France – Brésil : le WWF appelle à lutter contre l’impact de l’exploitation aurifère illégale

Exploitation aurifère – Amazonie péruvienne

Il y a presque un an jour pour jour, nous écrivions sur le retard de la France en matière de traçabilité de l’or. Aujourd’hui, il nous semble « naturel » de relayer l’appel du WWF au Brésil et à la France pour lutter contre l’impact de l’exploitation aurifère illégale.

Contours géographiques de la problématique

L’association WWF, que l’on ne présente plus, établit un clair état des lieux du problème. Selon elle, « en relation directe avec la hausse du cours de l’or, territoires autochtones et forêts tropicales font face à de nouvelles ruées. Dans le bassin amazonien, 37% des parcs nationaux ont à gérer des problématiques minières. Sept pays amazoniens sont touchés, mais la situation est particulièrement préoccupante dans certains secteurs du Pérou amazonien (région de Madre de Dios) et sur le Plateau des Guyanes (Guyana, Surinam, Guyane française) ».

Origines techniques du problème

Le WWF informe que « les techniques d’exploitation aurifère non encadrées conduisent à l’envasement des rivières et à l’augmentation de la turbidité, à la destruction des sols et à la déforestation. Le mercure utilisé pour amalgamer l’or représente un tiers de la pollution mercurielle mondiale, provoquant des atteintes graves à la santé et à l’environnement ». D’après l’association, « en Amazonie, les rejets de mercure liés à l’exploitation aurifère illégale dépassent les 100 tonnes par an » !

WWF Guianas : un acteur incontournable

Selon la section guyannaise du WWF, WWF Guianas, qui a réalisé une étude sur le sujet, « dans le Nord-est de l’Amazonie, la déforestation due à l’exploitation aurifère représente plus de 65000 hectares. En 2008, 26 km de cours d’eau étaient perturbés par l’exploitation aurifère non régulée dans cette même région ».

En Guyane française, depuis le début de l’année, le Parc Amazonien estime que plus de 900 km de rivières ont été perturbées par l’exploitation illégale de l’or.

Passer à la vitesse supérieure

Alors que la présidente Dilma Roussel, vient vendre le Brésil à Paris, selon rfi.fr, le WWF saisit cette « opportunité unique pour le Brésil et la France d’aborder conjointement les enjeux sociaux relatifs à ce fléau et de restaurer l’intégrité des aires protégées ».

L’association rappelle que les deux pays s’étaient impliqués, dans les années 2000, dans la protection de la biodiversité amazonienne et des terres indigènes grâce à la création du Parc National des Monts Tumucumaque au Brésil et du Parc Amazonien en Guyane française, créant un massif forestier protégé continu de plus de 6 millions d’hectares.

Toutefois, ces aires protégées avaient été victimes de certains dommages, à la suite desquels le Brésil et la France avaient signé en décembre 2008 un accord bilatéral de coopération transfrontalière de lutte contre l’exploitation aurifère illégale.

Mais 4 ans plus tard, cet accord n’est toujours pas entré en vigueur, car seul le Parlement français l’a ratifié. Au Brésil, cette ratification est toujours ralentie, empêchant chaque Pays de bénéficier de l’appui de l’autre. En parallèle, sur le terrain, la situation des populations locales continue de se détériorer, et les derniers chiffres publiés en décembre 2011 montrent que 30% des Wayanas du Haut-Maroni présentent un taux d’imprégnation au mercure supérieur à la norme OMS.

Le WWF soutient donc « l’Appel pour l’Amazonie » qu’il a conjointement lancé avec la COICA : Coordination des Organisations Indigènes du Bassin Amazonien au cours du sommet de la Terre « Rio + 20 ». Via cet appel, les associations exhortent les pays amazoniens à stopper l’exploitation aurifère illégale dans les zones protégées et à combattre les problèmes socioéconomiques qui y sont liés.

Le WWF demande, dans ce cadre, « la ratification urgente et l’entrée en vigueur de l’accord de coopération bilatéral France-Brésil, en vue d’y préserver les aires protégées transfrontalières et les communautés locales ».

