L’Union européenne et le Libéria s’engagent pour la protection des forêts tropicales

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L’Union européenne et le Libéria viennent en effet de conclure le 9 mai un accord de partenariat volontaire, qui va dans le sens d’une gestion durable et responsable des ressources en bois de l’Etat africain, au sein duquel se concentrent plus de la moitié des forêts tropicales d’Afrique de l’Ouest. Celui-ci aura pour objectif, à l’horizon 2014, d’établir un système d’autorisation d’exportation du bois à destination des Etats membres, afin de garantir le caractère légal et contrôlé de sa coupe.

Mais cet accord peut aussi être perçu comme un mécanisme de prévention des conflits armés dans la région. Les revenus tirés de l’exploitation illégale du bois avaient en effet servi au financement des conflits armés qu’a connu le Libéria durant les années 1990.

L’Union européenne pour sa part n’en est pas à son coup d’essai. Ce même type d’accord a ainsi été conclu auparavant avec d’autres pays exportateurs de bois : la République Centrafricaine, le Cameroun, le Ghana, la République Démocratique du Congo et l’Indonésie. Une démarche plus que responsable puisqu’on estime qu’environ un tiers de la production mondiale de bois est produite illégalement.

Cameroun : du biocarburant à partir du lisier

Les éleveurs ruraux au Cameroun sont en passe de devenir un exemple à suivre en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. En effet, afin de pallier la pénurie d’électricité sévissant dans le pays, un programme gouvernemental a été mis en place afin d’aider les fermiers à transformer le fumier de leurs animaux en biocarburants. Cette initiative permet non seulement d’apporter aux professionnels une source de revenus supplémentaires, mais aussi d’apprendre à mieux appréhender les problématiques liées à l’environnement et au changement climatique.

« Nous ne nous rendions pas compte de la destruction causée à l’environnement par le fumier en décomposition. Maintenant, nous avons appris qu’il rejette des tonnes de méthane, qui est un gaz très dangereux », déclare Juliana Mengue, une fermière veuve de 46 ans vivant au Nord-ouest du Cameroun.

Il est aujourd’hui prouvé scientifiquement que le méthane provenant du fumier a un impact non négligeable sur le changement climatique. Les efforts pour infléchir son émission à travers le monde se concentrent principalement sur la transformation de ce gaz en biocarburant et sur le changement du régime alimentaire des animaux élevés afin qu’ils en produisent moins.

Jean Kuete, le ministre camerounais de l’agriculture, a déclaré que les efforts sur le biocarburant constituent une des composantes d’un ensemble d’initiatives gouvernementales concentrées sur l’amélioration des conditions de vie des fermiers et leurs communautés.

« La technologie de production d’énergie à base de biocarburant est assez peu coûteuse  et permet ainsi aux éleveurs de l’utiliser sans une assistance financière importante ».

Selon de nombreux éleveurs, ces nouvelles technologies ont apporté des changements significatifs à leurs conditions de vie ainsi qu’à celles de leurs communautés. Afin d’installer un digesteur de fumier dans sa ferme, l’éleveur doit s’acquitter de la somme de 15 000 francs CFA, soit un quart de son prix, le reste étant pris en charge par le ministère de l’Agriculture et le groupe Heifer International qui s’est associé au projet.

Pour produire leur biocarburant, les fermiers collectent le lisier de leur bétail qui sera ensuite mélangé avec de l’eau. Cette mixture est laissée en décomposition  et le méthane s’y échappant est alors stocké dans le digesteur qui a une capacité de 18 mètres cube. A la fin du processus de décomposition, le fumier est enlevé, séché, puis transporté dans les champs locaux pour être utilisé comme fertilisant.

Micheal Mbu, un autre pionnier de la biogestion qui élève des porcs, des chèvres et des vaches, affirme que la simplicité du procédé est à la portée de n’importe quel fermier et peut lui assurer une véritable source de revenus complémentaires.

« J’ai connecté le méthane à dix cuiseuses avec deux pompes qui assurent une fourniture constante en essence. Avec ça, j’ai de l’énergie pour faire de la farine à pain et à pâtisserie. J’ai monté ma petite affaire qui emploi aujourd’hui cinq personnes ».

Eugène Ejolle Ehabe, membre du gouvernement en charge de la recherche et du développement pour l’agriculture, a déclaré dans un entretien que la production de biocarburant à partir de fumier et autres déchets pourrait, en étant appliquée à l’échelle nationale, endiguer les énormes pertes en bois et ainsi améliorer significativement le développement.

Il a noté que seulement un cinquième des ménages ruraux avait accès à l’électricité et seulement 40% des ménages urbains. Chaque année au Cameroun, des milliers d’arbres sont coupés, le bois restant la principale source d’énergie dans les milieux ruraux.

« La production de biocarburant pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation et ainsi aider à préserver les forêts et la fertilité des sols » a-t-il déclaré.

Sources :  trust.org   bonaberi

Cameroun : combattre la déforestation

Dans le cadre le l’APV-Flegt, l’Accord de Partenariat Volontaire pour l’Application des réglementations forestières, Gouvernance et Echanges commerciaux, l’Union Européenne vient d’attribuer au Cameroun la somme de 78 millions de francs CFA. Cette somme sert à financer un « projet d’observation externe et communautaire des forêts », dans le but de combattre la déforestation et le commerce illégal de bois.

