépourvu de paille, empêche un comportement normal de fouille.

Les porcelets sont généralement enlevés brutalement à leur mère à l’âge de quatre semaines, alors qu’à l’état naturel, le sevrage se fait progressivement vers l’âge de trois ou quatre mois. Ces petits cochons sont par ailleurs castrés dès les premiers jours de leur courte vie et ce, sans anesthésie.

A cause des densités d’élevage trop élevées et de l’environnement appauvri, il est fréquent que les porcs mordent la queue de leurs congénères. Pour éviter cela, les éleveurs emploient une solution radicale et des plus barbares, en coupant tout simplement la queue des pauvres bêtes.

Dans certains élevages, les porcs sont tout simplement enfermés dans de minuscules cages afin de les empêcher de bouger dans le but de les engraisser plus rapidement, comme le montre la vignette de l’article.

La vidéo diffusée sur le site internet de l’association est d’une intolérable cruauté.

Attention, cette vidéo est susceptible de choquer, âmes sensibles s’abstenir.

 

Source : PMAF

 

Les traditions Massaïs menacées par le changement climatique

Le peuple Massaï se définit à la fois comme une population de pasteurs et de nomades. Les tribus élèvent les troupeaux de vaches qui constituent leur principale source de richesse. En pleine période de changement climatique et de pressions démographiques, les tribus ont de plus en plus de mal à faire perdurer leurs troupeaux.

On estime le nombre de Massaïs entre 300 000 et 800 000 personnes réparties sur les savanes de Tanzanie et du Kenya. Au gré des saisons, les Massaïs font paître leur cheptel là où l’herbe et les pâturages sont abondants. Ce peuple revendique son indépendance mais aussi son attachement à ses traditions et son mode de vie. Gardiens des terres qu’ils investissent, les Massaïs se disent également gardiens d’un bien que leur dieu unique leur a confié : la vache.

L’idée donc, que certains éleveurs kényans puissent chercher à réduire le nombre de bêtes au sein de leurs troupeaux semble peu probable. Mais avec l’augmentation des sécheresses qui dévaste une importante quantité de bétail et la population humaine qui ne cesse de croître, les pâturages disponibles se font de plus en plus rares.

«  Les précipitations sont beaucoup moins abondantes qu’avant, au mois de mars dernier, il n’a plu que deux semaines. Il arrive que parfois, les précipitations durent deux ou trois semaines, mais la sécheresse revient avant que l’herbe n’ait le temps de repousser ce qui cause la perte de nombreuses bêtes au sein du troupeau. Si j’avais plus d’argent, j’aimerais pouvoir envoyer mon fils à l’école pour qu’il n’ait pas à devenir éleveur comme moi » indique Kenyatta Mpesi, un Massaï de 44 ans.

Le changement devient alors inévitable et les tribus d’éleveurs  sont désormais obligés de s’adapter à ce monde en mutation.

Dans la région de la Vallée du Rift, au Kenya, un programme innovant a été mis en place par un groupe Massaï  afin d’aider les éleveurs à maintenir leur mode de vie traditionnel. L’idée est de rassembler un seul et même troupeau de grande qualité – bien adapté aux conditions difficiles – et de la faire paître de la même manière que le font les animaux sauvages de la région.

Les animaux se tiennent alors regroupés contre les prédateurs. Ils ont un gros impact sur une petite zone, semant des graines et fertilisant la terre quand ils passent. Quand la pluie arrive, le sol est bien préparé pour que croissent de nouveaux pâturages même lors de sécheresses.

Une vidéo de ce programme est disponible à cette adresse.

Sources : the guardian , cntv

Agriculture, les antibiotiques : c’est pas automatique

Les responsables fédéraux de la réglementation sur les médicaments ont annoncé au début du mois l’obligation pour les agriculteurs américains de réduire l’utilisation des antibiotiques appartenant à la classe des cephalosporines dans leurs élevages de porcs, poulets et dindes. Ces pratiques contribueraient à l’émergence de bactéries résistantes aux traitements lors d’infections chez les hommes et causeraient des milliers de morts chaque année.

 

Les abus :

Les antibiotiques peuvent être qualifiés de médicaments « miracles » du 20ème siècle et leur emploi, que ce soit chez l’humain ou chez l’animal, a été abusif. Les agriculteurs ont rapidement été séduits par les effets miraculeux des tétracyclines et de la pénicilline sur la robustesse des bovins, des poulets ou encore des porcs. Ces molécules ont donc été abusivement rajoutées dans la nourriture des troupeaux, le plus souvent sans prescription ou signes de maladie avant-coureurs.

Ces abus ont inquiété les responsables de la santé publique vers le milieu des années 1970. En effet, c’est à partir de cette époque que de nouvelles infections mortelles, résistantes aux traitements habituels ont commencé à apparaître. Depuis lors, la Food and Drug Administration (FDA) se mobilise afin de sensibiliser les agriculteurs, les éleveurs et les vétérinaires aux dangers et aux conséquences néfastes des abus de l’utilisation de ces médicaments.

Il y a une dizaine d’années, la FDA interdit l’utilisation agricole des fluoroquinoles, tel que le Cipro. La réforme prise la semaine dernière au sujet des cephalosporines marque une nouvelle étape.

« Nous pensons que cette étape est indispensable pour préserver l’efficacité des médicaments antimicrobiens. Nous n’avons pas le choix, il faut prendre en compte la nécessité de protéger la santé humaine et animale », a indiqué Michael R. Taylor, le sous-commissaire pour les aliments à la FDA.

