Elevage porcin : la honte des Etats-Unis

L’association de défense pour  la cause animale américaine Mercy For Animals a réussi à infiltrer les bâtiments de l’un des plus gros producteurs de porcs de l’Iowa, Iowa Farms Select Kamrar.

Les conditions d’élevage intensif sont tout bonnement impitoyables. Les porcs sont gardés dans des bâtiments surchargés, entassés les uns sur les autres et où l’éclairage est quasi-inexistant. Le sol, dépourvu de paille, empêche un comportement normal de fouille.

Les porcelets sont généralement enlevés brutalement à leur mère à l’âge de quatre semaines, alors qu’à l’état naturel, le sevrage se fait progressivement vers l’âge de trois ou quatre mois. Ces petits cochons sont par ailleurs castrés dès les premiers jours de leur courte vie et ce, sans anesthésie.

A cause des densités d’élevage trop élevées et de l’environnement appauvri, il est fréquent que les porcs mordent la queue de leurs congénères. Pour éviter cela, les éleveurs emploient une solution radicale et des plus barbares, en coupant tout simplement la queue des pauvres bêtes.

Dans certains élevages, les porcs sont tout simplement enfermés dans de minuscules cages afin de les empêcher de bouger dans le but de les engraisser plus rapidement, comme le montre la vignette de l’article.

La vidéo diffusée sur le site internet de l’association est d’une intolérable cruauté.

Attention, cette vidéo est susceptible de choquer, âmes sensibles s’abstenir.

 

Source : PMAF

 

Le Bhoutan : premier pays 100% bio

continent-asiatique.com

Le Bhoutan, royaume de l’Himalaya, pourrait bien devenir le premier pays 100% bio. Contrairement à nous qui mesurons le Produit Intérieur Brut, le Bhoutan évalue la richesse de son pays en termes de Bonheur National Brut. Une quête intéressante, qui lui vaut d’être admiré par certains quand d’autres s’inquiètent de cette dictature. Effectivement, reconnaissons que le bonheur est un sentiment tout à fait subjectif. Remarquez, la richesse et le bonheur tacitement imposés par le modèle occidental matérialiste est discutable aussi. Donc quitte à choisir un « diktat », autant qu’il soit sain & bio !

Rappels sur le Bhoutan

Ce royaume, à majorité bouddhiste, est situé entre la Chine et l’Inde. Il s’agit d’un pays d’Asie du Sud sans accès à la mer. Notre ami Wikipedia nous informe qu’ « il est situé dans l’est de la chaîne de l’Himalaya, enclavé entre l’Inde au sud, à l’est et à l’ouest, avec laquelle il partage 605 km de frontières terrestres, et la Chine (région autonome du Tibet) au nord avec 470 km de frontières. Sa superficie est 46 500 km2 et mesure environ 300 km dans sa plus grande longueur est-ouest, et 170 km dans le sens nord-sud ». Préservé, ou renfermé, selon les points de vue, le territoire est longtemps resté fermé au monde extérieur. Pendant ce temps-là, s’y est développée une approche peu commune du développement économique, autour de la protection de l’environnement et du bien-être. Un pays nature & spa ?

Incroyable mais vrai, rappelons la France et la Grande-Bretagne notamment ont publiquement soutenu, aux Nations Unies, ce modèle de développement mesurant le bonheur au lieu du Produit Intérieur Brut (PIB).

Rendez-vous compte, au Bhoutan, « la télévision était interdite jusqu’en 1999 afin de préserver la culture ancestrale des influences étrangères ». Récemment, les autorités auraient imposé « un jour piéton, le jeudi, pour interdire les voitures en ville ». Qui n’a jamais rêvé de ça à Paris ou ailleurs ?

Parvenir au 100% bio d’ici 10 ans

Nouvel objectif pour le royaume, parvenir au 100% bio pour les aliments de base d’ici 10 ans. L’ambition affichée est de « supprimer progressivement les produits chimiques agricoles » pour les pommes de terre, le blé, les fruits. Sweet.

Pema Gyamtsho, ministre de l’Agriculture, a affirmé à l’AFP lors d’un entretien téléphonique, que « le Bhoutan a décidé de s’engager dans une économie verte à la lumière de l’extraordinaire pression que nous exerçons sur la planète ». Il a ajouté que « si l’on pratique l’agriculture intensive, cela implique l’utilisation de nombreuses substances chimiques, ce qui ne correspond pas à notre croyance bouddhiste qui nous demande de vivre en harmonie avec la nature ».

Il s’agit d’une déclaration d’autant plus percutante que le pays « est peuplé de 700 000 habitants dont deux tiers dépendent de l’agriculture dans les villages éparpillés dans les plaines fertiles du sud, les montagnes reculées ou les vallées encaissées du nord du pays ».

Un marché lucratif

Les belles déclarations du ministre sont-elles dénuées d’intérêts financiers ? La question se pose évidemment, le marché mondial du bio étant estimé « à 44,5 milliards d’euros en 2010 » d’après l’Institut de recherche sur l’agriculture biologique et la Fédération internationale des mouvements de l’agriculture biologique (IFOAM).

Nadia Scialabba, spécialiste de l’agriculture biologique pour la FAO (ONU), explique que le marché de l’alimentation bio et ses prix plus élevés attirent les petits pays. Pour preuve, le seul concurrent du Bhoutan pour l’instant pour être « 100% bio » est « la petite île autogérée de Niue, dans le Pacifique Sud, peuplée de 1300 habitants, qui ambitionne un « 100% bio » d’ici 2015-2020. Nadia Scialabba résume que le marché est en effet possible « pour de très petits pays qui ne sont pas compétitifs en quantité, mais qui voudraient l’être en qualité ».

Peter Melchett, de la Soil Association, organisme britannique plaidant pour les cultures biologiques, prévoit que cette politique du « tout bio » permettra de fournir au pays la réputation d’une alimentation de grande qualité biologique, ce qui lui donnera, sur le long court, « un avantage sur le marché et la possibilité de pratiquer des prix élevés ».

Source : lematin.ch

Cameroun : du biocarburant à partir du lisier

Les éleveurs ruraux au Cameroun sont en passe de devenir un exemple à suivre en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. En effet, afin de pallier la pénurie d’électricité sévissant dans le pays, un programme gouvernemental a été mis en place afin d’aider les fermiers à transformer le fumier de leurs animaux en biocarburants. Cette initiative permet non seulement d’apporter aux professionnels une source de revenus supplémentaires, mais aussi d’apprendre à mieux appréhender les problématiques liées à l’environnement et au changement climatique.

« Nous ne nous rendions pas compte de la destruction causée à l’environnement par le fumier en décomposition. Maintenant, nous avons appris qu’il rejette des tonnes de méthane, qui est un gaz très dangereux », déclare Juliana Mengue, une fermière veuve de 46 ans vivant au Nord-ouest du Cameroun.

Il est aujourd’hui prouvé scientifiquement que le méthane provenant du fumier a un impact non négligeable sur le changement climatique. Les efforts pour infléchir son émission à travers le monde se concentrent principalement sur la transformation de ce gaz en biocarburant et sur le changement du régime alimentaire des animaux élevés afin qu’ils en produisent moins.

Jean Kuete, le ministre camerounais de l’agriculture, a déclaré que les efforts sur le biocarburant constituent une des composantes d’un ensemble d’initiatives gouvernementales concentrées sur l’amélioration des conditions de vie des fermiers et leurs communautés.

« La technologie de production d’énergie à base de biocarburant est assez peu coûteuse  et permet ainsi aux éleveurs de l’utiliser sans une assistance financière importante ».

Selon de nombreux éleveurs, ces nouvelles technologies ont apporté des changements significatifs à leurs conditions de vie ainsi qu’à celles de leurs communautés. Afin d’installer un digesteur de fumier dans sa ferme, l’éleveur doit s’acquitter de la somme de 15 000 francs CFA, soit un quart de son prix, le reste étant pris en charge par le ministère de l’Agriculture et le groupe Heifer International qui s’est associé au projet.

Pour produire leur biocarburant, les fermiers collectent le lisier de leur bétail qui sera ensuite mélangé avec de l’eau. Cette mixture est laissée en décomposition  et le méthane s’y échappant est alors stocké dans le digesteur qui a une capacité de 18 mètres cube. A la fin du processus de décomposition, le fumier est enlevé, séché, puis transporté dans les champs locaux pour être utilisé comme fertilisant.

