Australie : la taxe carbone travailliste soumise au parlement

L’initiative est osée. Alors que le gouvernement travailliste est le impopulaire depuis 40 ans, Julia Gillard, Premier Ministre, a annoncé dimanche 10 juillet son projet de loi de taxe carbone sur les gros pollueurs. Le prix est fixé depuis le début du mois : la taxe s’élèvera à 23 dollars australiens – 17,2 euros – par tonne de dioxyde de carbone émise.

Très peu fière de leur palmarès – l’Australie est l’un des plus gros pays émetteurs de CO2 de la planète, et où 80 % de l’énergie proviennent du charbon – les travaillistes ont décidé de prendre des mesures concrètes après avoir attendu 2007 pour signer le protocole de Kyoto.

Près de 500 gros pollueurs devraient être concernés

Pas moins de cinq cent entreprises polluantes vont être taxées dès juillet 2012. Les 17 euros exigés représentent trois euros de moins que le prix imposé par la Commission européenne. « Nous avons opté pour la solution la moins coûteuse », a précisé Mme Gillard dans un spot télévisé.

Le prédécesseur du Premier Ministre travailliste, Kevin Rudd, avait dû s’incliner l’année dernière devant la pression défavorable à son projet de marché de quotas d’émission. Arguant alors pendant sa campagne qu’elle ne passerait pas cette taxe, Julia Gillard s’est vue vivement critiquée par l’opposition présente dans les puissants groupes miniers, les compagnies aériennes, et le parti conservateur. Cependant « le dispositif mis en place par le gouvernement surprendra la plupart des gens par sa douceur » souligne un média australien. Le but est d’agir tout en calmant l’anxiété de l’électorat. En effet, au final, on dénombre plus de 60% des Australiens hostiles à la mesure. C’est pourquoi la mesure fait l’objet de quelques exceptions, les entreprises forestières ou les exploitations agricoles seront ainsi exemptées de taxe carbone.

Les opposants à la réforme dénoncent une importante hausse des prix. Les grandes entreprises craignent une inflation par les coûts qui amènerait une baisse de leur production et aurait de grandes chances de se répercuter sur les clients. Ils argumentent aussi que la taxe fera croître les coûts de l’énergie, de l’alimentation et de nombreux produits manufacturés. Les économistes estiment que le coût de la vie pourrait progresser de 0,7% à 1% du seul fait de la taxe carbone.

Détermination travailliste vers une nouvelle orientation environnementale de l’Australie

Julia Gillard rappelle les étapes de son projet. Premièrement, avec les 10 milliards de dollars qui seront ainsi levés, l’Etat constituera un fonds public chargé de financer la décarbonisation du pays : aides fiscales et conseils pour réduire ses consommations énergétiques des ménages, compensations aux compagnies minières, électriciens et aciéristes, soutien au développement des énergies renouvelables.

En 2015, la taxe devrait laisser la place à un marché de quotas d’émission de CO2, dont le prix planché sera fixé par l’Etat. Au total, espère Julia Gillard, l’Australie pourrait réduire de 150 millions de tonnes ses émissions de gaz carbonique entre 2005 et 2020.

Malgré les réticences conservatistes, le vote de la loi au parlement devrait permettre d’engager l’Australie durablement dans une voie nouvelle: la baisse volontaire de ses émissions de CO2.

Hormis l’Australie, seules l’UE et la Nouvelle-Zélande ont instauré des taxes de cette nature. Quel que soit la bonne volonté travailliste, on observe déjà de virulentes coalitions d’opposants comme le regroupement d’industriels baptisé l’Alliance Australienne qui s’apprête à lancer une campagne de protestation. L’espoir est de faire plier une nouvelle fois le gouvernement, tout comme il l’avait fait l’an dernier, vers un assouplissement des conditions…au dépend d’une véritable avancée environnementale.

Source: journal de l’environnementcourrierinternational, zegreenweb

Afrique : Discorde entre ONG et gouvernements sur le terrain environnemental

Fin juin, lors du 5ème dialogue sur l’eau de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) à Manzini, au Swaziland a été témoin de la discorde entre les Organisations non gouvernementales et les gouvernements. Les ONG ont exprimé le souhait de ne pas être exclues des stratégies de financement climatique.

Elles argumentent que sans elles, les stratégies de financement perdent leur force d’impact sur le terrain dans la région d’Afrique Australe. Hilary Dhliwayo-Motriri de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ajoute que leur présence permet d’atteindre bien plus de personnes que par la seule action des gouvernements. Ce 5ème dialogue sur la gouvernance environnementale d’Afrique Australe néglige indéniablement les ONG et omet leur rôle à jouer dans l’adaptation climatique.

Les gouvernements ont favorisé la préparation au sommet de Durban, en Afrique du Sud, de novembre prochain pour la 17ème Conférence des Parties (CdP).

Ruth Beukman, la secrétaire exécutive régionale au ‘Global Water Partnership’ (Partenariat mondial de l’eau) en Afrique du Sud suggère une collaboration entre ONG et gouvernements afin qu’ils puissent profiter des fonds climatiques de la SADC. « Mais il ne suffit pas de former des synergies avec les gouvernements », a déclaré Dhliwayo-Motriri, « parce que parfois, les ONG et les autorités étatiques ne s’accordent pas sur des questions de gouvernance ».

