Géopolitique des BRICS

« Vers un contre-modèle ? »

BRICS_2014

 

 

Et si la coupe du monde ne commençait vraiment que les 15 et 16 juillet prochain ? Si l’évènement sportif planétaire concentre aujourd’hui l’immense majorité de l’information et l’actualité, allant jusqu’à faire oublier que trois jours avant le début des festivités, le Brésil tout entier montrait sa grogne et menaçait de s’embraser, le sommet des BRICS de Fortaleza prévu pour le 15 et 16 juillet prochain est l’occasion d’assister à un autre type de match, ou la Chine s’annonce comme le meneur de jeu d’une équipe dont tout le monde prédit sa domination prochaine de l’économie mondiale. Conjugué à la volonté chinoise de créer également une Banque Asiatique d’Investissement notamment pour les infrastructures dont toute l’Asie a tellement besoin, ce sommet très discret pourrait avoir d’immenses répercutions sur la hiérarchisation du pouvoir que nous connaissons depuis un demi-siècle.
Comme le présentait le journal Le Monde dans son édition du 7 juillet dernier, les cinq économies émergentes voire émergées se réuniront la semaine prochaine pour fixer le calendrier et le siège de la future banque de développement qu’ils prévoient de lancer.
Le mécanisme est simple. Chaque Etat contribue à part égales, de l’ordre de 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros), afin de former un capital initial de 250 milliards de dollars. A cela s’ajoute la mise en place d’un fond d’urgence de 100 milliards pour prévenir d’une nouvelle crise économique. La Chine participera à hauteur de 40 milliards de dollars pour le fond d’urgence, lui permettant de revendiquer le siège de la banque, qui devrait être Shanghai.
Du côté asiatique, la banque d’investissement commencerait avec un capital initial de 100 milliards de dollars.
Une remise en question des accords de Bretton Woods par ces deux projets ?
Certainement.
Un célèbre journal russe, La Voix de Russie, rappelait toujours selon Le Monde que la Russie « défie la domination financière américaine ». Et, au Brésil, les cinq pays « poursuivront leurs efforts pour réformer le système financier international, qui souffre d’un déséquilibre considérable en faveur de l’Occident ». Le message est passé.

Deux futurs opposants à la Banque Mondiale et au Fond Monétaire International, surtout que ces institutions prêteront sans conditions politiques ; une aubaine pour de nombreux pays souhaitant se détourner d’institutions s’introduisant trop dans la structure politique de leurs Etats. On pense à l’Argentine, au bord du défaut de paiement et qui pourrait profiter de ces mécanismes.
La Chine a proposé à une vingtaine de pays de la rejoindre dans ce projet, notamment ce que la Chine considère comme « l’Asie occidentale », c’est-à-dire le Moyen-Orient. Le Japon, en revanche, n’a pas été sollicité. L’Inde, selon le quotidien The Hindu, vient de l’être.
En somme, un contre-modèle alternatif à « l’hégémonie américaine ».