Micheal Mbu, un autre pionnier de la biogestion qui élève des porcs, des chèvres et des vaches, affirme que la simplicité du procédé est à la portée de n’importe quel fermier et peut lui assurer une véritable source de revenus complémentaires.

« J’ai connecté le méthane à dix cuiseuses avec deux pompes qui assurent une fourniture constante en essence. Avec ça, j’ai de l’énergie pour faire de la farine à pain et à pâtisserie. J’ai monté ma petite affaire qui emploi aujourd’hui cinq personnes ».

Eugène Ejolle Ehabe, membre du gouvernement en charge de la recherche et du développement pour l’agriculture, a déclaré dans un entretien que la production de biocarburant à partir de fumier et autres déchets pourrait, en étant appliquée à l’échelle nationale, endiguer les énormes pertes en bois et ainsi améliorer significativement le développement.

Il a noté que seulement un cinquième des ménages ruraux avait accès à l’électricité et seulement 40% des ménages urbains. Chaque année au Cameroun, des milliers d’arbres sont coupés, le bois restant la principale source d’énergie dans les milieux ruraux.

« La production de biocarburant pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation et ainsi aider à préserver les forêts et la fertilité des sols » a-t-il déclaré.

Sources :  trust.org   bonaberi

Agriculture : Vandana Shiva appelle les Français à désobéir

Les Français, au même titre que tous les habitants de la planète, sont appelés à désobéir par Vandana Shiva, docteur en philosophie, illustre figure des écologistes de terrain et des altermondialistes au niveau mondial, reconnue notamment pour la défense de l’agriculture paysanne et biologique face à la politique d’expansion des multinationales agro-alimentaires et aux effets pervers du génie génétique.

Un appel de l’Alliance pour la Liberté des Semences

Alors qu’elle organise une « grande quinzaine d’actions du 2 au 16 octobre 2012 », l’Alliance pour la Liberté des Semences a choisi l’activiste indienne Vandana Shiva, qui lutte contre le brevetage du vivant et la biopiraterie, autrement dit, contre « l’appropriation par les firmes agro-chimiques transnationales des ressources universelles, notamment les semences », pour alerter sur l’impact des semences industrielles.

Ces prises de position interviennent dans le même temps que la onzième conférence de l’ONU de la Convention sur la Diversité Biologique (COP11), organisée à Hyderabad, en Inde, jusqu’au 19 octobre.

Qu’en est-il en France ?

Vandana Shiva a été reçue en France le 10 octobre par la Fondation France Libertés. La détentrice du Prix Nobel alternatif de 1993 a présenté le Rapport Mondial Citoyen sur la Liberté des Semences : Seed Freedom », élaboré par plus d’une centaine d’ONG internationales.

Vandana Shiva appelle la France à « entrer en désobéissance civile contre l’industrie semencière, sur les pas de Gandhi ». Un parallèle est établi avec la marche du sel, de 1930, qui a permis aux paysans indiens menés par le Mahatma de s’opposer à la taxation que voulaient leur imposer les Anglais « pour un produit, le sel, qui comme les semences est donné par la nature ! ».

L’activiste affirme : « Dans ce pays de révolution, il est temps  de résister à la stupidité, à l’irresponsabilité et aux crimes contre la Nature ».  La désobéissance est si simple ! Il suffit de semer « des semences libres, en apprenant à les reproduire, en les échangeant, et en s’unissant ».

Au niveau politique, car cette révolution doit être soutenue, Guy Kastler, du  Réseau Semences Paysannes rappelle que le gouvernement socialiste s’est engagé et qu’il est attendu au tournant : « Voici un an, en France, une loi a été imposée par l’ancienne majorité pour interdire aux paysans de ressemer une partie de leurs récoltes » (…) « La nouvelle majorité s’est engagée à abroger cette loi. Nous attendons. » Il a aussi invité les députés européens à se mobiliser d’urgence « contre l’interdiction programmée d’échanger ou de diffuser toutes les semences qui concernent l’agriculture vivrière sans passer par le système légal ».

Les semences industrielles menacent la biodiversité

L’Alliance pour la Liberté des Semences dénonce l’atteinte à la biodiversité que représentent les semences industrielles. Elle estime que leur monopole entrave la diversité génétique, indispensable au maintien de la biodiversité. Vandana Shiva déplore que les semenciers font passer le critère D.H.S (Distincte, Homogène, Stable, pour une variété de semence inscrite dans un catalogue officiel) pour un critère scientifique, alors que selon elle, « il ne l’est pas ».

Les semences industrielles menacent les droits des agriculteurs

Vandana Shiva dénonce aussi que les industriels interdisent aux agriculteurs de semer librement ce qu’ils récoltent ou échangent, ce qu’elle considère comme un droit, pour pouvoir mieux continuer à leur vendre des semences pourtant naturellement fournies par la nature. Pour argumenter sur l’atteinte à ce droit de semer naturellement, elle affirme qu’aujourd’hui « au moins 90% des semences cultivées dans le monde sont des semences industrielles ».

Pas étonnant qu’elle contre-attaque les « faux arguments » donnés par l’industrie semencière pour justifier les OGM : « les recherches dans le domaine n’ont pas pour but de résoudre le problème de la faim dans le monde ! » mais de « légitimer, au nom des lois imposées par l’OMC,  le droit de déposer des brevets » et ainsi, toujours et encore, d’« obliger les agriculteurs à acheter des semences chaque année ».

Source : Novethic.fr

Amazonie : mourir pour la forêt

Paulo Adario, responsable de Greenpeace, déclare: « Le Brésil s’est réveillé avec la nouvelle de l’assassinat d’un défenseur de la forêt amazonienne et est allé se coucher avec la nouvelle que la majorité des députés approuvait l’assassinat de nos forêts. »

Après deux ans de discussions, la décision a été validée par le sénat brésilien: le code forestier de 1965 est amendé et la protection de la forêt amazonienne est assouplie au profit des terres agricoles.

Le code limitait l’usage agricole des terres en obligeant les propriétaires de forêts à en préserver une partie intacte, jusqu’à 80%. Le vote réduit cette protection obligatoire et amnistie ceux qui ont déboisé la forêt dans le passé. Cette nouvelle loi est une victoire du très puissant lobby agricole brésilien.

Le soja ou le climat

Le Brésil est l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux de soja, de céréales et de viande. Selon la présidente de la Confédération nationale de l’Agriculture, Katia Abreu, « ce qui est en jeu, c’est la production d’aliments au Brésil, qui soutient l’économie nationale. »

Si les statistiques du ministère de l’Environnement révélées dans A Folha de São Paulo montrent que la déforestation dans l’Etat d’Amazonie a augmenté de 27 % en un an, la discussion de la loi au parlement n’a fait qu’augmenter la destruction – qui resterait impunie selon le texte – d’autant que selon une estimation de la Banque mondiale, 85 % des agriculteurs en Amazonie n’ont pas de titres fonciers valables pour les terres qu’ils exploitent. L’impact de la loi risque d’être terrible.

Y avait-il une autre solution ?

Le projet a été voté sans le consentement du gouvernement, fervent défenseur de la forêt. La ministre de l’Environnement, Izabella Teixeira, a prévenu toutefois que Mme Rousseff, présidente brésilienne, aurait pu mettre son véto aux points les plus controversés du projet de loi.

Aussi « le code devait être modifié. Il manquait des mécanismes encourageant l’effort de protection des forêts » admet Paulo Moutinho, analyste à l’Institut de recherches d’Amazonie « mais on ne devait pas amnistier ceux qui ont déboisé dans le passé ».

Mais la décision était en partie d’avance affirme Greenpeace Brésil. De nombreux sénateurs de la région sont de grands propriétaires terriens qui influencent avec force les délibérations dans les coulisses à l’exemple de la famille de Blairo Maggi, le plus grand cultivateur de soja dans le monde et sénateur de la région du Mato Grasso.

Les martyrs de l’Amazonie seront-ils vengés ?

Selon la Commission pastorale de la terre (CPT), liée à l’Eglise catholique, plus de 1150 écologistes ont été tués au Brésil au cours des 20 dernières années.  La semaine dernière, quatre agriculteurs-écologistes qui dénonçaient les déboisements clandestins ont été assassinés dans les Etats amazoniens du Rondonia et du Para.

