Les militants investissent COP 17

Des milliers de manifestants se sont rassemblés ce 3 décembre pour une marche dans les rues de Durban, dans le cadre de la journée mondiale d’action contre les changements climatiques (COP17). Ils demandent qu’un accord soit trouvé entre les Etats pour sauver la planète.

Ces militants écologistes mettent en avant le fait qu’il est indispensable qu’un accord soit conclu pour que, même en temps de crise, la lutte contre le réchauffement climatique se poursuive. « Sinon, ce sont les générations futures et l’Afrique qui vont en payer le prix fort ».

Le directeur international de Greenpeace, Kuomi Naidoo, souhaite que les pays de l’Union européenne et les grands émergents (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine), fassent bloc et se mettent d’accord sur une seconde période d’engagement du protocole de Kyoto. « Ce qui risque de se passer à l’issue de la conférence de Durban, c’est que le protocole de Kyoto devienne une sorte de coquille vide, un accord qui ne soit pas légalement contraignant. Et à ce moment-là, on courrait à la catastrophe ».

 

Un appel à la mobilisation a d’ailleurs été passé par le mouvement Paysan International (La Via Campesina), invitant tous les mouvements paysans et organisations agricoles à manifester ce lundi 5 décembre dans les rues de Durban. Selon l’organisation, « la lutte contre le changement climatique est un combat contre le capitalisme néolibéral, contre l’accaparement des terres et la précarité foncière, contre la dépossession, contre la faim, contre pauvreté et inégalité.  Pendant la journée consacrée à l’agro-écologie et la souveraineté alimentaire, nous organiserons des manifestations pour porter notre protestation jusqu’à la conférence des pollueurs. Nous organiserons également des actions contre les multinationales qui sapent notre souveraineté semencière. »

Toutes ces initiatives culmineront dans une grande Assemblée des Opprimés qui se tiendra ce jour devant le siège de COP17.

Sources :  viacampesina.org   rfi.fr

Gabon : l’élite nationale détruit les mangroves

Dans le quartier huppé de « La Sablière » à Libreville, la construction de villas de hauts standings destinées à  la « jet set gabonaise », contribue à la destruction des mangroves.

La mangrove est un écosystème maritime incluant un groupement de végétaux principalement ligneux et ne se développant que dans la zone de balancement des marées appelée estran des côtes basses des régions tropicales. Ces milieux particuliers procurent des ressources importantes (forestières et halieutiques) pour les populations vivant sur les côtes. Les mangroves sont parmi les écosystèmes les plus productifs en biomasse de notre planète.

La dégradation rapide de certaines mangroves, dans le monde entier, est devenue préoccupante. En effet, elles constituent des stabilisateurs efficaces pour certaines zones côtières fragiles, contribuent à la résilience écologique des écosystèmes après les cyclones et tsunamis et font face aux effets du dérèglement climatique, incluant la montée des océans.

Au Gabon, la situation commence à devenir réellement problématique. Lors de la 17ème conférence des Nations Unies sur le climat à Durban (COP 17), le Président de la République, Ali Bongo Ondimba,  parlait du combat mené par le Gabon pour lutter contre le changement climatique et de son souci de préserver la biodiversité gabonaise.  Alors pourquoi laisser des agents immobiliers, animés par le seul souci de mener à bien de juteux projets immobiliers, saccager l’écosystème ?

 

Source : Le Post

Durban, un accord a minima a été trouvé pour un nouveau pacte mondial en 2015

Cop 17 s’est finalement achevée, à l’issu de deux nuits blanches consécutives de discussions, par un accord prévoyant d’établir d’ici à 2015 un pacte global de réduction des émissions de gaz à effet de serre, à l’origine du réchauffement climatique.

Cet accord apporte une suite au protocole de Kyoto – qui impose aux pays industrialisés, à l’exception des Etats-Unis qui ne l’ont pas ratifié, de réduire leurs émissions de six substances responsables du réchauffement, dont le CO2 – après 2012 et permet ainsi d’éviter un nouvel échec. L’heure était donc au soulagement pour les représentants des différents Etats.