Une nouvelle configuration géopolitique ?
Plus généralement, le dollar US continue d’être la première monnaie de réserve, lui garantissant une marge de manœuvre certaine et représentant 33 % des échanges mondiaux à la fin de 2013, selon le FMI. Mais le montant était de 55 % en 2000. Le FMI a également souligné que les réserves « d’autres monnaies » sur les marchés émergents ont augmenté de 400 % depuis 2003.
Donc le dollar, hyper-attractif depuis les années 1960, est aujourd’hui un modèle concurrencé par l’euro, le yen et bientôt le yuan.
On peut dire que la Fed « monétise » 70 % de la dette du Gouvernement US afin d’essayer d’empêcher que les taux d’intérêt s’envolent. Autrement dit, lorsque la Banque Centrale prête de la monnaie à taux zéro à l’Etat, tant que ce dernier ne rembourse pas, la Banque Centrale fait de la création monétaire pure. Elle accroît la masse monétaire et si le PIB ne s’accroît pas dans la même proportion, il y a dévaluation de la monnaie, accroissement des coûts relatifs de nos importations et génération d’inflation. Même si par ailleurs cela peut favoriser les exportations par baisse du prix relatif de ces dernières. Cela revient à baisser le pouvoir d’achat des citoyens, leur prélever, à leur insu, un impôt invisible.
Il ne faut pas penser qu’il s’agirait de la fin du capitalisme occidental, néanmoins, seulement dela décadence économique régnante, le néolibéralisme, qui est encore l’idéologie officielle des US, de la majorité écrasante de l’Union Européenne et de certaines parties de l’Asie et de l’Amérique du Sud.
En ce qui concerne ce que l’on pourrait appeler le « néolibéralisme autoritaire » de l’Empire du Milieu : qu’est-ce qui peut ne pas plaire pour le moment ? La Chine a démontré que c’est le résultat d’une alternative orientée du modèle capitaliste « démocratique » occidental pour des nations qui veulent réussir. C’est de construire pas une mais nouvelles Routes de la Soie, des connexions massives de chemins de fer à grande vitesse, de ports, et des réseaux de fibres optiques, de pipelines à travers des parties immenses de l’Eurasie. Ce sera l’objectif avoué de la banque Asiatique de Développement pour les infrastructures, qui incluent une route du Sud-est Asiatique, une route de l’Asie centrale, une « route maritime » de l’océan indien et même un chemin de fer à travers passant par l’Iran et la Turquie qui arrivera en l’Allemagne.

Il se pourrait donc que l’émergence dans un futur relativement proche de ces deux institutions facilite la transition d’un monde unipolaire datant de la fin du XXe siècle vers un monde multipolaire réorganisé autour des BRICS.
L’Histoire est donc en mouvement.

 

Achetez en France du bois brésilien, importé illégalement !

Une enquête de Greenpeace révèle une recrudescence de la déforestation au Brésil, notamment dans l’Etat du Para, où 78 pourcent des surfaces forestières seraient exploitées illégalement.
Chaque minute, la planète perd l’équivalent de cinquante terrains de football de forêt. La déforestation a augmenté de plus d’un tiers en 2013, dopée par un rebond de la demande après quatre années de baisse. L’Etat de Para a vu au cours de l’année plus de 2300km2 de surface déboisée, dont une augmentation de la déforestation frauduleuse de 151% par rapport à l’année précédente.
Les enjeux économiques sont trop forts, les débouchés trop importants, pour endiguer ce type de trafic.
L’ipé, le « nouvel acajou », très prisé des occidentaux, fait l’objet de fraudes à très grande échelle et tout en jouant sur les normes entre Etats. Ces Etats, qui ont pour la plupart des normes différentes sur la question, permettent l’introduction de bois frauduleux sur un marché qui lui est bien légal, par le biais de mécanismes sophistiqués de blanchiment. « Les enquêtes ponctuelles de la justice brésilienne seront impuissantes à réformer le système », regrette Jérôme Frignet, spécialiste des filières bois et du Brésil chez Greenpeace.

Plusieurs phénomènes expliquent la dérive
Greenpeace met l’accent sur plusieurs dysfonctionnements tant nationaux qu’internationaux expliquant tout ou partie de la réalité des abus commis.
« Traffic de crédit de coupe », mécanismes opaques, abattages frauduleux, faux papiers pour le bois, liens entre entreprises et braconniers, faibles capacités d’inspection, de contrôle et de sanctions ; de nombreux exemples apportés par Greenpeace critiquent l’incapacité de l’Etat brésilien à répondre à l’enjeu, malgré tout une série de mesures adoptées depuis 2006.
Par ailleurs, l’ONG pointe deux problèmes à l’international. La différence des normes entres Etats, qui entraîne plusieurs abus dont le blanchiment de bois précieux fait que « les chaînes d’approvisionnement sont contaminées par du bois issu de scieries qui se sont procurées du bois illégal ». En ce sens, l’organisation écologiste internationale reprend les propos de l’ancien président de l’agence nationale brésilienne de la forêt, selon lequel « le taux de coupes illégales n’avait jamais dépassé les 60% », ce qui est le cas aujourd’hui.
Enfin, les pays occidentaux, France et Etats-Unis en tête, maintiennent une demande relativement constante, ce qui appuie le mouvement de déforestation et l’activité des braconniers.
Il semblerait donc qu’un beau parquet vaut bien toutes les coupes du monde.

