L’ONU : création d’une Assemblée des Nations Unies pour l’environnement

L’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement remplace le Conseil du PNUE

un.org

Le 14 mars 2013, le PNUE, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, communique sur cette décision. Le Conseil gouvernant du PNUE se nomme désormais l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement du PNUE. Cette nouvelle dénomination ne change ni les fonctions, buts ou objectifs du PNUE. Avant 2012, seuls 58 pays avaient adhéré au PNUE. Le PNUE se félicite de cet accord qui signifie, pour lui, « la participation pleine et future des 193 Etats- membres de l’ONU dans le corps gouvernant du PNUE ». Cette adhésion universelle montre ainsi l’application des engagements pris par les pays membre lors de la Conférence de l’ONU sur le développement durable (Rio+20). Elle permet, en outre, de renforcer le rôle et les moyens du PNUE en faveur du développement durable.

On indique que plusieurs pays comme le Kenya abritent plusieurs agences de l’ONU et militent pour transformer le PNUE en Organisation de l’ONU pour l’environnement.

Avec cet accord de l’ONU, les actions du PNUE pourront être davantage « renforcées et améliorées » pour relever les défis environnementaux auxquels le monde est confronté. L’organisation pourra aussi recevoir des ressources financières « sûres, stables et élargies en provenance du budget régulier de l’ONU ».

Qu’est-ce le PNUE et quels sont ses champs d’action ?

Le PNUE est un organisme créé en 1972 dont les trois principaux buts sont de : coordonner des activités des Nations unies dans le domaine de l’environnement ; assister les pays dans la mise en œuvre de politiques environnementales ; encourager le développement durable.

Ses activités sont étendues, elles peuvent concerner la sauvegarde des écosystèmes marins et terrestres, la protection de l’atmosphère, la promotion et l’amélioration de la science environnementale ou encore l’élaboration de moyens de préventions et de réponses rapides aux catastrophes environnementales. D’autres activités sont présentées en fin d’article.

Jusqu’à présent il a développé des manuels de recommandations et des traités d’applications concernant des problèmes tels que le commerce international de produits chimiques potentiellement dangereux, la pollution de l’air transfrontalière, la contamination des routes maritimes internationales, la défense des animaux, etc.

En surfant sur le net, on apprend également qu’en 1988, il a créé avec l’Organisation météorologique mondiale le GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. En 2007, il a annoncé la création d’un Groupe d’experts sur la gestion durable des ressources.

En outre, il publie plusieurs types de documents : outre ses rapports annuels, il s’agit de rapports scientifiques, de romans, de magazines comme Notre planète et Tunza  pour les plus jeunes ou encore sa lettre d’informations nommée Synergies. De manière plus importante, il publie régulièrement un état de la planète ; le dernier datant de 2007.

Le site officiel du PNUE

On apprend qu’un nouveau rapport de l’ONU met en garde contre l’avenir incertain des éléphants en Afrique. Un rapport établi par le PNUE, la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces sauvages de faune et de flore menacés d’extinction, la TRAFFIC, le réseau de suivi du commerce de la faune et de la vie sauvage et l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature, ont indiqué que « le suivi des saisies d’ivoire destinées à l’Asie est révélateur de l’implication des réseaux criminels ». Concernant l’abattage illégal des éléphants, la CITES a montré que sur 40% de la population totale des éléphants en Afrique, on estime à 17 000 éléphants tués illégalement en 2011. Les chiffres semblent se confirmer pour 2012. Pour d’amples informations sur le sujet, je vous invite à vous rendre sur leur site officiel du PNUE, ci-dessus.

Dans une volonté de vous montrer un éventail plus large de leurs activités, le PNUE propose également, concernant le climat et le développement, des solutions d’éclairage hors réseau pouvant avoir des effets bénéfiques pour la planète.

De même, le PNUE, dans son Annuaire 2013 qui met en avant les « problèmes émergents auxquels est confronté l’environnement mondial », explique que « la ruée vers les ressources, motivée par l’apparente accélération de la fonte de la banquise, appelle à la prudence et à une gouvernance efficace afin d’empêcher tout dommage à l’environnement fragile de l’Arctique ». Le rapport met ainsi en avant les conséquences possibles liées au changement climatique mais aussi de nombreuses recommandations pour répondre à ces nouveaux problèmes telles que « la réduction du gaz à effet de serre », « le renforcement des systèmes de surveillance et d’alerte rapide concernant toute nouvelle évolution du fait de la rapidité du changement », etc.

