Achetez en France du bois brésilien, importé illégalement !

Une enquête de Greenpeace révèle une recrudescence de la déforestation au Brésil, notamment dans l’Etat du Para, où 78 pourcent des surfaces forestières seraient exploitées illégalement.
Chaque minute, la planète perd l’équivalent de cinquante terrains de football de forêt. La déforestation a augmenté de plus d’un tiers en 2013, dopée par un rebond de la demande après quatre années de baisse. L’Etat de Para a vu au cours de l’année plus de 2300km2 de surface déboisée, dont une augmentation de la déforestation frauduleuse de 151% par rapport à l’année précédente.
Les enjeux économiques sont trop forts, les débouchés trop importants, pour endiguer ce type de trafic.
L’ipé, le « nouvel acajou », très prisé des occidentaux, fait l’objet de fraudes à très grande échelle et tout en jouant sur les normes entre Etats. Ces Etats, qui ont pour la plupart des normes différentes sur la question, permettent l’introduction de bois frauduleux sur un marché qui lui est bien légal, par le biais de mécanismes sophistiqués de blanchiment. « Les enquêtes ponctuelles de la justice brésilienne seront impuissantes à réformer le système », regrette Jérôme Frignet, spécialiste des filières bois et du Brésil chez Greenpeace.

Plusieurs phénomènes expliquent la dérive
Greenpeace met l’accent sur plusieurs dysfonctionnements tant nationaux qu’internationaux expliquant tout ou partie de la réalité des abus commis.
« Traffic de crédit de coupe », mécanismes opaques, abattages frauduleux, faux papiers pour le bois, liens entre entreprises et braconniers, faibles capacités d’inspection, de contrôle et de sanctions ; de nombreux exemples apportés par Greenpeace critiquent l’incapacité de l’Etat brésilien à répondre à l’enjeu, malgré tout une série de mesures adoptées depuis 2006.
Par ailleurs, l’ONG pointe deux problèmes à l’international. La différence des normes entres Etats, qui entraîne plusieurs abus dont le blanchiment de bois précieux fait que « les chaînes d’approvisionnement sont contaminées par du bois issu de scieries qui se sont procurées du bois illégal ». En ce sens, l’organisation écologiste internationale reprend les propos de l’ancien président de l’agence nationale brésilienne de la forêt, selon lequel « le taux de coupes illégales n’avait jamais dépassé les 60% », ce qui est le cas aujourd’hui.
Enfin, les pays occidentaux, France et Etats-Unis en tête, maintiennent une demande relativement constante, ce qui appuie le mouvement de déforestation et l’activité des braconniers.
Il semblerait donc qu’un beau parquet vaut bien toutes les coupes du monde.

L’Union européenne et le Libéria s’engagent pour la protection des forêts tropicales

crédits : fotosearch.fr

L’Union européenne et le Libéria viennent en effet de conclure le 9 mai un accord de partenariat volontaire, qui va dans le sens d’une gestion durable et responsable des ressources en bois de l’Etat africain, au sein duquel se concentrent plus de la moitié des forêts tropicales d’Afrique de l’Ouest. Celui-ci aura pour objectif, à l’horizon 2014, d’établir un système d’autorisation d’exportation du bois à destination des Etats membres, afin de garantir le caractère légal et contrôlé de sa coupe.

Mais cet accord peut aussi être perçu comme un mécanisme de prévention des conflits armés dans la région. Les revenus tirés de l’exploitation illégale du bois avaient en effet servi au financement des conflits armés qu’a connu le Libéria durant les années 1990.

L’Union européenne pour sa part n’en est pas à son coup d’essai. Ce même type d’accord a ainsi été conclu auparavant avec d’autres pays exportateurs de bois : la République Centrafricaine, le Cameroun, le Ghana, la République Démocratique du Congo et l’Indonésie. Une démarche plus que responsable puisqu’on estime qu’environ un tiers de la production mondiale de bois est produite illégalement.

Une forêt pour réhabiliter la plaine polluée de Pierrelaye Bessancourt

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Ce projet émanant du Grand Paris semble tenir la corde en vue de la réhabilitation de cette plaine située au Nord-Ouest de Paris. La plantation de plus d’un millier d’hectare de bois sur place a en effet été validée récemment par le gouvernement. Le journal Les Echos nous indique ainsi dans un article intitulé « une nouvelle forêt à l’Ouest », que 1100 hectares seront mobilisés pour l’occasion : 400 appartenant à la ville de Paris, 400 à la région et à d’autres communes, et 300 qui seront acquis auprès de particuliers. Le début des opérations étant prévu pour 2017, il faudra donc encore patienter quelques années.

La pollution des sols, à l’origine de cette initiative, est due à l’épandage d’eaux usées en provenance de la région parisienne et des communes alentours. Celui-ci avait pour objectif au XIXème siècle de favoriser le maraîchage grâce à l’enrichissement des sols. Cependant, cet épandage y a engendré une accumulation de métaux lourds, rendant les terres impropres à toute culture vivrière.

Pour mener à bien ce projet, un groupement d’intérêt public devrait être créé. Il réunirait alors l’ensemble des communes concernées. Il devrait également s’accompagner de la création de 8.000 logements à proximité des zones nouvellement boisées. En tout les cas, s’il est mené à bien, ce projet sera historique, puisque le dernier domaine forestier créé l’avait été par Colbert au XVIIème siècle.

Initiative bretonne rarissime pour l’environnement

Sept villages bretons ont décidé de prendre leur environnement rural en main. Décidés à en finir avec leurs excédents de lisier et à donner un coup de fouet à leur activité économique, à sept, ils ont décidé d’adopter un plan territoire 100% énergies renouvelables et locales d’ici 2030, une démarche rarissime en France.

