Entreprendre l’écologie : où est passée l’Azerbaïdjan ?

Bien connue pour son indépendance énergétique rendue possible grâce à l’exploration et l’exploitation de ses champs pétrolifères situés au large de la capitale Bakou, l’Azerbaïdjan semble vouloir poursuivre son développement vers une économie plus verte. Ce pays sud-caucasien, qui s’est d’abord concentré sur son développement économique après son indépendance en 1991, s’attaque depuis les années 2000 aux questions environnementales qui le concernent. Néanmoins cet élan écologique national connaît un ralentissement depuis deux ans alors que l’Etat azérie continue de soutenir des projets environnementaux sur l’ensemble de son territoire.

L’écologie pas une nouveauté politique

Les autorités azéries ont lancé un programme environnemental en 2003 visant à promouvoir le développement durable socio-économique du pays et la restauration et l’expansion de ses forêts. Ce programme a ensuite été suivi par l’adoption de trois programmes d’Etat sur l’environnement. Il faut noter qu’il existe peu de pays ayant fait partie de l’Union Soviétique qui manifestent une volonté politique orientée vers la protection et/ou la dépollution de l’environnement. Mais la principale décision en matière d’environnement de l’Azerbaïdjan s’est opérée en 2006 lorsque le gouvernement a décidé de mettre en place un « plan pour l’amélioration de la situation écologique ». Qui dernier s’est étalé de 2006 à 2010.

L’aboutissement de toutes ces mesures a été récompensé en 2012 par l’obtention de l’Azerbaïdjan de la 2ème position des pays présentant les meilleurs indicateurs d’éco-développement, d’après le classement de l’indice de performance environnementale (IPE) de l’Université de Yale. Ce classement prend en compte 132 entités souveraines et met en avant la santé et l’état de l’écosystème, ainsi que les efforts et progrès qui sont réalisés par les pays dans le domaine du développement durable. Malgré cette publicité méritée, l’engouement et la volonté politique du pays pour lutter contre la pollution semble s’être enrayée.

Relancer la machine écologique azérie

Après une période très engagée dans la lutte contre la dégradation de ces espaces naturels l’Azerbaïdjan donne moins de signe clair en faveur de la transition écologique. Pourtant, ce pays est très attaché à la diversité naturelle qui le compose. Il possède plus de 120 zones protégées. Autre signal préoccupant, le pays ne milite pas en faveur d’une transition énergétique nationale ni pour la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. Pourtant, le pays est pionnier en matière de lutte contre la pollution, cette dernière ayant frappé de plein fouet la biodiversité azérie sous l’ère soviétique.

Ce pays pourrait-il devenir un modèle pour les pays en développement qui souhaitent s’engager sur le chemin d’une transition vers une économie verte ? Rien n’est moins sûr. Cependant, l’Azerbaïdjan souhaite tendre vers une utilisation rationnelle de ses ressources naturelles. L’Etat aspire également à s’attaquer au problème de dégradation des sols, à la baisse de ses réserves forestières et à la réglementation jugée inadéquate de l’industrie et du logement. Les enjeux pour se pays sont également sanitaires compte tenu de pollution des sols et du déclin inquiétant des réserves de poissons que le ministère de l’écologie et des ressources naturelles tente de juguler. Il n’apparaît pas totalement déraisonnable de penser que le pays pourrait profiter de l’élan politique et social créé par la conférence internationale sur le climat de Lima, qui vient juste de s’achever, pour proposer des mesures écologiques plus ambitieuses.

Choisir de ne pas couvrir la marche pour le climat

People's Climate March
People’s Climate March

Ce qui est qualifié de mobilisation historique contre le changement climatique n’a pas fait long feu dans la cheminée médiatique. La People’s climate march s’est tenue, dimanche 21 Septembre 2014, sur tous les continents. Pourtant l’écho politique se fait lui aussi attendre. Cette marche était organisée par le mouvement de cybermilitantisme Avaaz, en collaboration avec des associations locales.

Les médias américains, notamment ceux qui ont leurs sièges à New-York n’ont pas relayé suffisamment l’information de la People’s climate march qui  a eu lieu en plein centre de Manhattan. Les médias européens n’ont pas offert une large couverture sur cet événement national et international. Est-ce là un choix éditorial ou politique, comme le pense certains participants de la People’s climate march?