France – Brésil : le WWF appelle à lutter contre l’impact de l’exploitation aurifère illégale

Exploitation aurifère – Amazonie péruvienne

Il y a presque un an jour pour jour, nous écrivions sur le retard de la France en matière de traçabilité de l’or. Aujourd’hui, il nous semble « naturel » de relayer l’appel du WWF au Brésil et à la France pour lutter contre l’impact de l’exploitation aurifère illégale.

Contours géographiques de la problématique

L’association WWF, que l’on ne présente plus, établit un clair état des lieux du problème. Selon elle, « en relation directe avec la hausse du cours de l’or, territoires autochtones et forêts tropicales font face à de nouvelles ruées. Dans le bassin amazonien, 37% des parcs nationaux ont à gérer des problématiques minières. Sept pays amazoniens sont touchés, mais la situation est particulièrement préoccupante dans certains secteurs du Pérou amazonien (région de Madre de Dios) et sur le Plateau des Guyanes (Guyana, Surinam, Guyane française) ».

Origines techniques du problème

Le WWF informe que « les techniques d’exploitation aurifère non encadrées conduisent à l’envasement des rivières et à l’augmentation de la turbidité, à la destruction des sols et à la déforestation. Le mercure utilisé pour amalgamer l’or représente un tiers de la pollution mercurielle mondiale, provoquant des atteintes graves à la santé et à l’environnement ». D’après l’association, « en Amazonie, les rejets de mercure liés à l’exploitation aurifère illégale dépassent les 100 tonnes par an » !

WWF Guianas : un acteur incontournable

Selon la section guyannaise du WWF, WWF Guianas, qui a réalisé une étude sur le sujet, « dans le Nord-est de l’Amazonie, la déforestation due à l’exploitation aurifère représente plus de 65000 hectares. En 2008, 26 km de cours d’eau étaient perturbés par l’exploitation aurifère non régulée dans cette même région ».

En Guyane française, depuis le début de l’année, le Parc Amazonien estime que plus de 900 km de rivières ont été perturbées par l’exploitation illégale de l’or.

Passer à la vitesse supérieure

Alors que la présidente Dilma Roussel, vient vendre le Brésil à Paris, selon rfi.fr, le WWF saisit cette « opportunité unique pour le Brésil et la France d’aborder conjointement les enjeux sociaux relatifs à ce fléau et de restaurer l’intégrité des aires protégées ».

L’association rappelle que les deux pays s’étaient impliqués, dans les années 2000, dans la protection de la biodiversité amazonienne et des terres indigènes grâce à la création du Parc National des Monts Tumucumaque au Brésil et du Parc Amazonien en Guyane française, créant un massif forestier protégé continu de plus de 6 millions d’hectares.

Toutefois, ces aires protégées avaient été victimes de certains dommages, à la suite desquels le Brésil et la France avaient signé en décembre 2008 un accord bilatéral de coopération transfrontalière de lutte contre l’exploitation aurifère illégale.

Mais 4 ans plus tard, cet accord n’est toujours pas entré en vigueur, car seul le Parlement français l’a ratifié. Au Brésil, cette ratification est toujours ralentie, empêchant chaque Pays de bénéficier de l’appui de l’autre. En parallèle, sur le terrain, la situation des populations locales continue de se détériorer, et les derniers chiffres publiés en décembre 2011 montrent que 30% des Wayanas du Haut-Maroni présentent un taux d’imprégnation au mercure supérieur à la norme OMS.

Le WWF soutient donc « l’Appel pour l’Amazonie » qu’il a conjointement lancé avec la COICA : Coordination des Organisations Indigènes du Bassin Amazonien au cours du sommet de la Terre « Rio + 20 ». Via cet appel, les associations exhortent les pays amazoniens à stopper l’exploitation aurifère illégale dans les zones protégées et à combattre les problèmes socioéconomiques qui y sont liés.

Le WWF demande, dans ce cadre, « la ratification urgente et l’entrée en vigueur de l’accord de coopération bilatéral France-Brésil, en vue d’y préserver les aires protégées transfrontalières et les communautés locales ».