De nombreux rapports complets sont disponibles sur leur site.

Dernier détail : dans l’agenda du PNUE, le 5 juin prochain aura lieu la Journée Mondiale de l’Environnement sur le thème « Pensez. Mangez. Préservez ». N’hésitez pas à la fêter !

Doha : un suicide environnemental ?

COP18, Doha 2012, Qatar

Alors que la conférence de Doha sur le climat s’est achevée samedi sur un texte décevant, l’influent magazine online Slate Afrique titre aujourd’hui sur notre comportement suicidaire en matière de protection de l’environnement. Une lassitude semble s’exprimer sur le rapport que nous entretenons à l’environnement, comme si nous oubliions que nous sommes interdépendants.

Des associations timidement encourageantes

Susann Scherbarth, expert Climat aux Amis de la Terre, explique que l’UE doit être unie pour avancer et faire preuve de leadership dans les discussions, mais ce n’est pas ce qu’elle fait pour le moment à Doha. La Pologne bloque toute avancée. Mais l’UE ne peut pas continuer à se cacher derrière la Pologne ».

Les Amis de la Terre-UK ont condamné un pessimisme ambiant et diffusé des éléments d’encouragement notant que le changement est en marche et que de nombreuses associations s’activent sur le terrain. L’association se félicite de progrès réalisés, notamment concernant le « verdissement de grandes villes », une chute du prix des ENR, un développement de l’économie verte. L’association encourage le développement des économies d’énergie, dont le potentiel est de plus en plus reconnu et le meilleur moyen de réduire les émissions.

Kyle Ash, expert juridique de Greenpeace USA, écrivait le 4 décembre que l’issue de la conférence était plus qu’incertaine. Il a appelé les ministres à accentuer la teneur des négociations dont les plus gros sujets n’avaient pas encore été abordés. Pour lui, de forts engagements « post-Kyoto » étaient nécessaires, pour conduire à un accord contraignant en 2015. Il a également demandé qu’un arsenal législatif soit instauré aux États-Unis.

Bellona a déploré la lenteur de la première semaine de négociations lors de laquelle les pays riches et les pays pauvres ont « clashé » sur la poursuite ou non du protocole de Kyoto. Jonas Helseth, directeur de Bellona Europe, affirme que le fait que le prochain COP18 se tienne dans la capitale polonaise peut faire pression sur le pays pour qu’il n’échoue pas, bien que l’on connaisse son manque d’ambition en matière de lutte contre le réchauffement. Il prend exemple que le Qatar qui, bien qu’il ait le niveau le plus élevé d’émission par personne, montre un vif intérêt au développement de technologies alternatives, illustrant son propos par le Sarah Forest Project.

Bellona rapporte dans le même temps que selon un rapport publié dans le journal Nature Climate Change, il est de moins en moins probable que le réchauffement climatique soit contenu en dessus de 2 °C, l’objectif pourtant affiché par les Nations Unies.

Le Sierra Club a diffusé un billet sur la magie d’une telle rencontre, où « se retrouvent des personnes dont la complexe réalité quotidienne diffère complètement mais dont les croyances, les passions et le désir d’une meilleure qualité de vie pour le présent et l’avenir sont exactement les mêmes ». L’association « appelle alors tous les décideurs à soutenir cette conférence et prévient qu’elle n’abandonnera rien au sujet de la santé de notre planète, si cruciale pour notre avenir ». Le Sierra Club espère que les manifestations qui ont actuellement lieu au Qatar ne sont que les premières d’autres manifestations au Moyen-Orient, appelées à prendre la tête des débats.

Émotion du représentant philippin

Politiquement correct de l’ONU

À quelques jours de la fin des négociations sur le réchauffement à Doha, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon a rappelé aux 190 pays présents la réalité de la « crise » climatique, les exhortant au « compromis » pour parvenir à un accord sur Kyoto 2 et l’aide financière au Sud, points âprement discutés.

Commentaire d’une eurodéputée écologiste française

Sur Terra Eco, l’eurodéputée écologiste Sandrine Bélier a comparé « les tractations sur le climat à un bien triste match de foot » : « le match nul des négociations ».