Ce consensus devra avoir une force légale mais ne sera pas « juridiquement contraignant », contrairement à ce que les Européens demandaient. Pour l’heure, le texte adopté à Durban se contente d’acter la création d’un groupe de travail qui aura pour objectif d’identifier « les solutions pour éliminer le fossé qui existe entre les promesses d’engagements de réduction d’émissions faites d’ici 2020 et les efforts qu’il faudrait réaliser pour maintenir la hausse moyenne des températures en dessous de 2°C ».

L’Union Européenne a tout de même salué ce dimanche la « percée historique » réalisée à COP 17. « La stratégie européenne a fonctionné », s’est d’ailleurs félicité Connie Hedegaard, la commissaire européenne en charge du climat.

L’ONG Oxfam a vivement critiqué l’issue de cette réunion, jugeant que les négociateurs avaient « évité de peu un effondrement » du processus en se mettant d’accord sur « le strict minimum possible ».

Susann Scherbath, des Amis de la Terre Europe, dénonce quant à elle,  l’absence de nouveaux engagements concrets : « une nouvelle fois, les négociations climatiques ont échoué à faire de réels progrès pour lutter contre le changement climatique. Durban est un jeu d’illusion sans objectifs réels ».

 

 

Sources : Le Monde  La Tribune

Les négociations sont serrées à Durban

COP 17 prend la tournure d’un dialogue de sourds. Les Etats semblent se trouver dans une impasse et réussir à conclure un compromis satisfaisant les exigences de chacun s’annonce difficile. L’Europe s’active, la Chine semble vouloir faire preuve de bonne volonté, l’Inde reste inflexible, quant aux Etats-Unis, ils campent sur leurs positions.

 

Etats-Unis :

En plus d’être le deuxième plus gros émetteur de CO2 de la planète après la Chine, les Etats-Unis sont le seul pays industrialisé à n’avoir jamais ratifié le protocole de Kyoto. Les USA tiennent donc un rôle primordial au coeur des négociations tenues à Durban.

Le problème est que le pays refuse de prendre la moindre décision sans engagements similaires des pays émergents, au risque de paraître comme responsable d’un éventuel blocage des négociations.

« J’ai le sentiment que les délégations commencent à perdre patience avec les Etats-Unis », indique Jennifer Morgan, directrice du programme Climat et Energie au sein du World Resources Institute (WRI).

Chine :

Su Wei, le négociateur en chef pour la Chine, se dit prêt à des concessions mais pas autant que ce que voudrait l’Union européenne.

La première période du protocole de Kyoto n’engageait pas l’Empire du Milieu à respecter des engagements chiffrés en matière de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. Mais l’Europe refuse de payer indéfiniment et exige qu’un mécanisme de réduction obligatoire des émissions soit déterminé et signé avant 2015.

« Ces conditions vont au-delà de ce qui a été décidé auparavant, notamment dans la feuille de route de Bali signée en 2007. Ce sont des conditions qui manquent d’équité envers les pays en voie de développement. Cependant, la Chine est prête à négocier avec l’Union européenne (…) Nous souhaitons qu’un accord pour prolonger le protocole de Kyoto soit trouvé. C’est la pierre angulaire de toute la politique internationale sur le climat. », indique Su Wei.

L’Inde :

Par le passé, l’Inde et la Chine ont eu des partis-pris assez similaires quant à leurs prises de positions lors des négociations sur le climat. Ce ne sera pas le cas pour COP 17.

En effet, la ministre de l’Environnement qui a la charge des négociations au nom de l’Inde veut que son pays reste inflexible sur ses exigences. Le pays exige une continuation du protocole de Kyoto avec la même exonération d’objectifs de réduction d’émissions  chiffrées pour les pays en développement, et ce, sans aucun engagement pour la période post-2020. L’Inde n’a donc absolument pas changé de prise de position depuis la conférence de Cancùn.

Inutile de préciser, qu’à ce jour, la conclusion d’un accord entre les Etats s’annonce une fois de plus laborieuse…

Sources :  greenetvert, maxisciences