Agriculture, les antibiotiques : c’est pas automatique

Les responsables fédéraux de la réglementation sur les médicaments ont annoncé au début du mois l’obligation pour les agriculteurs américains de réduire l’utilisation des antibiotiques appartenant à la classe des cephalosporines dans leurs élevages de porcs, poulets et dindes. Ces pratiques contribueraient à l’émergence de bactéries résistantes aux traitements lors d’infections chez les hommes et causeraient des milliers de morts chaque année.

 

Les abus :

Les antibiotiques peuvent être qualifiés de médicaments « miracles » du 20ème siècle et leur emploi, que ce soit chez l’humain ou chez l’animal, a été abusif. Les agriculteurs ont rapidement été séduits par les effets miraculeux des tétracyclines et de la pénicilline sur la robustesse des bovins, des poulets ou encore des porcs. Ces molécules ont donc été abusivement rajoutées dans la nourriture des troupeaux, le plus souvent sans prescription ou signes de maladie avant-coureurs.

Ces abus ont inquiété les responsables de la santé publique vers le milieu des années 1970. En effet, c’est à partir de cette époque que de nouvelles infections mortelles, résistantes aux traitements habituels ont commencé à apparaître. Depuis lors, la Food and Drug Administration (FDA) se mobilise afin de sensibiliser les agriculteurs, les éleveurs et les vétérinaires aux dangers et aux conséquences néfastes des abus de l’utilisation de ces médicaments.

Il y a une dizaine d’années, la FDA interdit l’utilisation agricole des fluoroquinoles, tel que le Cipro. La réforme prise la semaine dernière au sujet des cephalosporines marque une nouvelle étape.

« Nous pensons que cette étape est indispensable pour préserver l’efficacité des médicaments antimicrobiens. Nous n’avons pas le choix, il faut prendre en compte la nécessité de protéger la santé humaine et animale », a indiqué Michael R. Taylor, le sous-commissaire pour les aliments à la FDA.

Un pas modeste, mais un pas quand même :

Cette limitation n’est qu’un pas modeste et nécessite d’être amplifiée par des mesures beaucoup plus strictes. Il faut dire que la restriction de l’usage des antibiotiques soulève une vive opposition de la part des vétérinaires, des agriculteurs et surtout du lobby de l’industrie pharmaceutique.

La microbiologiste et représentante du parti démocrate de New-York, Louise M. Slaughter, regrette des mesures trop tardives et trop timides.

« Avec la montée en puissance des superbactéries résistantes aux antibiotiques, nous sommes témoins d’une menace de santé publique massive. Nous devons agir avec rapidité et fermeté ».

Un guide de l’utilisation de la pénicilline rédigé par la FDA devrait, quant à lui, bientôt voir le jour.

« Nous espérons terminer ce travail dans les prochains mois » déclare Michael R. Taylor.

Et en Europe ?

Au sein de l’Union Européenne, l’usage des antibiotiques dans l’élevage est relativement bien encadré. Il est interdit d’utiliser ces médicaments pour accélérer la croissance des animaux ou pour traiter des maladies ayant pour origine des manquements dans les conditions d’élevage.

Le ministère de l’Agriculture et de la Protection du consommateur allemand a annoncé le 10 janvier son intention de légiférer afin de restreindre de façon draconienne cette utilisation. La ministre allemande, Isle Aigner, veut renforcer « de manière substantielle » les pouvoirs des Länder, chargés du contrôle de l’utilisation des antibiotiques par les agriculteurs.

Lundi 9 janvier, l’association écologique Bund (Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland) a publié les résultats d’une étude empirique réalisée sur de la viande de poulet dans des supermarchés : la moitié des vingt échantillons contrôlés dans plusieurs grandes villes ont révélé la présence dans la viande de germes résistants aux antibiotiques.

Cette étude, dont l’association a reconnu qu’elle n’était pas représentative, a tout de même eu beaucoup d’écho en Allemagne, qui est le premier producteur européen de porcs et le troisième producteur de volaille.

Sources : New-York Times  lafranceagricole.fr

 

De la poussière de perturbateurs endocriniens sous nos lits

corbisimages.com

De la poussière de perturbateurs endocriniens, voilà ce qui traîne sous nos lits ! Univers-nature.com fait part des conclusions d’un rapport surprenant intitulé « Home Sweet Home – dusty surprises under the bed ». Coécrit par une coalition d’associations environnementales (Chemsec et Swedish Society for nature conservation (SSNC) avec la European Public Health Alliance et la Health and Environnement Alliance en Belgique, Clean Air Action Group en Hongrie, AMICA en Italie, BUND en Allemagne, Society for Sustainable Living en Tchéquie et la SSNC en Suède), ce document apporte une analyse des échantillons de poussières domestiques, prélevées dans des chambres de plusieurs foyers.

Ces foyers ont été choisis sur trois continents :

  • En Europe : Allemagne, Belgique, Hongrie, Italie, République Tchèque, Suède.
  • En Afrique : Afrique du Sud, Kenya, Ouganda, Tanzanie.
  • En Asie : Malaisie, Philippines.

Le résultat de ces analyses est on ne peut plus clair : « tous les prélèvements contenaient un mélange de perturbateurs endocriniens (PE), des produits chimiques interférant avec le système hormonal et soupçonnés d’être à l’origine de désordres sanitaires tels que des troubles neuro-comportementaux ».

Particularités européennes : les foyers sélectionnés en Europe « recelaient les niveaux les plus élevés de nonylphénol et de certains phtalates, deux familles de PE reprotoxiques dont les débutés européens ont récemment voté l’interdiction ». Pour cause ! Si l’on considère l’ensemble des substances présentes – autrement dit, qu’on ne les prend pas individuellement – « certains prélèvements présentaient un niveau total de phtalates supérieur à celui recommandé par les autorités sanitaires ».

Ces taux élevés de polluants ne sont pas sans conséquences, d’autant plus que « les Européens passent en moyenne plus de 90% de leur temps dans un espace fermé, où l’exposition à des substances chimiques est susceptible d’être des milliers de fois plus importante qu’en extérieur » d’après Réseau Environnement Santé (RES)

De quoi s’intéresser aux situations africaine et asiatique et faire un peu de ménage chez soi!