Neutralité peu engageante de la Commissaire européenne au climat

Connie Hedegaard, Commissaire européenne au climat, a évoqué sur le réseau social Twitter, le 9 décembre : « Un parcours pas facile. Un parcours pas joli. Un parcours pas très rapide. Mais nous avons pu franchir le pont. Maintenant nous devons aller plus vite ».

Conclusion

Les Hommes affichent une bonne volonté et des prises de conscience en surface mais peinent toujours à traduire leurs déclarations en actes, de façon concertée et globalement intelligente. Tous ne doivent pas encore être convaincus de l’interdépendance qui nous lie, aux autres et à l’environnement.

Qui mieux que Thuan TRINH XUAN pour la décrire : « savoir que nous sommes tous des poussières d’étoiles, que nous partageons tous la même histoire cosmique, que nous sommes les frères des animaux sauvages et les cousins des coquelicots des champs, que nous sommes tous connectés à travers l’espace et le temps, ne peut qu’induire une conscience aigüe de notre interdépendance ».

(Thuan TRINH XUAN est astrophysicien américain, professeur d’astronomie à l’université de Virginie, à Charlottesville, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation sur l’univers et les questions philosophiques qui découlent des découvertes scientifiques. Il est également chercheur à l’Institut d’astrophysique de Paris.)

 

Du 9 au 16 novembre : semaine de la finance solidaire

Finansol

Du 9 au 16 novembre se tiendra dans plusieurs villes de France la semaine de la finance solidaire. Il s’agira de la 5 édition de cet évènement qui « vise à sensibiliser le grand public à l’épargne solidaire ». Plus de 50 manifestations seront organisées à cette occasion : des conférences, des ciné-débats, des évènements festifs de sensibilisation à l’épargne solidaire.

Savez-vous comment est utilisée votre épargne ?

Avec la semaine de la finance solidaire, vous verrez, si vous ne le savez pas déjà, qu’il est tout à fait possible de décider si votre éparque servira à l’exploitation de telle ressource dans un pays en développement – avec les risques en termes de pollution de la faune et de la flore que l’on connaît, sans parler des menaces qui pèsent sur les populations dans de nombreux cas – ou si elle permettra de financer le projet d’agriculteurs en Limousin, par exemple.

En matière de finance responsable, l’association Les Amis de la Terre édite à ce sujet un site Internet plutôt bien fait, également recommandé par ddmagazine.com, qui précise que cette plateforme web « offre un regard indépendant sur les placements solidaires et les organismes qui les proposent ».

Programme de la semaine en Ile-de-France

Mardi 16 octobre

–          Conférence-débat « La finance solidaire Nord-Sud ». Seront présents l’équipe locale du CCFD-Terre solidaire, la SIDI et Finansol. De 20h30 à 23h00 à la Salle de l’horloge (rue Champflour, 78160 Marly-le-Roi)

Vendredi 19 octobre

–          Conférence débat : « Qu’est-ce que le microcrédit ? A quoi ça sert ? ». Seront présents, Eloge Vilfranc, directeur de Fonkozé d’Haiti et Marc-Henri Stroh d’Oikocredit, son financeur. De 19h00 à 21h00, suivi d’un pot, à la Maison des Solidarités (102 rue Marius Sidobre, 94110 Arcueil) – Inscription au 01.41.24.28.10

Jeudi 8 novembre

–          Gala solidaire « Microfinance en Côte d’Ivoire ». Table-ronde avec la participation de Jean Michel Servet (économiste, professeur à l’Institut des hautes études internationales et du développement à Genève (Suisse), suivie de la projection du court-métrage Cocovico (Oikocredit) et d’un concert. De 18H30 à 22H00 à l’Espace Jean Dame (17 Rue Léopold Bellan, 75002 Paris) – Tarif 10€

Lundi 12 novembre

–          Cérémonie de remise des « Grands Prix de la finance solidaire ». Finansol et Le Monde Argent organisent la 3ème édition des Grands Prix de la finance solidaire. Seront récompensées des structures ayant développé les projets les plus remarquables en termes d’utilité sociale et environnementale et qui ont bénéficié de l’épargne solidaire. A 18h00 à l’Auditorium du Monde (80 boulevard Auguste-Blanqui, 75013 Paris) – Inscription obligatoire avant le 31 octobre au 01 84 16 06 22 ou à financesolidaire@agencecle.fr

