La journée mondiale de l’environnement

Source: monquotidienautrement.com

 

Dimanche s’ouvre la journée mondiale de l’environnement qui est organisée le 5 juin de chaque année depuis 1972 par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

 

 

L’objectif de la JME[1] est de :

  • Donner un visage humain aux problèmes environnementaux;
  • Amener les peuples à devenir les agents actifs du développement durable et équitable;
  • Promouvoir la compréhension du fait que les communautés sont incontournables dans les changements d’attitudes en ce qui concerne les problèmes environnementaux;
  • Défendre le partenariat qui assurera à toutes les nations et les peuples d’apprécier un futur plus sûr et plus prospère.

Le thème « Les forêts, la nature à votre service » cherche à mettre ce sujet au centre des priorités mondiales.

Le PNUE veut rappeler l’importance de la forêt et de ses fonctions vitales. Elle est nommée « le poumon de la terre » car elle absorbe de grandes quantités de dioxyde de carbone. La déforestation et la dégradation des forêts sont ainsi responsables de près de 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Les forêts sont un moyen de préserver l’environnement car elle est protège de nombreux écosystèmes : en abritant 300 millions de personnes et accueillant 80% de la biodiversité terrestre

Un hôte un peu spécial.

Les journées ont lieu en Inde pour la première fois. Si le directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner s’est félicité que, « de plus en plus, (l’Inde soit) à la tête d’initiatives favorisant la transition vers une économie verte », il est important de rappeler que le pays avec sa population de 1,2 milliard de personnes, continue de faire pression sur les ressources des forêts en particulier dans les zones densément peuplées, où les cultures et le surpâturage contribuent à la désertification.

Le PNUE  rend ainsi hommage aux programmes lancés par New Delhi pour la préservation des réservoirs d’oxygène du pays, qui subissent pourtant une énorme pression socio-économique.

Cette journée est un moyen de discuter et envisager des solutions à l’échelle mondiale. Cependant il est dommage de noter que l’événement n’a pas une importante couverture médiatique. Il est donc possible que les résolutions et solutions apportées obtiennent peu de répercussion politique sur la scène internationale. Essayons de voir vert plutôt que gris…

Quelles évolutions depuis 20 ans ?

 

Cela fait déjà presque 20 ans que la ville de Rio au Brésil a accueilli la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement durable. A l’approche du Sommet de Rio + 20, qui se tiendra du 4 au 6 juin prochain, il est temps de dresser un premier bilan.

Le programme des Nations unies pour l’environnement  vient de publier un rapport intitulé « Suivre les traces de notre environnement en mutation : de Rio à Rio + 20  » retraçant les changements environnementaux planétaires qui ont eu lieu au cours des vingt dernières années.  Celui-ci a été publié dans le cadre de l’écriture du « Global Environnement Outlook -5 » (GEO -5) du PNUE. Au sein de l’ONU, GEO -5 est l’analyse la plus fiable au sujet  des tendances et des perspectives de l’environnement au niveau mondial. La publication complète de GEO -5 sera dévoilée en mai prochain, soit un mois avant la Conférence de Rio + 20.

Au sujet du changement climatique :

Les émissions mondiales de CO2 continuent d’augmenter en raison de l’utilisation croissante de combustibles fossiles. Cependant, le PNUD constate que la quantité de CO2 émise pour produire 1 dollar (USD) du PIB national a baissé de 23% depuis 1992. Cela démontre le fait que la croissance économique n’est pas nécessairement liée à une augmentation de la consommation des ressources naturelles.

Depuis 1992, on constate un rétrécissement et un amincissement des glaciers du monde entier, ce qui influe sur l’augmentation du niveau des mers. Cette augmentation – environ 2,5 mm par an – menace le bien-être d’environ un sixième de la population mondiale.

Au sujet de la déforestation :

Même si une nette tendance à la reforestation a été constatée en Europe, en Amérique du Nord et dans certaines régions d’Asie, la superficie forestière mondiale continue de diminuer et 300 millions d’hectares ont été abattus depuis 1990.

Au sujet de l’efficacité de la gestion des ressources naturelles :

Entre 1992 et 2005, l’utilisation globale des ressources naturelles a augmenté de plus de 40%. Le PNUD alerte sur le fait que si une action n’est pas rapidement prise pour enrayer la surconsommation des ressources et pour séparer la croissance économique du gaspillage, les activités humaines finiront par détruire l’environnement.

