Géopolitique des BRICS

« Vers un contre-modèle ? »

BRICS_2014

 

 

Et si la coupe du monde ne commençait vraiment que les 15 et 16 juillet prochain ? Si l’évènement sportif planétaire concentre aujourd’hui l’immense majorité de l’information et l’actualité, allant jusqu’à faire oublier que trois jours avant le début des festivités, le Brésil tout entier montrait sa grogne et menaçait de s’embraser, le sommet des BRICS de Fortaleza prévu pour le 15 et 16 juillet prochain est l’occasion d’assister à un autre type de match, ou la Chine s’annonce comme le meneur de jeu d’une équipe dont tout le monde prédit sa domination prochaine de l’économie mondiale. Conjugué à la volonté chinoise de créer également une Banque Asiatique d’Investissement notamment pour les infrastructures dont toute l’Asie a tellement besoin, ce sommet très discret pourrait avoir d’immenses répercutions sur la hiérarchisation du pouvoir que nous connaissons depuis un demi-siècle.
Comme le présentait le journal Le Monde dans son édition du 7 juillet dernier, les cinq économies émergentes voire émergées se réuniront la semaine prochaine pour fixer le calendrier et le siège de la future banque de développement qu’ils prévoient de lancer.
Le mécanisme est simple. Chaque Etat contribue à part égales, de l’ordre de 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros), afin de former un capital initial de 250 milliards de dollars. A cela s’ajoute la mise en place d’un fond d’urgence de 100 milliards pour prévenir d’une nouvelle crise économique. La Chine participera à hauteur de 40 milliards de dollars pour le fond d’urgence, lui permettant de revendiquer le siège de la banque, qui devrait être Shanghai.
Du côté asiatique, la banque d’investissement commencerait avec un capital initial de 100 milliards de dollars.
Une remise en question des accords de Bretton Woods par ces deux projets ?
Certainement.
Un célèbre journal russe, La Voix de Russie, rappelait toujours selon Le Monde que la Russie « défie la domination financière américaine ». Et, au Brésil, les cinq pays « poursuivront leurs efforts pour réformer le système financier international, qui souffre d’un déséquilibre considérable en faveur de l’Occident ». Le message est passé.

Deux futurs opposants à la Banque Mondiale et au Fond Monétaire International, surtout que ces institutions prêteront sans conditions politiques ; une aubaine pour de nombreux pays souhaitant se détourner d’institutions s’introduisant trop dans la structure politique de leurs Etats. On pense à l’Argentine, au bord du défaut de paiement et qui pourrait profiter de ces mécanismes.
La Chine a proposé à une vingtaine de pays de la rejoindre dans ce projet, notamment ce que la Chine considère comme « l’Asie occidentale », c’est-à-dire le Moyen-Orient. Le Japon, en revanche, n’a pas été sollicité. L’Inde, selon le quotidien The Hindu, vient de l’être.
En somme, un contre-modèle alternatif à « l’hégémonie américaine ».

Une nouvelle configuration géopolitique ?
Plus généralement, le dollar US continue d’être la première monnaie de réserve, lui garantissant une marge de manœuvre certaine et représentant 33 % des échanges mondiaux à la fin de 2013, selon le FMI. Mais le montant était de 55 % en 2000. Le FMI a également souligné que les réserves « d’autres monnaies » sur les marchés émergents ont augmenté de 400 % depuis 2003.
Donc le dollar, hyper-attractif depuis les années 1960, est aujourd’hui un modèle concurrencé par l’euro, le yen et bientôt le yuan.
On peut dire que la Fed « monétise » 70 % de la dette du Gouvernement US afin d’essayer d’empêcher que les taux d’intérêt s’envolent. Autrement dit, lorsque la Banque Centrale prête de la monnaie à taux zéro à l’Etat, tant que ce dernier ne rembourse pas, la Banque Centrale fait de la création monétaire pure. Elle accroît la masse monétaire et si le PIB ne s’accroît pas dans la même proportion, il y a dévaluation de la monnaie, accroissement des coûts relatifs de nos importations et génération d’inflation. Même si par ailleurs cela peut favoriser les exportations par baisse du prix relatif de ces dernières. Cela revient à baisser le pouvoir d’achat des citoyens, leur prélever, à leur insu, un impôt invisible.
Il ne faut pas penser qu’il s’agirait de la fin du capitalisme occidental, néanmoins, seulement dela décadence économique régnante, le néolibéralisme, qui est encore l’idéologie officielle des US, de la majorité écrasante de l’Union Européenne et de certaines parties de l’Asie et de l’Amérique du Sud.
En ce qui concerne ce que l’on pourrait appeler le « néolibéralisme autoritaire » de l’Empire du Milieu : qu’est-ce qui peut ne pas plaire pour le moment ? La Chine a démontré que c’est le résultat d’une alternative orientée du modèle capitaliste « démocratique » occidental pour des nations qui veulent réussir. C’est de construire pas une mais nouvelles Routes de la Soie, des connexions massives de chemins de fer à grande vitesse, de ports, et des réseaux de fibres optiques, de pipelines à travers des parties immenses de l’Eurasie. Ce sera l’objectif avoué de la banque Asiatique de Développement pour les infrastructures, qui incluent une route du Sud-est Asiatique, une route de l’Asie centrale, une « route maritime » de l’océan indien et même un chemin de fer à travers passant par l’Iran et la Turquie qui arrivera en l’Allemagne.