Deux jours après ce quasi couac médiatique, le président de la République, François Hollande, annonce un don d’un milliard de dollars pour la conférence onusienne sur le climat. Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, espérait récolter 10 milliards de dollars pour ce forum mondial sur le climat. Actuellement, seulement 2 milliards de dollars ont été réunis.

L’ancienne ministre de l’Ecologie, Cécile Duflot, apparaissait heureuse de la mobilisation en faveur de la marche pour le climat, notamment à cause du nombre de personnes présentes pour cette manifestation à Paris : entre 5000, selon la police, et 25000 selon les organisateurs.  La lutte contre le changement climatique et pour la transition énergétique est donc un réel engouement responsable des citoyens. Cependant nombre d’observateurs, dont Mme Duflot, regrette le « manque de volonté politique » pour faire évoluer les choses dans le bon sens.

Alors que l’échéance de la conférence climat Paris 2015 arrive à grands pas, il temps pour certains députés socialistes que François Hollande agisse dans le sens du développement durable en faisant des propositions claires et courageuses. Le dossier climatique est une occasion pour lui de se démarquer sur la scène politique nationale et mondiale.

L’ONU : création d’une Assemblée des Nations Unies pour l’environnement

L’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement remplace le Conseil du PNUE

un.org

Le 14 mars 2013, le PNUE, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, communique sur cette décision. Le Conseil gouvernant du PNUE se nomme désormais l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement du PNUE. Cette nouvelle dénomination ne change ni les fonctions, buts ou objectifs du PNUE. Avant 2012, seuls 58 pays avaient adhéré au PNUE. Le PNUE se félicite de cet accord qui signifie, pour lui, « la participation pleine et future des 193 Etats- membres de l’ONU dans le corps gouvernant du PNUE ». Cette adhésion universelle montre ainsi l’application des engagements pris par les pays membre lors de la Conférence de l’ONU sur le développement durable (Rio+20). Elle permet, en outre, de renforcer le rôle et les moyens du PNUE en faveur du développement durable.

On indique que plusieurs pays comme le Kenya abritent plusieurs agences de l’ONU et militent pour transformer le PNUE en Organisation de l’ONU pour l’environnement.

Avec cet accord de l’ONU, les actions du PNUE pourront être davantage « renforcées et améliorées » pour relever les défis environnementaux auxquels le monde est confronté. L’organisation pourra aussi recevoir des ressources financières « sûres, stables et élargies en provenance du budget régulier de l’ONU ».

Qu’est-ce le PNUE et quels sont ses champs d’action ?

Le PNUE est un organisme créé en 1972 dont les trois principaux buts sont de : coordonner des activités des Nations unies dans le domaine de l’environnement ; assister les pays dans la mise en œuvre de politiques environnementales ; encourager le développement durable.

Ses activités sont étendues, elles peuvent concerner la sauvegarde des écosystèmes marins et terrestres, la protection de l’atmosphère, la promotion et l’amélioration de la science environnementale ou encore l’élaboration de moyens de préventions et de réponses rapides aux catastrophes environnementales. D’autres activités sont présentées en fin d’article.

Jusqu’à présent il a développé des manuels de recommandations et des traités d’applications concernant des problèmes tels que le commerce international de produits chimiques potentiellement dangereux, la pollution de l’air transfrontalière, la contamination des routes maritimes internationales, la défense des animaux, etc.

En surfant sur le net, on apprend également qu’en 1988, il a créé avec l’Organisation météorologique mondiale le GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. En 2007, il a annoncé la création d’un Groupe d’experts sur la gestion durable des ressources.

En outre, il publie plusieurs types de documents : outre ses rapports annuels, il s’agit de rapports scientifiques, de romans, de magazines comme Notre planète et Tunza  pour les plus jeunes ou encore sa lettre d’informations nommée Synergies. De manière plus importante, il publie régulièrement un état de la planète ; le dernier datant de 2007.

Le site officiel du PNUE

On apprend qu’un nouveau rapport de l’ONU met en garde contre l’avenir incertain des éléphants en Afrique. Un rapport établi par le PNUE, la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces sauvages de faune et de flore menacés d’extinction, la TRAFFIC, le réseau de suivi du commerce de la faune et de la vie sauvage et l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature, ont indiqué que « le suivi des saisies d’ivoire destinées à l’Asie est révélateur de l’implication des réseaux criminels ». Concernant l’abattage illégal des éléphants, la CITES a montré que sur 40% de la population totale des éléphants en Afrique, on estime à 17 000 éléphants tués illégalement en 2011. Les chiffres semblent se confirmer pour 2012. Pour d’amples informations sur le sujet, je vous invite à vous rendre sur leur site officiel du PNUE, ci-dessus.