Au sujet de l’eau potable :

Il est prévu que le monde atteigne, voire dépasse, les objectifs du Millénaire au sujet de  l’accès à l’eau potable ; ce qui indique que d’ici 2015, près de 90% de la population des pays en voie de développement auront accès à des sources d’eau potable (contre 77% en 1990).

Ce rapport alerte également sur le fait que la biodiversité a chuté de 12% au niveau mondial et de 30% dans les tropiques. Il existe une préoccupation croissante concernant l’acidification des océans –  le pH de l’océan est passé de 8,11 en 1992 à 8,06 en 2007 –  Cela pourrait avoir des conséquences importantes sur certains organismes marins et diminuer les revenus provenant des activités touristiques.

Cependant, le PNUD constate que de nombreuses questions environnementales qui émergeaient seulement en 1992, sont désormais partiellement résolues grâce à l’élaboration de politiques générales dans les nombreux pays concernés.

« L’écologisation » de l’économie a pris son envol. Elle est désormais vue comme une voie viable pour un développement durable. Le recyclage des déchets ou leur transformation en ressources nouvelles est pratiqué dans de nombreux pays.  Il y a eu une réelle prise de conscience de la part des consommateurs.

Lors de la publication de ce rapport, Achim Steiner, le Secrétaire adjoint de l’ONU a déclaré que « Rio + 20 aura pour thèmes principaux : l’économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté. Pour peu que les différents protagonistes s’accordent sur la direction à suivre, cette conférence pourrait permettre de déclencher l’impulsion nécessaire pour assurer le retour au vert des différents indicateurs environnementaux, et pour que le droit au développement soit apprécié par le plus grand nombre, au lieu de ne bénéficier qu’à quelques privilégiés ».

A suivre…

Sources : PNUD , developpementdurable.com

L’économie française verdit

Source: Enviro2b.com

Le 14 juin ont eu lieu les premières rencontres nationales de l’économie verte en présence de la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette journée a permis de dresser un bilan de cette économie nouvelle en France.

Aussi la ministre a déclaré un chiffre : 950.000 emplois verts avaient été comptabilisés en France en 2008. Ces chiffres émanent d’un rapport de l’Observatoire national des emplois et des métiers liés à la croissance verte, un service animé par le Service de l’observation et des statistiques (SOeS) du Commissariat général au développement durable. Crée en 2010, l’objectif de cet observatoire est de comparer les méthodes et les chiffrages sur les emplois, les métiers et les formations de la croissance verte.

Toujours selon l’Observatoire, la croissance de ces emplois verts proviendrait de deux secteurs :

1. les éco-activités, catégorie qui comprend les métiers de la protection de l’environnement, la gestion des ressources naturelles, les activités transversales comme les services généraux publics, la R&D et l’ingénierie.

Cette catégorie a le plus profité de la création d’emplois en 2008, notamment le secteur de la gestion du bruit, des eaux et des déchets.

2. les activités plus périphériques incluant toutes les activités dont la finalité n’est pas environnementale, c’est-à-dire : la production et la distribution de l’eau, la gestion des espaces verts, les transports Grenelle (activités liées au ferroviaire) mais aussi les travaux d’isolation, la fabrication de certains produits industriels tels que les chaudières à condensation.

Cette tendance devrait se poursuivre – sous l’égide du Grenelle de l’environnement – qui prévoit 440 milliards d’euros d’investissements dans les emplois verts d’ici 2020, dans les secteurs du logement, des transports, des énergies renouvelables et de l’agriculture.

Ainsi, d’après le ministère du développement durable, l’économie devrait voir fleurir des chefs de projet éolien, diagnostiqueurs immobiliers, conseillés en agriculture biologique, poseurs de panneaux photovoltaïques…

L’orientation vers une croissance verte reçoit les vœux des politiques, notamment d’Eva Joly, député au Parlement européen et candidate aux primaires d’Europe-Ecologie, qui affirme que « la conversion écologique est fortement créatrice d’emplois. […] On en prévoit 500.000 en 2020 ».  De même, Corinne Lepage, elle aussi députée européenne, est favorable à la croissance verte mais précise que si les métiers de l’énergie renouvelable sont peu présents en France, c’est qu’ « il y a une incompatibilité complète entre le tout nucléaire (car nous n’avons pas de mix électrique) et le renouvelable qui vient concurrencer le nucléaire dans un pays où le nucléaire est en surcapacité ».