Photo: Fotopedia.com

Un travail de longue haleine

Le Cameroun s’est engagé, dès avril 2005, à intégrer le processus d’application des réglementations forestières dans ses politiques commerciale et environnementale. Suite à de nombreuses négociations et restructuration des objectifs du pays, l’accord d’un partenariat avec l’Union Européenne a été conclu, en 2010 à Yaoundé. Cet accord marque la volonté des deux parties de combattre l’exploitation illégale des forêts, le commerce illicite de produits en bois et la forte corruption existant dans le secteur forestier. C’est lors de journées de travail, tenues les 19 et 20 avril derniers que le Foder (l’ONG Forêts et développement rural) a appris la décision de l’UE de financer le projet d’observation des forêts au Cameroun à hauteur de 80%. Les 20% restant étant assurés par l’organisation néerlandaise FERN et par l’agence britannique Well Grounded.

Le projet d’observation doit s’étendre sur 14 mois et couvrira différentes zones du pays comme Yoko et Mbalmayo, les régions du Centre, Abong Mbang et Lomié, les régions de l’Est, ainsi que Akom2, Elogbatindi et Ma’an, les régions du Sud. Une des conditions de la bonne marche du projet est l’intégration et l’intensification du rôle « des communautés locales et autochtones » dans le processus d’observation des forêts. Le projet revêt une dimension fortement sociale et environnementale à travers « l’observation indépendante externe et participative des activités d’exploitation forestière dans les régions visées ».

Contre les comportements véreux

Rappelons que le secteur du bois représente 6% du PIB au Cameroun et que le « pays produit 2,3 millions de mètres cubes de bois par an, dont 80% est destiné au marché européen », en ce qui concerne le marché légal. Le Cameroun s’est engagé à n’exporter vers l’Europe que « du bois dont la coupe a été effectuée de manière licite ». Selon les observations déjà effectuées dans le pays et par l’Union Européenne, des résultats sont déjà visibles. L’engagement du Cameroun a permis le retrait de licences de plusieurs exploitations forestières allant à l’encontre des termes de l’accord.

Dans le processus de l’Apv-Flegt, les populations sont également sensibilisées au problème de la contrebande de bois et de la déforestation, raison pour laquelle elles participent au projet mené par l’ONG Foder. Les populations sont donc plus actives et plus réactives face aux abus, elles dénoncent le comportement véreux des exploitations forestières et militent pour sauvegarder leur environnement naturel. Par le biais de ces communautés et leur attitude positive face au projet, l’ONG Foder espère faire évoluer les mentalités au niveau de toute l’administration publique au Cameroun.

Source : Mediaterre.org

Cameroun : des centaines d’éléphants massacrés contre des armes

© Boubandjida Safari Lodge

Des braconniers ont réalisé un massacre sans précédent au Cameroun en abattant pas moins de 200 éléphants en six semaines dans le parc national de Bouba Ndjida, au Nord-est du pays.

D’après les Fonts Internationaux pour la Protection des Animaux (IFAW), ce carnage serait l’œuvre d’une bande de braconniers armés venant du Soudan. « Nous parlons ici d’un cas très sérieux de braconnage trans-frontalier, impliquant des braconniers armés qui déciment la vie sauvage pour faire de l’argent facile avec le commerce international de l’ivoire. Ces pillages sont courants durant la saison sèche dans cette région, mais l’ampleur de ce massacre est sans précédent », indique Gambo Haman, le gouverneur du nord du Cameroun.

Pas moins de 200 carcasses ont déjà été retrouvées dans le parc depuis janvier, mais les tirs actuels empêchant d’évaluer avec précision la situation, on s’attend à en retrouver davantage dans les zones du parc qui n’ont pas encore pu être inspectées.

De nombreux éléphanteaux orphelins ont été observés et pourraient rapidement mourir de faim ou de soif. Leur mort viendrait s’ajouter au lourd bilan de cette vague de braconnage.

Céline Sissier-Bienvenu, Directrice d’IFAW France et Afrique francophone explique que, « l’ivoire est exporté illégalement hors d’Afrique centrale et d’Afrique de l’ouest pour alimenter les marchés asiatique et européen. L’argent récolté finance ensuite l’achat d’armes qui serviront dans des conflits régionaux, tels que ceux en cours au Darfour, au Soudan et en Centrafrique ».

Le nombre d’éléphants restant au Cameroun est incertain. La dernière estimation, de 2007, estimait ce nombre entre 1000 et 5000 individus. IFAW est sur le point de lancer un programme de soutien à destination des rangers et des forces de l’ordre du Parc National tchadien de Sena Oura. L’objectif de ce dispositif est de mettre en place une stratégie coordonnée de sauvegarde des éléphants dans la région.

« Depuis 2009, IFAW finance des projets d’appui à la lutte anti-braconnage pour les autorités en charge de la conservation dans les pays d’Afrique centrale qui sont confrontés au grave défi de ce trafic cruel », poursuit Céline Sissier-Bienvenu. « Ce dont ces pays ont désormais besoin, c’est de l’engagement de la communauté internationale pour soutenir financièrement du personnel entrainé, hautement qualifié et motivé pour qu’il puisse remplir sa mission de protection des éléphants ».

IFAW est actuellement en phase de négociation avec le gouvernement africain avant d’envoyer le plus rapidement possible, son équipe sur le terrain.

Sources : goodplanet.info  notre-planete.info