Cependant, le président du Groupe de travail de l’Union européenne pour l’Initiative financement de l’eau, Alan Hall, exige une mise en ordre au sein des différents acteurs, gouvernementaux ou non, afin d’éviter tout gaspillage de l’argent des fonds. Il explique que « nous devons renforcer nos institutions gouvernementales pour nous assurer que l’argent est bien dépensé, afin que nous gagnions la confiance des institutions de financement ». La coopération entre ONG et gouvernement doit être constructive et prévoir un budget structuré – qui rassure.

 

Réduction de la pauvreté ou lutte contre le changement climatique : il faut choisir ?

Les projets proposés par les pays ne sont toujours pas suffisamment viables. C’est là que les difficultés se posent car les financements verts souffrent d’une mauvaise allocation – s’ils sont disponibles, très peu arrivent dans la région, décrit Alex Banda, le principal chargé de programmes au Programme de l’environnement et de développement durable de la SADC. En conséquence, un programme régional sur les changements climatiques, qui touche tous les secteurs a été élaboré afin de concevoir des projets finançables, ajoute-t-il.

D’autant que  « nous avons tendance à nous concentrer davantage sur les questions à court terme et à négliger les investissements à long terme », a déclaré Dumisani Masilela, le commissaire général du ‘Swaziland Revenue Authority’ (Trésor public du Swaziland). Les politiques de réduction de la pauvreté ne prennent pas en compte les questions des changements climatiques et de l’environnement car les acteurs sur le terrain et les budgets ne sont pas prévus pour.

Finalement, la faible intégration des acteurs de la préservation de l’environnement, le manque de projets finançables, la mauvaise coordination des politiques nationales au niveau national nuit gravement à la situation de gouvernance en Afrique Australe et à l’acquisition de fonds climatiques, et au final, à la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique…

Source: Mediaterre

Tibet : Un programme de protection pour le plateau du Qinghai

Jeudi 23 juin, un vaste programme de protection de l’environnement et l’écosystème du plateau Qinghai-Tibet a été publié par le Conseil des Affaires d’Etat pour les 20 prochaines années. Selon un communiqué publié sur le site du ministère de la protection de l’Environnement, « le plateau Qinghai-Tibet doit relever de sérieux défis liés à son environnement naturel complexe et fragile et à la structure économique déséquilibrée de la région ». Le nouveau projet joue également un rôle important pour l’écologie, la stabilité aux frontières et la solidarité interethnique.

Un programme en trois phases

La feuille de route est composée de trois étapes :

–         L’une avant 2015, la dégradation et la pollution de l’écosystème devraient être stoppées avec efficacité ;

–         En 2020, la région devrait sans réserve adopter un modèle de développement équilibré, qui se concentre sur la croissance économique et la protection des écosystèmes, avec une amélioration globale de la qualité de l’environnement ;

–         Enfin en 2030, la restauration d’écosystèmes sains devrait être en place.

Un environnement complexe et fragile

Selon les écologistes, autrefois intact, le plateau Qinghai-Tibet a été fragilisé par de nombreux facteurs :

–         La désertification liée aux activités intensives de l’homme, comme l’exploitation minière, le surpâturage ou la dégradation forestière pour la construction de logements ;

–         La dégradation écologique aggravée par le réchauffement climatique qui soulève un risque de sécheresse ;

–         La dégradation des forêts primitives par la population locale afin de créer des logements ;

–         La cueillette de champignons rares pour la médecine chinoise de Yarsagumba…

Wen Guodong, le secrétaire adjoint du Parti de la préfecture, explique que plus de la moitié des prairies sont endommagées, et plus de 46 % de la terre souffre de pertes en sol et en eau.

Le programme a également listé 10 zones de protection prioritaires

La préfecture autonome tibétaine de Yushu définit six zones de protection : le Tibet, le Qinghai, le Sichuan, le Yunnan, le Gansu et le Xinjiang ; des régions spéciales où les ressources naturelles sont abondantes. Quatre autres zones concernent la Montagne et les trois grands fleuves qui tirent leur source au cœur du plateau.

L’action est d’autant plus urgente que suite au séisme de 2010, une partie de la population s’est concentrée dans les villes de la région, créant une importante pression démographique sur les ressources et l’environnement fragile.

Lu Zhi, professeur de biologie de la conservation à l’Université de Pékin précise qu’il est primordial de permettre aux habitants de participer aux programmes de protection et de leur fournir des moyens de subsistance durables afin qu’ils ne dépendent plus des ressources naturelles.

Indépendamment, l’organisme de surveillance environnementale chinois a lancé une étude à l’échelle nationale sur plus de 80 installations de traitement de la pollution des sociétés cotées en bourse qui rejettent des métaux lourds polluants.

La protection de l’environnement délicat du plateau Qinghai-Tibet montre une prise de conscience des autorités du Tibet et de Chine qui n’attendent pas l’état de non-retour pour commencer à agir…

Réchauffement climatique : Seconde expédition en arctique pour la Nasa

La nouvelle expédition de la Nasa – agence spatiale américaine – vers l’Arctique pour une étude de l’impact du changement climatique sur les glaces polaires a été lancée. Nommée ICESCAPE (Impacts of Climate on Ecosystems and Chemistry of the Arctic Pacific Environment), la mission a entrainé une cinquantaine de scientifiques de toute discipline à bord du navire des Gardes-Côtes « Cutter Healy » qui a appareillé de Dutch Harbor, en Alaska, le 25 juin.

Succédant à une mission de 2010, les scientifiques espèrent « que cette seconde expédition permettra de récolter davantage de données sur les processus physiques faisant remonter les nutriments des eaux profondes à la surface de l’océan » décrit Kevin Arrigo, de l’Université Stanford à Palo Alto (Californie), principal responsable scientifique de la mission.