Ces réactions décrivent la nécessité de faire de la croissance verte une véritable perspective économique, la nécessité de créer la diversification du bouquet énergétique. La politique française actuelle en matière d’énergie reste majoritairement attachée au nucléaire. Aussi les promesses d’investissements ne peuvent se concrétiser sans un choix tranché des politiques pour une diversification des investissements énergétiques…

 

 

Des pistes pour un sommet de Bonn efficace

 

A une semaine du lancement du sommet des Nations-Unies sur le changement climatique à Bonn, en Allemagne, Andrew Simms vient de publier une tribune sur le site du Guardian. Mais qui est Andrew Simms? Il s’agit du directeur du programme sur le changement climatique du NEF – the new economics foundation.

Celui-ci suggère dix pistes de réflexion aux négociateurs du sommet :

  • Organiser les négociations dans des lieux durement touchés par le réchauffement climatique, comme l’archipel de Tuvalu, menacé de disparition par la montée des eaux. Cette décision leur permettrait sans aucun doute de prendre conscience des problèmes auxquels ils doivent remédier.
  • Débarrasser les délégations des lobbyistes issues d’entreprises peu scrupuleuses.
  • Remettre en question le système de calcul des émissions de CO2. Andrew Simms estime ici que les pays riches ont trop souvent l’opportunité « de délocaliser leurs émissions » en faisant produire leurs marchandises dans d’autres pays, et donne ainsi une image de progrès dans la lutte contre le changement climatique, alors qu’il n’en est rien.
  • Expérimenter plus, et abandonner toute vision à court terme. Il propose ici la création d’un conseil représentatif indépendant, chargé de fixer un plan d’ensemble de réduction des émissions de CO2.
  • Associer tous les acteurs et les aspects des villes pour favoriser une transition énergétique en leur sein.
  • Débarrasser ce type de sommet de présentations « d’innovations gadgets », donnant le sentiment qu’il s’agit d’une « foire commerciale de la technologie » , et plutôt repenser notre modèle économique et notre politique d’innovation.
  • Mobiliser les mêmes montants employés pour le sauvetage des banques lors de la crise financière afin d’investir dans les réseaux intelligents et les énergies renouvelables.
  • Acter la suppression des subventions aux énergies fossiles, afin d’employer la manne financière dégagée pour favoriser la transition vers une économie verte, porteuse d’emplois et d’une meilleure qualité de vie.
  • Acter un objectif de réduction des émissions de CO2 de 30% d’ici à 2020.
  • Enfin, sa dernière piste est ouverte : il suggère à tous d’émettre ses propositions.

Source : The Guardian

Pour l’OCDE, croissance et protection de l’environnement vont de pair

crédits : fotosearch.fr

L’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient de publier, à l’occasion de ses cinquante ans, une tribune en ce sens sur son site web, relayée par le quotidien britannique The Guardian.

L’institution insiste sur le fait que, par des investissements judicieux dirigés vers des politiques d’innovation ou d’entreprenariat, en vue d’initier le changement vers une économie plus verte, les Etats peuvent « trouver de nouvelles sources de croissance et d’emploi ». Dans cette optique, elle a récemment mis à leur disposition un nouveau rapport, intitulé « Vers une croissance verte ». Celui-ci leur ouvre la voie en fixant « un cadre pratique pour stimuler la croissance économique et protéger l’environnement ».

Ainsi, pour le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, « ce rapport montre que croissance et souci de l’environnement peuvent aller de pair […] à condition de mettre en œuvre les politiques appropriées, nous pouvons tout à la fois créer des emplois, accroître la prospérité, préserver notre environnement et améliorer la qualité de vie ».

Deux types de mesures complémentaires sont envisagés pour permettre une transition vers cette économie plus verte. Tout d’abord, il s’agit de fixer un cadre budgétaire et réglementaire solide, ainsi qu’une politique d’innovation ambitieuse, afin de renforcer la croissance économique et préserver le capital naturel. Ensuite, il convient d’inciter à « une utilisation efficiente des ressources naturelles » et de rendre ainsi la pollution plus coûteuse.

L’organisation estime que ce changement doit être opéré le plus rapidement possible. Elle constate en effet que le capital naturel dont l’humanité dispose se dégrade : l’eau se raréfie, le climat se modifie…

Enfin, elle met également à la disposition des Etats certains outils pratiques afin de les soutenir dans cette transition, comme le document « outils pour la mise en place d’une croissance verte » ou encore un mécanisme de suivi des progrès réalisés.