–          Soirée ciné-débat autour de « Moi, la Finance et le développement Durable » de Jocelyne Lemaire-Darnaud. « On me proposait de placer de l’argent sur un livret développement durable. Mais quand j’ai posé la question : développement de quoi ? Et durable pour qui ? On n’a pas su me répondre… Alors, j’ai pris ma caméra ! » explique Jocelyne Lemaire-Darnaud. Suivi d’un débat « Peut-on utiliser son argent de façon utile ? » avec la réalisatrice et les structures Babyloan, la SIDI, Habitat et Humanisme, et d’un échange avec le public. De 19h00 à 22h30 au Pavillon Carré de Baudouin (121 Rue de Ménilmontant, 75020 Paris) – Entrée libre

–          Conférence « Comment financer mon projet responsable ? ». Présentation des moyens de financement de projets responsables à tous les stades d’avancement (idée, création, développement) par SPEAR, CIGALES IDF, DD-IDF, Arizuka. A 19h30 à la CCIP – salle 461 (8 Avenue de la Porte de Champerret, 75017 Paris) – Inscription àjeremy.corbet@spear.fr

Mardi 13 novembre

–          Débat « Peut-on consommer bio et épargner idiot ? ». Un Alter Mardi placé sous le signe de la finance solidaire animé par le Crédit Coopératif avec l’intervention d’Ethiquable, de Manduvira (production de sucre bio au Paraguay), d’Oïkocrédit, du Groupe SOS et de Finansol. De 19h00 à 21h00 à la Mairie du 9ème arrondissement (6 rue Drouot, 75009 Paris)

–          Réunion d’information et débat avec le public « L’épargne citoyenne, un outil financier pour changer l’économie ». Table ronde sur l’émergence de fonds d’investissement solidaires dans l’habitat, l’énergie et l’agriculture avec l’intervention de la société financière de la Nef, d’Habitat et Humanisme, d’Énergie Partagée, de Terre de liens, des porteurs de projet et des bénévoles.De 19h00 à 21h30 à la Mairie du 12ème arrondissement – 130, avenue Daumesnil 75012 Paris

Mercredi 14 novembre

–          Soirée ciné-débat « Et si on donnait du sens à la finance ? ». Projection du film « Moi, la finance et le développement durable » de Jocelyne Lemaire-Darnaud. « On me proposait de placer de l’argent sur un livret développement durable. Mais quand j’ai posé la question : développement de quoi ? Et durable pour qui ? On n’a pas su me répondre… Alors, j’ai pris ma caméra ! » explique Jocelyne Lemaire-Darnaud. Suivi d’un débat d’un débat avec Habitat et Humanisme, Finansol et le public. De 18h30 à 21h00 à la Mairie du 11ème arrondissement (12 Place Léon Blum, 75011 Paris)

–          Conférence « Epargner en finançant le projet responsable de son choix, c’est possible ! ». Face aux excès de la crise financière, comment contrer l’opacité du système financier. Présentation de la Société Pour une Epargne Activement Responsable, SPEAR. A 19h00 à la CCIP – salle 281 (8 Avenue de la Porte de Champerret, 75017 Paris) – Inscription àchristophe.pasquier@spear.fr

Jeudi 15 novembre

–          Lancement du Baromètre professionnel de la finance solidaire suivie de la table-ronde « Finance solidaire et croissance verte : même combat ?» Présentation des principaux indicateurs du Baromètre professionnel de la finance solidaire édition 2012 suivie de la table-ronde « Finance solidaire et croissance verte : même combat » animée par Jérôme Porier, journaliste au Monde avec les interventions de François Marty, PDG groupe Chênelet, Jean-Guy Henckel, fondateur et directeur du Réseau Jardins de Cocagne, Jean-Marc de Boni, président du Directoire de la société financière de la Nef, Arnaud Berger, directeur du développement durable à la BPCE et Pascal CANFIN, Ministre délégué au Développement (sous réserve). De 17h00 à 20h00 à l’auditorium du groupe AG2R La Mondiale (26 rue de Montholon, 75009 Paris) – Inscription obligatoire avant le 5 novembre à joealine.bernard@finansol.org

vendredi 16 novembre

–          « Stand et débats : le capital risque solidaire pour aller au-delà du microcrédit » Présentation du dispositif de mésofinance Fonds Afrique, à la croisée de la Solidarité Internationale et de la Finance Solidaire, avec les structures Tech Dev et Garrigue. De 10h00 à 17h00 dans le Hall de la Mairie du 18ème arrondissement (Place Jules Joffrin, 75018 Paris)