La mission 2010 avait permis de connaitre le rythme de développement et les réactions du phytoplancton. 2011 devra confirmer ces données et les préciser.

En plus d’être à la base de la nourriture de la plupart des poissons, le phytoplancton, formé d’organismes microscopiques, joue un rôle déterminant dans la fixation du carbone minéral (CO2) qui se trouve dans l’océan. Les scientifiques ont pu observer que les effets du réchauffement climatique se sont amplifiés, en témoignant notamment de la réduction de la superficie et de l’épaisseur de la glace recouvrant l’Océan Arctique. Ils veulent savoir à présent comment ce changement affecte l’écosystème océanique et la faune marine.

Source: 20minutes.fr

La climatisation des soldats américains en Afghanistan coûte plus cher que la Nasa !

Source: gizmodo.fr

 

D’après les révélations d’un général à la retraite Steve Anderson, responsable de la logistique en Irak sous le commandement du général Petraeus, les Etats-Unis dépensent 20 milliards de dollars par an uniquement pour climatiser les tentes et les préfabriqués en Irak et en Afghanistan – soit plus que le budget annuel de la Nasa.

Le coût de la guerre est élevé : l’importance du montant de l’approvisionnement des soldats en eau, en alimentation, en munitions et en carburant – venus du Pakistan, à 1000km des campements – est déjà connue. Le montant dépensé pour rafraichir les troupes l’est beaucoup moins ! Si l’Afghanistan est une terre très froide en hiver, elle est très chaude en été. Pour climatiser les tentes des soldats, cela coûte en carburant …et en vie humaine. En effet, d’après une étude de l’institut pour une politique environnementale de l’armée américaine (Aepi selon l’acronyme anglais), un soldat est tué tous les 24 convois de carburant lors des attaques d’insurgés.

Le ministère de la Défense est le plus gros consommateur d’essence du Pentagone. Selon l’ancien général, la solution serait de projeter la mousse de polyuréthane sur les tentes. Un devis d’un montant de 95 millions de dollars (67 millions d’euros) a été rédigé pour développer ce type d’isolation, qui permettrait d’économiser 1 milliard de dollars (700 millions d’euros).  Si la solution pourrait permettre au Ministère de réduire sa facture et de réduire l’impact de la climatisation sur l’effet de serre, la décision n’a pas encore été généralisée car elle exigerait la mobilisation de soldats pour être appliquée…

Source: journal de l’environnement, courrierinternational, goodplanet, gentside, grist.org

Vers une réglementation pour les biodéchets

Source: le figaro.com

 

L’Europe s’inquiètent de la gestion des biodéchets.  La conscientisation politique des dangers des gaz à effet de serre incite les Etats à réglementer afin de les prendre en charge.

En France, après avoir définit la notion, les obligations réglementaires se précisent.

Les autorités législatives françaises basent leur décret par la définition des biodéchets comme « tout déchet biodégradable de jardin ou de parc, tout déchet alimentaire ou de cuisine issu notamment des ménages, des restaurants, des traiteurs ou des magasins de vente au détail, ainsi que tout déchet comparable provenant des établissements de production ou de transformation de denrées alimentaires, à l’exclusion des productions du secteur primaire. »

Les dispositions de l’article 204 de la loi Grenelle II prévoit qu’ « à compter du 1er janvier 2012, les « gros producteurs » de déchets fermentescibles seront tenus de les faire traiter en vue de faciliter leur retour à la terre sous forme d’amendements organiques. ». Dès 2012, toutes les entreprises produisant plus de 120 tonnes par an sont concernées. En 2016,  le règlement s’appliquera dès la production de 10 tonnes par an. Concrètement, les industriels de l’agroalimentaire (IAA), les restaurants de plus de 2.500 couverts par jour et les hypermarchés sont touchées.

L’objectif est de favoriser la valorisation agricole des biodéchets en fin de parcours. Dans la pratique, les entreprises devront définir une organisation interne, former leur personnel au tri, collecter les déchets dans des contenants adaptés et assurer l’entretien et la désinfection des contenants.

A l’échelle européenne, les Etats européens respectent la directive européenne pour la reconversion des déchets biodégradables. Aujourd’hui le concept de centralisation pour le traitement des déchets est devenu familier pour tous.

La gestion des déchets est un problème d’ordre public. L’image des poubelles ingérées de Milan est forte dans les esprits. Ce règlement vise finalement à rendre les producteurs plus responsables. Oui, la gestion des déchets est réalisée à l’échelle collective mais à partir d’une certaine quantité de biodéchets, il est nécessaire de savoir les assumer. Les grands producteurs bénéficient alors des produits de leur activité et apprennent à gérer les désavantages qui en découlent.

Mort aux dromadaires !

 

Source: shirka.com

 

En Australie, les émissions de CO2 par habitants sont les plus importantes au monde. Il faut que ça change. La solution pour Northwest Carbon –  société d’Adelaide, en Australie, qui met au point des projets de compensation carbone – est de tuer les dromadaires sauvages des plaines intérieures du pays. Un dromadaire émet chaque année 45 kg de méthane, soit une tonne de CO2 en termes d’impact sur le climat. Sur le long terme, «d’ici à 2020, cela représentera deux millions de tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère chaque année, il s’agit d’une contribution majeure au changement climatique», a déclaré Tim Moore, directeur de Northwest Carbon.

