Initiative bretonne rarissime pour l’environnement

Sept villages bretons ont décidé de prendre leur environnement rural en main. Décidés à en finir avec leurs excédents de lisier et à donner un coup de fouet à leur activité économique, à sept, ils ont décidé d’adopter un plan territoire 100% énergies renouvelables et locales d’ici 2030, une démarche rarissime en France.

«Très tôt, on a pris conscience que si on voulait continuer à vivre dans ce territoire rural, il fallait se prendre en main tout seul»

Jacky Aignel, vice-président énergie de la communauté de communes du Mené (Côtes-d’Armor), primée pôle d’excellence rurale en 2010, raconte que l’idée de développer une filière fondée sur les énergies renouvelables naît au début des années 2000 à partir des réflexions d’agriculteurs s’inquiétant de leur impact environnemental et d’élus soucieux du développement économique local. « A l’époque, on nous prenait pour des barjots » rappelle-t-il.

Premier objectif de la démarche: 2013, plus de 20% de l’énergie consommée d’origine renouvelable

Les responsables du projet cherchent la diversification du bouquet énergétique et aussi du tissu économique et social afin de maintenir l’activité agricole dans ce micro-territoire de 165 km2  de 6.500 habitants. Les villages voudraient s’émanciper du fioul dont les cours sont élevés et volatiles.

La première installation d’une huilerie de colza-carburant a été inaugurée en 2007 à Saint-Gouéno. Par un processus de pressage à froid, les graines de colza donnent une huile pouvant alimenter les moteurs diesel des tracteurs, ainsi que des tourteaux pour le bétail. « Ceux-ci sont utilisés localement par des éleveurs de vaches laitières, qui n’ont plus besoin d’importer des tourteaux de soja du Brésil », se félicite Laurent Gaudicheau, directeur de la communauté de communes. « Il est plus intéressant de vendre cette huile pour acheter du fioul mais, pour autant, si le pétrole continue à flamber, notre outil sera prêt… », assure-t-il.

On observe aussi un réseau de chaleur mis en place dans deux autres communes et bientôt généralisé à toute la communauté, une nouvelle usine de méthanisation Géotexia, inaugurée en juin dernier, irriguant une plantation de saules pour le bois de chauffage. Les éleveurs porcins, eux, se sont engagés à ne pas augmenter leur cheptel. On évoque aussi un projet participatif de parcs éoliens d’une puissance totale de 25 mégawatts et un ensemble de 35 nouveaux logements ne générant pas de dépenses d’énergie pour les habitants.

L’initiative est un choix clair afin de continuer à vivre dans ce territoire rural. Les agriculteurs ont mis en route une boucle vertueuse, se félicite Dominique Rocaboy, agriculteur et président de la structure. Aussi d’un problème environnemental, on peut arriver à faire une économie basée sur la filière énergétique durable, analyse Laurent Gaudicheau à propos de l’initiation d’une trentaine d’éleveurs porcins qui apporte plus de 75.000 tonnes de déchets, lisiers et boues issues de la filière agroalimentaire.

Sources: AFP, journaldelenvironnement, nouvelobs, romandie