–          Rencontre avec les CIGALES. L’épargne solidaire au service du développement d’entreprises locales, illustration avec les CIGALES. De 20h00 à 22h00 à la Salle Hiser (avenue Hénin, 77500 Chelles)

vendredi 23 novembre

–          Conférence-débat « Donner du sens à son argent, l’épargne solidaire pour lutter contre le mal-logement » Présentation de la finance solidaire et de réalisations à Versailles et dans son agglomération par Bernard Usquin président d’Habitat et Humanisme Ile-de-France, François de Witt, président de Finansol et Corinne Bébin, adjointe au Maire de Versailles, suivi d’un débat avec la salle. De 20h15 à 22h30 à l’Université Inter-Âge (6 impasse des Gendarmes, 78000 Versailles)

Retrouvez ici le programme de la semaine de la finance solidaire ailleurs en région.

La finance solidaire en vidéo 

Sources : ddmagazine.com et semaine-de-la-finance-solidaire.com

Planète en danger : les ONG misent sur les actions chocs !

En plein sommet de l’ONU Rio+20, qui a réuni chefs d’Etat, délégations gouvernementales et chefs d’entreprises et voulaient engager le monde vers l’éradication de la pauvreté et la préservation de la nature, des ONG s’insurgent contre les « formules creuses » prononcées lors de cette cérémonie. Deux d’entre elles, Greenpeace et Mouvement pour le Développement Mondial, ont choisi de mener des actions chocs afin de faire comprendre que notre planète est en danger.

Photo: wikimedia.org

La planète mise en vente sur eBay

L’ONG britannique Mouvement pour le Développement Mondial a mis la planète aux enchères sur le célèbre site de vente aux enchères eBay. Un de ses plus précieux joyaux, la forêt amazonienne a été mise en vente pour la modique somme de… 1,5 dollar ! Pour Lidy Nacpil, coordinatrice du mouvement sur la dette et le développement, l’économie verte, placée tout en haut des priorités à Rio+20 n’est qu’« un écran de fumée pour les tentatives des riches pays industrialisés de privatiser la nature ». Elle poursuit : « cela va entraîner une augmentation de la destruction de l’environnement et faire monter les niveaux d’inégalité et de pauvreté, alors que nous devons mettre les gens avant le profit ».

Kirsty Wright, du Mouvement pour le développement mondial, explique qu’« en vendant ces sites naturels », son organisation ne fait « que suivre le point de vue britannique qui veut que la valeur intrinsèque des écosystèmes puisse maintenant être quantifiée, qu’on puisse les posséder, spéculer dessus et finalement les vendre à celui qui a le plus d’argent ». L’ONG a précisé que l’opération, qui proposait également la vente de divers lacs, des océans ou encore le tigre de Sumatra, a vite été interrompue par le site.

Cette action, mise en place pour faire comprendre aux industriels que la planète et ses richesses n’ont pas de prix, pourrait se conclure par l’explication du « vendeur » du tigre de Sumatra : « comme c’est une espèce en voie d’extinction, c’est vraiment la peine d’investir là-dedans. Il va garder sa valeur, ne manquez pas cette fabuleuse opportunité! ».

Greenpeace au secours de l’Arctique

Autre opération, sans doute plus consensuelle que la précédente, est mise en place par Greenpeace. C’est une nouvelle campagne « impliquant des acteurs, cinéastes, stars du rock et hommes d’affaires, pour faire de l’Arctique un sanctuaire vierge de forages pétroliers et de pêche industrielle ». C’est une des campagnes les plus ambitieuses réalisée par l’ONG et engage déjà « cent personnalités du monde entier ». Ces cent premiers noms sont inscrits sur un « rouleau arctique », présenté jeudi 21 juin au sommet Rio+20, jour « symbolique » puisque le plus long de l’année dans le cercle arctique qui bénéficie alors de 24 heures de soleil. Greenpeace compte planter ce rouleau « sur les fonds marins du Pôle nord » lorsqu’il contiendra 1000 noms. Un « drapeau du souvenir » sera placé à l’endroit où le rouleau aura été déposé. A ce jour, plus de 160 000 personnes ont signé la pétition disponible sur le site savethearctic.org.