La horde de dromadaires compte 1 million d’individus. Les autorités désirent remédier à leur prolifération. Car, en plus de polluer, les animaux nuisent à la biodiversité et représentent des dangers pour les villes et les populations isolées, lors de grandes sécheresses, quand ils recherchent de l’eau.

La société de Tim Moore envisage d’engranger des crédits « carbone » – des certificats échangeables que les entreprises ou les particuliers peuvent utiliser pour “compenser” leurs propres émissions – en organisant un abattage maîtrisé des dromadaires. Cette proposition fait parti d’un projet de loi au gouvernement: le « Carbon Farming Initiative ». Northwest Carbon précise que les abattages se feront sans cruauté avec l’aide de professionnels en 4×4 ou depuis des hélicoptères. Les corps des bêtes seront alors rassemblés et envoyés à un abattoir ou bien transformés sur place en aliments pour animaux de compagnie

Le parlement n’a toujours pas approuvé la loi alors que le gouvernement espère déjà l’appliquer dès le 1 juillet…Si des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique doivent être prise irrémédiablement, l’option « tuons les dromadaires » a de quoi étonner. D’autant qu’elle donne l’opportunité aux chasseurs d’obtenir des crédits d’émission sur leur propre activité…Aussi, la pollution d’1 million de dromadaires équivaudrait à celle de 300.000 voitures, à quand la campagne nationale pour trouer les pneus ?

Inflation des prix agricoles et G20

 

Source: site ocde

Dans un nouveau rapport publié le 31 mai, Oxfam souligne que les défaillances de l’actuel système alimentaire mondial et les conséquences du changement climatique vont entrainer de nouvelles crises marquées par l’épuisement des ressources naturelles et l’augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde. Les prévisions du rapport sont terribles : le prix des cultures de base augmenterait de 120 à 180 % d’ici 2030.

 

Pourquoi les prix flambent ?

Les prix flambent et provoquent la famine. L’inflation des prix de l’alimentation a de nombreuses causes.

L’ONG l’explique par les conditions d’offre de produits agricole, que ce soit la spéculation sur les matières premières ou l’augmentation du cours du pétrole qui a provoqué l’augmentation des prix des engrais et des transports ou encore les accidents dus au changement climatique (sècheresse, inondations, vagues de froid…).

La demande augmente énormément sous l’effet de la croissance de la population mondiale. L’ONG Oxfam dénonce aussi l’utilisation de la nourriture comme matière première pour la production de biocarburants qui concurrence les cultures alimentaires.

Le NPA y voit les revers d’ « autres causes plus structurelles [qui] ont mis à mal la souveraineté alimentaire des pays du nord comme du sud ». Pour eux, « le problème n’est donc pas, comme on voudrait nous le faire croire, le manque de nourriture mais la répartition et l’accès pour la moitié de la population mondiale déjà concernée par la crise alimentaire » des denrées existantes. Le mouvement anticapitaliste regrette le « développement d’un modèle agricole productiviste » et « des programmes d’ajustement structurel imposés au pays du sud pour assurer le remboursement de leur « dette » » qui nuisent finalement à leur agriculture. La destruction des barrières douanières des pays du sud soumet leurs paysans à produire pour exporter et non pour vivre…

Le rapport Oxfam souligne aussi l’impact négatif des politiques inefficaces des gouvernements et du comportement des grandes entreprises tirant bénéfice de ces politiques et faisant pression pour leur maintien.

 

Quelles victimes ?

« Les pauvres des pays pauvres, et les éleveurs des pays riches » sont les victimes de cette crise, affirme Philippe Chalmin, de l’université Paris-Dauphine.

Dans les pays développés, on observe l’augmentation des prix à la consommation (de 2,1% en France). La déclaration du G8 de Deauville les 26 et 27 mai concluaient que « la forte augmentation des prix des matières premières et leur volatilité excessive gênent considérablement la reprise » de l’économie.

« 44 millions de personnes […] sont tombées dans la misère depuis juin dernier sous le coup de la flambée des prix » déclare la Banque Mondiale. Oxfam envisage un scénario catastrophe surtout dans les pays pauvres importateurs de denrées alimentaires. Mais le pessimisme ne gagne pas tout le monde et Concepcion Calpe, économiste de la FAO estime qu’ « on a encore énormément de potentiels pour éviter une crise alimentaire »…

 

Que faire d’un tel constat ?

Une semaine avant la rencontre ministérielle du G20 agricole qui se tiendra à Paris les 22 et 23 juin, Oxfam appelle les pays du G20 à agir. Les gouvernements doivent investir dans l’agriculture paysanne et familiale, en valorisant les ressources naturelles, en gérant mieux le système alimentaire et en assurant l’égalité hommes – femmes.

Un rapport confidentiel de Pierre Jacquet, économiste en chef de l’Agence française de développement a été remis à Nicolas Sarkozy. Il juge impossible d’encadrer la spéculation, malgré l’objectif affiché de la présidence du G20 et propose 6 points pour réguler la hausse du cours des matières premières (les points ont, eux, été communiqués).

De nombreux désaccords subsistent entre les Etats-Unis, la Chine et l’Europe. Mais le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire reste confiant sur la capacité des pays du G20 agricole à trouver fin juin un accord pour lutter contre la volatilité des prix. A la demande américaine, aucune réglementation financière ne sera étudiée lors du sommet.

