Contrebandes : les autorités malgaches à l’action pour les tortues

A Antananarivo, deux hommes ont été arrêtés in extremis à l’aéroport d’Itavo. Les bagages qui contenaient 196 tortues avaient franchis avec leurs propriétaire de nombreux systèmes de sécurité jusqu’au passage au scanner qui a permis aux autorités de les appréhender.

 

Les tortues : espèces menacées à Madagascar ou animaux de compagnies en Europe

Une enquête publiée par la WWF en 2010 révèle que plus de 10 camions transportant des zébus et près de 1000 tortues quittaient illégalement le plateau de Mahafaly au sud de Madagascar. Si le commerce international des tortues araignées, tortues à soc et tortues radiées est aujourd’hui interdit par la CITES, le contexte politique a engendré une hausse du braconnage qui profite de l’instabilité.

Les tortues extraites de leur milieu naturel – au nombre de 60 000 chaque année – sont destinées à devenir des animaux de compagnies en Asie et en Europe. A Madagascar, la tortue radiée est également recherchée pour sa chair à l’occasion des fêtes comme à Pâques, le Jour de l’indépendance ou encore à Noël.

L’habitat des tortues est d’ailleurs lui aussi menacé par les coupes sauvages et les incendies de forêt. Le risque d’extinction est de plus en élevé.

 

Volonté politique de résoudre les problèmes liés au trafic

Afin d’enrayer l’éventualité d’une disparition totale, le WWF MWIOPO (bureau des programmes de Madagascar et de l’Océan Indien) a développé en 2010 un plan d’action de conservation de ces deux espèces. Les progrès ont été visibles, de décembre 2010 à janvier 2011, 393 tortues destinées au trafic ont été saisies par les agents des services forestiers et la police.

Cependant le braconnage persiste, et pour beaucoup d’acteurs agissant pour la protection de l’environnement les efforts fournis par les autorités passent encore inaperçus car les lois de protection sont peu appliquées et les peines encourues restent dérisoires. Les propos de Richard Hugues, représentant régional du WWF Madagascar n’en sont pas moins encourageants. Il déclare : « nous applaudissons le gouvernement et les autorités pour leur vigilance accrue à faire respecter les lois, comme dans cet exemple, et nous les encourageons à continuer et espérons que ce cas ainsi que les prochains seront suivis de peines lourdes ».

« Le gouvernement de transition malgache a montré les signes d’une volonté politique de résoudre les problèmes liés au trafic, notamment pour leurs bois précieux comme le palissandre et l’ébène » annonçait Ndranto Razakamanarina, conseiller politique WWF à Madagascar. Il ajoute « des mesures importantes doivent être prises afin de s’assurer de l’application de ces lois de façon appropriée. Il ne doit y avoir ni compromis ni exception ».

 

Sources: wwf

Nouvelles technologies : une nouvelle gestion du commerce des espèces rares

Source: fotosearch

Les autorités responsables de la Convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, (CITES) se sont retrouvées les derniers jours de juin pour présenter le nouveau système informatisé de traitement des demandes de permis CITES.

La CITES a permis la formation de trois listes d’espèces animales et végétales classées selon le degré de protection à appliquer dépendant de l’importance des menaces qui pèsent sur elles – que les espèces soit des spécimens vivants, morts ou leurs parties (peaux, plumes, dents…) ou produits (vêtements, maroquinerie, bracelet-montre…). 34.000 espèces sont sous la protection de la CITES – si l’annexe I interdit totalement le commerce, l’annexe II le régule.

L’objectif de l’informatisation des données est un suivi plus précis, exempt des contraintes papier. Le manque de données ou de traçage ne doivent plus être une excuse à l’inattention ou l’inaction. Ainsi les permis électroniques nationaux et régionaux devraient permettre d’harmoniser le système actuel de contrôle opéré par la CITES et les douanes, et de mieux partager les connaissances acquises par les différentes parties en matière d’« e-permis ». Ces permis seront émis par les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) à la demande des importateurs et des exportateurs, professionnels ou particuliers.

La régulation du commerce des espèces rares est un point majeur à leur protection. La lutte est automatiquement exportée au niveau régional, ce qui évite d’ailleurs les risques de corruption ou de complaisance à l’échelle locale. Ainsi réduire le trafic pourra permettre de mieux contrôler le nombre de spécimens de populations rares et prévenir leur disparition.

Source: le journal de l’environnement