Le 31 mai, dans une embuscade, un couple d’écologistes – José Claudio Ribeiro da Silva et Maria do Espirito Santo da Silva – est aussi assassiné. Ils avaient 20 hectares dont ils préservaient 80% comme la loi l’exige et faisaient partie d’une ONG fondée par le récolteur de latex et écologiste Chico Mendes, assassiné lui-aussi par des tueurs en 1988 en Amazonie. Il a refusé la destruction des braconniers.

« Nous n’accepterons pas ces meurtres. Nous allons intensifier le contrôle et la supervision et multiplier les actions visant la mise en place d’une politique de développement durable dans la région », a affirmé le ministre du Développement rural, Afonso Florence.

Cette vague noire de meurtres est l’illustration de l’impunité des propriétaires agraires suspectés d’en être les mandataires. Les déclarations d’intention du gouvernement doivent être suivies d’actions concrètes au risque de laisser la crise agraire se développer.

L’Etat, au niveau fédéral et local, doit prendre des mesures à court terme : arrêter les ‘pistoleiros’ (tueurs) et à long terme limiter le vol des terres en Amazonie et faire enfin la réforme agraire.

Sources: enviro2bbranchez-vouscourrierinternationalAFP, Greenpeace, Die Zeit, Romandie lien1, lien2canadianpress

 

 


 

Le changement climatique aura aussi un impact sur les prix de l’alimentation dans le monde selon la FAO

http://www.fao.org/index_fr.htm

Les prix mondiaux de l’alimentation ont atteint leur niveau record en février

Les prix mondiaux de l’alimentation ont atteint leur niveau record en février et devraient continuer d’augmenter au cours des dix prochaines années. Le fait que les gouvernements tentent de réduire leurs réserves pour réduire l’impact de la diminution des approvisionnements exacerberait ce phénomène car si un nouveau choc se produisait, ce serait dans un contexte de réserves réduites.

La FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, prône une action internationale coordonnée d’urgence. En 2010, 16% des populations des pays en développement étaient sous alimentées.

 

Le changement climatique pourrait amplifier le phénomène de volatilité des prix de l’alimentation

Selon un nouveau rapport de la FAO, le changement climatique pourrait faire augmenter les prix de l’alimentation et même aller jusqu’à remettre en cause la sécurité alimentaire sur le long terme.

Sécheresses, inondations, augmentation de la demande en biocarburants, utilisation grandissante de céréales pour produire de l’énergie, réduction des importations pour protéger des marchés nationaux… pourraient contribuer à augmenter la volatilité des prix sur le marché international.

La FAO a souligné l’importance de la parité pour la sécurité alimentaire de l’agriculture du futur

La production agricole pourrait être augmentée si les femmes bénéficiaient du même accès que les hommes aux terres, à l’instruction, aux marchés, aux technologies et aux services financiers. Ainsi, la parité devrait contribuer à lutter contre la faim et l’extrême pauvreté.

Selon la FAO, si les agricultrices bénéficiaient du même accès que les agriculteurs aux ressources agricoles, la production des exploitations gérées par les femmes dans les pays en développement pourrait augmenter de 20% à 30% et permettre de réduire de 12 à 17% le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde.

Les femmes représentent un potentiel de 43% de la main d’œuvre agricole des pays en développement mais ne bénéficie pas des mêmes droits que les hommes notamment sur les terres et dépendent encore souvent de la puissance paternelle ou maritale

Initiative bretonne rarissime pour l’environnement

Sept villages bretons ont décidé de prendre leur environnement rural en main. Décidés à en finir avec leurs excédents de lisier et à donner un coup de fouet à leur activité économique, à sept, ils ont décidé d’adopter un plan territoire 100% énergies renouvelables et locales d’ici 2030, une démarche rarissime en France.

«Très tôt, on a pris conscience que si on voulait continuer à vivre dans ce territoire rural, il fallait se prendre en main tout seul»

Jacky Aignel, vice-président énergie de la communauté de communes du Mené (Côtes-d’Armor), primée pôle d’excellence rurale en 2010, raconte que l’idée de développer une filière fondée sur les énergies renouvelables naît au début des années 2000 à partir des réflexions d’agriculteurs s’inquiétant de leur impact environnemental et d’élus soucieux du développement économique local. « A l’époque, on nous prenait pour des barjots » rappelle-t-il.

Premier objectif de la démarche: 2013, plus de 20% de l’énergie consommée d’origine renouvelable

Les responsables du projet cherchent la diversification du bouquet énergétique et aussi du tissu économique et social afin de maintenir l’activité agricole dans ce micro-territoire de 165 km2  de 6.500 habitants. Les villages voudraient s’émanciper du fioul dont les cours sont élevés et volatiles.

La première installation d’une huilerie de colza-carburant a été inaugurée en 2007 à Saint-Gouéno. Par un processus de pressage à froid, les graines de colza donnent une huile pouvant alimenter les moteurs diesel des tracteurs, ainsi que des tourteaux pour le bétail. « Ceux-ci sont utilisés localement par des éleveurs de vaches laitières, qui n’ont plus besoin d’importer des tourteaux de soja du Brésil », se félicite Laurent Gaudicheau, directeur de la communauté de communes. « Il est plus intéressant de vendre cette huile pour acheter du fioul mais, pour autant, si le pétrole continue à flamber, notre outil sera prêt… », assure-t-il.

On observe aussi un réseau de chaleur mis en place dans deux autres communes et bientôt généralisé à toute la communauté, une nouvelle usine de méthanisation Géotexia, inaugurée en juin dernier, irriguant une plantation de saules pour le bois de chauffage. Les éleveurs porcins, eux, se sont engagés à ne pas augmenter leur cheptel. On évoque aussi un projet participatif de parcs éoliens d’une puissance totale de 25 mégawatts et un ensemble de 35 nouveaux logements ne générant pas de dépenses d’énergie pour les habitants.

L’initiative est un choix clair afin de continuer à vivre dans ce territoire rural. Les agriculteurs ont mis en route une boucle vertueuse, se félicite Dominique Rocaboy, agriculteur et président de la structure. Aussi d’un problème environnemental, on peut arriver à faire une économie basée sur la filière énergétique durable, analyse Laurent Gaudicheau à propos de l’initiation d’une trentaine d’éleveurs porcins qui apporte plus de 75.000 tonnes de déchets, lisiers et boues issues de la filière agroalimentaire.

Sources: AFP, journaldelenvironnement, nouvelobs, romandie

Indonésie : le buffle disparaît

buballus buballis

Courrier International reprend aujourd’hui un article alarmant du quotidien indonésien, le Jakarta Post, selon lequel « la population des buffles » en Indonésie est passée de 3,5 millions à 1,3 millions d’individus. Ces pertes ont été dénombrées en l’espace de cinq ans seulement. L’animal disparaît à petit feu.

Cette « hécatombe » est une réelle perte pour le pays, « dont le gouvernement préfère importer des bodivés d’Australie plutôt que de développer l’élevage des buffles, dont la viande est moins grasse et plus riche en protéines, en fer, en acides gras oméga-3 et aminés ».

Rendez-vous compte : « cinq litres de lait de bufflonne équivalent en qualité nutritive à dix litres de lait de vache ». Autre avantage présenté par les buffles, ils « s’habituent aisément à tout nouvel environnement et n’ont besoin d’aucun supplément alimentaire coûteux ».

On apprend, si on ne le savait pas, que « leur peau et leurs cornes sont traditionnellement utilisées pour la fabrication des marionnettes du théâtre d’ombre javanais et balinais (wayang kulit) ».

Leur disparition serait due en partie à l’utilisation de plus en plus généralisée de tracteurs pour le labour des rizières.

Buffaloes used to say… 

Source : Courrierinternational.com

France Nature Environnement : les Français souhaitent un nouveau modèle agricole

Au lendemain du cinquantième anniversaire de la Politique Agricole Commune, l’agriculture et son activité économique n’ont jamais eu autant d’impact sur notre alimentation et notre environnement. Dans ce contexte, France Nature Environnement a interrogé les Français sur leur perception « des menaces qu’une certaine agriculture fait peser sur leur environnement, sur leur santé et leur alimentation ».

Il ressort de cette étude, réalisée par l’institut CSA, que 56% des Français sont favorables à la réduction du nombre de porcs élevés intensivement en Bretagne. «Ce résultat démontre que nos concitoyens ont compris l’importance d’agir sur les causes de la prolifération des algues vertes. Ils mesurent aujourd’hui les limites du ramassage de ces algues qui, outre son coût, ne règle pas le problème de fond », appuie France Nature Environnement.