Source : WWF.fr

Brésil : une nouvelle espèce de grenouille !

la grenouille à trois doigts

Une nouvelle espèce de grenouille a été découverte au Brésil. Dotée de trois doigts seulement, cette petite grenouille jaune vit dans la forêt tropicale atlantique. Cette espèce a fait l’objet d’une étude dans la revue Herpertologica.

Une découverte datée mais désormais officielle

L’animal a été découvert il y a plus de cinq ans en réalité. C’est le biologiste Michel Garey, lui-même brésilien, qui a découvert la grenouille « au hasard d’une randonnée organisée pour son anniversaire » dans une réserve protégée de la forêt tropicale. Un beau cadeau !

Le chercheur explique aux journalistes que « c’était le 14 février 2007 » – jour de la St-Valentin – on était avec deux amis au sommet d’une colline de la réserve quand on a vu cette petite grenouille à trois doigts seulement ».

Mais c’est en juin 2012 que l’espèce a été officiellement reconnue comme « nouvelle » et a fait l’objet d’une publication dans la revue Herpertologica.

Le spécialiste a indiqué qu’ « à l’époque, je faisais une étude sur l’environnement et je me suis dit que cela pouvait attendre, puisque aucun expert en grenouilles n’aurait accès à la réserve ». « Depuis le début 2011, j’ai mis 18 mois à collecter sept de ces nouvelles grenouilles, à aller dans des musées et à les comparer avec d’autres espèces, à confirmer qu’elles étaient nouvelles et à rédiger mon article ».

Un nom : Brachycephalus tridactylus

C’est son nom, la grenouille à trois doigts a été baptisée Brachycephalus tridactylus. Sa spécificité est bien l’absence d’un quatrième doigt aux pattes arrières. Toute petite, son corps est « long d’un centimètre et demi au maximum ». Elle est « presque entièrement orange parsemé de petites taches rondes de couleur olivâtre ».

Où en est-on des amphibiens ?

Il serait difficile à l’heure actuelle de savoir combien de ces amphibiens peuplent la réserve de la forêt tropicale atlantique. Michel Garey avance que «  de nouveaux travaux de recherche devraient être menés dans le futur afin de répertorier et estimer l’importance de cette population ». Pour resituer l’environnement de la Brachycephalus tridactylus : elle fait partie des 43 espèces d’amphibiens (grenouilles, crapauds et salamandres) inventoriées dans cet espace de 2253 hectares. A plus grande échelle, 950 espèces d’amphibiens ont été décrites au Brésil et près de 6700 dans le monde entier.

A peine découverte, l’espèce est menacée

Un tiers des espèces d’amphibiens seraient menacées de disparaître, en raison de la pollution et l’apparition d’une maladie fongicide infectieuse liée au changement climatique.

Depuis 1980, près de 120 d’entre elles seraient déjà complètement disparues.

Sources : Maxisciences.com

Amazonie : mourir pour la forêt

Paulo Adario, responsable de Greenpeace, déclare: « Le Brésil s’est réveillé avec la nouvelle de l’assassinat d’un défenseur de la forêt amazonienne et est allé se coucher avec la nouvelle que la majorité des députés approuvait l’assassinat de nos forêts. »

Après deux ans de discussions, la décision a été validée par le sénat brésilien: le code forestier de 1965 est amendé et la protection de la forêt amazonienne est assouplie au profit des terres agricoles.

Le code limitait l’usage agricole des terres en obligeant les propriétaires de forêts à en préserver une partie intacte, jusqu’à 80%. Le vote réduit cette protection obligatoire et amnistie ceux qui ont déboisé la forêt dans le passé. Cette nouvelle loi est une victoire du très puissant lobby agricole brésilien.

Le soja ou le climat

Le Brésil est l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux de soja, de céréales et de viande. Selon la présidente de la Confédération nationale de l’Agriculture, Katia Abreu, « ce qui est en jeu, c’est la production d’aliments au Brésil, qui soutient l’économie nationale. »

Si les statistiques du ministère de l’Environnement révélées dans A Folha de São Paulo montrent que la déforestation dans l’Etat d’Amazonie a augmenté de 27 % en un an, la discussion de la loi au parlement n’a fait qu’augmenter la destruction – qui resterait impunie selon le texte – d’autant que selon une estimation de la Banque mondiale, 85 % des agriculteurs en Amazonie n’ont pas de titres fonciers valables pour les terres qu’ils exploitent. L’impact de la loi risque d’être terrible.

