Abeilles : des marques au secours des butineuses

La disparition inquiétante des colonies d’abeille à travers le monde semble émouvoir plusieurs acteurs de la grande distribution. Monoprix, Innocent ou encore le centre commercial Le Millénaire à Aubervilliers, jouent les sauveurs de l’insecte butineur.

Les packagings de la désormais célèbre marque de smoothies Innocent, voient en ce moment la vie en jaune et noir en arborant un logo représentant une petite abeille. La marque a signé un partenariat avec la Société Centrale d’Apiculture (SCA) en s’engageant à construire des ruches. A chaque achat, et ce, du 21 mars à la fin du mois d’avril, le client « adopte » une abeille. Après 80 000 packs de 25 à 75 cl achetés, une ruche sera construite. Chaque consommateur aura même le droit à un certificat d’adoption, un site dédié ouvrira ses portes à compter du 1er mars.

Le centre commercial Le Millénaire à Aubervilliers vient, quant à lui, de procéder à l’installation de six ruches sur son toit, en collaboration avec le programme « Abeilles, Sentinelle de l’Environnement ». Les deux partenaires, Icade Immobilier et Klépierre Ségécé, poursuivent leur engagement respectif dans une démarche éco-responsable.

De son côté, Monoprix débute la commercialisation de son propre miel, produit sur les toits de ses magasins de l’avenue des Ternes et de la porte de Châtillon. L’installation de 18 ruches au mois de mai dernier ont déjà permis la production de 1 000 pots. L’idée d’installer des ruches sur les toits des magasins Monoprix est née de plusieurs constats : les abeilles sont les premières victimes des insecticides et des pesticides utilisés en agriculture intensive, c’est pourquoi, les températures clémentes, la diversité des plantations ainsi que les méthodes de culture sans pesticides, font de la ville un véritable refuge pour les butineuses.

Marketing opportuniste ou véritable engagement responsable, une chose est sûre, Paris est en phase de devenir une véritable « bees city ». Rappelons que la capitale compte déjà plus de 300 ruches, les plus connues sont situées au pars Georges Brassens dans le 15ème arrondissement, au jardin du Luxembourg et sur les toits de l’opéra Garnier.

 

Source : .e-marketing.fr

Les abeilles en détresse

L’équipe de Ressources et environnement a déjà consacré plusieurs articles concernant l’inquiétante disparition des colonies d’abeilles à travers le monde. Ces malheureux insectes qui semblent être attaqués de toute part par des phénomènes divers et variés sont pourtant indispensables à la préservation de notre écosystème. Selon une étude récemment publiée par Ipsos, la population française semble désormais bien consciente des problèmes touchant  le secteur apicole.

Une prise de conscience

88% des Français sont désormais conscients de la disparition massive des abeilles en France. Dans l’opinion, ce sont surtout les insecticides et pesticides utilisés pour le traitement des cultures qui en seraient les premiers responsables, loin devant le développement de l’agriculture intensive. Autre facteur de fragilisation des colonies d’abeilles : l’invasion par le frelon asiatique Vespa Velutina dont 60% des Français auraient entendu parler.

77% de la population hexagonale s’accorde pour dire que le nombre d’apiculteurs régresse par rapport aux décennies passées. L’image des apiculteurs qui entretiennent des colonies d’abeilles est fortement valorisée : 89% des Français les considèrent comme des acteurs engagés dans la protection de l’environnement. Enfin, le programme « Abeille, Sentinelle de l’Environnement » de l’UNAF qui vise à encourager les collectivités et les entreprises à la défense de l’abeille en implantant des ruches dans les villes semble avoir déjà marqué les esprits : 82% des personnes interrogées pensent que ce type d’action participe de manière efficace à la sauvegarde des abeilles.

Une nouvelle menace

On savait les abeilles menacées par les pesticides, le fameux frelon asiatiques ou encore la dégradation des espaces naturels…  Des chercheurs américains de l’université de San Francisco viennent de découvrir une nouvelle menace susceptible d’être à l’origine de la disparition massive de ces petites butineuses.

Apocephalus borealis est une simple mouche qui a la fâcheuse habitude d’infester les ruches en déposant ses œufs dans l’abdomen des abeilles domestiques. Une fois infectées par ces parasites, les abeilles abandonnent leurs ruches pour se rassembler près des sources de lumière ayant perdu tout sens de l’orientation. « Nous avons observé que les abeilles infectées ne pouvaient plus tenir sur leurs pattes qu’elles ne cessaient d’étendre pour les dégourdir avant de tomber… agissant comme des zombies » explique Andrew Core, principal auteur de cette rechercher publiée mardi dans la revue scientifique « PloS One ».

Après avoir pénétré à l’intérieur de son hôte et avant de le dévorer de l’intérieur, le parasite libérerait des substances provoquant un changement de comportement de l’insecte infecté. « On a déjà observé des vers parasites présents à l’intérieur de grillons qui les poussaient à se jeter à l’eau » précise Claire Villemant, maître de conférences au Muséum d’histoire naturelle.

A priori, il y a peu de chance que cette mouche californienne puisse un jour faire des ravages en dehors des Etats-Unis. Il est par ailleurs possible que ce parasite profite de l’affaiblissement des abeilles par d’autres facteurs. En effet, des analyses génétiques ont confirmé que les abeilles infestées étaient souvent porteuses d’un virus qui déformes les ailes et d’un champignon microscopique d’origine asiatique.

Sources :  Ipsos, leparisien