Si la pollution environnementale sensibilise certainement la population, c’est bien la question de l’alimentation qui semble mobiliser plus largement l’opinion. En effet, 73% des personnes interrogées expriment leur inquiétude face à la présence éventuelle de traces de pesticides dans les produits alimentaires. « Cela souligne les attentes de la population en ce qui concerne l’application du plan Ecophyto, de réduire de 50% l’usage des pesticides. Le chemin est encore long puisque la tendance est à une augmentation de l’utilisation de ces produits », relate l’organisation environnementale.

Enfin, les Français apparaissent également attachés aux différents labels et appellations visant à reconnaître et identifier plus facilement certains produits alimentaires. 91% des sondés soutiennent ainsi la mise en place d’une appellation « Sans OGM » sur les emballages de produits alimentaires d’origine végétale, animale ou apicole. Seuls 7% des interviewés jugent que cette mesure est une mauvaise chose. Cette prise de position traduit l’adhésion massive au principe qui permettra en pratique de choisir ces produits labellisés en toute confiance, mais surtout, l’intérêt des Français à l’égard des principes de traçabilité agroalimentaire.

« Les chiffres du sondage confirment que la population continue de se soucier des thématiques environnementales malgré le peu de place que la campagne présidentielle leur réserve. Nous espérons que les candidats à l’élection présidentielle liront ce sondage qui démontre les inquiétudes et les attentes d’un grand nombre d’électeurs soucieux de la qualité de leur alimentation, de leur santé et de leur environnement. A eux de leur répondre à l’occasion du salon de l’agriculture », considère Bruno Genty, président de FNE.

Rappelons que le salon de l’agriculture ouvre ses portes demain, Porte de Versailles. France Nature Environnement y avait déjà  joué les trouble-fête l’année dernière en lançant une action de communication largement controversée sur le même sujet.

Source : lafranceagricole.fr

Scandale en Europe : les conditions déplorables de l’élevage des poules pondeuses

L’Union européenne a sommé jeudi dernier 13 pays d’améliorer, sous peine de poursuites, le sort de 47 millions de poules pondeuses tenues dans des cages trop petites et mal aménagées. Actuellement dans l’Union Européenne, une poule pondeuse sur sept n’est pas élevée dans des conditions satisfaisantes, a souligné la Commission européenne en donnant aux Etats concernés deux mois pour se conformer aux nouvelles normes entrées en vigueur le 1er janvier 2012. La France et douze autres pays, la Belgique, Chypre, l’Espagne, la Grèce, la Hongrie, la Lettonie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal et la Roumanie, avaient pourtant douze ans pour se préparer à ces normes, adoptées en 1999.

 

« La Commission regrette, qu’après toutes ces années, plus de la moitié des Etats membres de l’UE ne se soient pas conformés aux règles » a souligné son porte-parole en charge du dossier, Frédéric Vincent.

 Jusqu’à fin 2011, chaque poule disposait de l’équivalent minimal d’une feuille A4 d’espace au sol dans les élevages traditionnels en batterie. Les nouvelles normes prévoient de donner à chaque poule au minimum 750 cm2 d’espace dans leur cage, soit une feuille A4 agrandie de l’équivalent d’une carte postale. De nouveaux aménagements spécifiques doivent également être installés dans les cages, tel que des nids, des perchoirs offrant au moins 15 cmpar poule, de la litière permettant le picotage et le grattage. Cette très légère avancée dans la prise en compte du bien être des gallinacés constitue un minimum réglementaire que la ProtectionMondialedes Animaux de Ferme (PMAF) souhaite voir évoluer.

Selonla PMAF, 17% des établissements européens n’ont pas appliqués ces nouvelles normes. De 3 à 3,7 millions de poules pondeuses seraient aujourd’hui élevées en cages illégales.

Actuellement, les œufs produits par ces poules élevées dans ces cages interdites continuent à être commercialisés sous forme d’ovo-produits (sauces, biscuits, pâtes…).La PMAFinvite les industriels utilsant ces ovo-produits à se fournir exclusivement en œufs de plein air, et à suivre l’exemple d’entreprises telles que Lessieur qui, en 2011, a totalement exclu les œufs de batterie de ses mayonnaises.

En France, 46 millions de poules pondeuses sont utilisées pour produire les œufs, la consommation moyenne est de 231 œufs par habitant et par année. A une écrasante majorité (80%), les poules pondeuses sont élevées en cages. Après une année à pondre, entassées les unes sur les autres, elles sont tuées dans un abattoir.

L’élevage de plein air est le seul mode d’élevage permettant aux poules pondeuses d’accéder à un niveau de bien-être satisfaisant et de vivre une vraie vie de gallinacé. Déployer ses ailes, gratter le sol ou encore courir.

Pour vous repérer dans vos achats, les règles de marquage et d’étiquetage pour la vente des œufs sont harmonisées au sein de l’UE. Sur chaque œuf figure obligatoirement le code producteur donnant des informations sur la provenance et le mode d’élevage.

Code 3 : œufs de poules pondeuses élevées en cage

Code 2 : œufs de poules pondeuses élevées au sol sans accès à l’extérieur

Code 1 : œufs de poules pondeuses élevées en plein air

Code 0 : œufs de poules pondeuses élevées en mode biologique

Les œufs utilisés dans la fabrication de produits alimentaires proviennent le plus souvent de poules élevées en cage (sauf mention contraire sur l’emballage).

Voici une vidéo réalisée ces dernières semaines par l’association de protection des animaux L124. Attention, images chocs.


 

Sources : AFP   mcetv.fr  frequenceterre.com

De la ferme au quartier : quand l’agriculture arrive au cœur de Saint-Etienne

Dans la ville ouvrière de Saint-Etienne, associations de quartiers et paysans se mobilisent autour du projet « de la ferme au quartier », une plateforme d’approvisionnement alimentaire solidaire en circuit court ayant pour objectif de proposer aux riverains des légumes de saison et des produits sains. La principale différence avec les AMAP traditionnelles réside dans le fait que ce projet se veut créateur d’emplois et touche un plus large public, y compris les couches les moins favorisées de la population stéphanoise.

 

« Comment permettre au plus grand nombre, y compris aux personnes aux revenus très faibles et précaires, d’accéder à une alimentation saine ? » Georges Günther et les autres initiateurs du projet « de la ferme au quartier » ont répondu concrètement à la question. Cette initiative se veut complémentaire de l’offre proposée par les AMAP, qui repose totalement sur l’engagement bénévole de familles directement en lien avec les paysans partenaires. « Le projet De la ferme au quartier se veut, quant à lui, créateur d’emplois » explique Georges Günther.

Lancer une activité viable économiquement et créatrice d’emplois a évidemment un coût. Pour sa mise en place, le projet a notamment bénéficié d’un soutien dela RégionRhône-Alpes, de la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire Rhône-Alpes avec le fond social européen, l’Etat et la ville de Saint-Etienne qui loue un local.

Producteurs et consommateurs participent à parts égales aux frais de fonctionnement de la structure. « Nous misons sur la solidarité entre les consommateurs. L’idée est qu’ils participent aux frais de fonctionnement en fonction de leurs revenus », précise Georges Günther. Le montant de cette participation aux frais varie de 0 à 20%. L’association accepte également les chèques d’aide alimentaire, « notre objectif est de pouvoir proposer à tous les publics de l’agglomération de Saint-Etienne des produits agricoles locaux de qualité à un prix abordable ».

L’une des spécificités du projet est l’engagement de plusieurs associations de quartier qui mettent à disposition leur local, participent au conseil d’administration et mènent également un travail de sensibilisation auprès des riverains. Aux côtés de l’Association Départementale pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural (ADDEAR), on retrouve des centres sociaux, des amicales laïques, mais aussi le centre Al Qalam-Firdaws, qui développe et diffuse des travaux traitant de la culture musulmane.

« Se démarquer de l’image bobo qui colle aux AMAP n’est pas simple mais on a globalement un bon retour », estime Michel Avril, directeur de l’Agence Française des Producteurs Indépendants (AFPF). La mise en place du quotient familial soulage les familles les plus modestes, « on insiste sur le fait que c’est un service auquel même les populations en difficulté ont droit ». Tout l’enjeu pour l’AFPF est de redonner du sens afin de renforcer d’adhésion au projet « cela passe par une éducation, les gens ont perdu ces repères. C’est aussi une sensibilisation au développement local, on montre que c’est générateur d’emplois et de débouchés. On sensibilise aussi aux difficultés que rencontrent les paysans ».

