Australie: L’environnement au coeur d’un débat entre stars et politiques

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L’Australie est le plus important pays émetteur de gaz à effet de serre par habitant. Julia Gillard, premier ministre travailliste, a décidé d’imposer la taxe carbone d’ici le mois de juillet 2012.

Mais l’opposition des conservateurs compromet ce projet – rappelons que les travaillistes ne possèdent pas la majorité au parlement australien. Ces derniers soulèvent le risque d’une hausse importante des factures d’électricité des ménages et craignent que certains citoyens deviennent insolvables.

L’actrice Cate Blanchett a pris position lors d’une campagne télévisée pour encourager les citoyens australiens à soutenir la taxe. Sincère ou non, la vedette s’est vue violemment critiquée par les conservateurs. Ils fustigent son attitude déconnectée de la réalité car en plus de posséder une fortune de 53 millions de dollars, elle vit le plus souvent à Hollywood et n’est pas soumise à cette taxe. Cependant,  le parti conservateur australien lui-même est formé tant de sceptiques que de partisans à l’idée de changement climatique. Finalement, la polémique concerne surtout l’influence médiatique de l’actrice aux dépens de celle des politiques.

L’inscription du réchauffement climatique au cœur d’un débat strictement politique est la réaffirmation de son importance mais peut aussi la réduire à une simple rhétorique. Et quelque soit la légitimité de la jeune femme pour s’exprimer ainsi, voilà une piqure de rappel à tous les citoyens sur les enjeux environnementaux.

Source: Le Figaro, The Guardian, Romandie

Les Australiens disent non à la taxe carbone !

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Après un sondage, réalisé les 1er et 2 juin, par l’institut Galaxy pour les journaux du groupe News Limited, l’avis est clair : 58% des Australiens sont contre la taxe carbone. Celle-ci n’est soutenue que par 28% des sondés.

Le projet de loi a été lancé en février 2011. Déjà, l’idée était très impopulaire provoquant manifestations et oppositions des conservateurs et des libéraux. Le projet de loi consiste à créer un marché de crédits-carbone : durant les trois à cinq premières années, le prix de ces crédits sera fixé, ensuite ils entreront dans un mécanisme d’échanges et de transactions. Les principaux secteurs visés par la taxe sont l’énergie, les mines et les transports. La taxe-carbone entrera en vigueur dès juillet 2012.

L’idée est louable et vise à renforcer les mesures prises en 2007 pour la réduction des émissions des gaz à effets de serre. L’énergie australienne provient en grande partie du charbon, elle fait du continent un des plus grands émettrices de gaz à effet de serre: une réduction s’impose. Mais la taxe qui touche les producteurs d’électricité pourrait se répercuter fortement sur les ménages et  amener une hausse des prix de l’énergie. Même si ces prix sont parmi les plus bas de la planète, les ménages modestes ne pourront supporter une augmentation.

La population exige des élections anticipées avant toute décision de cette importance.

Pour calmer les craintes de ces citoyens, le gouvernement propose de reverser les sommes issus de cette taxe à l’aide octroyées aux ménages, mais cela ne suffit pas. Une campagne de promotion a même été mise en place, incluant notamment quelques célébrités comme les acteurs Cate Blanchett et Michael Caton.

Mais le principe de cette taxe n’est pas suffisant pour faire diminuer les émissions carboniques affirme l’économiste Lynn Chester, de l’université de Sydney, dans une interview à Rfi. Il est nécessaire d’investir massivement dans des programmes de recherche en faveur des énergies durables afin de réduire la dépendance aux énergies polluantes. Elle ajoute que l’investissement doit provenir directement de l’Etat pour apporter des résultats efficaces.

Le rejet d’une telle taxe n’est pas nouveau. En France, en 2010, 69% des Français se montraient favorables au retrait du projet de taxe carbone décidé par Nicolas Sarkozy, président de la république. L’efficacité d’une telle taxe dépend en grande partie de l’application qu’en fera le gouvernement. Dans le cas australien, il sera nécessaire de rester ferme face aux revendications des secteurs miniers pour qu’elle conserve toute sa substance. Même si la loi doit rester consciente des difficultés des entreprises et à même d’inciter des activités de la recherche, en énergie verte notamment.