Ainsi les 400 représentants dont 250 délégués de 120 organisations agricoles et paysannes de 80 pays répartis sur les 5 continents discuteront de l’avenir de l’agriculture mondiale dans les locaux de l’OCDE de Paris. L’objectif vise à établir une vraie régulation pour le G20 de Cannes, début novembre. Mais le risque de l’absence de consensus subsiste…

 

Eau et agriculture : quel est l’impact du changement climatique ?

Source: Fotosearch

La période estivale amène sécheresse, pic de pollution et incendies. A chaque jour, son rapport. Hier, le 9 juin, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publiait son dernier rapport « Changement climatique, eau et sécurité alimentaire ». Le papier se présente comme « une étude exhaustive des connaissances scientifiques actuelles sur les conséquences annoncées du changement climatique sur l’utilisation de l’eau dans l’agriculture ».

Au cours des prochaines décennies, le changement climatique aura un impact majeur sur les disponibilités en eau pour l’agriculture et sur la productivité des cultures, décrit la FAO. D’autant que la demande alimentaire mondiale va progresser de 70% d’ici 2050 et la production de viande devrait doubler…

 

L’agriculture pèse lourd dans la consommation d’eau mondiale

L’Organisation estime que les décideurs doivent développer l’utilisation des eaux souterraines disponibles afin d’atténuer les risques susceptibles d’affecter la production des agriculteurs. La FAO conseille de mettre en œuvre des systèmes efficaces de «comptabilité de l’eau » dans les pays en voie de développement et de changer leurs modèles culturaux pour pouvoir planter plus tôt ou plus tard. Cela permet d’optimiser l’irrigation. L’analyse des secteurs agricoles consommateurs permet d’agir de manière spécifique.

La production de céréales et de maïs consomme beaucoup. C’est cependant l’élevage de certaines espèces qui est le plus gourmand en eau.

 

Produit Unité Equivalent en eau en m3 par unité
Bovins Tête 4000
Moutons et chèvres Tête 500
Boeuf frais kg 15
Agneau frais kg 10
Volaille fraîche kg 6
Céréales kg 1,5
Agrumes kg 1
Huile de palme kg 2
Légumineuses, racines et tubercules kg 1

 

Les pays en voie de développement devraient veiller à mieux développer les procédures d’attribution d’eau aux parcelles agricoles, qui seraient à la fois «robustes et flexibles».

Ce conseil est fondé. Cependant, le problème mondial trouve une fois encore sa solution …chez les pays les plus pauvres. En temps normal (de non sécheresse), les rendements de production sont bien inférieurs à leur potentiel agro-climatique, faute de moyens et de techniques. La Banque mondiale estime qu’il faut investir environ 2,5 milliards de dollars (1,88 milliard d’euros) par an entre 2010 et 2050 pour réussir cette adaptation de l’agriculture Si le FAO les encourage à modifier leurs modèles, il faudra aussi qu’elle reste présente pour les supporter – notamment financièrement – vers cette transposition.

L’organisation développe une autre piste : favoriser des systèmes agroforestiers mixtes. Elle décrit que « tout en séquestrant le carbone, ces systèmes offrent des avantages supplémentaires, tels que l’ombre qui réduit la température du sol et l’évaporation, une protection accrue contre le vent et une meilleure conservation des sols ainsi qu’une meilleure rétention de l’eau ». Elle propose aussi de chercher à conserver l’humidité des sols, notamment la pratique du « labour zéro » ou « minimum » – la réduction du labourage des champs – ou la plantation de cultures ayant des racines profondes qui exploite l’humidité disponible dans le sol.

 

Ce nouveau rapport ne cherche pas à être alarmiste mais bien à proposer une interprétation de l’impact du changement climatique et des solutions pour réduire l’ampleur du problème. Ces conseils constituent les premiers pas vers une nouvelle orientation qui doit impliquer tant les producteurs de pays développés que les producteurs de pays en voie de développement….

 

Sources: afriquinfos.com, le journal de l’environnement, le CRI, Romandie

Trop d’ozone peut tuer l’Européen

Source: Fotosearch

Malgré les prescriptions européennes, les taux de pollution de l’ozone (O3) sont alarmants et mettent en jeux la santé et l’environnement des citoyens des pays membres.

Les recommandations de l’Union Européenne (UE) sont formelles : les taux maximum de pollution à l’ozone ne doivent dépasser de 120 microgramme par m3. Voilà pourtant, d’après un rapport de l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE), que ce taux a été dépassé pendant plus de 40 jours lors de l’été 2010.

Qu’avons-nous à craindre ?

Selon l’AEE, lorsque l’ozone (issu de gaz comme l’oxyde de nitrogène, le monoxyde de carbone et le méthane) n’est pas directement émis dans l’atmosphère, il peut causer des troubles médicaux pouvant entraîner un décès précoce. Les excès d’ozone peuvent également affecter les rendements agricoles.

Quels sont les coupables ?

Au premier plan, sont responsables émissions industrielles et celles du transport routier, qui représentent entre 50 et 66% des émissions totales. Le rapport de l’AEE précise cependant que « l’ozone n’est pas directement émis dans l’atmosphère, il s’agit d’un polluant secondaire qui résulte de la réaction photochimique entre certains polluants primaires (les oxydes d’azote, le monoxyde de carbone et les composés organiques volatils) sous l’effet du rayonnement solaire ».

A cela, s’ajoute que la création de pollution à l’ozone dépend beaucoup des conditions météorologiques comme la température et l’intensité solaire, les niveaux de production peuvent donc considérablement augmenter suite à de longues périodes ensoleillées.