«Très tôt, on a pris conscience que si on voulait continuer à vivre dans ce territoire rural, il fallait se prendre en main tout seul»

Jacky Aignel, vice-président énergie de la communauté de communes du Mené (Côtes-d’Armor), primée pôle d’excellence rurale en 2010, raconte que l’idée de développer une filière fondée sur les énergies renouvelables naît au début des années 2000 à partir des réflexions d’agriculteurs s’inquiétant de leur impact environnemental et d’élus soucieux du développement économique local. « A l’époque, on nous prenait pour des barjots » rappelle-t-il.

Premier objectif de la démarche: 2013, plus de 20% de l’énergie consommée d’origine renouvelable

Les responsables du projet cherchent la diversification du bouquet énergétique et aussi du tissu économique et social afin de maintenir l’activité agricole dans ce micro-territoire de 165 km2  de 6.500 habitants. Les villages voudraient s’émanciper du fioul dont les cours sont élevés et volatiles.

La première installation d’une huilerie de colza-carburant a été inaugurée en 2007 à Saint-Gouéno. Par un processus de pressage à froid, les graines de colza donnent une huile pouvant alimenter les moteurs diesel des tracteurs, ainsi que des tourteaux pour le bétail. « Ceux-ci sont utilisés localement par des éleveurs de vaches laitières, qui n’ont plus besoin d’importer des tourteaux de soja du Brésil », se félicite Laurent Gaudicheau, directeur de la communauté de communes. « Il est plus intéressant de vendre cette huile pour acheter du fioul mais, pour autant, si le pétrole continue à flamber, notre outil sera prêt… », assure-t-il.

On observe aussi un réseau de chaleur mis en place dans deux autres communes et bientôt généralisé à toute la communauté, une nouvelle usine de méthanisation Géotexia, inaugurée en juin dernier, irriguant une plantation de saules pour le bois de chauffage. Les éleveurs porcins, eux, se sont engagés à ne pas augmenter leur cheptel. On évoque aussi un projet participatif de parcs éoliens d’une puissance totale de 25 mégawatts et un ensemble de 35 nouveaux logements ne générant pas de dépenses d’énergie pour les habitants.

L’initiative est un choix clair afin de continuer à vivre dans ce territoire rural. Les agriculteurs ont mis en route une boucle vertueuse, se félicite Dominique Rocaboy, agriculteur et président de la structure. Aussi d’un problème environnemental, on peut arriver à faire une économie basée sur la filière énergétique durable, analyse Laurent Gaudicheau à propos de l’initiation d’une trentaine d’éleveurs porcins qui apporte plus de 75.000 tonnes de déchets, lisiers et boues issues de la filière agroalimentaire.

Sources: AFP, journaldelenvironnement, nouvelobs, romandie

Cameroun : combattre la déforestation

Dans le cadre le l’APV-Flegt, l’Accord de Partenariat Volontaire pour l’Application des réglementations forestières, Gouvernance et Echanges commerciaux, l’Union Européenne vient d’attribuer au Cameroun la somme de 78 millions de francs CFA. Cette somme sert à financer un « projet d’observation externe et communautaire des forêts », dans le but de combattre la déforestation et le commerce illégal de bois.

Photo: Fotopedia.com

Un travail de longue haleine

Le Cameroun s’est engagé, dès avril 2005, à intégrer le processus d’application des réglementations forestières dans ses politiques commerciale et environnementale. Suite à de nombreuses négociations et restructuration des objectifs du pays, l’accord d’un partenariat avec l’Union Européenne a été conclu, en 2010 à Yaoundé. Cet accord marque la volonté des deux parties de combattre l’exploitation illégale des forêts, le commerce illicite de produits en bois et la forte corruption existant dans le secteur forestier. C’est lors de journées de travail, tenues les 19 et 20 avril derniers que le Foder (l’ONG Forêts et développement rural) a appris la décision de l’UE de financer le projet d’observation des forêts au Cameroun à hauteur de 80%. Les 20% restant étant assurés par l’organisation néerlandaise FERN et par l’agence britannique Well Grounded.

Le projet d’observation doit s’étendre sur 14 mois et couvrira différentes zones du pays comme Yoko et Mbalmayo, les régions du Centre, Abong Mbang et Lomié, les régions de l’Est, ainsi que Akom2, Elogbatindi et Ma’an, les régions du Sud. Une des conditions de la bonne marche du projet est l’intégration et l’intensification du rôle « des communautés locales et autochtones » dans le processus d’observation des forêts. Le projet revêt une dimension fortement sociale et environnementale à travers « l’observation indépendante externe et participative des activités d’exploitation forestière dans les régions visées ».

Contre les comportements véreux

Rappelons que le secteur du bois représente 6% du PIB au Cameroun et que le « pays produit 2,3 millions de mètres cubes de bois par an, dont 80% est destiné au marché européen », en ce qui concerne le marché légal. Le Cameroun s’est engagé à n’exporter vers l’Europe que « du bois dont la coupe a été effectuée de manière licite ». Selon les observations déjà effectuées dans le pays et par l’Union Européenne, des résultats sont déjà visibles. L’engagement du Cameroun a permis le retrait de licences de plusieurs exploitations forestières allant à l’encontre des termes de l’accord.

Dans le processus de l’Apv-Flegt, les populations sont également sensibilisées au problème de la contrebande de bois et de la déforestation, raison pour laquelle elles participent au projet mené par l’ONG Foder. Les populations sont donc plus actives et plus réactives face aux abus, elles dénoncent le comportement véreux des exploitations forestières et militent pour sauvegarder leur environnement naturel. Par le biais de ces communautés et leur attitude positive face au projet, l’ONG Foder espère faire évoluer les mentalités au niveau de toute l’administration publique au Cameroun.

Source : Mediaterre.org