Source : WWF.fr

Amazonie : mourir pour la forêt

Paulo Adario, responsable de Greenpeace, déclare: « Le Brésil s’est réveillé avec la nouvelle de l’assassinat d’un défenseur de la forêt amazonienne et est allé se coucher avec la nouvelle que la majorité des députés approuvait l’assassinat de nos forêts. »

Après deux ans de discussions, la décision a été validée par le sénat brésilien: le code forestier de 1965 est amendé et la protection de la forêt amazonienne est assouplie au profit des terres agricoles.

Le code limitait l’usage agricole des terres en obligeant les propriétaires de forêts à en préserver une partie intacte, jusqu’à 80%. Le vote réduit cette protection obligatoire et amnistie ceux qui ont déboisé la forêt dans le passé. Cette nouvelle loi est une victoire du très puissant lobby agricole brésilien.

Le soja ou le climat

Le Brésil est l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux de soja, de céréales et de viande. Selon la présidente de la Confédération nationale de l’Agriculture, Katia Abreu, « ce qui est en jeu, c’est la production d’aliments au Brésil, qui soutient l’économie nationale. »

Si les statistiques du ministère de l’Environnement révélées dans A Folha de São Paulo montrent que la déforestation dans l’Etat d’Amazonie a augmenté de 27 % en un an, la discussion de la loi au parlement n’a fait qu’augmenter la destruction – qui resterait impunie selon le texte – d’autant que selon une estimation de la Banque mondiale, 85 % des agriculteurs en Amazonie n’ont pas de titres fonciers valables pour les terres qu’ils exploitent. L’impact de la loi risque d’être terrible.

Y avait-il une autre solution ?

Le projet a été voté sans le consentement du gouvernement, fervent défenseur de la forêt. La ministre de l’Environnement, Izabella Teixeira, a prévenu toutefois que Mme Rousseff, présidente brésilienne, aurait pu mettre son véto aux points les plus controversés du projet de loi.

Aussi « le code devait être modifié. Il manquait des mécanismes encourageant l’effort de protection des forêts » admet Paulo Moutinho, analyste à l’Institut de recherches d’Amazonie « mais on ne devait pas amnistier ceux qui ont déboisé dans le passé ».

Mais la décision était en partie d’avance affirme Greenpeace Brésil. De nombreux sénateurs de la région sont de grands propriétaires terriens qui influencent avec force les délibérations dans les coulisses à l’exemple de la famille de Blairo Maggi, le plus grand cultivateur de soja dans le monde et sénateur de la région du Mato Grasso.

Les martyrs de l’Amazonie seront-ils vengés ?

Selon la Commission pastorale de la terre (CPT), liée à l’Eglise catholique, plus de 1150 écologistes ont été tués au Brésil au cours des 20 dernières années.  La semaine dernière, quatre agriculteurs-écologistes qui dénonçaient les déboisements clandestins ont été assassinés dans les Etats amazoniens du Rondonia et du Para.

Le 31 mai, dans une embuscade, un couple d’écologistes – José Claudio Ribeiro da Silva et Maria do Espirito Santo da Silva – est aussi assassiné. Ils avaient 20 hectares dont ils préservaient 80% comme la loi l’exige et faisaient partie d’une ONG fondée par le récolteur de latex et écologiste Chico Mendes, assassiné lui-aussi par des tueurs en 1988 en Amazonie. Il a refusé la destruction des braconniers.

« Nous n’accepterons pas ces meurtres. Nous allons intensifier le contrôle et la supervision et multiplier les actions visant la mise en place d’une politique de développement durable dans la région », a affirmé le ministre du Développement rural, Afonso Florence.

Cette vague noire de meurtres est l’illustration de l’impunité des propriétaires agraires suspectés d’en être les mandataires. Les déclarations d’intention du gouvernement doivent être suivies d’actions concrètes au risque de laisser la crise agraire se développer.

L’Etat, au niveau fédéral et local, doit prendre des mesures à court terme : arrêter les ‘pistoleiros’ (tueurs) et à long terme limiter le vol des terres en Amazonie et faire enfin la réforme agraire.