Au second plan, l’implication des Etats membres de l’Union Européenne dans le processus de réduction des émissions polluantes qui est insuffisante. La majorité des Etats ne respecte pas le processus. Les émissions trop importantes enregistrées lors de l’été 2010 ont été constatées dans 17 pays : Allemagne, Autriche, Bulgarie, Chypre, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg, Malte, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie. Les Etats ont pourtant un rôle clé à jouer pour inciter particuliers et entreprises à modifier leur mode de production ou de consommation que ce soit grâce à des aides ou sanctions financières,  ou à une sensibilisation intensive aux enjeux de la qualité de l’air. Il en va de la santé de leurs citoyens et leur environnement naturel…

Sources: commentcamarche.net, le journal de l’environnement

Les Australiens disent non à la taxe carbone !

Sources: Fotosearch

Après un sondage, réalisé les 1er et 2 juin, par l’institut Galaxy pour les journaux du groupe News Limited, l’avis est clair : 58% des Australiens sont contre la taxe carbone. Celle-ci n’est soutenue que par 28% des sondés.

Le projet de loi a été lancé en février 2011. Déjà, l’idée était très impopulaire provoquant manifestations et oppositions des conservateurs et des libéraux. Le projet de loi consiste à créer un marché de crédits-carbone : durant les trois à cinq premières années, le prix de ces crédits sera fixé, ensuite ils entreront dans un mécanisme d’échanges et de transactions. Les principaux secteurs visés par la taxe sont l’énergie, les mines et les transports. La taxe-carbone entrera en vigueur dès juillet 2012.

L’idée est louable et vise à renforcer les mesures prises en 2007 pour la réduction des émissions des gaz à effets de serre. L’énergie australienne provient en grande partie du charbon, elle fait du continent un des plus grands émettrices de gaz à effet de serre: une réduction s’impose. Mais la taxe qui touche les producteurs d’électricité pourrait se répercuter fortement sur les ménages et  amener une hausse des prix de l’énergie. Même si ces prix sont parmi les plus bas de la planète, les ménages modestes ne pourront supporter une augmentation.

La population exige des élections anticipées avant toute décision de cette importance.

Pour calmer les craintes de ces citoyens, le gouvernement propose de reverser les sommes issus de cette taxe à l’aide octroyées aux ménages, mais cela ne suffit pas. Une campagne de promotion a même été mise en place, incluant notamment quelques célébrités comme les acteurs Cate Blanchett et Michael Caton.

Mais le principe de cette taxe n’est pas suffisant pour faire diminuer les émissions carboniques affirme l’économiste Lynn Chester, de l’université de Sydney, dans une interview à Rfi. Il est nécessaire d’investir massivement dans des programmes de recherche en faveur des énergies durables afin de réduire la dépendance aux énergies polluantes. Elle ajoute que l’investissement doit provenir directement de l’Etat pour apporter des résultats efficaces.

Le rejet d’une telle taxe n’est pas nouveau. En France, en 2010, 69% des Français se montraient favorables au retrait du projet de taxe carbone décidé par Nicolas Sarkozy, président de la république. L’efficacité d’une telle taxe dépend en grande partie de l’application qu’en fera le gouvernement. Dans le cas australien, il sera nécessaire de rester ferme face aux revendications des secteurs miniers pour qu’elle conserve toute sa substance. Même si la loi doit rester consciente des difficultés des entreprises et à même d’inciter des activités de la recherche, en énergie verte notamment.

Des pistes pour un sommet de Bonn efficace

 

A une semaine du lancement du sommet des Nations-Unies sur le changement climatique à Bonn, en Allemagne, Andrew Simms vient de publier une tribune sur le site du Guardian. Mais qui est Andrew Simms? Il s’agit du directeur du programme sur le changement climatique du NEF – the new economics foundation.

Celui-ci suggère dix pistes de réflexion aux négociateurs du sommet :

  • Organiser les négociations dans des lieux durement touchés par le réchauffement climatique, comme l’archipel de Tuvalu, menacé de disparition par la montée des eaux. Cette décision leur permettrait sans aucun doute de prendre conscience des problèmes auxquels ils doivent remédier.
  • Débarrasser les délégations des lobbyistes issues d’entreprises peu scrupuleuses.
  • Remettre en question le système de calcul des émissions de CO2. Andrew Simms estime ici que les pays riches ont trop souvent l’opportunité « de délocaliser leurs émissions » en faisant produire leurs marchandises dans d’autres pays, et donne ainsi une image de progrès dans la lutte contre le changement climatique, alors qu’il n’en est rien.
  • Expérimenter plus, et abandonner toute vision à court terme. Il propose ici la création d’un conseil représentatif indépendant, chargé de fixer un plan d’ensemble de réduction des émissions de CO2.
  • Associer tous les acteurs et les aspects des villes pour favoriser une transition énergétique en leur sein.
  • Débarrasser ce type de sommet de présentations « d’innovations gadgets », donnant le sentiment qu’il s’agit d’une « foire commerciale de la technologie » , et plutôt repenser notre modèle économique et notre politique d’innovation.
  • Mobiliser les mêmes montants employés pour le sauvetage des banques lors de la crise financière afin d’investir dans les réseaux intelligents et les énergies renouvelables.
  • Acter la suppression des subventions aux énergies fossiles, afin d’employer la manne financière dégagée pour favoriser la transition vers une économie verte, porteuse d’emplois et d’une meilleure qualité de vie.
  • Acter un objectif de réduction des émissions de CO2 de 30% d’ici à 2020.
  • Enfin, sa dernière piste est ouverte : il suggère à tous d’émettre ses propositions.