Dans une volonté de vous montrer un éventail plus large de leurs activités, le PNUE propose également, concernant le climat et le développement, des solutions d’éclairage hors réseau pouvant avoir des effets bénéfiques pour la planète.

De même, le PNUE, dans son Annuaire 2013 qui met en avant les « problèmes émergents auxquels est confronté l’environnement mondial », explique que « la ruée vers les ressources, motivée par l’apparente accélération de la fonte de la banquise, appelle à la prudence et à une gouvernance efficace afin d’empêcher tout dommage à l’environnement fragile de l’Arctique ». Le rapport met ainsi en avant les conséquences possibles liées au changement climatique mais aussi de nombreuses recommandations pour répondre à ces nouveaux problèmes telles que « la réduction du gaz à effet de serre », « le renforcement des systèmes de surveillance et d’alerte rapide concernant toute nouvelle évolution du fait de la rapidité du changement », etc.

De nombreux rapports complets sont disponibles sur leur site.

Dernier détail : dans l’agenda du PNUE, le 5 juin prochain aura lieu la Journée Mondiale de l’Environnement sur le thème « Pensez. Mangez. Préservez ». N’hésitez pas à la fêter !

ETALEMENT URBAIN ET CHANGEMENTS CLIMATIQUES : ETAT DES LIEUX ET PROPOSITIONS

Le Réseau Action Climat-France (RAC-F), qui est le représentant français du réseau mondial d’ONG concernées par les changements climatiques, le « CAN : Climate Action Network », a publié, le 19 août dernier, un rapport sur l’étalement urbain et les changements climatiques. Si l’artificialisation des sols et l’urbanisation sont souvent perçues comme une tendance à enrayer, cette publication aborde ce sujet sous l’angle climat-énergie, en dressant un état des lieux des impacts environnementaux, économiques et sociaux de l’étalement urbain et en faisant émerger de véritables pistes de progrès.

Impacts de l’étalement urbain

L’étalement urbain, dont le principal facteur est la prédilection pour l’habitat individuel et son corolaire, la construction de logements neufs et des infrastructures associées, est souvent dénoncé en raison de ses impacts environnementaux et sociaux.
Si le thème de la Semaine internationale de l’eau 2011 – L’eau dans le monde urbain – nous  rappelle que le phénomène d’urbanisation accentue le problème d’accès à l’eau, les conséquences de l’étalement urbain s’étendent également à la problématique des changements climatiques.

Ce développement périurbain majoritairement non maîtrisé et la spécialisation fonctionnelle et sociale de l’organisation spatiale,  induisent une faible densité démographique génératrice elle-même d’une augmentation de la mobilité locale et de la création de lourdes infrastructures de voies et de réseaux. Deux phénomènes à l’origine d’émissions de gaz à effets de serre. L’artificialisation des sols cultivables réduit significativement les espaces agricoles, dont les corollaires principaux sont la diminution des capacités de stockage du carbone dans les sols et la biomasse et la plus grande vulnérabilité de la biodiversité, de l’agriculture et plus généralement des territoires aux changements climatiques (inondations, sécheresses, tempêtes).

Préconisations du RAC-F

Les conséquences de cet étalement urbain ne sont pas soutenables.

Ce constat est partagé depuis plusieurs dizaines d’années et la lutte contre l’étalement urbain compte, depuis son inscription dans les lois Grenelle, parmi les objectifs des politiques publiques, au niveau national comme local. Cependant, la seule affirmation de cet objectif de suffira pas. Un véritable changement ne pourra s’opérer qu’au travers de la mise en place de politiques territoriales ambitieuses et efficaces et d’un cadre national cohérent.

En priorité, le RAC préconise de transférer la compétence d’élaboration des plans locaux d’urbanisme (PLU), actuellement aux mains des communes, à l’intercommunalité, qui dispose davantage du recul nécessaire et des moyens humains et financiers pour réaliser et mettre en œuvre une politique d’urbanisme capable de répondre aux enjeux du développement durable. Il s’agirait dans un premier temps d’inciter financièrement les communes à choisir le transfert de cette compétence, pour préparer d’ici quelques années à une obligation de ce transfert.