Sources: enviro2bbranchez-vouscourrierinternationalAFP, Greenpeace, Die Zeit, Romandie lien1, lien2canadianpress

 

 


 

Le dauphin rose de l’Amazone en péril

Alors que la protection de la forêt amazonienne truste le haut du pavé en Amérique du Sud, un autre symbole issu de la faune de la région cette fois ci s’avère être menacé d’extinction si rien n’est fait dans les années à venir. Il s’agit du dauphin d’eau douce du fleuve Amazone, autrement nommé dauphin rose en raison de sa teinte particulière.

Sa population aujourd’hui estimée à 30.000 individus ne cesse en effet de décroitre en raison d’un braconnage tenace, et ce à un rythme de 10 % par an si l’on en croit les chercheurs de l’institut national de recherche en Amazonie (INPA).

Ce braconnage s’explique par deux facteurs. Le malheureux dauphin est tout d’abord perçu comme un concurrent de poids par les villageois habitants les rives du fleuve, très dépendants de la pêche pour s’assurer un revenu et une alimentation pérenne. Il se révèle ensuite être un appât de choix pour la traque du silure, une prise pouvant atteindre jusqu’à 2 mètres 50 de long pour 250 kg, et se monnayer au prix fort.

Mais le problème majeur reste qu’aucune mesure concrète n’est pour l’heure mise en œuvre pour endiguer ce phénomène. Selon l’agence environnementale brésilienne IBAMA, moins de cinq agents seulement sont en charge de la protection de la faune dans l’Etat d’Amazonas, particulièrement touché, d’une superficie équivalente à deux fois la taille du Texas. Le fait est que le gouvernement concentre son action sur la lutte contre la déforestation…

Amazonie : Une nouvelle tribu d’Indiens isolés localisée

Les clichés satellites et un survol de la région de la vallée du Javari, en Amazonie, au nord-ouest du Brésil, ont révélé la présence de grandes huttes abritant une tribu isolée d’environ deux cents individus ; la Fondation nationale de l’Indien (Funai) l’a révélé le 22 juin.

 

Des cultures de maïs, de bananes et une variété de haricots

La tribu reste inconnue pour les experts : les constructions sont immenses et fermées, rien de comparables aux autres tribus de la région. Si certains d’entre eux y reconnaissent la lignée des Pano, les seules certitudes concernent la date de leurs installations qui serait d’environ un an. Le gouvernement a aussi expliqué avoir découvert des vergers, où les habitants cultivent du maïs et des arachides.

« Leurs vies sont très différentes des nôtres. Ils utilisent l’environnement à leur avantage. Quand le droit est bien protégé et quand on peut choisir la terre, on peut vivre heureux », indique un expert. Cette compréhension dicte la politique de la Funai qui ne veut pas entrer en contact avec les Indiens isolés, mais s’assurer que leurs terres soient protégées et qu’ils puissent y vivre paisiblement, comme ils l’entendent.

La tribu est dite « non-contactée » car l’accès à la région est interdit aux blancs qui pourraient contaminés les Indiens par des maladies contre lesquelles ils ne sont pas immunisés et exercer des pressions de « la pêche illégale, la chasse, les exploitations forestière et minière, l’élevage du bétail, les actions missionnaires, et le trafic de drogue » – qu’énumère Fabricio Amorim, chef de l’expédition du survol.

 

Une existence contestée

L’existence même de ces tribus non contactées a longtemps été contestée, et l’est encore aujourd’hui par les autorités péruviennes, d’après la Funai. Les acteurs de l’industrie forestière et agricole y verraient une escroquerie d’écologistes pour les empêcher de se développer dans la région. C’est pourquoi la Funai tient à montrer les images. « Sans preuve qu’ils existent, le reste du monde ne les aidera pas. Une seule image d’eux a plus d’effet que de multiples rapports » expliquait José Carlos Meirelles, de la Funai, dans le reportage de la BBC.

La protection de la tribu est assurée par la Funai mais à long terme, les moyens déployés par le gouvernement pour protéger cette tribu restent encore inconnus…

Sources: maxisciences, futura-sciences, rtbf, courrierinternational