« De la ferme au quartier » compte 24 paysans, dont la moitié environ est labellisée en Agriculture Biologique. « On discute avec les producteurs, on les met en lien avec d’autres producteurs et consommateurs pour faire évoluer leurs pratiques », l’association se place dans une démarche de respect de la charte de l’agriculture paysanne. Récemment, les initiateurs du projet sont rentrés en contact avec un producteur de poules pondeuses utilisant des aliments avec des OGM, « ce dernier à accepter d’y renoncer pour travailler avec nous ». Pour Georges Günther, refuser de travailler avec ce type de producteur reviendrait à vouloir s’enfermer dans une niche, « face à un système productiviste délocalisable, nous voulons tirer les pratiques vers le haut ».

L’objectif « de la ferme au quartier » est d’atteindre la taille d’une dizaine d’AMAP d’ici 2013, soit environ 600 familles pour une trentaine de paysans. « L’enjeu est d’augmenter en nombre d’adhérents si l’on veut embaucher ». L’association pourrait devenir une coopérative vers la mi-2013 si, comme l’espère ses initiateurs, le projet atteint son équilibre économique.

Source : http://www.bastamag.net

Agriculture, les antibiotiques : c’est pas automatique

Les responsables fédéraux de la réglementation sur les médicaments ont annoncé au début du mois l’obligation pour les agriculteurs américains de réduire l’utilisation des antibiotiques appartenant à la classe des cephalosporines dans leurs élevages de porcs, poulets et dindes. Ces pratiques contribueraient à l’émergence de bactéries résistantes aux traitements lors d’infections chez les hommes et causeraient des milliers de morts chaque année.

 

Les abus :

Les antibiotiques peuvent être qualifiés de médicaments « miracles » du 20ème siècle et leur emploi, que ce soit chez l’humain ou chez l’animal, a été abusif. Les agriculteurs ont rapidement été séduits par les effets miraculeux des tétracyclines et de la pénicilline sur la robustesse des bovins, des poulets ou encore des porcs. Ces molécules ont donc été abusivement rajoutées dans la nourriture des troupeaux, le plus souvent sans prescription ou signes de maladie avant-coureurs.

Ces abus ont inquiété les responsables de la santé publique vers le milieu des années 1970. En effet, c’est à partir de cette époque que de nouvelles infections mortelles, résistantes aux traitements habituels ont commencé à apparaître. Depuis lors, la Food and Drug Administration (FDA) se mobilise afin de sensibiliser les agriculteurs, les éleveurs et les vétérinaires aux dangers et aux conséquences néfastes des abus de l’utilisation de ces médicaments.

Il y a une dizaine d’années, la FDA interdit l’utilisation agricole des fluoroquinoles, tel que le Cipro. La réforme prise la semaine dernière au sujet des cephalosporines marque une nouvelle étape.

« Nous pensons que cette étape est indispensable pour préserver l’efficacité des médicaments antimicrobiens. Nous n’avons pas le choix, il faut prendre en compte la nécessité de protéger la santé humaine et animale », a indiqué Michael R. Taylor, le sous-commissaire pour les aliments à la FDA.

Un pas modeste, mais un pas quand même :

Cette limitation n’est qu’un pas modeste et nécessite d’être amplifiée par des mesures beaucoup plus strictes. Il faut dire que la restriction de l’usage des antibiotiques soulève une vive opposition de la part des vétérinaires, des agriculteurs et surtout du lobby de l’industrie pharmaceutique.

La microbiologiste et représentante du parti démocrate de New-York, Louise M. Slaughter, regrette des mesures trop tardives et trop timides.

« Avec la montée en puissance des superbactéries résistantes aux antibiotiques, nous sommes témoins d’une menace de santé publique massive. Nous devons agir avec rapidité et fermeté ».

Un guide de l’utilisation de la pénicilline rédigé par la FDA devrait, quant à lui, bientôt voir le jour.

« Nous espérons terminer ce travail dans les prochains mois » déclare Michael R. Taylor.

Et en Europe ?

Au sein de l’Union Européenne, l’usage des antibiotiques dans l’élevage est relativement bien encadré. Il est interdit d’utiliser ces médicaments pour accélérer la croissance des animaux ou pour traiter des maladies ayant pour origine des manquements dans les conditions d’élevage.

Le ministère de l’Agriculture et de la Protection du consommateur allemand a annoncé le 10 janvier son intention de légiférer afin de restreindre de façon draconienne cette utilisation. La ministre allemande, Isle Aigner, veut renforcer « de manière substantielle » les pouvoirs des Länder, chargés du contrôle de l’utilisation des antibiotiques par les agriculteurs.

Lundi 9 janvier, l’association écologique Bund (Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland) a publié les résultats d’une étude empirique réalisée sur de la viande de poulet dans des supermarchés : la moitié des vingt échantillons contrôlés dans plusieurs grandes villes ont révélé la présence dans la viande de germes résistants aux antibiotiques.

Cette étude, dont l’association a reconnu qu’elle n’était pas représentative, a tout de même eu beaucoup d’écho en Allemagne, qui est le premier producteur européen de porcs et le troisième producteur de volaille.

Sources : New-York Times  lafranceagricole.fr

 

Le saumon est en phase de devenir la ruine écologique de la Norvège

Une association norvégienne a transmis au site d’information Rue89 les résultats catastrophiques de son étude sur l’impact environnemental de l’élevage de saumons en Norvège.

Critiquer l’industrie lucrative du saumon est de très mauvais goût à Oslo. Ce marché, multiplié par trois en vingt ans, représente 416 millions d’euros annuels.

L’association Green Warriors en a payé le prix lorsqu’elle a rendu publique l’année dernière son rapport sur l’impact environnemental de l’élevage de saumon.

En livrant à Rue89 l’exclusivité de la version française de son étude, Green Warriors poursuit son combat. En effet, l’association souhaite sensibiliser la population française – la France est le plus gros importateur de saumon norvégien – quant aux conditions d ‘élevage déplorables de ces poissons dont les Français sont si friands.

Il faut dire que, le site internet des exportateurs norvégiens de saumon ne lésine pas pour nous donner envie de consommer le fameux poisson à la chair rosée :

« Les médecins et scientifiques du mode entier s’accordent à dire qu’il faut manger plus de poissons gras, car ils sont bons pour le cœur, la circulation et la lutte contre certaines maladies inflammatoires, voire contre certain cancers.

De plus, le poisson gras renforce la santé mentale, les acides gras contenus dans l’huile sont essentiels pour le développement du cerveau et ont un effet bénéfique sur la dépression, la schizophrénie, la maladie d’Alzheimer et certaines formes d’hyperactivité. »

Mais derrière ces belles paroles, une tout autre réalité du saumon norvégien est bien dissimulée.

Selon l’enquête Green Warriors :

  • · 10 à 20% des saumons d’élevage meurent dans les cages, du fait de la surpopulation, de malformations et de maladies ;
  • · Les études vétérinaires montrent que presque la moitié des saumons souffrent d’inflammation cardiaque, neuf sur dix de dépôts graisseux supplémentaires au cœur ;
  • · Les vaccins inoculés aux saumons provoquent des effets secondaires, comme des péritonites ;
  • · Les déchets alimentaires des fermes aquacoles s’élèvent à 7%, il y a donc 70 000 tonnes de restes rejetés en mer et qui sont ensuite mangés par les poissons sauvages à proximité.

Rue89 revient sur un reportage diffusé sur France 3 l’an dernier qui montre que l’aquaculture norvégienne n’a rien à envier aux élevages de porc intensifs bretons : entassement des animaux, traitements aux antibiotiques, épandages nocifs pour l’environnement…

Le ministre français de l’Agriculture Bruno Le Maire, inquiet d’apprendre l’usage de diflubenzuron dans les fermes norvégiennes, avait écrit à son homologue Lisbeth Berg-Hansen.

Il s’étonnait que ce pesticide, ne disposant pas d’autorisation de mise sur le marché en Europe, soit utilisé pour lutter contre le pou de mer dans les élevages norvégiens.



Poisson sauvage atteint par le pou de mer autour des fermes salmonicoles (John Øistein Berg/Rapport des Green Warriors de Norvège)

Sur la notice de ce produit, il est clairement écrit qu’il est « très toxique pour les organismes aquatiques, peut entrainer des effets indésirables à long terme pour le milieu aquatique. Ne doit pas être utilisé à moins de 30 m des fossés de drainage, des ruisseaux, des barrages ou de grands plans d’eau ».

