AIEA : gendarme de l’atome ?

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« Nous vivons à l’ère post-Fukushima » a déclaré ce lundi le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano. Selon lui, il est grand temps de redéfinir le rôle de l’Agence.

Déjà la Suisse, l’Allemagne et l’Italie, ont décidé de progressivement abandonner leur programme de développement nucléaire. Les propos du directeur général auront surement un impact significatif sur l’opinion mondiale, aujourd’hui très circonspecte sur le sujet.

Faire de l’AIEA un « gendarme » mondial

Yukiya Amano a indiqué dans un rapport aux cent cinquante et un Etats de l’Agence onusienne, que la mission de promouvoir le nucléaire civil de l’Agence n’est plus suffisante suite à l’accident du Japon. « La sûreté des installations nucléaires est plus que jamais prioritaire pour les pays » affirme-t-il. Il désire que l’Agence puisse « vérifier systématiquement et régulièrement la sûreté de toutes les centrales nucléaires ». Les évaluations nationales de sécurité ne sont qu’un point de départ, l’AIEA doit s’assurer de leur pertinence dans un second temps.

M. Amano a également souhaité un renforcement rapide des critères de sécurité de l’AIEA tout en cherchant à garantir leur application au niveau mondial. « Même les meilleurs critères sont inutiles s’ils ne sont pas appliqués », explique-t-il.

Vers une politique nucléaire mondiale ?

Réunis cette semaine à Vienne, en Autriche, siège de l’Agence, les experts de l’AIEA encouragent les Etats à prendre une solution collective.

Le rapport ne cherche pas à contester la responsabilité des États sur leur centrale, ni à modifier le statut de l’Agence – sous peine d’âpres discussions. Il reste donc trois jours aux ministres de ces pays pour mettre au point une stratégie internationale convaincante de renforcement de la sécurité nucléaire. Le risque d’attiser le courroux des anti-nucléaires va certainement influer beaucoup sur le débat.

Les évaluations vont être sélectives dans un premier temps. Il n’est pas possible, en effet, pour l’agence de vérifier les 440 réacteurs du monde dans le délai des 18 mois fixés. Encore aucune proposition concrète n’a été clairement énoncée, « les techniciens de l’AIEA se mettront d’accord sur un plan d’action » a confirmé la ministre française de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Le directeur général espère que les imprécisions concernant encore les modalités d’examens de sécurité seront une « motivation supplémentaire » des exploitants des centrales pour qu’ils se conforment strictement aux normes de sécurité.

M. Amano  est visiblement optimiste quant à l’assentiment des États membres, même si les stress tests européens ont montré que tous ne partagent pas la même approche de la sûreté nucléaire. Oui, tous les pays ont conscience de la nécessité de travailler ensemble en matière de sécurité nucléaire mais le consensus va être difficile à atteindre.

Le renforcement de l’intervention de l’agence onusienne va poser un problème politique majeur. Les pays tels que l’Iran, n’ayant obtenu que récemment la possibilité de développer l’énergie nucléaire civile, ne pourraient y voir qu’un moyen pour les occidentaux de garder un œil sur leurs activités. Ainsi les déclarations des experts de l’AIEA vont être un enjeu de renforcement de la sécurité nucléaire, de gouvernance mondiale mais aussi une manière d’apprécier la légitimité de l’agence…

Allemagne, Pays-Bas, RDC, Rwanda, Burundi, un partenariat électrique

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Le KFW, bureau de la coopération financière allemande, et le ministère des finances ont signé un nouveau partenariat jeudi dernier : « un contrat de financement de 6,5 millions d’euros, dans le cadre d’une coopération déléguée avec les Pays-Bas » prévoyant « la construction d’une ligne de transport d’électricité de 220 KV entre Gisenyi, au Rwanda, et Goma, en RDC. Cette ligne électrique devrait s’étendre sur 13 km.

Son objectif : « améliorer le taux de desserte en électricité de la ville du Nord-Kivu », une province de la République Démocratique du Congo. Ce projet devrait débuter dans un an pour s’achever dans 4 ans.

Cadre du projet : ce projet de ligne électrique s’inscrit dans le cadre d’un plan définit à échelle régionale, incluant le Burundi et le Rwanda. Il est lié au projet de barrage Ruzizi 3. « La ligne partirait de la Ruzizi au Burundi, passerait par Kigali et Gisenyi au Rwanda pour arriver finalement à Goma en RDC ».

Responsables de projet :

Le gouvernement allemand, via la coopération financière KFW, porte la responsabilité du projet de ligne de transport d’électricité.

Olivier Jurgen, le directeur du projet KFW en RDC, explique que cette ligne « pourrait transporter l’électricité depuis Ruzizi 1 et 2 » en plus de l’énergie produite par le barrage Ruzizi 3.

Matata Ponyo, ministre congolais des finances, assure que « la nouvelle ligne électrique contribuera à améliorer la desserte en électricité dans la ville de Goma, dans la province du Nord-Kivu ». Il ajoute attendre de la KFW et de la SNEL, société nationale d’électricité de la RDC qu’elles « ne ménagent aucun effort pour que la signature de cet accord de financement se traduise dans les actes ». Il indique que « le moment est venu pour que cette économie congolaise puisse effectivement être boostée vers le taux de croissance de deux chiffres ».

Aujourd’hui, en RDC, seulement 6% de la population environ a accès à l’électricité.