Un pas modeste, mais un pas quand même :

Cette limitation n’est qu’un pas modeste et nécessite d’être amplifiée par des mesures beaucoup plus strictes. Il faut dire que la restriction de l’usage des antibiotiques soulève une vive opposition de la part des vétérinaires, des agriculteurs et surtout du lobby de l’industrie pharmaceutique.

La microbiologiste et représentante du parti démocrate de New-York, Louise M. Slaughter, regrette des mesures trop tardives et trop timides.

« Avec la montée en puissance des superbactéries résistantes aux antibiotiques, nous sommes témoins d’une menace de santé publique massive. Nous devons agir avec rapidité et fermeté ».

Un guide de l’utilisation de la pénicilline rédigé par la FDA devrait, quant à lui, bientôt voir le jour.

« Nous espérons terminer ce travail dans les prochains mois » déclare Michael R. Taylor.

Et en Europe ?

Au sein de l’Union Européenne, l’usage des antibiotiques dans l’élevage est relativement bien encadré. Il est interdit d’utiliser ces médicaments pour accélérer la croissance des animaux ou pour traiter des maladies ayant pour origine des manquements dans les conditions d’élevage.

Le ministère de l’Agriculture et de la Protection du consommateur allemand a annoncé le 10 janvier son intention de légiférer afin de restreindre de façon draconienne cette utilisation. La ministre allemande, Isle Aigner, veut renforcer « de manière substantielle » les pouvoirs des Länder, chargés du contrôle de l’utilisation des antibiotiques par les agriculteurs.

Lundi 9 janvier, l’association écologique Bund (Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland) a publié les résultats d’une étude empirique réalisée sur de la viande de poulet dans des supermarchés : la moitié des vingt échantillons contrôlés dans plusieurs grandes villes ont révélé la présence dans la viande de germes résistants aux antibiotiques.

Cette étude, dont l’association a reconnu qu’elle n’était pas représentative, a tout de même eu beaucoup d’écho en Allemagne, qui est le premier producteur européen de porcs et le troisième producteur de volaille.

Sources : New-York Times  lafranceagricole.fr

 

Eau et agriculture : quel est l’impact du changement climatique ?

Source: Fotosearch

La période estivale amène sécheresse, pic de pollution et incendies. A chaque jour, son rapport. Hier, le 9 juin, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publiait son dernier rapport « Changement climatique, eau et sécurité alimentaire ». Le papier se présente comme « une étude exhaustive des connaissances scientifiques actuelles sur les conséquences annoncées du changement climatique sur l’utilisation de l’eau dans l’agriculture ».

Au cours des prochaines décennies, le changement climatique aura un impact majeur sur les disponibilités en eau pour l’agriculture et sur la productivité des cultures, décrit la FAO. D’autant que la demande alimentaire mondiale va progresser de 70% d’ici 2050 et la production de viande devrait doubler…

 

L’agriculture pèse lourd dans la consommation d’eau mondiale

L’Organisation estime que les décideurs doivent développer l’utilisation des eaux souterraines disponibles afin d’atténuer les risques susceptibles d’affecter la production des agriculteurs. La FAO conseille de mettre en œuvre des systèmes efficaces de «comptabilité de l’eau » dans les pays en voie de développement et de changer leurs modèles culturaux pour pouvoir planter plus tôt ou plus tard. Cela permet d’optimiser l’irrigation. L’analyse des secteurs agricoles consommateurs permet d’agir de manière spécifique.

La production de céréales et de maïs consomme beaucoup. C’est cependant l’élevage de certaines espèces qui est le plus gourmand en eau.

 

Produit Unité Equivalent en eau en m3 par unité
Bovins Tête 4000
Moutons et chèvres Tête 500
Boeuf frais kg 15
Agneau frais kg 10
Volaille fraîche kg 6
Céréales kg 1,5
Agrumes kg 1
Huile de palme kg 2
Légumineuses, racines et tubercules kg 1

 

Les pays en voie de développement devraient veiller à mieux développer les procédures d’attribution d’eau aux parcelles agricoles, qui seraient à la fois «robustes et flexibles».

Ce conseil est fondé. Cependant, le problème mondial trouve une fois encore sa solution …chez les pays les plus pauvres. En temps normal (de non sécheresse), les rendements de production sont bien inférieurs à leur potentiel agro-climatique, faute de moyens et de techniques. La Banque mondiale estime qu’il faut investir environ 2,5 milliards de dollars (1,88 milliard d’euros) par an entre 2010 et 2050 pour réussir cette adaptation de l’agriculture Si le FAO les encourage à modifier leurs modèles, il faudra aussi qu’elle reste présente pour les supporter – notamment financièrement – vers cette transposition.

L’organisation développe une autre piste : favoriser des systèmes agroforestiers mixtes. Elle décrit que « tout en séquestrant le carbone, ces systèmes offrent des avantages supplémentaires, tels que l’ombre qui réduit la température du sol et l’évaporation, une protection accrue contre le vent et une meilleure conservation des sols ainsi qu’une meilleure rétention de l’eau ». Elle propose aussi de chercher à conserver l’humidité des sols, notamment la pratique du « labour zéro » ou « minimum » – la réduction du labourage des champs – ou la plantation de cultures ayant des racines profondes qui exploite l’humidité disponible dans le sol.

 

Ce nouveau rapport ne cherche pas à être alarmiste mais bien à proposer une interprétation de l’impact du changement climatique et des solutions pour réduire l’ampleur du problème. Ces conseils constituent les premiers pas vers une nouvelle orientation qui doit impliquer tant les producteurs de pays développés que les producteurs de pays en voie de développement….

 

Sources: afriquinfos.com, le journal de l’environnement, le CRI, Romandie