Des pistes pour un sommet de Bonn efficace

 

A une semaine du lancement du sommet des Nations-Unies sur le changement climatique à Bonn, en Allemagne, Andrew Simms vient de publier une tribune sur le site du Guardian. Mais qui est Andrew Simms? Il s’agit du directeur du programme sur le changement climatique du NEF – the new economics foundation.

Celui-ci suggère dix pistes de réflexion aux négociateurs du sommet :

  • Organiser les négociations dans des lieux durement touchés par le réchauffement climatique, comme l’archipel de Tuvalu, menacé de disparition par la montée des eaux. Cette décision leur permettrait sans aucun doute de prendre conscience des problèmes auxquels ils doivent remédier.
  • Débarrasser les délégations des lobbyistes issues d’entreprises peu scrupuleuses.
  • Remettre en question le système de calcul des émissions de CO2. Andrew Simms estime ici que les pays riches ont trop souvent l’opportunité « de délocaliser leurs émissions » en faisant produire leurs marchandises dans d’autres pays, et donne ainsi une image de progrès dans la lutte contre le changement climatique, alors qu’il n’en est rien.
  • Expérimenter plus, et abandonner toute vision à court terme. Il propose ici la création d’un conseil représentatif indépendant, chargé de fixer un plan d’ensemble de réduction des émissions de CO2.
  • Associer tous les acteurs et les aspects des villes pour favoriser une transition énergétique en leur sein.
  • Débarrasser ce type de sommet de présentations « d’innovations gadgets », donnant le sentiment qu’il s’agit d’une « foire commerciale de la technologie » , et plutôt repenser notre modèle économique et notre politique d’innovation.
  • Mobiliser les mêmes montants employés pour le sauvetage des banques lors de la crise financière afin d’investir dans les réseaux intelligents et les énergies renouvelables.
  • Acter la suppression des subventions aux énergies fossiles, afin d’employer la manne financière dégagée pour favoriser la transition vers une économie verte, porteuse d’emplois et d’une meilleure qualité de vie.
  • Acter un objectif de réduction des émissions de CO2 de 30% d’ici à 2020.
  • Enfin, sa dernière piste est ouverte : il suggère à tous d’émettre ses propositions.

Source : The Guardian

ALERTE: Un triste record pour les émissions de CO2

Source: Fotosearch

Les derniers relevés des émissions montrent une hausse de 5% depuis le précédent record de 2008. La nouvelle annoncée par The Guardian, relayée par le Monde, provoque l’émoi dans le monde de la science.

Les projections « supposent qu’il y a 50 % de possibilité que l’augmentation de la température dépasse 4 °C vers 2100 », affirme Nicholas Stern, de la London School of Economics, auteur d’un rapport référence sur le changement climatique, au Guardian.

Quelles en sont les causes ?

  • Les premiers accusés sont les pays en voie de développement (PED). Si comme le soutient Sir David King, ancien responsable scientifique et conseiller du gouvernement britannique, il existe toujours un lien entre hausse du PIB et hausse des émissions, la réduction du réchauffement climatique reviendrait à empêcher le développement des PED.

C’est un retour au débat qui paralysa le Sommet de Copenhague et une inflexion aux orientations prises lors du Sommet de Cancun rappel le Handelzeitung.

  • Notons cependant que les estimations de l’Institut de l’Energie Atomique montrent que la récession lors de la crise de 2008 a eu un faible impact sur les émissions.
  • Les Pays développés ne sont pas hors de cause : leur pratique d’importation de produits, provenant de Chine par exemple, est un moyen de détourner le protocole de Kyoto. En effet, celui-ci sanctionne uniquement le lieu d’émission de CO2, qui est souvent le lieu de production de biens plutôt que le lieu de consommation de ces biens.

Quelles solutions ?

Le séisme au Japon a remis en cause l’usage du nucléaire. Mais il est indéniable que celui-ci a un impact positif sur les émissions, d’autant que les énergies fossiles sont vouées à disparaître. Il devient essentiel d’adopter une politique nucléaire claire.

La seule – faible – lueur est la prochaine rencontre de l’ONU pour dresser une nouvelle convention sur l’environnement à la fin du mois à Bonn, en Allemagne. Y aura-t-il un renouvellement des stratégies et des idées ?

Sources : The Guardian, Le Monde, site internet de la CCNUCC, le Handelzeintung