Y avait-il une autre solution ?

Le projet a été voté sans le consentement du gouvernement, fervent défenseur de la forêt. La ministre de l’Environnement, Izabella Teixeira, a prévenu toutefois que Mme Rousseff, présidente brésilienne, aurait pu mettre son véto aux points les plus controversés du projet de loi.

Aussi « le code devait être modifié. Il manquait des mécanismes encourageant l’effort de protection des forêts » admet Paulo Moutinho, analyste à l’Institut de recherches d’Amazonie « mais on ne devait pas amnistier ceux qui ont déboisé dans le passé ».

Mais la décision était en partie d’avance affirme Greenpeace Brésil. De nombreux sénateurs de la région sont de grands propriétaires terriens qui influencent avec force les délibérations dans les coulisses à l’exemple de la famille de Blairo Maggi, le plus grand cultivateur de soja dans le monde et sénateur de la région du Mato Grasso.

Les martyrs de l’Amazonie seront-ils vengés ?

Selon la Commission pastorale de la terre (CPT), liée à l’Eglise catholique, plus de 1150 écologistes ont été tués au Brésil au cours des 20 dernières années.  La semaine dernière, quatre agriculteurs-écologistes qui dénonçaient les déboisements clandestins ont été assassinés dans les Etats amazoniens du Rondonia et du Para.

Le 31 mai, dans une embuscade, un couple d’écologistes – José Claudio Ribeiro da Silva et Maria do Espirito Santo da Silva – est aussi assassiné. Ils avaient 20 hectares dont ils préservaient 80% comme la loi l’exige et faisaient partie d’une ONG fondée par le récolteur de latex et écologiste Chico Mendes, assassiné lui-aussi par des tueurs en 1988 en Amazonie. Il a refusé la destruction des braconniers.

« Nous n’accepterons pas ces meurtres. Nous allons intensifier le contrôle et la supervision et multiplier les actions visant la mise en place d’une politique de développement durable dans la région », a affirmé le ministre du Développement rural, Afonso Florence.

Cette vague noire de meurtres est l’illustration de l’impunité des propriétaires agraires suspectés d’en être les mandataires. Les déclarations d’intention du gouvernement doivent être suivies d’actions concrètes au risque de laisser la crise agraire se développer.

L’Etat, au niveau fédéral et local, doit prendre des mesures à court terme : arrêter les ‘pistoleiros’ (tueurs) et à long terme limiter le vol des terres en Amazonie et faire enfin la réforme agraire.

Sources: enviro2bbranchez-vouscourrierinternationalAFP, Greenpeace, Die Zeit, Romandie lien1, lien2canadianpress

 

 


 

Code forestier : Dilma Roussef met son veto

Nous apprenions il y a moins d’un mois, la proposition de mettre en place un nouveau code forestier, acceptée par la chambre des députés brésilienne, dont les dispositions les plus controversées portent « sur l’amnistie des auteurs de coupes forestières illégales et l’autorisation pour les fermiers de s’installer dans les zones défrichées avant juillet 2008 ». La présidente Dilma Rousseff a posé son veto, le vendredi 25 mai, à cette loi très controversée au Brésil.

Photo: grandcanyon.free.fr

Veto… mais pas trop

Une nouvelle vague de déforestation vient peut-être d’être évité au Brésil –  selon une étude de l’Université de Brasilia, ce projet, approuvé par le Congrès, « pouvait augmenter de 47% la déforestation dans le pays d’ici à 2020 » – grâce à la décision de la présidente Dilma Rousseff de mettre plusieurs veto au projet de révision du code forestier, en place depuis 1965. Un veto partiel donc, qui est accueilli avec scepticisme par les défenseurs de l’écologie et de l’environnement, comme Greenpeace ou WWF, qui demandaient à la présidente de refuser l’ensemble du texte. La responsable du WWF pour le Brésil, Maria Cecilia Wey de Brito, déclare à ce propos que « la société brésilienne et du monde entier voient un pays qui continue à jouer avec l’avenir de ses forêts », le Brésil se voulant pourtant exemplaire en matière de préservation de l’environnement.