Lisbeth Berg-Hansen avait tout simplement répondu au ministre français que ce produit était légal dans son pays pour lutter contre le pou de mer.

Le gros problème est qu’aucune expertise indépendante n’existe. Et pour cause, comme le met en avant, sous couvert d’anonymat, un journaliste norvégien :

« L’industrie piscicole et la politique sont très connectées, cela ne dérange pas vraiment les Norvégiens, et peu de journalistes enquêtent sur ce sujets. La Norvège a déjà des difficultés à exporter en Chine et aux Etats-Unis, elle ne veux pas se priver du marché français ».

Le président de Green Warriors, Kurt Oddekalv a pu constater en filmant les fonds marins l’ampleur de leur dégradation ou eutrophisation.

Le rapport complet de l’association Green Warriors est disponible sur le site de Rue89 à cette à cette adresse.

 

Source : Rue89 planete

Pour sauver la planète, arrêtons de manger…

Selon des chercheurs français, une alimentation riche en fruits et légumes est bonne pour la santé mais semble ne pas avoir d’impact favorable sur l’environnement. Au contraire, ce mode d’alimentation pourrait même augmenter l’impact carbone de notre bol alimentaire.

Des chercheurs de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) et du Cirad (Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement) viennent de publier une « réflexion stratégique » sur les possibilités d’une alimentation durable.

Nicole Darmon et Louis-Georges Soler, de l’Inra, se sont particulièrement attardés sur l’impact carbone de l’alimentation française. Selon Madame Darmon « la vision selon laquelle les produits végétaux sont bons pour la santé et l’environnement alors que les produits animaux seraient à la fois mauvais pour l’environnement et la santé apparaît simpliste et nécessite d’être reconsidérée ».

Jusqu’à aujourd’hui, on estimait que pour réduire l’impact carbone de son alimentation, il suffisait de réduire sa consommation de viande rouge en provenance des ruminants. En effet, la production intensive de viande a une influence environnementale sur les réserves et la qualité de l’eau, sur la biodiversité et sur la consommation énergétique. « Ce sont des aliments dont la production entraîne le plus d’émissions de gaz à effet de serre par calorie » rappellent les chercheurs. L’élevage compte pour 80% des émissions de gaz à effet de serre agricole.

L’étude qui a été menée a permi aux chercheurs de tirer une estimation de l’impact carbone de l’alimentation habituellement consommée en France. Il apparaît que la gente masculine a un impact carbone supérieur à l’alimentation des femmes (4,7 kg équivalent de CO2 par jour pour les hommes vs 3,7 kg pour les femmes), ceci  est en particulier dû au fait que l’homme a des besoins énergétiques supérieurs. En définitive, il se nourrit plus et surtout, il consomme davantage de viandes rouges et de charcuterie.

Certes, les femmes mangent moins de viande mais compensent cette absence relative en consommant davantage de produits ayant, peut-être un faible impact environnemental (yaourts, fruits, légumes, féculents…), mais en plus grande quantité.

En résumé, il faut réduire sa consommation de viande rouge car une vache élevée, c’est X tonnes de CO2, Y hectolitres d’eau et quantité de méthane (due aux flatulences). Il ne faut plus consommer de poisson gras comme le thon rouge qui est en voie d’extinction, victime de la surpêche. Evitez également de manger du cabillaud (dont les populations se déciment) mais aussi d’autres poissons carnassiers qui sont intoxiqués aux métaux lourds. Et enfin, réduisez la quantité de fruits et de légumes de votre bol alimentaire afin de réduire l’impact carbone de votre alimentation.

En résumé, pour sauver la planète, ne mangez plus…

L’étude est consultable à cette adresse.

La lutte contre la désertification s’organise au haut niveau

Le 20 septembre s’est tenu le premier forum de haut niveau de l’ONU consacré à la lutte contre la désertification et la sécheresse.

Une Convention « à la traîne », en comparaison aux conventions sur les changements climatiques ou la diversité biologique, alors que le sujet est plus que jamais un enjeu d’actualité. En effet, les périodes de sécheresse sont deux fois plus nombreuses que dans les années 1970. Une désertification qui fait que chaque année, 12 millions d’hectares de terres cultivables disparaissent, soit une superficie qui pourrait produire 20 millions de tonnes de céréales, alors que dans le même temps la population mondiale et les besoins de production alimentaire croissent de manière importante.  Le président de l’Assemblée générale de l’ONU, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, du Qatar, a expliqué que « pas moins du quart de la masse terrestre de la planète frise la dégradation et la désertification […] Le coût économique, social et humain de la désertification est considérable. »

Deux milliards de personnes sont concernées par ce phénomène et ses impacts. Mais l’attention a surtout été attirée sur la crise qui sévit actuellement dans la Corne de l’Afrique, montrée en exemple pour illustrer les pires conséquences possibles de la dégradation des terres et de la désertification. 13 millions de personnes y souffrent de malnutrition aiguë, en grande partie à cause des mauvaises récoltes liées à la sécheresse et à une piètre gestion des terres.

Au-delà de l’enjeu de survie alimentaire de ces populations, la lutte contre la désertification est interdépendante des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a avertit : « s’il n’est pas mis fin au phénomène de la désertification, ses impacts risquent d’annihiler nos efforts de lutte contre la pauvreté ainsi que ceux déployés en faveur de la réalisation des OMD et du développement durable. »

Cette situation d’urgence a motivé les participants à prendre des mesures de nature à favoriser l’utilisation durable des terres. M. Rajiv Shah, qui représentait les États-Unis à cette session, a déclaré : « lutter contre la désertification par le biais de la gestion des terres et du développement agricole d’une manière qui s’inscrive dans la durée est l’un des outils les plus efficaces à notre disposition pour prévenir les crises provoquées par les pénuries de vivres et les carences alimentaires. »

Source : mediaterre.org (ici et )

Bilan de la Semaine internationale de l’eau

Du 21 au 27 août derniers, se tenait à Stockholm la Semaine internationale de l’eau, avec pour thème « L’eau dans le monde urbain ».

Ce rendez-vous était l’occasion pour une série d’organismes spécialisés dans l’environnement et l’eau d’explorer les meilleures solutions pour répondre à ce défi. Il devait permettre aux participants de préparer les prochaines grandes conférences qui aborderont la question de l’eau, à savoir la conférence de Rio de Janeiro sur le développement durable, organisée par les Nations unies en juin 2012 (20 ans après le sommet de la Terre), la conférence sur l’eau, l’énergie et la nourriture, qui aura lieu à Bonn (Allemagne) en novembre 2011 et le Forum de l’eau à Marseille (France) en mars 2012.

La Conférence Rio 2012 appelée à s’engager à fournir de l’eau à tous d’ici 2030

Dans une « déclaration de Stockholm » , les signataires* ont appelé la Conférence de l’ONU à s’engager en faveur d’ « un approvisionnement universel en eau potable, en services sanitaires adéquats et en moyens énergétiques modernes d’ici l’année 2030″. Ils ont également appelé à l’instauration d’objectifs intermédiaires concrets (des « hausses de 20% » d’ici 2020) pour améliorer l’efficacité de la gestion de l’eau dans l’agriculture et dans la production énergétique, ainsi que du recyclage de l’eau.

Adeel Zafar, le président de UN-Water, une entité qui coordonne les agences des Nations unies traitant d’eau et d’hygiène publique, a déclaré que cette conférence « constitue une excellente opportunité pour revoir la manière dont l’eau, l’énergie et l’alimentation sont gérées », en insistant sur le fait qu’elle doit accorder « la priorité au milliard de personnes qui n’ont pas actuellement accès à ces services de base ».

Les investissements verts, une solution au problème de l’eau

En marge de la déclaration de Stockhlom, des séminaires et des rapports d’études présentés durant cette semaine ont mis en évidence les scénarios d’investissements verts pour répondre à la demande croissante en eau.

Les investissements verts dans le secteur de l’eau

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a présenté un rapport remarqué sur l’économie verte faisant état de la situation actuelle des pénuries d’eau dans le monde et exposant les investissements qui permettent d’y remédier.

Dans un chapitre sur l’eau, il affirme qu’investir 0,16 % du PIB mondial dans le secteur de l’eau, soit environ 137 milliards d’euros, permettrait de limiter la pénurie d’eau et de réduire de moitié, en moins de quatre ans, le nombre de personnes privées d’un accès durable à l’eau potable et à un réseau d’assainissement élémentaire.