Il se pourrait donc que l’émergence dans un futur relativement proche de ces deux institutions facilite la transition d’un monde unipolaire datant de la fin du XXe siècle vers un monde multipolaire réorganisé autour des BRICS.
L’Histoire est donc en mouvement.

 

Canicule : une mine d’or et de cuivre sous la mer

Fonds marins de PNG

Alors que des mineurs grévistes ont été exécutés de sang froid en Afrique du Sud, d’autres explorent les fonds marins à la recherche de matières premières : le cuivre et l’or. Quoi de mieux en période de canicule ? C’est dans les pays du Pacifique que l’intérêt porté aux ressources minières sous-marines est le plus fort. Il faut dire que la demande mondiale en métaux augmente incessamment, ce qui encourage évidemment l’exploration dans sous la mer.

La première opération commerciale jamais menée

En 2013, la première opération commerciale minière sous-marine jamais réalisée débutera sous le nom « Solwara 1 ». Le projet sera conduit par la compagnie canadienne Nautilus Minerals à laquelle le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) a accordé un permis de 20 ans pour « explorer et exploiter son fond marin ».

Un projet déjà vivement critiqué

Située à 1600 mètres de profondeur dans la mer de Bismark, la mine d’or et de cuivre concernée semble bel et bien riche en minerais, « dix fois plus que la moyenne pour les mines terrestres » à certains endroits, avec « 20 gramme par tonne » d’or et « 7% » de cuivre.

Le projet requière « plus de 400 millions de dollars » d’investissement pour une rentabilité assurée, avec des « revenus annuels de 800 millions » pour les deux ou trois années d’exploitation. La production annuelle s’élèverait à un plafond compris entre « 80 et 100 000 tonnes » pour le cuivre et « 150 à 200 000 once d’or ».

Parmi les critiques émises, les « faibles bénéfices » alloués à la population locale et des retombées basses pour l’économie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ces critiques sont formulées au regard de l’ampleur du projet et de ses risques environnementaux.

L’impact environnemental de ce champ minier sous-marin est évident compte tenu du fait que cette zone constitue une grande réserve de biodiversité. Il y existe un « écosystème et une diversité biologique méconnus » : des centaines d’espèces non identifiées y vivraient. Des opposants au projet estiment que les études menées sur ses impacts environnementaux sont bien insuffisantes. Ils affirment qu’en Asie du Pacifique, « déjà 1 million de km2 du fond marin est sous licence d’exploration ».

Pour information, l’entreprise Nautilus Minerals compte à elle seule près de « 524 000 km2 de fonds marins sous licence d’exploitation ou en attente de l’être, en PNG, Nouvelle-Zélande, îles Fidji et Tonga ».

Vu la raréfaction des ressources terrestres, la quête aux ressources marines ne fait que commencer… Et après ? Une fois les fonds marins épuisés ?

Afrique du Sud : le plus grand projet solaire du monde

Enviro2b

Le gouvernement sud-africain a lancé son programme national sur l’énergie, le 3 aout, il en appelait à tous les acteurs du secteur afin de créer un partenariat public-privé pour développer les énergies renouvelables, dont « le plus grand projet solaire du monde » en bordure du désert du Kalahari.