A moins d’un mois du sommet sur le développement durable Rio+20, le nouveau code représente une véritable « épine dans le pied » du Brésil, pays hôte de ce sommet, qui réunira plus de 100 chefs d’Etat et de gouvernement. L’exemplarité que le pays veut afficher en matière de préservation et de déforestation est fortement mis à mal, malgré les 12 vetos de Dilma Rousseff et 31 modifications du texte de loi « qui entreront dès lundi en vigueur mais devront ensuite être approuvés par le Congrès, ce qui laisse présager une nouvelle passe d’armes parlementaire ».

Le texte modifié

Izabella Teixeira, ministre brésilienne de l’environnement, explique que le gouvernement avait refusé d’amnistier les compagnies à l’origine de déboisement illégal en masse dans le passé. Il voulait préserver les petits propriétaires, obliger les fermiers à reboiser et ne pas réduire les zones protégées en Amazonie, qui avec ses 5 millions de km², couvre 60% de la surface du Brésil. L’Amazonie, c’est-à-dire la plus grande forêt tropicale au monde, est considérée comme le « poumon vert » de la planète. La ministre ajoute que le veto de la présidente Dilma Rousseff montre que le Brésil « est un pays qui veut protéger l’environnement tout en continuant à produire des aliments ».

Après modifications, le texte conserve l’obligation « de maintenir intacts jusqu’à 80% des forêts dans les grandes propriétés en Amazonie et 35% dans les zones de savane ». Toutefois, il tolère plus de « flexibilité pour les petites propriétés qui représentent le quart des terres agricoles du pays », dont la majeure partie de la production est destinée à l’alimentation. Ici se trouve tout le paradoxe du pays : géant agricole qualifié de « ferme du monde », où les terres cultivées représentent une superficie supérieure à quatre France ; et aussi « pays qui a réduit la déforestation de 27.000 km² en 2004 à un peu plus de 6.000 km² en 2011 ».

Le ministre de l’Agriculture Jorge Alberto Mendes Ribeiro, affirme après le veto présidentiel, que le Brésil « continuera à être « un des pays qui produit et exporte le plus au monde » tout en préservant l’environnement », et que le code forestier « ne sera pas celui des écologistes ni des ruralistes (le lobby agricole), ce sera le code de ceux qui ont du bon sens ».

Alors, que penser vraiment de ce veto de Dilma Rousseff ? Bon ou mauvais présage ?

Source : GoodPlanet.info

Brésil : polémique autour d’un nouveau code forestier

Plusieurs ONG, dont WWF et Greenpeace, s’inquiètent de la possible ratification d’une loi amnistiant les auteurs de déforestation, un nouveau code forestier qui créer la polémique dans le monde de la préservation de l’environnement. A quelques semaines du sommet Rio+20, qui se tiendra du 20 au 22 juin 2012, « la présidente du Brésil Dilma Roussef doit donner les preuves de sa bonne volonté en matière d’environnement en opposant son véto au vote du Parlement ».

Photo: fotopedia.com

Réforme du code forestier

Depuis 1965, le code forestier brésilien limitait l’usage des terres agricoles en obligeant les propriétaires de forêts à en préserver une partie intacte, pouvant atteindre jusqu’à 80% en Amazonie. Les propriétaires devaient également protéger les zones dites « sensibles », où la biodiversité est la plus menacée, comme les rives des fleuves et les coteaux de collines. La réforme du code forestier brésilien représente un danger pour l’environnement, car elle réduirait de façon significative ces zones jusqu’ici protégées.

Cette situation risque de laisser la part belle aux intérêts des agriculteurs et occulter ceux des populations. Dans la nuit du jeudi 26 avril 2012, la chambre des députés a approuvé la réforme, remettant ainsi en cause les acquis des populations concernant la déforestation et la préservation du milieu naturel. Le texte de loi doit encore être approuvé par Dilma Roussef, présidente du Brésil. Si elle venait à opposer son veto, la proposition de réforme retournerait au Sénat afin d’être modifier.

