La chasse aux terres rares s’organise

Le monopole de la Chine dans le commerce des « terres rares » pourrait à terme s’avérer bénéfique pour l’environnement. On parle ici selon les propos de l’AFP, du nom donné à un ensemble de dix-sept métaux indispensables à la fabrication de la plupart des produits de haute technologie.

Chercher à contourner le monopole chinois constitue ainsi la clef, et pourrait alors conduire à favoriser l’émergence d’une filière dédiée au recyclage de nos déchets électriques notamment, au sein desquels ces métaux sont présents.

C’est une ambition qu’a voulu incarner la société Récyclum en ce début du mois d’octobre, en organisant une importante opération de communication sur le Parvis de la Défense. Son objectif : présenter ces déchets comme un vaste « gisement de matières premières encore trop largement inexploité » et qu’il s’agit de valoriser, afin de sensibiliser l’opinion publique sur l’enjeu de leur recyclage.

L’entreprise souligne que 3 % du poids des lampes à économie d’énergie est ainsi constitué de ce type de métaux, présents en leur sein sous la forme d’une poudre fluorescente. Cette dernière est actuellement « neutralisée et stockée définitivement comme le mercure dans des installations spécifiquement agréées » sans être réemployée. Mais la donne pourrait changer sous l’impulsion d’un nouveau procédé développé par l’entreprise Rhodia, qui devrait rendre son recyclage possible à l’horizon 2012, et placer la France à la première place des producteurs de « terres rares » recyclées.

D’ici là, Récyclum renouvelle son appel aux Français afin qu’ils soient toujours plus nombreux à rapporter leurs ampoules dans l’un des 19.000 points de collecte dédiés.

La lampe à incandescence souffle sa dernière bougie

Le filament dans la lampe à incandescence brûle et brille.

L’ampoule à incandescence traditionnelle se fait mettre au rebut après plus de 100 ans de service. Dans le contexte de réduction des dépenses énergétiques, les ampoules basse consommation sont les bienvenues pour aider les Français à réduire leur consommation de courant. Pourtant, tout le monde n’est pas favorable à la démocratisation de ces lampes constituées de matériaux polluants et génératrices d’ondes.

La volonté de l’Europe

Les objectifs européens en matière d’environnement ont été redéfinis le 17 juin 2010 pour faire suite à la stratégie de Lisbonne. La nouvelle stratégie, « Europe 2020 » inclut dans ses dispositions des objectifs environnementaux visant la réduction des impacts environnementaux des activités humaines. L’objectif environnemental est surnommé le « 20/20/20 » car prévoit d’ici 2020 la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport aux niveaux de 1990, l’utilisation d’un mix énergétique incluant 20 % d’énergies renouvelables dans notre consommation d’énergie finale, et pour finir améliorer notre efficacité énergétique de 20 %.
Cette dernière mesure, concrètement, se traduit par un calendrier d’arrêt de mise en vente des lampes à incandescence. Aujourd’hui, en Europe, nous ne pouvons plus acheter de lampes à incandescence d’une puissance supérieure à 40 W et fin 2012, cette technologie sera définitivement abandonnée.

Les lampes et les économies d’énergie

La lampe à incandescence est une technologie rudimentaire : développée en 1879 par Joseph Swan, la lumière est produite en portant à très haute température un filament de tungstène. Littéralement brûlant, le filament brille. C’est le phénomène d’incandescence. Pourtant, la quantité de lumens (unité de mesure de la lumière) par watt consommé est très faible : seule 5 % de l’énergie utilisée est restituée sous forme de lumière, le reste de l’énergie est dissipée en chaleur !

Trois types de lampes remplacent les traditionnelles ampoules à incandescence : les ampoules halogènes haute efficacité, les ampoules fluocompactes et enfin, les diodes électroluminescentes. Les réductions de la consommation électrique varient de 30 % pour les lampes halogènes jusqu’à 90 % pour les diodes. L’Union européenne estime que le passage des lampes à incandescence aux lampes à basse consommation à l’échelle européenne permettrait de réduire les émissions de CO2 d’environ 15 millions de tonnes par an en économisant 40 TWh.

Les pour, les contre

Pourtant, de nombreuses voix se sont élevées contre la généralisation de ces lampes. Outre le prix à l’achat plus important pour ces nouvelles ampoules, surcoût compensé par les économies réalisées à long terme, les réticences portent surtout sur la qualité de l’éclairage, la toxicité des composants et enfin, sur la génération d’ondes électro-magnétiques. Toutes ces justifications sont infirmées par leur contre-argument : les ampoules récentes sont capables de générer un spectre lumineux plus chaud, plus proche des lampes traditionnelles ; les vapeurs de mercure contenues dans les lampes fluocompactes ne sont pas dangereuses pour la santé à ces concentrations lors d’un bris accidentel, et le recyclage des ampoules est mis en place ; quant aux ondes, tous les appareils électriques en génèrent. Ce qui est certain, c’est que les réductions de la consommation d’énergie sont bien réelles.

Finalement, si l’abandon l’abandon de l’ampoule traditionnelle était simplement aussi difficile qu’un bouleversement des habitudes ancrées depuis l’arrivée de la fée électricité ?

Sources : europa.eu, rue89.com, gouvernement.fr