Interpol passe à l’action pour la sauvegarde du tigre

L’Organisation internationale de police criminelle (OIPC) basée à Lyon, mieux connue sous le nom d’Interpol, se mobilise afin de protéger l’une des espèces menacées parmi les plus emblématiques : le tigre. Elle vient ainsi d’annoncer le lancement ce mercredi du programme intitulé « project predator ».

Son objectif prioritaire est de soutenir la lutte contre le braconnage, en partie responsable du déclin de la population de tigres. On estime aujourd’hui que seuls 3.500 individus subsistent en liberté, contre 100.000 au début du XXème siècle. Selon les projections du Fonds mondial pour la nature (WWF), l’espèce est amenée à disparaitre en 2020 si rien n’est fait. Ce braconnage s’explique par les vertus médicinales attribuées aux os et à certains organes des félins, ainsi que et par les revenus tirés de la vente de leur fourrure.

Un partenariat sera donc mis en place entre l’organisation internationale et les polices et douanes de treize Etats asiatiques au sein desquels l’espèce est encore présente : au Bangladesh, au Bhoutan, au Cambodge, en Chine, en Inde, en Indonésie, au Laos, en Malaisie, en Birmanie, au Népal, en Russie, en Thaïlande et au Vietnam. Outre ce partenariat, l’armement des gardes forestiers des Etats précités pourrait être financé. Ces derniers devraient enfin être amenés à durcir leurs lois contre le braconnage.

Un plan d’action sera défini au terme d’une réunion qui se tiendra dans la capitale Thaïlandaise les 13 et 14 février 2012.

L’organisation internationale n’en est pas à son coup d’essai. Elle lutte depuis plusieurs années pour enrayer le trafic de tigres. Au mois d’octobre 2010, elle avait ainsi permis l’arrestation de 25 personnes et la saisie de 50 kg d’os de félin, employés pour… concocter une boisson aux « vertus » médicinales, en coordonnant une opération menée conjointement par les polices de la Chine, de l’Inde, du Népal, de la Russie, de la Thaïlande et du Vietnam.

Cependant, le braconnage ne constitue qu’une partie de la menace pour la population de tigres. La destruction de leur habitat naturel explique elle aussi son fort déclin. Ce contre quoi WWF se mobilise avec force.

Contrebandes : les autorités malgaches à l’action pour les tortues

A Antananarivo, deux hommes ont été arrêtés in extremis à l’aéroport d’Itavo. Les bagages qui contenaient 196 tortues avaient franchis avec leurs propriétaire de nombreux systèmes de sécurité jusqu’au passage au scanner qui a permis aux autorités de les appréhender.

 

Les tortues : espèces menacées à Madagascar ou animaux de compagnies en Europe

Une enquête publiée par la WWF en 2010 révèle que plus de 10 camions transportant des zébus et près de 1000 tortues quittaient illégalement le plateau de Mahafaly au sud de Madagascar. Si le commerce international des tortues araignées, tortues à soc et tortues radiées est aujourd’hui interdit par la CITES, le contexte politique a engendré une hausse du braconnage qui profite de l’instabilité.

Les tortues extraites de leur milieu naturel – au nombre de 60 000 chaque année – sont destinées à devenir des animaux de compagnies en Asie et en Europe. A Madagascar, la tortue radiée est également recherchée pour sa chair à l’occasion des fêtes comme à Pâques, le Jour de l’indépendance ou encore à Noël.

L’habitat des tortues est d’ailleurs lui aussi menacé par les coupes sauvages et les incendies de forêt. Le risque d’extinction est de plus en élevé.

 

Volonté politique de résoudre les problèmes liés au trafic

Afin d’enrayer l’éventualité d’une disparition totale, le WWF MWIOPO (bureau des programmes de Madagascar et de l’Océan Indien) a développé en 2010 un plan d’action de conservation de ces deux espèces. Les progrès ont été visibles, de décembre 2010 à janvier 2011, 393 tortues destinées au trafic ont été saisies par les agents des services forestiers et la police.

Cependant le braconnage persiste, et pour beaucoup d’acteurs agissant pour la protection de l’environnement les efforts fournis par les autorités passent encore inaperçus car les lois de protection sont peu appliquées et les peines encourues restent dérisoires. Les propos de Richard Hugues, représentant régional du WWF Madagascar n’en sont pas moins encourageants. Il déclare : « nous applaudissons le gouvernement et les autorités pour leur vigilance accrue à faire respecter les lois, comme dans cet exemple, et nous les encourageons à continuer et espérons que ce cas ainsi que les prochains seront suivis de peines lourdes ».

« Le gouvernement de transition malgache a montré les signes d’une volonté politique de résoudre les problèmes liés au trafic, notamment pour leurs bois précieux comme le palissandre et l’ébène » annonçait Ndranto Razakamanarina, conseiller politique WWF à Madagascar. Il ajoute « des mesures importantes doivent être prises afin de s’assurer de l’application de ces lois de façon appropriée. Il ne doit y avoir ni compromis ni exception ».

 

Sources: wwf