 

Source : Radiookapi.net 

De la poussière de perturbateurs endocriniens sous nos lits

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De la poussière de perturbateurs endocriniens, voilà ce qui traîne sous nos lits ! Univers-nature.com fait part des conclusions d’un rapport surprenant intitulé « Home Sweet Home – dusty surprises under the bed ». Coécrit par une coalition d’associations environnementales (Chemsec et Swedish Society for nature conservation (SSNC) avec la European Public Health Alliance et la Health and Environnement Alliance en Belgique, Clean Air Action Group en Hongrie, AMICA en Italie, BUND en Allemagne, Society for Sustainable Living en Tchéquie et la SSNC en Suède), ce document apporte une analyse des échantillons de poussières domestiques, prélevées dans des chambres de plusieurs foyers.

Ces foyers ont été choisis sur trois continents :

  • En Europe : Allemagne, Belgique, Hongrie, Italie, République Tchèque, Suède.
  • En Afrique : Afrique du Sud, Kenya, Ouganda, Tanzanie.
  • En Asie : Malaisie, Philippines.

Le résultat de ces analyses est on ne peut plus clair : « tous les prélèvements contenaient un mélange de perturbateurs endocriniens (PE), des produits chimiques interférant avec le système hormonal et soupçonnés d’être à l’origine de désordres sanitaires tels que des troubles neuro-comportementaux ».

Particularités européennes : les foyers sélectionnés en Europe « recelaient les niveaux les plus élevés de nonylphénol et de certains phtalates, deux familles de PE reprotoxiques dont les débutés européens ont récemment voté l’interdiction ». Pour cause ! Si l’on considère l’ensemble des substances présentes – autrement dit, qu’on ne les prend pas individuellement – « certains prélèvements présentaient un niveau total de phtalates supérieur à celui recommandé par les autorités sanitaires ».

Ces taux élevés de polluants ne sont pas sans conséquences, d’autant plus que « les Européens passent en moyenne plus de 90% de leur temps dans un espace fermé, où l’exposition à des substances chimiques est susceptible d’être des milliers de fois plus importante qu’en extérieur » d’après Réseau Environnement Santé (RES)

De quoi s’intéresser aux situations africaine et asiatique et faire un peu de ménage chez soi!

Energies renouvelables : publication du rapport mondial du REN21

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REN21 – Renewable Energy Policy Network for the 21st Century – réseau politique reconnu et légitimé sur la scène internationale, a publié mercredi son Rapport mondial sur les énergies renouvelables. Les conclusions soulignent que le secteur des énergies renouvelables continue de croître malgré la poursuite de la récession économique, la réduction des incitations et la faiblesse du cours du gaz naturel.

Le réseau REN21 – crée en 2005 –  cherche à faciliter l’échange des informations et des connaissances autour des énergies renouvelables pour favoriser la croissance des technologies d’énergies renouvelables dans les pays en voie de développement et industrialisés. Le réseau est appuyé par le Programme des Nations unies pour l’environnement et l’Agence allemande de coopération technique, en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie.

Energies photovoltaïques à l’honneur

A l’aide de milliers de données individuelles, de centaines de rapports et autres documents, et aussi de nombreux échanges avec des experts du monde entier,  le rapport mondial décrit en détail l’état de différentes filières d’énergie renouvelable dans le monde.

Les experts de REN21 ont constaté d’encourageants résultats pour 2010. Ils révèlent, en effet, que les énergies renouvelables représentent « près d’un quart de la capacité totale de production d’électricité mondiale et fournit presque 20% de la production électrique mondiale, hydroélectrique notamment. Dans le même temps, la capacité installée de solaire thermique pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire a crû de 25 GWth soit de 16% environ. »

Le rapport soulève l’impact bénéfique des politiques incitatives qui sont « le principal moteur de cette croissance » dans au moins 119 pays (surtout des pays en voie de développement) ayant adopté des politiques ou des objectifs favorisant les énergies renouvelables. Les experts insistent sur le fait que c’est plus du double qu’au début de 2005.

Cette envolée s’explique en partie par le dynamisme des marchés de ce secteur énergétique. L’investissement dans les énergies renouvelables a atteint le niveau record de 211 milliards USD, soit environ un tiers de plus qu’en 2009 (160 milliards USD), et cinq fois plus qu’en 2004.

Le leadership chinois dans les énergies éoliennes

L’une des surprises de ce rapport est le positionnement en première position de la Chine en matière d’énergies renouvelables. Chine, premier pollueur et premier consommateur d’énergie de la planète a le plus investi en 2010 dans les énergies éoliennes et dans les chauffe-eau solaires, devant l’Allemagne et les États-Unis. L’Allemagne conserve la tête du palmarès spécifique à l’énergie photovoltaïque.

« La performance mondiale des énergies renouvelables, en dépit des vents contraires, a été un facteur positif et stable en période de turbulences. Aujourd’hui, plus d’individus que jamais obtiennent de l’énergie à partir de sources renouvelables au fur et à mesure que la capacité augmente, que les prix baissent et que la part des énergies renouvelables dans l’énergie mondiale continue de progresser », a souligné Mohamed El-Ashry, président du Comité de direction de REN21.

Le domaine de l’énergie est en pleine mutation, conscient de l’impact des énergies fossiles et des pollutions associées au réchauffement climatique, de nombreux pays se montrent de plus en plus responsables. Cependant, cette tendance ne doit pas omettre la croissante détérioration de l’environnement par les activités industrielles et humaines. Le leadership chinois en termes d’énergie éolienne ne justifie en rien l’ouverture quotidienne de centrale à charbon sur son territoire.

Sources: actu-environnement, bluewin, lefigaro, actualites-news-environnement