Alimenter le réseau électrique national…

Les capacités du réseau électrique national sont jugées insuffisantes, les projets « verts » sont devraient y remédier.

Le Ministère de l’Energie d’Afrique du Sud a déclaré dans un communiqué que les « développeurs potentiels sont appelés à faire des propositions pour le financement, la construction, l’opération et la maintenance de sources d’énergie renouvelable, allant des fermes d’éoliennes aux centrales solaires et photovoltaïques, en passant par le traitement de la biomasse et des petits projets hydroélectriques ».

Le processus s’intègre dans le programme gouvernemental qui vise à doubler l’alimentation électrique de l’Afrique du Sud en ajoutant plus de 50 000 mégawatts au réseau, dont 30% de la capacité nouvelle viendrait de producteurs indépendants. Le gouvernement prévoit de dépenser 860 milliards de rands – soit 90 milliards d’euros – au cours des 20 prochaines années pour renforcer le système électrique national. L’objectif final est de disposer d’une puissance installée de 3,8 GW en 2016, avec une étape à 1 GW en 2013.

… avec 3725 mégawatts d’énergie «verte»

Le ministère de l’Energie considère que cet appel à projet contribuera « à la croissance socio-économique et environnementale durable, et commencera à stimuler l’industrie des énergies renouvelables en Afrique du Sud ».

Actuellement, la production d’électricité en Afrique du Sud dépend toujours de 90% des centrales de charbon, qui en plus d’émettre d’importantes quantités de gaz à effet de serre, sont vieillissantes. Elles n’ont pu répondre à la croissance de la demande, cela a provoqué de graves coupures en 2008.

Les énergies renouvelables fleurissent dans la région. Le programme commun de recherche et développement sur l’énergie solaire, signé avec l’Algérie le mois dernier, en témoigne.

Finalement, le gouvernement africain cherche à mobiliser tant les investisseurs privés que publics à la cause de l’environnement et aussi au développement durable de l’ensemble d’une région.

Sources: Tribune de Genève, agence écofin

RDC / Afrique du Sud : le plus grand projet énergétique de l’histoire

Digitalcongo.net

Dans le cadre des commémorations du 18ème anniversaire de la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, le 27 avril, l’ambassadeur sud-africain en RDC – République Démocratique du Congo – Joseph Mashimbye, s’est prononcé sur le plus grand projet énergétique de l’histoire.

En effet, il a déclaré  que les présidents de RDC et d’Afrique du Sud, respectivement Joseph Kabila et Jacob Zuma, signeront un traité avant fin 2012, « pour la mise en route du plus grand projet de production d’énergie hydroélectrique de l’histoire, à partir du fleuve Congo, pour l’alimentation de tout le continent africain ».

De quel type de projet s’agit-il ?

Selon Joseph Mashimbye : « nous allons produire de l’énergie hydroélectrique qui nous donnera une capacité de 40 à 45000 MW (…) ». Sur l’envergure de ce projet, il a fait savoir que l’énergie produite serait « suffisante pour éclairer tout le continent africain » et que « le reliquat pourrait être vendu ailleurs, en Europe, par exemple ». Rien que ça !

Dans quelles perspectives ?

D’après l’ambassadeur, si les deux pays ont décidé de collaborer sur le plan énergétique, c’est dans la perspective « d’atteindre les objectifs du développement et de la démocratie ». Prononcée lors de la fête nationale d’Afrique du Sud, cette phrase n’est évidemment pas anodine. Il a d’ailleurs poursuivi : « ce 27 avril est une journée historique et importante non seulement pour l’Afrique du Sud, mais aussi pour le continent africain et la communauté internationale ».

Avec quel financement ?

Notons que ces déclarations ne sont pas des « paroles en l’air » puisque « mercredi dernier, c’était un groupe d’investisseurs américains, emmené par Steven Landers, vice-président d’ECA International, qui était à Kinshasa pour annoncer l’étude de faisabilité de deux projets de barrages hydroélectriques : Inga (Bas-Congo) et Mobavi Mbongo (Equateur) ».