Parmi les autres solutions proposées, figurent entre autres :

  • l’intégration d’une véritable stratégie foncière dans le rapport de présentation du PLU
  • le renforcement de l’ingénierie territoriale en matière d’urbanisme et d’aménagement
  • la réforme de la fiscalité foncière et immobilière
  • l’instauration de la contribution climat-énergie qui consisterait à taxer la consommation d’énergie
  • la réforme du Prêt à taux zéro
  • le lancement d’un grand programme de rénovation des logements
  • la construction et la pérennisation des logements sociaux proches du centre
  • l’articulation des politiques d’urbanisme et de mobilité, etc.

L’aménagement durable des territoires dépendra non seulement des politiques développées à cet effet mais nécessitera aussi la révision des principes qui continuent de guider le développement urbain et une refonte de la gouvernance territoriale.

Un rapport du CAE redoute pour l’avenir de la voiture électrique

source: lev-news.com

Rien ne laisse présager un avenir commercial radieux à la voiture électrique d’après le dernier rapport de Jean Syrosa, dont les premières conclusions ont été dévoilées fin mars. Le chercheur du Conseil d’Analyse Economique (CAE) parie plutôt sur les véhicules hybrides (mêlant carburant et électricité) avant d’espérer voir se développer un marché de masse des voitures électriques. Le tout électrique est handicapé par des batteries encore trop chères et à l’autonomie perfectible.

 

Une liste non exhaustive de défauts

Le rapport du CAE est sceptique et liste les obstacles à la commercialisation générale du modèle électrique.

Les variables les plus importantes sont évidemment le prix et l’autonomie.  Pourquoi payer une voiture bien plus chère – « le  coût de revient kilométrique d’un véhicule électrique apparaît le plus souvent entre 20 % et 100 % plus élevé qu’un véhicule conventionnel à usage équivalent » – quand son autonomie est bien plus limitée ?

Un exemple est celui du projet de Rolls-Royce Phantom électrique. Le projet de voiture électrique de luxe semble tomber à l’eau, faute de clients.

Le surcoût des batteries (achetées ou louées) est très difficilement compensé par les économies sur l’essence, même en tenant compte de l’aide actuelle de l’Etat, de 5 000 euros en France, d’autant que les points de recharges sont quasi-inexistants car ils sont très chers à mettre en place.

S’ajoutent à ces obstacles, la question de l’approvisionnement des batteries en lithium, tenu par trois pays (Japon, Corée, Chine), le soupçon sur leur inflammabilité, l’obstacle de la recharge, qui manque toujours de points d’accès publics et privés et qui exige entre cinq et huit heures en temps normal…

 

Des milliers investis pour peu ?

Le rapport est cependant plus positif quant à un éventuel essor des deux-roues ou trois roues électriques. Les auteurs du rapport n’entrevoient l’électrique que dans le cadre des véhicules hybrides.

Finalement, la voiture électrique semble plus un investissement de niche comme pour les  flottes d’entreprises et l’auto-partage. Même si pour Autolib’ proposé à Paris par Delanoë, Jean Syrosa calcule une rentabilité de service qu’avec 200 000 abonnements et 7 h d’utilisation journalière de chaque véhicule…

Le CAE questionne aussi le bénéfice environnemental des véhicules électriques : il est difficile de dresser un bilan net de la conception au recyclage des batteries. L’utilisation et l’origine de l’électricité peut les amener à « un bilan désastreux ».

Au final, « pour les pouvoirs publics, l’atteinte d’objectifs généraux de réduction des émissions passe d’abord par l’incessante amélioration des performances des véhicules thermiques » affirment les auteurs du rapport.

 

Qu’est-ce que propose le CAE ?

Il faut cessez de croire au mythe de la voiture « décarbonée » : les émissions de CO2 d’un véhicule électrique en France seraient de 41g de CO2/km, soit bien en-dessous des 130 grammes actuellement émis par un véhicule thermique dans le pays. Mais au Japon ou en Corée ce taux grimperait à 130g, et irait même jusqu’à 200g pour un véhicule chinois, décrit Jean Syrota.

Le rapport propose d’« imposer les systèmes de stop and start sur toutes les voitures », c’est-à-dire un système coupant automatiquement le moteur quand il est à l’arrêt. Les auteurs ajoutent qu’il faudrait « réduire le stationnement résidentiel en augmentant son tarif », « imposer une norme pour les bornes de recharge électriques », et de « renforcer l’incitation à l’achat de véhicules peu polluants ».