Polémique et tractation politique

Les ONG, dont principalement Greenpeace, pointent que le fait le plus polémique est celui concernant l’amnistie des producteurs de bois ayant déboisé illégalement des zones forestières sensibles se trouvant près des fleuves, avant l’année 2008. Ils étaient jusqu’à maintenant tenus de replanter la totalité des terres dévastées, ce qui ne sera plus le cas si la réforme est votée.

Pour WWF et Greenpeace, une telle proposition de la part du Brésil montre un net recul de sa trajectoire environnementale. Sarah Shoraka, activiste de Greenpeace et spécialiste des forêts déclare que « c’est un choc que le Brésil ait modifié son code forestier protégeant la forêt amazonienne. A quelques semaines du sommet Rio+20, cela met beaucoup de pression sur la Présidente Dilma Rousseff. Il sera très difficile pour elle de se poser en défenseur de l’environnement. » Elle insiste sur le fait que le gouvernement Dilma Roussef est beaucoup moins sensibles aux questions environnementales que ne pouvait l’être celui de Lula. En effet « l’ex-président Lula avait annoncé des mesures ambitieuses pour réduire les émissions de CO2 à Copenhague. »

Les organismes internationaux pensent que cette loi représente un premier test pour la présidente. Sarah Shoraka ajoute que la situation environnementale au Brésil s’est singulièrement détériorée avec le gouvernement Roussef, « il n’y a qu’à regarder la construction de grands barrages hydroélectriques ou celle de routes réalisées sans études environnementales préalables pour noter que la défense de l’environnement se dégrade au Brésil. » Les ONG s’attendent à voir se prolonger la politique entreprise par Lula. Le fait que la présidente ait laissé entendre qu’elle opposerait son veto à cette réforme semble être un bon présage pour les défenseurs de la nature et les populations directement touchées.

Source : Greenetvert.fr

Amazonie : Une nouvelle tribu d’Indiens isolés localisée

Les clichés satellites et un survol de la région de la vallée du Javari, en Amazonie, au nord-ouest du Brésil, ont révélé la présence de grandes huttes abritant une tribu isolée d’environ deux cents individus ; la Fondation nationale de l’Indien (Funai) l’a révélé le 22 juin.

 

Des cultures de maïs, de bananes et une variété de haricots

La tribu reste inconnue pour les experts : les constructions sont immenses et fermées, rien de comparables aux autres tribus de la région. Si certains d’entre eux y reconnaissent la lignée des Pano, les seules certitudes concernent la date de leurs installations qui serait d’environ un an. Le gouvernement a aussi expliqué avoir découvert des vergers, où les habitants cultivent du maïs et des arachides.

« Leurs vies sont très différentes des nôtres. Ils utilisent l’environnement à leur avantage. Quand le droit est bien protégé et quand on peut choisir la terre, on peut vivre heureux », indique un expert. Cette compréhension dicte la politique de la Funai qui ne veut pas entrer en contact avec les Indiens isolés, mais s’assurer que leurs terres soient protégées et qu’ils puissent y vivre paisiblement, comme ils l’entendent.

La tribu est dite « non-contactée » car l’accès à la région est interdit aux blancs qui pourraient contaminés les Indiens par des maladies contre lesquelles ils ne sont pas immunisés et exercer des pressions de « la pêche illégale, la chasse, les exploitations forestière et minière, l’élevage du bétail, les actions missionnaires, et le trafic de drogue » – qu’énumère Fabricio Amorim, chef de l’expédition du survol.

 

Une existence contestée

L’existence même de ces tribus non contactées a longtemps été contestée, et l’est encore aujourd’hui par les autorités péruviennes, d’après la Funai. Les acteurs de l’industrie forestière et agricole y verraient une escroquerie d’écologistes pour les empêcher de se développer dans la région. C’est pourquoi la Funai tient à montrer les images. « Sans preuve qu’ils existent, le reste du monde ne les aidera pas. Une seule image d’eux a plus d’effet que de multiples rapports » expliquait José Carlos Meirelles, de la Funai, dans le reportage de la BBC.

La protection de la tribu est assurée par la Funai mais à long terme, les moyens déployés par le gouvernement pour protéger cette tribu restent encore inconnus…

Sources: maxisciences, futura-sciences, rtbf, courrierinternational