Parallèle avec l’Union européenne

Les projets énergétiques s’inscrivent dans des perspectives de développement politique, économique et social des continents. Au niveau de l’Union européenne, la construction de l’Europe de l’énergie est perçue – notamment par le candidat socialiste François Hollande – comme un moyen de renforcer l’union, politiquement, et de favoriser le développement, en luttant contre la précarité énergétique par exemple. L’Europe a également ses projets d’envergure en Afrique du Nord et Moyen-Orient, avec Medgrid (projet français de transport d’électricité du pourtour méditerranéen vers l’Europe) et Desertec (projet allemand de production d’énergie renouvelable).

Sources : Agenceecofin.com et Digitalcongo.net

De la poussière de perturbateurs endocriniens sous nos lits

corbisimages.com

De la poussière de perturbateurs endocriniens, voilà ce qui traîne sous nos lits ! Univers-nature.com fait part des conclusions d’un rapport surprenant intitulé « Home Sweet Home – dusty surprises under the bed ». Coécrit par une coalition d’associations environnementales (Chemsec et Swedish Society for nature conservation (SSNC) avec la European Public Health Alliance et la Health and Environnement Alliance en Belgique, Clean Air Action Group en Hongrie, AMICA en Italie, BUND en Allemagne, Society for Sustainable Living en Tchéquie et la SSNC en Suède), ce document apporte une analyse des échantillons de poussières domestiques, prélevées dans des chambres de plusieurs foyers.

Ces foyers ont été choisis sur trois continents :

  • En Europe : Allemagne, Belgique, Hongrie, Italie, République Tchèque, Suède.
  • En Afrique : Afrique du Sud, Kenya, Ouganda, Tanzanie.
  • En Asie : Malaisie, Philippines.

Le résultat de ces analyses est on ne peut plus clair : « tous les prélèvements contenaient un mélange de perturbateurs endocriniens (PE), des produits chimiques interférant avec le système hormonal et soupçonnés d’être à l’origine de désordres sanitaires tels que des troubles neuro-comportementaux ».

Particularités européennes : les foyers sélectionnés en Europe « recelaient les niveaux les plus élevés de nonylphénol et de certains phtalates, deux familles de PE reprotoxiques dont les débutés européens ont récemment voté l’interdiction ». Pour cause ! Si l’on considère l’ensemble des substances présentes – autrement dit, qu’on ne les prend pas individuellement – « certains prélèvements présentaient un niveau total de phtalates supérieur à celui recommandé par les autorités sanitaires ».

Ces taux élevés de polluants ne sont pas sans conséquences, d’autant plus que « les Européens passent en moyenne plus de 90% de leur temps dans un espace fermé, où l’exposition à des substances chimiques est susceptible d’être des milliers de fois plus importante qu’en extérieur » d’après Réseau Environnement Santé (RES)

De quoi s’intéresser aux situations africaine et asiatique et faire un peu de ménage chez soi!

Afrique du Sud : Apprendre la gestion durable des forêts

foret afriqueAu port Saint John, en Afrique du Sud, une nouvelle association vient de voir le jour afin de soutenir la communauté africaine dans la gestion de ses forêts de manière durable.

L’association des usagers de la forêt de la Wild Coast est le fruit de l’Association Wessa (acronyme anglais pour collectif de la faune et de l’environnement d’Afrique du Sud) et de l’organisation des fermes et de la forêt de la Wild Coast.

L’association a trois objectifs :

–         identifier les besoins de tous les acteurs liés à l’usage ou à la gestion des forêts ;

–         améliorer la sensibilisation de public à la biodiversité et à l’utilisation des ressources naturelles ;

–         fournir des opportunités de carrières dans le secteur de la biodiversité – botanistes, écologistes, biologistes…

Au travers d’un apprentissage tant pratique que théorique, l’association espère inculquer à la population, et particulièrement à la jeunesse, les bonnes pratiques de développement durable. L’Association s’est installée à Saint-John mais aspire à une répercussion de son enseignement sur d’autres communautés africaines.

La sensibilisation va passer beaucoup par l’école pour agir tant sur les élèves que sur les professeurs. « Cela garantit que les générations futures pourront toujours profiter et protéger les régions uniques, la flore et la faune du Cap Est » déclare Douglas Cwaba, président de l’association nouvellement formée.

L’initiative n’est pas inédite mais a le mérite de regrouper la lutte pour la biodiversité de plusieurs associations en une seule et d’élargir le nombre de communautés sensibilisées. Aussi, l’association n’entre pas en véritable opposition avec les priorités de l’emploi et de l’économe en offrant de véritables perspectives d’avenir à la population…