Ce papier ne fait pas l’unanimité. Beaucoup lui reproche de ne pas prendre en compte l’ensemble des innovations technologiques récentes. Le ton rabat-joie de l’analyse déconcerte les lobbies de l’électricité et les constructeurs. Les répercussions du rapor dépendront de l’influence des acteurs du véhicule électrique ) s’exprimer sur la scène publique et à réduire les obstacles de prix et d’autonomie de cette automobile…

Sources: Green Univers, OuestFrance-Auto, Latribune, enviro2b, 20minutes.fr

Environnement : publication du World Risk Report 2012

Climate Himalaya

Avec la publication du World Risk Report 2012 (WRR), un nouveau message est adressé en faveur de la protection de l’environnement. L’Alliance allemande pour le développement Works (Alliance), Université des Nations-Unies pour l’environnement et la sécurité humaine (UNU-EHS) et The Nature Conservancy, qui a présenté le rapport, montrent que la dégradation de l’environnement est « un facteur important qui réduit la capacité des sociétés à faire face à des risques de catastrophe dans de nombreux pays à travers le monde ».

Des chiffres alarmants

Concernant la décennie 2002-2011, les chiffres sont bel et bien alarmants. Le nombre de catastrophes recensées s’élève à 4 130. Le nombre de décès affiché dépasse la barre du million. Quant aux pertes économiques, elles sont estimées à « au moins 1,195 trillions de dollars ».

Une classification selon le WorldRiskIndex

Le WorldRiskIndex, développé par l’Université des Nations-Unies pour l’environnement et la sécurité humaine, en coopération avec l’Alliance, permet de déterminer « le risque d’être victime d’une catastrophe naturelle » pour « 173 pays » du monde. On apprend par exemple que les Etats les plus « à risque » en cas de catastrophe sont « les Etats insulaires du Pacifique de Vanuatu et Tonga ». Les nations les moins exposées sont « Malte » et « le Qatar ».

Liens entre la dégradation de l’environnement et les risques

L’accent a été mis sur les liens qui existent entre la dégradation de l’environnement et les risques, notamment grâce à The Nature Conservancy, qui a été un partenaire incontournable dans le rapport de cette année. Le Dr Michael Beck, responsable scientifique marine à The Nature Conservancy, explique ainsi : « ce rapport illustre le rôle important que la nature peut jouer dans la réduction des risques pour les personnes et les biens contre les aléas touchant les littoraux comme les tempêtes, l’érosion et les inondations. Ainsi, les récifs coralliens ou les mangroves apparaissent comme des protections naturelles flexibles, rentables et durables et constituent une premières lignes de défense que d’autres éléments tels que la pêche, le tourisme, les digues ou les brise-lames ne fourniront jamais ».

Par exemple, 200 millions de personnes pourraient souffrir de coûts bien plus élevés lors de catastrophes si les récifs coralliens qui les protègent étaient dégradés. Démonstration en est faite par Michael Beck et Christine Shepard, co-auteurs du WRR. Les pays les plus vulnérables au regard de cette menace sont l’Indonésie et l’Inde (> 35 M d’habitants chacun), suivis par les Philippines (> 20M), Chine (> 15 M), Brésil, Vietnam, le Brésil et les Etats-Unis (tous> 7M). En outre, une vingtaine de pays ont une majorité de leur population vivant à de basses altitudes et près de récifs. Les Maldives, Palau, Saint-Kitts-et-Nevis, la Grenade, les Bermudes, les Bahamas, et à Bahreïn sont donc également visés.

Les autres « points chauds »

Le Dr Jörk Birkmann, de l’UNU-EHS, précise que « le WorldRiskIndex révèle les hotspots mondiaux pour des risques de catastrophe en Océanie, en Asie du Sud, le sud du Sahel et surtout en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Ces lieux ont des niveaux de menace très élevé avec des population très vulnérables ».

Parions que l’ouragan Sandy fera moins de dégâts à New-York qu’aux Antilles, plus fragiles.

Sources : catnat.net, nature.org

L’Union européenne et le Libéria s’engagent pour la protection des forêts tropicales

crédits : fotosearch.fr

L’Union européenne et le Libéria viennent en effet de conclure le 9 mai un accord de partenariat volontaire, qui va dans le sens d’une gestion durable et responsable des ressources en bois de l’Etat africain, au sein duquel se concentrent plus de la moitié des forêts tropicales d’Afrique de l’Ouest. Celui-ci aura pour objectif, à l’horizon 2014, d’établir un système d’autorisation d’exportation du bois à destination des Etats membres, afin de garantir le caractère légal et contrôlé de sa coupe.