Source : The Guardian

ALERTE: Un triste record pour les émissions de CO2

Source: Fotosearch

Les derniers relevés des émissions montrent une hausse de 5% depuis le précédent record de 2008. La nouvelle annoncée par The Guardian, relayée par le Monde, provoque l’émoi dans le monde de la science.

Les projections « supposent qu’il y a 50 % de possibilité que l’augmentation de la température dépasse 4 °C vers 2100 », affirme Nicholas Stern, de la London School of Economics, auteur d’un rapport référence sur le changement climatique, au Guardian.

Quelles en sont les causes ?

  • Les premiers accusés sont les pays en voie de développement (PED). Si comme le soutient Sir David King, ancien responsable scientifique et conseiller du gouvernement britannique, il existe toujours un lien entre hausse du PIB et hausse des émissions, la réduction du réchauffement climatique reviendrait à empêcher le développement des PED.

C’est un retour au débat qui paralysa le Sommet de Copenhague et une inflexion aux orientations prises lors du Sommet de Cancun rappel le Handelzeitung.

  • Notons cependant que les estimations de l’Institut de l’Energie Atomique montrent que la récession lors de la crise de 2008 a eu un faible impact sur les émissions.
  • Les Pays développés ne sont pas hors de cause : leur pratique d’importation de produits, provenant de Chine par exemple, est un moyen de détourner le protocole de Kyoto. En effet, celui-ci sanctionne uniquement le lieu d’émission de CO2, qui est souvent le lieu de production de biens plutôt que le lieu de consommation de ces biens.

Quelles solutions ?

Le séisme au Japon a remis en cause l’usage du nucléaire. Mais il est indéniable que celui-ci a un impact positif sur les émissions, d’autant que les énergies fossiles sont vouées à disparaître. Il devient essentiel d’adopter une politique nucléaire claire.

La seule – faible – lueur est la prochaine rencontre de l’ONU pour dresser une nouvelle convention sur l’environnement à la fin du mois à Bonn, en Allemagne. Y aura-t-il un renouvellement des stratégies et des idées ?

Sources : The Guardian, Le Monde, site internet de la CCNUCC, le Handelzeintung

Pour l’OCDE, croissance et protection de l’environnement vont de pair

crédits : fotosearch.fr

L’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient de publier, à l’occasion de ses cinquante ans, une tribune en ce sens sur son site web, relayée par le quotidien britannique The Guardian.

L’institution insiste sur le fait que, par des investissements judicieux dirigés vers des politiques d’innovation ou d’entreprenariat, en vue d’initier le changement vers une économie plus verte, les Etats peuvent « trouver de nouvelles sources de croissance et d’emploi ». Dans cette optique, elle a récemment mis à leur disposition un nouveau rapport, intitulé « Vers une croissance verte ». Celui-ci leur ouvre la voie en fixant « un cadre pratique pour stimuler la croissance économique et protéger l’environnement ».

Ainsi, pour le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, « ce rapport montre que croissance et souci de l’environnement peuvent aller de pair […] à condition de mettre en œuvre les politiques appropriées, nous pouvons tout à la fois créer des emplois, accroître la prospérité, préserver notre environnement et améliorer la qualité de vie ».

Deux types de mesures complémentaires sont envisagés pour permettre une transition vers cette économie plus verte. Tout d’abord, il s’agit de fixer un cadre budgétaire et réglementaire solide, ainsi qu’une politique d’innovation ambitieuse, afin de renforcer la croissance économique et préserver le capital naturel. Ensuite, il convient d’inciter à « une utilisation efficiente des ressources naturelles » et de rendre ainsi la pollution plus coûteuse.

L’organisation estime que ce changement doit être opéré le plus rapidement possible. Elle constate en effet que le capital naturel dont l’humanité dispose se dégrade : l’eau se raréfie, le climat se modifie…

Enfin, elle met également à la disposition des Etats certains outils pratiques afin de les soutenir dans cette transition, comme le document « outils pour la mise en place d’une croissance verte » ou encore un mécanisme de suivi des progrès réalisés.

Vers le lancement de projets de stockage géologique du CO2 en France ?

crédits ifpenergiesnouvelles.fr

Le proverbe « tout vient à point à qui sait attendre » vient de trouver un écho particulier sur le dossier du stockage géologique du CO2 en France. Thématique discutée lors du Grenelle de l’environnement en 2007, elle avait alors été inscrite comme l’une des actions prioritaires à mener pour le gouvernement. Mais il aura fallu attendre le mois de mai 2011 pour qu’enfin soit lancé un appel à manifestations d’intérêt pour développer ce type de projet.

Un tel stockage peut s’opérer au sein de gisements pétroliers ou gaziers épuisés, de gisements de charbon inexploités, ou encore en aquifères profonds – formations géologiques perméables qui contiennent de l’eau salée impropre à la consommation – souvent très vastes et présentes dans toutes les régions du globe, comme dans les bassins parisiens et aquitains.

Mais comment piéger le CO2 et le transporter sur son lieu de stockage ?

Des techniques existent déjà. Il s’agit par exemple d’un transport par voie de gazoduc du CO2 à l’état dit « super critique », c’est-à-dire pressurisé et à une température de 31°C, utilisé par l’industrie pétrolière aux Etats-Unis. Il s’agit également d’un transport à l’état liquide, à une température de -40°C pour le CO2 toujours pressurisé. Mais ces techniques restent pour l’heure très coûteuses. Avant cette phase de transport, le CO2 pourrait par exemple être piégé lors du rejet de fumées de combustion.

