Les crustacés d’eau douce, ces indicateurs de la qualité des eaux

Les crustacés d’eau douce sont menacés en France métropolitaine. C’est la conclusion d’un travail de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et du Muséum national d’Histoire naturelle. Or cela indique que la qualité des eaux n’est plus au rendez-vous…

Un état des lieux des crustacés d’eau douce a été dressé par l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle après trois ans de travail. Les 576 espèces résidant en France métropolitaine ont été étudiées et il s’avère que près de 28 % d’entre elles sont menacées.

Les écrevisses les plus fragiles

Les espèces les plus menacées sont les écrevisses : les aménagements des rivières dégradant leur environnement et la maladie mortelle, la peste des écrevisses, répandue par une écrevisse américaine introduite – qui en outre entre en compétition avec les espèces endémiques – impactent très fortement les populations d’écrevisses françaises.

En haut du triste podium, l’écrevisse à pattes blanches est ainsi classée comme espèce « vulnérable », l’écrevisse à pattes rouges « en danger » et l’écrevisse des torrents « en danger critique ». Les écrevisses sont très sensibles à la pollution chimique de l’eau et sont donc des indicateurs de la qualité de l’eau. Dans le Var par exemple, alors que le plan de lutte contre l’invasion du moustique-tigre bat son plein, l’utilisation de produits chimiques dans les plans d’eau afin de détruire des nymphes de moustiques est aussi source de mortalité pour le petit crustacé Chirocephalus spinicaudatus, classé « en danger critique » …

La solution en amont

La solution la plus évidente est de protéger les milieux de la pollution et des aménagements car la seule sensibilisation ne suffit pas. De telles actions seraient bénéfiques à toute biodiversité des milieux protégés : pensons à la zone interdite autour de la centrale de Tchernobyl, qui après 25 ans, est devenue, malgré la radioactivité,  florissante de biodiversité. Sans aller à une interdiction totale de l’activité humaine dans les zones concernées, de études d’impact poussées devraient être réalisées avant la réalisation de projets en abord des points d’eau, rivières ou fleuves, ou impactant la ressource hydrique.

Indispensables crustacés

Bien que les écrevisses soient les fers de lance de la communication de l’UICN, puisque ce sont de relativement grosses espèces, il faut considérer que la plupart des crustacés menacés sont microscopiques et méconnus du grand public. Ce qu’il faut retenir, c’est que ces animaux jouent le même rôle que les insectes sur terre : ils « contribuent à filtrer l’eau et à contrôler la prolifération des algues ». Ils constituent aussi les premiers maillons de la chaîne alimentaire et les faire disparaître serait synonyme de désastre écologique, peut-être même plus que celle des grands animaux qui touchent pourtant plus le public ; n’oublions pas que toutes les espèces ont leur place dans les écosystèmes, que nous devons préserver, car nous, l’espèce humaine, avons conscience de nos actions et portons donc la responsabilité de l’avenir de la biodiversité.

Source : revue de presse UICN.