Un jardin dans le ciel à Beyrouth : la dépollution collaborative

Il ne fait pas bon de respirer l’air de la capitale du Liban. En effet, selon une étude menée durant les deux dernières années, le taux de particules en suspension dans l’air de Beyrouth  dépasse de 175 à 275% les normes fixées par l’Organisation mondiale de la Santé. Le trafic routier de la capitale serait le premier responsable de cette pollution,  « Le parc automobile libanais compte environ 1,3 millions de véhicules en circulation dont 600 000 qui traversent le Grand Beyrouth tous les jours et 28 à 30% de ces véhicules n’ont pas leur contrôle technique à jour », indique, exaspéré,  Ziad Akl, fondateur de l’association de sécurité routière, YASA. Ces contrôles sont pourtant obligatoires, mais rarement sanctionnés. Alors que ce taux de particules nocives devient de plus en plus alarmant, des associations et des spécialistes tentent de trouver des solutions. C’est le cas de Wassim Melki, un jeune architecte de 28 ans, qui vient de mettre en place le projet « Beirut Wonder Forest ».

Le principe est simple : imaginer des milliers d’arbres sur les toits de l’agglomération, plantés et entretenus par les habitants de chaque bâtiment. Il est encore difficile de mesurer l’impact du projet sur la qualité de l’air, mais il devrait être largement bénéfique quand on sait que chaque arbre pourrait capturer 10kg de CO2 en moyenne par an. La « Beirut Wonder forest » pourrait également avoir des retombées positives sur le climat local, du fait de l’ombre projetée par les arbres et ainsi, favoriser indirectement une baisse du niveau de pollution de la ville : en été, une température plus fraîche dans les habitations permettrait de réduire l’utilisation des systèmes de climatisation, très énergivores.

Le plus difficile va consister à faire adhérer les Beyrouthins au projet, la plantation et l’entretien des arbres devant être à l’initiative des particuliers. D’après l’initiateur, la voie la plus efficace serait l’incitation politique, par obligation légale, ou, plus raisonnablement, par le biais de réduction d’impôts pour les participants au projet.

Un prototype de plantation sur immeuble devrait être proposé cette année au ministère de l’Environnement. Les adhérents de « Beirut Wonder Forest » envisagent ensuite de tester le principe à l’échelle d’un quartier.


Source : courrierinternational.com