L’objectif est ici de permettre au CO2, soit de se dissoudre dans l’eau, soit de réagir avec la roche afin de former des minéraux carbonatés. Cela permettrait à coup sur de réduire l’impact de nos industries sur l’environnement !

Un écosystème découvert en Antarctique

Crédits photographiques: Richard Ling

Des étoiles de mer géantes ou des éponges colorées sont les espèces qui ont pu être observées début 2010 lorsqu’un iceberg de 96 mètres de long est entré en collision avec le glacier Mertz à l’Est de l’Antarctique, provoquant des fissures dans l’océan austral.

Cela a été l’occasion pour les scientifiques d’observer tout un écosystème auparavant emprisonné sous des centaines de mètres de glace.

A l’heure actuelle, l’océan est inondé par une floraison intense de phytoplancton. Malgré l’absence de lumière naturelle, l’eau riche en éléments nutritifs a soutenu la prolifération de la vie marine. Les étoiles de mer seraient de la taille d’un enjoliveur selon Martin Riddle, l’un des principaux chercheurs de l’expédition scientifique.

Une expérience naturelle sur les effets du réchauffement climatique

L’épaisse couche de phytoplancton a fleuri en raison de l’augmentation de la lumière du soleil et de l’abondance des poussières de fer libérées par la fonte du glacier qui alimentent les petits organismes. Selon Steve Rintoul, un océanographe en Tasmanie, c’est « une sorte d’expérience naturelle où le vêlage du glacier n’a pas été causé par le changement climatique. Il s’agit d’un évènement naturel, la nature a fait l’expérience pour nous ».

Bien qu’il soit naturel, il pourrait encore avoir des effets importants globaux sur la météo, la circulation océanique et la vie marine. L’une des principales raisons de l’expédition scientifique était d’étudier comment l’écosystème peut répondre à ces changements à grande échelle et mener des expériences pour aider les scientifiques à mieux comprendre le changement climatique.

La diminution de la salinité pourrait réduire la circulation des courants océaniques

La plus grande inquiétude à propos de cet évènement reste la diminution rapide de la salinité de l’eau dans la région en raison de la fonte de la glace qui flotte dans les eaux les plus chaudes. La réduction de la salinité combinée à l’augmentation de la température de l’océan pourrait considérablement affecter la circulation thermohaline future autour de l’Antarctique car les environs du glacier Mertz constituent l’une des principales zones d’eau salée dense de l’Antarctique.

A mesure que la salinité diminue et que la température augmente, l’eau devient moins dense. Cela signifie que les courants de circulation qui apportent l’eau froide riche en éléments nutritifs des profondeurs de l’océan pourraient diminuer, ce qui aurait des conséquences inquiétantes pour la vie marine tout autour de l’Antarctique, et éventuellement dans le reste des océans.

La diversité de l’écosystème observé pourrait donc être de courte durée et l’on ne peut qu’espérer que les informations collectées aideront à soutenir l’Australie qui milite pour la création une zone de protection marine dans la région de Mertz.

Le manque d’eau va toucher près d’un milliard d’habitants en 2050

crédits photographiques: JJ Harrison

Plus d’un milliard de personnes devront faire face à de graves pénuries d’eau d’ici 2050, et ce particulièrement dans les grandes métropoles mondiales, soit environ un humain sur sept.

En effet, le changement climatique aggrave les effets de l’urbanisation et les villes indiennes seront parmi les plus touchées, selon une étude des Proceedings de la National Academy of Sciences, un groupe privé pour l’environnement situé près de Washington. La pénurie menace l’assainissement de certaines grandes villes mais pose également des risques pour la faune et la flore si en réaction, les villes puisent directement l’eau dans la nature.

Près de 993 millions de citadins vivront avec moins de 100 litres d’eau par jour

L’étude a révélé que si les tendances actuelles à l’urbanisation se poursuivent, en 2050, près de 993 millions de citadins vivront chacun avec moins de 100 litres d’eau par jour, le minimum journalier selon les auteurs.

De plus, 100 millions de personnes supplémentaires connaitront un manque d’eau potable que ce soit pour boire, cuisiner, nettoyer, se laver ou utiliser les toilettes. Pour l’auteur principal, Rob McDonald, ce n’est pas une fatalité mais un défi notamment en termes d’investissement dans les infrastructures ou d’efficience dans l’utilisation de l’eau.

Actuellement, environ 150 millions de personnes sont en-dessous du seuil de 100 litres s’agissant de l’utilisation quotidienne d’eau. Par comparaison, un américain moyen dispose de 376 litres par jour bien que l’utilisation varie considérablement selon les régions selon Rob McDonald.

L’étude recommande une réforme de l’agriculture et une meilleure efficacité énergétique

L’exode rural qui touche l’Inde et la Chine exacerbe ce phénomène. Les grandes villes de l’Inde, du Nigéria et du Bénin seront les plus touchées.

Mais si l’eau est pompée directement dans la nature, il y a un risque pour les écosystèmes notamment pour les espèces endémiques. L’étude recommande une réforme de l’agriculture qui consomme le plus d’eau et une meilleure efficacité puisque près de la moitié de l’eau de certains pays en développement est gaspillée en raison de fuites.

L’ONU œuvre actuellement à la mise en place d’un fonds spécial pour les changements climatiques pour aider les pays en développement les plus touchés, avec un objectif de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020.