Actuellement, l’insuffisance des investissements dans les services d’approvisionnement en eau et le manque d’efficacité de la collecte, du traitement des eaux usées et de leur réutilisation exacerbe la pénurie dans de nombreuses régions du monde et contribue à une situation où la demande mondiale en eau pourrait dépasser de 40% l’offre d’ici 20 ans.

Or, ces mesures permettraient de limiter les pénuries et d’éviter les coûts sociaux et économiques élevés résultant d’un approvisionnement en eau inapproprié (la santé, la sécurité alimentaire et la croissance économique).

Le rapport cite plusieurs exemples d’investissements verts dans le secteur de l’eau, qui ont également permis d’obtenir des avantages économiques et environnementaux. Parmi eux, le projet de restauration des quatre principaux fleuves de la Corée du Sud avec un investissement de 17,3 milliards de dollars, avec pour objectif de sécuriser les ressources en eau afin d’éviter les pénuries, de mettre en œuvre des mesures de maîtrise des crues, d’améliorer la qualité de l’eau tout en restaurant les écosystèmes des bassins fluviaux et de développer les régions locales ainsi que l’espace culturel et de loisirs autour des grands fleuves. Globalement, on estime que ce projet de restauration de la santé des fleuves créera 340 000 emplois et génèrera 31,1 milliards de dollars de retombées économiques.

Une utilisation plus efficace de l’eau dans l’agriculture

Cependant, les investissements dans le secteur de l’eau ne seront pas suffisants. Le PNUE estime que le déficit en eau ne pourra être comblé qu’en améliorant sa productivité (utiliser moins d’eau pour produire autant).

70% de l’eau douce du monde étant utilisée pour l’agriculture, améliorer la productivité agricole avec une quantité d’eau équivalente est donc une nécessité pour réduire les pénuries d’eau. Il faut notamment adapter les cultures agricoles aux conditions climatiques locales pour réduire le volume d’irrigation et les techniques d’arrosage devraient être revues pour se rapprocher d’un goutte-à-goutte ciblant les besoins précis des plantes.

Mais sachant que l’agriculture risque d’entrer en concurrence avec l’industrie dans les pays émergents, des investissements pour augmenter l’offre en eau (nouveaux barrages, usines de dessalement d’eau de mer, etc.) et les réformes de la politique de l’eau seront indispensables pour faire face à ce nouveau défi.

Une meilleure planification de la filière bioénergie

Un autre rapport présenté pendant la Semaine mondiale de l’eau a mis en évidence les liens entre la bioénergie (énergies renouvelables issues de matières organiques comme le bois, la biomasse ou les sous-produits agricoles) et l’eau. Il constate que la demande en eau des bioénergies est en grande partie liée à la culture et à la transformation des matières premières agricoles et préconise donc une planification soigneuse du développement des bioénergies, tenant compte de la concurrence pour ces mêmes matières premières, afin de ne pas aggraver les pressions existantes.

Un développement bien planifié des bioénergies peut favoriser des pratiques agricoles durables, améliorer l’accès à l’eau, grâce au pompage et au traitement de l’eau alimentés par la bioénergie et même renforcer la sécurité alimentaire dans le cas de systèmes combinés de production d’aliments et de bioénergie.

 

* Entre autres, le Centre international de l’eau et l’assainissement, l’Institut international de l’eau de Stockholm, l’Institut international de gestion de l’eau, ONU-Eau, le Ministère fédéral allemand de l’environnement, de la Protection de la nature et de la sécurité nucléaire, ainsi que de plusieurs organisations internationales, dont : Conservation International, International Water Management Institute, IRC International Water and Sanitation Centre, Stakeholder Forum, Stockholm International Water Institute, Wateraid et Worldwide Fund for Nature (WWF).

Impact de la pollution routière sur l’agriculture

Les impacts environnementaux des transports routiers sont nombreux : émissions de gaz à effet de serre, polluants locaux, épuisement des ressources énergétiques (pétrole), déchets, etc. Des externalités néfastes pour l’environnement mais aussi pour la santé de l’homme. Les espaces cultivés à proximité des voies de circulation sont des zones particulièrement sensibles, puisque les personnes y résidant ou y travaillant sont exposées aux risques de problèmes respiratoires dus à la pollution atmosphérique et de dépôts sur les produits agricoles.

Tels sont les résultats qui ont été mis en évidence par une étude de l’Inra et Airparif sur l’impact de la pollution routière sur les espaces cultivés jouxtant les voies de circulation routière, qui s’inscrit plus largement dans le cadre d’un projet de recherche « Pollution de proximité, transport et agriculture », piloté par l’Inra-AgroParisTech, cherchant à comprendre la pollution de proximité aux abords des axes autoroutiers. Durant un mois, la concentration de polluants et des dépôts métalliques (fer, plomb, cuivre et zinc) dans l’air et sur les plantes (les plantes de Raygrass, plante herbacée fourragère) liés au trafic, a été mesuré, sur une exploitation agricole longeant l’autoroute A6. Les résultats ont mis en évidence une augmentation de ces matières à mesure que l’on se rapproche de l’autoroute A6. « Pour le dioxyde d’azote, l’impact de l’autoroute est toujours observable sur le site de mesure placé à 120 mètres de l’axe. Pour les dépôts de fer, l’impact est perceptible jusqu’à 30 mètres. Il n’est que de quelques mètres pour le plomb et le cuivre ». Les mesures semblent toutefois indiquer que les niveaux de dépôt de plomb et de cadmium mesurés sont en dessous des normes concernant la consommation de légumes.

Ce risque de pollution de proximité est d’autant plus important que pour la seule région d’Ile-de-France, la surface agricole située à moins de 250 mètres des axes routiers ayant un trafic routier supérieur à 4.500 véhicules par jour, est d’environ 54.500 hectares, soit près de 10% de la surface agricole utile (SAU) régionale. 48% des exploitations agricoles franciliennes ont au moins un îlot dans la bande de 250 mètres. En petite couronne parisienne, les exploitations agricoles sont d’autant plus concernées que l’infrastructure routière y est dense et les niveaux de trafic élevés. (Sources : Primequal/Predit).

Or, une enquêté réalisée toujours dans le cadre de ce projet « Pollution de proximité, Transport et Agriculture », pour connaître la politique de localisation des agriculteurs, a rapporté que « la pollution atmosphérique liée au trafic routier n’est pas un déterminant courant des décisions de localisation des cultures ». Il n’existe dans les filières agricoles que trois secteurs qui intègrent des critères de distances par rapport aux routes et d’intensité de trafic : « les céréales dans certains créneaux de niche, peu présents en Île-de-France, l’alimentation infantile et les herbes aromatiques ». La raison principale de cette non-prise en compte étant le coût des nuisances liées au trafic (réduction des surfaces cultivables) que les agriculteurs envisagent mal de supporter seuls.

Sources : actu-environnement, respire-asso, airparif

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L’Agence européenne de l’environnement cible la pollution chimique des eaux européennes

L’AEE vient en effet de publier un nouveau rapport en date du 14 juillet sur ce thème, et met en évidence « la persistance des substances chimiques dans les rivières et mers d’Europe malgré un attirail de législations » visant à la contrecarrer. Ces substances chimiques sont émises par l’usage de produits domestiques, par les activités industrielles et de transport, ou encore l’agriculture notamment.

Elle souligne, après des recherches menées par un organisme de la Commission européenne, le Joint research center, que 60 % des rivières et 25 % des eaux souterraines analysées contiennent un ensemble de substances chimiques néfastes pour l’environnement, parmi lesquelles figurent des herbicides, des anticorrosifs, mais aussi des antibiotiques et antiépileptiques. Les eaux marines ne sont pas en reste, puisque leur teneur en PCB reste élevée, malgré un recul de leur concentration en produits chimiques.

Outre un impact sur l’environnement et la faune, ces substances chimiques ont un impact sanitaire important sur l’homme. Il s’agit en effet de perturbateurs endocriniens, molécules qui agissent sur l’équilibre hormonal, et peuvent ainsi provoquer certains symptômes tel des malformations génitales, ou encore altérer le développement neuronale, voire entrainer des risques de cancer.

Face à ces constats, l’AEE souhaite une amélioration du traitement des produits chimiques dans les eaux des villes, principalement lorsque de fortes précipitations accentuent le risque de ruissellement et d’infiltration. Elle appelle également à une réduction de leur usage à la source, en favorisant l’essor de la chimie verte.

