La Corée du Sud reprend la chasse à la baleine

Séoul a annoncé reprendre la chasse à la baleine, après 26 ans d’interruption, provoquant l’indignation des défenseurs de l’environnement. 

Lors de la réunion de la Commission baleinière internationale (CBI), au Panama, la Corée du Sud a déclaré reprendre la chasse à la baleine, après 26 ans d’interruption. Le pays justifie sa décision en l’inscrivant dans le cadre d’une « recherche scientifique », à l’instar du Japon qui utilise ce même argument, lui permettant de chasser et de vendre la viande.

Le ministre des Affaires étrangères en Nouvelle-Zélande, Murray McCully, s’indigne : « le projet de Séoul n’a pas plus de crédibilité que le programme soi-disant scientifique conduit par le Japon, dont on sait depuis longtemps qu’il cache une chasse commerciale ».

Un sujet de critiques internationales 

Si le projet de Séoul ne devrait pas se concrétiser avant l’été 2013, devant être examiné par un comité scientifique de la CBI, on observe déjà une levée de boucliers. La Fédération coréenne pour l’environnement a ainsi appelé le gouvernement à revenir sur sa décision : « nous condamnons le ministère de l’Agriculture et de la Pêche pour marcher sur les traces du Japon en matière de chasse à la baleine, un sujet qui soulève des critiques internationales ».

De même, la Première ministre australienne Julia Gillard, a déclaré : « je suis très déçue de l’annonce de la Corée du Sud. Nous sommes totalement opposés à la chasse à la baleine, il n’y a aucune excuse pour une chasse à la baleine sous des prétextes scientifiques ».

La Corée du Sud autorise déjà la vente de viande de baleines attrapées accidentellement dans les filets de pêche. Néanmoins, le taux anormalement élevé de baleines capturées « par erreur » fait dire aux protecteurs de l’environnement que beaucoup sont déjà tuées délibérément.

Le requin plus rentable en vie plutôt qu’en soupe

http://aileronsderequins.blogspot.com/L’Australian Institute of Marine Science (AIMS) a mené une étude aux Palaos, un archipel du Pacifique au nord de l’Indonésie.

Pour réaliser de la soupe de requins, on utilise simplement l’aileron soit 2% de l’animal. Un aileron peut se vendre de 50 à 80 $ la pièce et coute la vie de 73 millions de requins par an. Le commerce d’ailerons de requins représente donc 4,830 millions de retombées chaque année.
Or un requin vivant peut générer au cours de sa vie jusqu’à deux millions de dollars en retombées touristiques pour le pays dont il fréquente les côtes. Ainsi si les 73 millions d’individus étaient sauvés, ils pourraient engranger jusqu’à 146 milliers de milliards pour le tourisme soit 2,920 milliards par an – si on considère que les requins ont en moyenne 50 ans d’espérance de vie.

Le calcul est rapidement fait, le requin est plus rentable en vie plutôt qu’en soupe. Ce constat « peut inciter plusieurs pays à voir les requins comme bénéfiques à l’océan et au bien-être financier », espère Matt Rand du Pew Environment Group, le commanditaire de l’étude.

Conscient du fait, l’archipel des Palaos est devenu le premier sanctuaire mondial des requins en 2009. L’archipel a été suivi dans l’idée par les îles Fidji ou les Bahamas. Les chiffres sont toujours à nuancer, certes, mais il suffit parfois de rationaliser les gains pour voir que protéger la nature n’est pas toujours si coûteux…

Sources : rtbf.be, radio-canada.ca