Locavores vs Distavores

Les locavores, comme leur nom l’indique, sont des consommateurs de produits locaux et de saisons : ils sont éco-responsables. Ce mouvement venu des Etats-Unis – il a fait son apparition à San Francisco en 2005 – fait de plus en plus d’adeptes en France, notamment par le relais des AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) dont il partage les valeurs. Très en vogue, il est toutefois critiqué par les distavores. 

Manger local pour préserver de l’environnement

Dans sa définition, le concept de locavoring prévoit une distance maximale de 160 km entre le lieu de production du produit et le lieu de sa vente. Le succès des Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne est aujourd’hui garanti par l’intérêt que les consommateurs portent à la préservation de leur environnement et de la qualité des produits qu’ils achètent. Les motivations des locavores sont multiples et traduisent les divers avantages à manger des produits locaux et de saison.

La première motivation est le temps réduit du transport des produits, donc moins de pollution. De récentes études ont démontré que la distance moyenne parcourue aujourd’hui par un produit alimentaire, de sa récolte à l’assiette du consommateur, est de 2400 à 4800km ! Le comportement du locavore se construit en réaction des crises énergétiques et climatiques.

Un aliment local signifie un aliment de saison et la relance de la productivité agricole dans des bassins ruraux, notamment à proximité des villes et dans les zones agricoles sinistrées, où le soutien de la population est indispensable et sans conteste. Manger de saison permet aux consommateurs de retrouver le rythme saisonnier de leurs ancêtres et de renouer avec une alimentation riche et variée.

Distavores : détracteurs du manger local

Les locavores ont, comme tous les mouvements dits « écologiques », leurs opposants. Le manger local est-il un bénéfice ou une arnaque ? Doit-on absolument manger local ? Le débat est lancé par les détracteurs des locavores, les distavores.

Cesser d’importer des produits alimentaires comme les bananes, le café, les céréales, le riz, seraient un risque considérable pour les économies des pays importateurs, souvent pauvres, émergents ou en développement. Un autre risque serait de priver les cultivateurs de revenus ou d’emplois. De plus, selon les détracteurs, consommer exclusivement local représenterait une grande perte de diversité alimentaire, et un poids impossible à tenir pour les cultivateurs locaux aux vues de la population toujours plus grande et en constante augmentation. Les distavores estiment aussi que le coût de l’alimentation locale est beaucoup trop élevé, leur faisant dire que le locavoring est un effet de mode.

Entre les deux mon cœur balance…

Il est certain que le locavoring est un concept très intéressant et qu’il mérite d’être défendu et suivi, toutefois il a ses limites. Une chose est sûre : le mouvement ne doit pas être suivi s’il représente des contraintes. Le repas doit rester un moment de plaisir !…

De la ferme au quartier : quand l’agriculture arrive au cœur de Saint-Etienne

Dans la ville ouvrière de Saint-Etienne, associations de quartiers et paysans se mobilisent autour du projet « de la ferme au quartier », une plateforme d’approvisionnement alimentaire solidaire en circuit court ayant pour objectif de proposer aux riverains des légumes de saison et des produits sains. La principale différence avec les AMAP traditionnelles réside dans le fait que ce projet se veut créateur d’emplois et touche un plus large public, y compris les couches les moins favorisées de la population stéphanoise.

 

« Comment permettre au plus grand nombre, y compris aux personnes aux revenus très faibles et précaires, d’accéder à une alimentation saine ? » Georges Günther et les autres initiateurs du projet « de la ferme au quartier » ont répondu concrètement à la question. Cette initiative se veut complémentaire de l’offre proposée par les AMAP, qui repose totalement sur l’engagement bénévole de familles directement en lien avec les paysans partenaires. « Le projet De la ferme au quartier se veut, quant à lui, créateur d’emplois » explique Georges Günther.

Lancer une activité viable économiquement et créatrice d’emplois a évidemment un coût. Pour sa mise en place, le projet a notamment bénéficié d’un soutien dela RégionRhône-Alpes, de la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire Rhône-Alpes avec le fond social européen, l’Etat et la ville de Saint-Etienne qui loue un local.

Producteurs et consommateurs participent à parts égales aux frais de fonctionnement de la structure. « Nous misons sur la solidarité entre les consommateurs. L’idée est qu’ils participent aux frais de fonctionnement en fonction de leurs revenus », précise Georges Günther. Le montant de cette participation aux frais varie de 0 à 20%. L’association accepte également les chèques d’aide alimentaire, « notre objectif est de pouvoir proposer à tous les publics de l’agglomération de Saint-Etienne des produits agricoles locaux de qualité à un prix abordable ».

L’une des spécificités du projet est l’engagement de plusieurs associations de quartier qui mettent à disposition leur local, participent au conseil d’administration et mènent également un travail de sensibilisation auprès des riverains. Aux côtés de l’Association Départementale pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural (ADDEAR), on retrouve des centres sociaux, des amicales laïques, mais aussi le centre Al Qalam-Firdaws, qui développe et diffuse des travaux traitant de la culture musulmane.

« Se démarquer de l’image bobo qui colle aux AMAP n’est pas simple mais on a globalement un bon retour », estime Michel Avril, directeur de l’Agence Française des Producteurs Indépendants (AFPF). La mise en place du quotient familial soulage les familles les plus modestes, « on insiste sur le fait que c’est un service auquel même les populations en difficulté ont droit ». Tout l’enjeu pour l’AFPF est de redonner du sens afin de renforcer d’adhésion au projet « cela passe par une éducation, les gens ont perdu ces repères. C’est aussi une sensibilisation au développement local, on montre que c’est générateur d’emplois et de débouchés. On sensibilise aussi aux difficultés que rencontrent les paysans ».