Source : actu-environnement.com.

FAO : un guide de gestion forestière

Lors de la Conférence internationale sur les modes de tenure, la gouvernance et l’entreprise en matière de forêt de Lombok, en Indonésie, du 11 au 15 juillet, la FAO – l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture –  a révélé les grandes lignes de son nouveau rapport sur la gouvernance de forêts – Reforming Forest Tenure – un guide pour une réforme de la tenure forestière à l’attention des décideurs.

Le rapport résulte de l’étude, sur plusieurs années, des régimes forestiers et de leurs impacts sur la gestion durable des forêts et la réduction de la pauvreté en Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et en Asie centrale. Les propos d’Eva Muller, experte du Département des forêts de la FAO illustrent les conclusions de l’étude : « la demande de terres continue, les faiblesses de la gouvernance dans de nombreux pays et les nouveaux défis mondiaux tels que le changement climatique renforcent l’urgence de la réforme de la tenure forestière ».

La FAO propose une réforme de la gestion des domaines forestiers. Elle désire une plus grande implication de populations locales en permettant non un accaparement des terres mais plutôt une sécurisation des droits de propriété. L’organisation espère ainsi améliorer considérablement les moyens d’existence des populations et leur permettre de tirer des revenus des produits de la forêt.

La proposition est risquée. La distribution de droits de propriété implique l’exclusion de certaines populations au profit d’autres, or l’organisation montre qu’environ 80 % des forêts mondiales appartiennent aux Etats « mais la propriété et la gestion par les communautés, les individus et les sociétés privées sont en expansion, à des degrés divers selon les pays ». Les représentants de l’association souligne que « la tenure informelle peut s’avérer efficace, à moins que d’autres intérêts, comme la privatisation ou la conversion des forêts à d’autres utilisations des terres, ne viennent empiéter sur les droits coutumiers, ce qui porte souvent à des conflits et entraîne la dégradation des forêts. »

Intervenir dans la gouvernance permettrait alors de prendre en considération tous les intérêts des parties prenantes mais dans une perspective de long terme tant pour l’environnement que pour la végétation.

Sources: actu-environnement, mediaterre

NKM : son plan national d’adaptation au changement climatique

Si on entend déjà les juilletistes et sceptiques pester contre les menaces de réchauffement climatique alors qu’ils souffrent d’un temps pluvieux, les autorités environnementales françaises cherchent à préparer la France à vivre avec quelques degrés de plus.

Au programme de la semaine, la réunion annuelle du Giec – groupe d’experts internationaux sur le climat – à partir du mardi 19 février tandis que la ministre de l’environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, présentera mercredi 20 juillet le plan national d’adaptation au changement climatique, le premier du genre en Europe.

Premier évènement, la semaine du Giec permet à ses 250 experts de se rencontrer afin de mettre en commun leurs conclusions et synthèses. Ce sous-groupe d’experts est chargé d’évaluer les aspects scientifiques du changement climatique (fonctionnement de l’effet de serre, cycle du carbone, variations climatiques du passé, etc.).

Mercredi, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors de son annonce, proposera une série de mesures destinées à préparer la France de la fin du siècle à vivre avec 2 à 3 °C de plus en moyenne par an. Oui, la France n’est pas le pays du monde le plus menacé par les effets du changement climatique mais la raréfaction des pluies et la baisse de l’enneigement peuvent causer des tords dans de nombreux domaines comme le tourisme, la santé, l’agriculture…

« Le CO2 est la base de la nourriture des plantes » : la pollution a parfois du bon

Depuis les années 1950 et jusqu’en 2003, la forêt française n’avait jamais été aussi productive grâce aux émissions croissantes de CO2 qui nourrit la végétation, mais aussi aux dépôts de pollution azotée issue de l’industrie ou des transports, qui constituent un excellent engrais.

Cependant qu’il s’agisse de l’activité sylvicole ou agricole, la nature n’apprécie pas les conditions extrêmes. Les conditions de sécheresse menacent chacun des domaines. « Il faut favoriser la capacité d’adaptation des nouvelles générations d’arbres à leur environnement futur » en mélangeant les espèces, décrit Michel Vennetier, chercheur en écologie forestière au Cemagref.

Pour la santé des forêts, les autorités proposent d’insister sur la prévention contre les incendies et d’autre part la préservation contre les parasites.

« En matière agricole, les impacts du changement climatique ne sont pas univoques et varient énormément en fonction du type de culture », assure ainsi Nadine Brisson, directrice de recherche de l’unité Agroclim de l’Inra.

« Le changement climatique ne sera pas une catastrophe pour l’agriculture, à condition de se préparer », affirme cependant la scientifique. Des leviers existent : améliorer génétiquement les variétés ; substituer une partie du maïs par du sorgo, cultivé en Afrique – qui remplit les mêmes usages mais résiste mieux à la sécheresse ; avancer les semis… et, s’il le faut, relocaliser certaines cultures.

Canicules et allergies à ménager pour préserver la santé

A la suite des fortes canicules de 2003 puis 2006, on a pu constater de nombreuses améliorations dans la prévention des effets sur les personnes les plus fragiles. Ainsi, le comportement des personnes sensibles aux fortes chaleurs tend à se modifier sur le long terme en évitant par exemple les expositions aux heures chaudes…

Les spécialistes de la santé alertent aussi sur la multiplication probable et déjà observée des allergies. « Les plantes vont produire plus tôt davantage de pollen qui, du fait de la chaleur et de la pollution, contiendra davantage d’allergènes », énumère Jean-Pierre Besancenot.

A propos des maladies parasitaires, les experts de la santé évoquent l’évolution de la leishmaniose, une maladie transmise via les chiens par de tout petits moucherons et très présente dans le pourtour méditerranéen.

Plus au nord et moins au sud : la répartition des touristes pourrait également être modifiée

Le tourisme blanc doit s’adapter à la baisse des quantités de neiges et proposer des activités alternatives dans les stations de moyenne montagne. Tandis que les littoraux aménagés sont menacés par la montée du niveau de la mer – notamment sur les plages du littoral méditerranéen et aquitain. Pour l’Outre-mer, la préoccupation principale concerne la disparition progressive de la barrière de corail dont dépend une grande part de l’activité touristique.

Les professionnels du tourisme invitent à étaler les vacances sur une plus longue période – de juin à septembre – afin de répondre aux besoins et d’éviter les concentrations démographiques qui nuisent à la santé de l’environnement.  « Les reports de consommation touristique ne devraient pas se faire sur des hivers annoncés plus pluvieux, remarque cependant Ghislain Dubois, universitaire à Saint-Quentin dans les Yvelines. En revanche, l’automne et le printemps devraient être des saisons agréables. »

Il ajoute que les  professionnels du tourisme devraient recentrer leur offre sur une clientèle de proximité plutôt que sur celle brésilienne ou chinoise qui va subir tôt ou tard la hausse du prix des transports.

Eau et urbanisme : prévenir les conflits d’usage et revoir les constructions

« L’un des principaux défis à relever, si ce n’est le plus grand de tous, sera de faire converger une offre qui va diminuer avec une demande qui, déjà, par endroits, n’est pas satisfaite et va encore augmenter du fait du réchauffement climatique », concluait l’an dernier le groupe de travail chargé de faire des recommandations sur l’adaptation à la ministre de l’Ecologie. Les conflits d’usage entre consommation quotidienne, agricole ou industrielle risquent d’ailleurs de peser énormément sur les débats futurs.

L’un des objectifs du plan national d’adaptation présenté mercredi consiste en la réduction de 20 % de l’ensemble des consommations d’eau d’ici à 2020 par une utilisation raisonnée de l’irrigation dans l’agriculture, la réduction des fuites ou une meilleure réutilisation des eaux usées.

Par ailleurs, les constructions de nouvelles bâtisses doivent prendre en compte la sécheresse et la qualité des sols. En effet, les mauvaises argiles amènent le risque de ruissellements en cas de fortes pluies ou du phénomène de « retrait gonflement » qui provoquent la fissuration des maisons. Le risque d’« inondations » est en tête des préoccupations des pouvoirs publics, affirme le climatologue Jean Jouzel.

Ce plan présenté par le gouvernement témoigne de la volonté de celui-ci de prévenir les catastrophes liées au changement climatique, notamment d’ordre économique par exemple dans les domaines du tourisme ou de l’agriculture.