Déchets industriels: la prochaine ruée vers l’or aura lieu dans nos poubelles

Alors que l’Université des Nations Unies (UNU) déclare que les équipements électroniques et électriques « fabriqués en 2011 dans le monde concentrent 320 tonnes d’or et 7500 tonnes d’argent » et recouvrent une valeur totale de 17 milliards d’euros, une étude menée par des chercheurs japonais estime à 1/3 des réserves mondiales de métaux précieux et de terres rares, les déchets d’équipement électriques et électroniques (DEEE). La prochaine ruée vers l’or aura-t-elle lieu dans nos poubelles?

Photo: fotopedia.com

Le recyclage des DEEE presque inexistant

L’or et l’argent ne sont pas les seuls composants précieux qui habitent nos équipements électriques et électroniques, on y trouve également d’autres métaux précieux comme le cobalt, le palladium et des terres rares en moindre quantité. Selon un récent rapport du Global e-Sustainability Initiative (GeSI), les DEEE sont jusqu’à « 40 à 50 fois plus riches en métaux que les mines traditionnelles ». Tandis qu’une étude du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) intitulée « Le taux de recyclage des métaux: état des lieux » indique que « moins d’un tiers des 60 métaux étudiés ont un taux de recyclage supérieur à 50% », 34 d’entre eux comptant à peine 1% de taux de recyclage.

En 2011, l’Association Nationale des Consommateurs et Usagers et l’ADEME déclaraient que « 7 ordinateurs sur 10 finissent toujours dans une décharge, sans être dépollués ». Les équipements électriques et électroniques mis sur le marché entre 2006 et 2009 et les DEEE collectés sur la même période ne représentent que 9% de récupération « du volume d’équipements neufs vendus » sur cette même période. Le recyclage des DEEE est donc très réduit.

Les « mines urbaines » des pays du sud

Les poubelles à DEEE des pays développés sont principalement l’Afrique et l’Inde. Des « mines urbaines » où le volume de déchets d’équipements électriques et électroniques pourrait être multiplié par 5 d’ici à 2020, même si le taux de collecte dans les pays occidentaux était augmenté significativement. D’autant que, comme le rappelle Richard Toffolet, directeur technique d’Eco-systèmes, un des quatre éco-organismes officiels, chargés d’organiser le recyclage des DEEE en France, « l’on sait parfaitement récupérer les métaux précieux, qui se trouvent essentiellement dans les cartes électroniques ». Quatre ou cinq unités de traitement existent dans le monde, « ce sont des installations qui exigent des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros » et, qui se trouvent… en Europe et en Amérique du Nord.

Source: GreenIT.fr