Mais cet accord peut aussi être perçu comme un mécanisme de prévention des conflits armés dans la région. Les revenus tirés de l’exploitation illégale du bois avaient en effet servi au financement des conflits armés qu’a connu le Libéria durant les années 1990.

L’Union européenne pour sa part n’en est pas à son coup d’essai. Ce même type d’accord a ainsi été conclu auparavant avec d’autres pays exportateurs de bois : la République Centrafricaine, le Cameroun, le Ghana, la République Démocratique du Congo et l’Indonésie. Une démarche plus que responsable puisqu’on estime qu’environ un tiers de la production mondiale de bois est produite illégalement.

Villes: des « puits de carbones »

Une étude publiée récemment dans le Journal of Applied Ecology a montré que les espaces verts peuvent apporter leur contribution au stockage de carbone et faire des villes des « puits de carbone urbain ».

A la suite d’une observation de la ville de Leicester dans les Middle Highlands, au centre de l’Angleterre, abritant 300 000 habitants sur 73 km2, les scientifiques ont mesuré la capacité à absorber le CO2 des parcs, jardins, zones industrielles abandonnées, golfs, berges et accotements des routes et ont trouvé que 231 000 tonnes de carbone ont été captées par ces espaces.

Les zones urbaines ne sont d’ordinaire jamais prises en compte comme source de photosynthèse. L’étude montre que leur contribution peut être significative.

Bien sûr les espaces verts dans les villes ne peuvent faire oublier l’impact néfaste de la pollution urbaine sur le réchauffement climatique. Aussi les « puits de carbone » ne seront certainement pas suffisants pour compenser les énormes émissions de carbone des activités humaines et du monde. Mais cela laisse à réfléchir. Alors qu’environ 4 % de la surface terrestre est urbanisée, et que la population mondiale s’élève à sept milliards aujourd’hui, pour croitre à près de 9,5 milliards d’individus d’ici à 2050, il va devenir essentiel de favoriser les dispositions des villes à absorber le carbone, en encourageant par exemple les jardiniers à planter des arbres plutôt que des pelouses ou des arbustes.

Le réchauffement climatique influe de plus en plus rapidement sur les forêts françaises

Un colloque a réuni jeudi dernier à Paris des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique, du CNRS (INRA) et de plusieurs universités. Ce rassemblement a permis de dévoiler une étude sur l’impact du réchauffement climatique sur les forêts françaises.

« Il y a 10 ou 15 ans, on pensait que l’impact du réchauffement climatique serait bénéfique à la forêt. » L’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère laissait espérer un impact positif sur la croissance des arbres et un rendement plus important des massifs forestiers. Le constat des chercheurs aujourd’hui est moins optimiste. Les scientifiques ont expliqué que « au mieux nous irons vers une stabilisation, au pire vers une diminution de la production de nos forêts ».

Les études présentées durant le colloque n’avaient pas pour objectif de définir « la carte des forêts françaises de demain », mais bien de quantifier l’amplitude des changements rencontrés au cours du XXIème siècle.

Les scientifiques affirment que le  principal danger qui menace les forêts réside dans les sécheresses qui devraient se multiplier et s’aggraver suite au réchauffement de la planète. En conséquence de ces périodes sans pluie, les forêts souffriront d’un manque d’eau qui causera leur régression. Certaines régions comme par exemple le Sud et le Sud-Ouest de l’hexagone seront touchées dans un futur proche (vers 2050).

Les espèces méditerranéennes, comme le chêne vert (Quercus ilex), devraient remonter vers le nord. Quand au pin sylvestre (Pinus sylvestris), l’espèce diminuera considérablement dans tout l’Ouest, voire disparaîtra. « L’augmentation des températures sera particulièrement néfaste pour cette espèce, impactant fortement la respiration de l’arbre », indique Paul Leadley, du laboratoire d’écologie systématique et évolution de l’Université d’Orsay (ESE).

Selon les chercheurs, les forestiers devront donc s’adapter en fonction des espèces, de la région et du milieu local. Un colloque international sur les forêts et les changements climatiques se tiendra en mai 2012 à Tours.