Photo: wikimedia.org

Bien plus qu’une opération coup de poing, Greenpeace cherche à sensibiliser les publics, l’Arctique faisant « l’objet d’attaques » et ayant « besoin qu’on agisse pour le protéger », déclare Kumi Naidoo, le directeur général de Greenpeace International. Greenpeace explique qu’« actuellement, l’énorme espace autour des pôles nous appartient à tous, parce que la loi internationale le définit comme la haute mer ». Sachant que le changement climatique entraîne une montée des températures engendrant la fonte des glaces, les « états riverains de l’Arctique avancent des revendications territoriales sur le fond de la mer, “pour ouvrir la porte aux géants du pétrole“ », dont Shell. La compagnie devrait entamer « des forages exploratoires dans deux sites offshore de l’Arctique, près de l’Alaska » au cours des prochaines semaines, au grand damne des organisations protectrices de l’environnement. Sur ce point Kumi Naidoo indique qu’« une interdiction sur les forages offshore et la pêche non durable serait une grande victoire ».

De plus, les populations indigènes sont également menacées. Pour Rodion Sulyandziga, vice-président de Raipon, Association des peuples indigènes du nord, l’exploitation pétrolière de l’Arctique pourrait « mettre en péril l’existence et la survie des peuples indigènes ».

A quoi bon Rio+20 si les politiques « peinent à prendre des mesures fortes pour préserver l’environnement » ?

 

Sources : Goodplanet.info

La Suisse n’atteindra pas ses engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto

source : fotosearch.fr

Alors que le Conseil fédéral suisse élabore actuellement une stratégie pour la préservation de la biodiversité, qui sera soumise au Parlement au début de l’année 2012, un rapport vient d’être publié sur l’état de l’environnement dans le pays. Il s’agit d’un rapport bisannuel réalisé conjointement par l’Office fédéral de l’environnement et l’Office fédéral de la statistique. Et celui-ci se révèle quelque peu alarmant.

Il souligne en effet que la Suisse n’a pas atteint ses objectifs en matière de changement climatique et de conservation de la biodiversité. Son engagement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8% entre 2008 et 2012, pris dans le cadre du protocole de Kyoto, ne pourra ainsi pas être rempli. Dans le même temps, l’extension des zones d’habitation et des surfaces d’infrastructures, comme l’agriculture intensive, ont fortement contribué à la disparition d’espèces animales et végétales, en favorisant le recul de leurs habitats. A ce jour, 13.500 espèces parmi celles qui composent la faune et la flore helvétique s’avèrent menacées par ces facteurs.

Mais ce rapport est aussi nuancé. Il souligne par exemple les progrès réalisés dans l’amélioration de la qualité de l’eau et de l’air. Ceux-ci se manifestent par un recul de la pollution aux métaux lourds, aux dioxines, aux biphényles polychlorés (PCB) et aux polluants organiques persistants (POP) notamment.

Enfin, il met en évidence l’impact de la consommation intérieure du pays, alimenté à 70% par des importations, sur l’environnement à l’étranger, relevant d’ailleurs que cette tendance à l’import est à la hausse.

Sources : Romandie.com, documentation de l’Office fédéral de l’environnement.

L’ONU soutient les Partenariats Public Privé (PPP)

Source: Fotosearch

Au cours d’une réunion de l’ONU organisée le 2 juin dernier à New York, les représentants des nations se sont interrogés sur la manière de « donner accès à l’électricité, de manière durable et économiquement viable, au quelque 2,5 millions de personnes qui sont mal reliées ou qui ne sont pas reliées à un réseau ».dans le monde.

Après avoir lu et commenté les conclusions d’un rapport sur les Partenariats public-privé (PPP) publié par l’organisation, les Etats ont été invités à s’inspirer des expériences de PPP réussies, à l’exemple du partenariat entre les communautés, le gouvernement local et le Partenariat mondial pour la création d’une station hydroélectrique près de Chorriaca, en Argentine.

Le communiqué de presse de l’ONU décrit que l’objectif du rapport est « d’aider la communauté internationale à trouver des solutions pour approvisionner en électricité les millions de personnes « pauvres en énergie » dans le monde. »

Le PPP est-il LA solution ?