« De la ferme au quartier » compte 24 paysans, dont la moitié environ est labellisée en Agriculture Biologique. « On discute avec les producteurs, on les met en lien avec d’autres producteurs et consommateurs pour faire évoluer leurs pratiques », l’association se place dans une démarche de respect de la charte de l’agriculture paysanne. Récemment, les initiateurs du projet sont rentrés en contact avec un producteur de poules pondeuses utilisant des aliments avec des OGM, « ce dernier à accepter d’y renoncer pour travailler avec nous ». Pour Georges Günther, refuser de travailler avec ce type de producteur reviendrait à vouloir s’enfermer dans une niche, « face à un système productiviste délocalisable, nous voulons tirer les pratiques vers le haut ».

L’objectif « de la ferme au quartier » est d’atteindre la taille d’une dizaine d’AMAP d’ici 2013, soit environ 600 familles pour une trentaine de paysans. « L’enjeu est d’augmenter en nombre d’adhérents si l’on veut embaucher ». L’association pourrait devenir une coopérative vers la mi-2013 si, comme l’espère ses initiateurs, le projet atteint son équilibre économique.

Source : http://www.bastamag.net

Le supermarché communautaire

Inspiré d’un concept venu de Brooklyn à New-York, The People’s Supermarket est un supermarché d’un nouveau genre basé à Londres. Ouvert en juin 2010 aux 72 – 78 Lamb’s Conduit Street, il fonctionne sur le même principe que l’AMAP et regroupe 350 membres qui en sont à la fois les gestionnaires et les propriétaires. L’objectif de cette coopérative est de vendre des produits à des prix équivalent qu’à ceux pratiqués par les enseignes de la grande distribution tout en répondant aux mieux aux attentes des habitants du quartier (bio, éthique, locavorisme…).

En échange d’une contribution annuelle de 25 livres, les membres décident ainsi des produits qui y sont commercialisés, des fournisseurs ou encore des horaires du magasin. Une des principales originalités de cette grande surface communautaire réside dans le fait que chaque membre peut bénéficier de 10% de réduction sur tout le magasin en échange de quatre heures de bénévolat mensuel au sein de l’enseigne.

The People’s Supermarket  s’engage également dans une démarche d’insertion professionnelle en participant  à un programme gouvernemental de « community service ». A travers ce programme, l’enseigne s’engage à  former des jeunes de 18 à 25 ans à la recherche d’un emploi et ainsi favoriser leur insertion dans la vie active mais aussi leur redonner confiance en eux.

Ce nouveau modèle de distribution pourrait bien être à l’origine d’une nouvelle relation entre enseignes et consommateurs.

Sources :   oeilbylaser.com  thepeoplessupermarket.org

Le locavorisme a la cote

Comme bien d’autres mouvements, le locavorisme a fait son apparition sur la Côte Ouest américaine, à San Francisco. Le terme locavore a été utilisé pour la première fois en 2005, lors de la Journée mondiale de l’environnement et désigne une personne consommant de la nourriture produite dans un rayon allant de 150 à 400 kilomètres autour de son domicile. Le locavore souhaite limiter les émissions de CO2 issus de son alimentation. Il remet en question la mondialisation, l’agriculture intensive, l’uniformisation de la production ainsi que l’appauvrissement de l’économie locale et ce, dans un souci de respect de l’environnement.

Depuis 2006, ce phénomène a pris de l’ampleur et s’étend désormais à la scène écologique internationale.

En Europe, le phénomène « Locavore » se retrouve sous la forme des AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) constituées par un ou plusieurs producteurs de fruits et légumes vendant leurs produits directement au consommateur final sans passer par les intermédiaires de la grande distribution. La France compte aujourd’hui environ 1 200 AMAP contre 250 en 2007.

Les Français de plus en plus adeptes

Selon un sondage réalisé par BVA pour Metro Cash & Carry France, les produits locaux attirent de plus en plus le consommateur. En effet, 53% des Français se déclarent sensible à l’origine des produits alimentaires qu’ils achètent et près d’un sur deux achète ou consomme régulièrement des denrées fabriquées localement. Parmi les valeurs de Locavorisme mises en avant par les sondés, le goût reste un argument de poids, plébiscité par 45% d’entre eux. Ils sont 42% à penser que l’approvisionnement local favorise également la création d’emplois dans leur région et 38% à en faire un gage de sécurité alimentaire.

Le « consommer local » a donc de beaux jours devant lui et de plus en plus d’initiatives sont mises en place dans les différentes régions de l’Hexagone afin d’accélérer son développement, comme par exemple l’Eco-Centre de Crolles, qui était le sujet d’un des articles publié par Ressources et Environnement en octobre.

La Coop de France Aquitaine envisage d’ailleurs la création d’une Maison de l’agriculture et de l’agroalimentaire à l’horizon 2013 – 2014. Cette structure s’inspirerait du modèle « Eataly », crée à Turin en 2007 et s’appuierait sur la démarche « slow food » afin de créer un supermarché proposant des aliments diversifiés uniquement produits dans un rayon n’excédant pas les 250 kilomètres.

Sources : BVA, locavorespirit