Villes: des « puits de carbones »

Une étude publiée récemment dans le Journal of Applied Ecology a montré que les espaces verts peuvent apporter leur contribution au stockage de carbone et faire des villes des « puits de carbone urbain ».

A la suite d’une observation de la ville de Leicester dans les Middle Highlands, au centre de l’Angleterre, abritant 300 000 habitants sur 73 km2, les scientifiques ont mesuré la capacité à absorber le CO2 des parcs, jardins, zones industrielles abandonnées, golfs, berges et accotements des routes et ont trouvé que 231 000 tonnes de carbone ont été captées par ces espaces.

Les zones urbaines ne sont d’ordinaire jamais prises en compte comme source de photosynthèse. L’étude montre que leur contribution peut être significative.

Bien sûr les espaces verts dans les villes ne peuvent faire oublier l’impact néfaste de la pollution urbaine sur le réchauffement climatique. Aussi les « puits de carbone » ne seront certainement pas suffisants pour compenser les énormes émissions de carbone des activités humaines et du monde. Mais cela laisse à réfléchir. Alors qu’environ 4 % de la surface terrestre est urbanisée, et que la population mondiale s’élève à sept milliards aujourd’hui, pour croitre à près de 9,5 milliards d’individus d’ici à 2050, il va devenir essentiel de favoriser les dispositions des villes à absorber le carbone, en encourageant par exemple les jardiniers à planter des arbres plutôt que des pelouses ou des arbustes.

Anacardier : un arbre aux usages multiples

La journée nationale de l’arbre, tenue à Loul Sessène, dans la région de Fatick au centre du Sénégal, avait un parrain spécial pour l’occasion : l’anacardier ou anacardium occidental. Mis à l’honneur par un document officiel remis à la presse lors de la célébration, l’arbre, originaire d’Amérique du Sud à la cime évasée ne dépassant pas 12 mètres de haut, a l’avantage d’être adapté à diverses conditions agro-écologiques.

Résistance et adaptation

Largement cultivé en Afrique, aux Antilles, dans le Nord-est brésilien, en Asie du Sud-est et en Inde, l’anacardier produit des fruits ayant une coque âcre et toxique qui abrite une amende blanche, comestible : la noix d’acajou.

Ses feuilles sont simples et persistantes, alternes, ovales et coriaces. L’anacardier est résistant aux fortes chaleurs mais très sensible aux basses températures. On le trouve généralement à des altitudes assez basses (moins de 500 m).

Les exigences de l’arbre varient selon les usages que l’on en fait. A des fins de reboisements, il nécessite peu d’eau, pas d’engrais ni de soins spéciaux et peut pousser sur les terrains pauvres, cependant il a besoin de meilleures conditions pour lui faire qu’il produise des fruits.

La plantation d’anacardiers : une solution durable

Son système de plantation constitue une solution adaptée pour lutter contre la dégradation des sols et de l’environnement. En effet, la durée de son exploitation – environ 20 ans – permet de lutter en partie contre l’érosion côtière et à stabiliser localement l’écosystème, au même titre que les autres essences forestières (augmentation du couvert végétal, restauration de la fertilité des sols épuisés).

Ajouté à cette qualité environnementale, le bois d’anacardier est un bon combustible et son écorce peut être utilisée pour tanner les peaux et ses fruits pour l’alimentation. Aussi, nombre de médecines traditionnelles lui confèrent de véritables propriétés pharmacologiques.

L’industrie peut, elle aussi, être à même de revendiquer l’usage des fruits de l’arbre. Leur coque est composée de phénoliques naturels qui peuvent être utilisés dans la fabrication d’éléments de friction, pour l’automobile comme pour les revêtements spéciaux  ou les insecticides.

Ces divers usages ont poussé le secrétaire général du ministère de l’Environnement et de la Protection de la nature à déclarer que la noix d’acajou est ‘’une aubaine pour les exploitants, les transformateurs et les transitaires, entre autres’’. Il serait bon, ajoute le ministre d’Etat Djibo Leïty Kâ, que « Fatick devienne un bassin anacardier comme on a connu le bassin arachidier. »

L’anacardier illustre la volonté des autorités de concilier tant développement économique que protection de l’environnement. Ainsi, il pousse les différents acteurs à prendre compte des différentes dimensions liées à un même territoire.