Tout d’abord, le PPP est conditionné à des choix rigoureux et pragmatiques, décris par le rapport :

– choisir une technologie électrique appropriée au lieu et aux conditions de vie ;

– avoir des objectifs de développement de l’énergie et des politiques claires sur le long terme, accompagnées d’un cadre juridique et de l’assurance d’un retour sur investissement voire de profits pour les investisseurs ;

– avoir des fonds suffisants pour la recherche et le développement d’énergies propres ;

– prendre des mesures pour optimiser la capacité du secteur privé à proposer ce qu’il sait faire de mieux dans le cadre d’un partenariat public privé ;

– entretenir des relations fortes entre les secteurs public et privé, et réaliser des accords d’achat de l’électricité assurant le secteur privé d’un retour sur investissement.

Et si les partisans de la formule PPP vantent sa rapidité de mise en œuvre et l’obligation de résultat pesant sur le partenariat, ses détracteurs pointent le coût des études qui limite la concurrence et le surcoût lié au financement privé. Il est important que les PPP ne puissent  servir d’artifice à l’Etat et aux collectivités pour ne pas s’engager financièrement et à long terme dans les investissements nécessaires, ici, à la production de l’énergie.

Selon Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, « la disponibilité de réserves d’énergies propres et fiables est essentielle pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement et combattre le changement climatique ».

Les PPP deviennent progressivement le cheval de bataille de l’ONU pour inciter les Etats membres à agir. Le partenariat mutualise les ressources et partage les coûts et les prises de risques entre le public et le privé favorisant ainsi la poursuite d’investissement dans le secteur de l’énergie.

La formule PPP constitue un outil efficace de gouvernance mondiale alliant action locale et acteurs internationaux. Le PPP permet de gérer la divergence intérêts, les motivations et des enjeux des parties prenantes publics et privés afin d’atteindre les résultats fixés initialement. A l’échelle mondiale, les résultats d’une bonne gouvernance s’observent, d’après les différentes organisations internationales, dans la transparence, la participation, l’imputabilité, l’efficacité et l’efficience, l’équité et l’orientation du consensus obtenus par les partenariats.

Des pistes pour un sommet de Bonn efficace

 

A une semaine du lancement du sommet des Nations-Unies sur le changement climatique à Bonn, en Allemagne, Andrew Simms vient de publier une tribune sur le site du Guardian. Mais qui est Andrew Simms? Il s’agit du directeur du programme sur le changement climatique du NEF – the new economics foundation.

Celui-ci suggère dix pistes de réflexion aux négociateurs du sommet :

  • Organiser les négociations dans des lieux durement touchés par le réchauffement climatique, comme l’archipel de Tuvalu, menacé de disparition par la montée des eaux. Cette décision leur permettrait sans aucun doute de prendre conscience des problèmes auxquels ils doivent remédier.
  • Débarrasser les délégations des lobbyistes issues d’entreprises peu scrupuleuses.
  • Remettre en question le système de calcul des émissions de CO2. Andrew Simms estime ici que les pays riches ont trop souvent l’opportunité « de délocaliser leurs émissions » en faisant produire leurs marchandises dans d’autres pays, et donne ainsi une image de progrès dans la lutte contre le changement climatique, alors qu’il n’en est rien.
  • Expérimenter plus, et abandonner toute vision à court terme. Il propose ici la création d’un conseil représentatif indépendant, chargé de fixer un plan d’ensemble de réduction des émissions de CO2.
  • Associer tous les acteurs et les aspects des villes pour favoriser une transition énergétique en leur sein.
  • Débarrasser ce type de sommet de présentations « d’innovations gadgets », donnant le sentiment qu’il s’agit d’une « foire commerciale de la technologie » , et plutôt repenser notre modèle économique et notre politique d’innovation.
  • Mobiliser les mêmes montants employés pour le sauvetage des banques lors de la crise financière afin d’investir dans les réseaux intelligents et les énergies renouvelables.
  • Acter la suppression des subventions aux énergies fossiles, afin d’employer la manne financière dégagée pour favoriser la transition vers une économie verte, porteuse d’emplois et d’une meilleure qualité de vie.
  • Acter un objectif de réduction des émissions de CO2 de 30% d’ici à 2020.
  • Enfin, sa dernière piste est ouverte : il suggère à tous d’émettre ses propositions.

Source : The Guardian