Sources : immoxygene, journal de l’environnement

Les traditions Massaïs menacées par le changement climatique

Le peuple Massaï se définit à la fois comme une population de pasteurs et de nomades. Les tribus élèvent les troupeaux de vaches qui constituent leur principale source de richesse. En pleine période de changement climatique et de pressions démographiques, les tribus ont de plus en plus de mal à faire perdurer leurs troupeaux.

On estime le nombre de Massaïs entre 300 000 et 800 000 personnes réparties sur les savanes de Tanzanie et du Kenya. Au gré des saisons, les Massaïs font paître leur cheptel là où l’herbe et les pâturages sont abondants. Ce peuple revendique son indépendance mais aussi son attachement à ses traditions et son mode de vie. Gardiens des terres qu’ils investissent, les Massaïs se disent également gardiens d’un bien que leur dieu unique leur a confié : la vache.

L’idée donc, que certains éleveurs kényans puissent chercher à réduire le nombre de bêtes au sein de leurs troupeaux semble peu probable. Mais avec l’augmentation des sécheresses qui dévaste une importante quantité de bétail et la population humaine qui ne cesse de croître, les pâturages disponibles se font de plus en plus rares.

«  Les précipitations sont beaucoup moins abondantes qu’avant, au mois de mars dernier, il n’a plu que deux semaines. Il arrive que parfois, les précipitations durent deux ou trois semaines, mais la sécheresse revient avant que l’herbe n’ait le temps de repousser ce qui cause la perte de nombreuses bêtes au sein du troupeau. Si j’avais plus d’argent, j’aimerais pouvoir envoyer mon fils à l’école pour qu’il n’ait pas à devenir éleveur comme moi » indique Kenyatta Mpesi, un Massaï de 44 ans.

Le changement devient alors inévitable et les tribus d’éleveurs  sont désormais obligés de s’adapter à ce monde en mutation.

Dans la région de la Vallée du Rift, au Kenya, un programme innovant a été mis en place par un groupe Massaï  afin d’aider les éleveurs à maintenir leur mode de vie traditionnel. L’idée est de rassembler un seul et même troupeau de grande qualité – bien adapté aux conditions difficiles – et de la faire paître de la même manière que le font les animaux sauvages de la région.

Les animaux se tiennent alors regroupés contre les prédateurs. Ils ont un gros impact sur une petite zone, semant des graines et fertilisant la terre quand ils passent. Quand la pluie arrive, le sol est bien préparé pour que croissent de nouveaux pâturages même lors de sécheresses.

Une vidéo de ce programme est disponible à cette adresse.

Sources : the guardian , cntv

La sécheresse risque fort de perturber la nidification des oiseaux

crédits : fotosearsh.fr

 

L’association de protection de l’environnement RSPB, spécialisée dans le domaine de la protection des oiseaux vient de lancer un appel afin de sensibiliser le public aux dangers de la sécheresse sur leur habitat. De la boue humide est en effet nécessaire pour bâtir un nid. Or, elle se fait de plus en plus rare… Et cela pourrait aller jusqu’à influer négativement sur les chances des oiseaux de se reproduire avec succès. Elle nous suggère ainsi de mettre à leur disposition de la boue humide, dans un récipient peu profond.

La principale espèce menacée est l’hirondelle, qui produit généralement deux ou trois couvées durant l’été. Nichant généralement sur nos toits, celle-ci a besoin de fixer solidement son nid pour assurer la sécurité de sa progéniture. Il ne tient dès lors plus qu’à nous de lui en donner les moyens.

Mc Phy Energy lance un procédé révolutionnaire de stockage de l’hydrogène

crédits : fotosearch.fr

Il était jusqu’alors possible de stocker l’hydrogène produit sur un site industriel sous forme liquide, ou comprimée. Il sera maintenant envisageable de le stocker sous forme de fines galettes d’hydrure de magnésium solides. Plus sûr et moins coûteuse que les deux premières formules, cette idée a de l’avenir.

La jeune start-up française MC Phy Energy vient en effet de lancer, en février dernier, la production de ces galettes capables d’emmagasiner chacune 0,5 m3 de gaz d’hydrogène. Forte de ce lancement, elle a même décroché deux importants contrats lui permettant de pérenniser cette activité, l’un avec le japonais Iwatini pour l’alimentation en piles à combustible des stations services, et l’autre avec l’italien Enel, qui souhaite utiliser ce produit pour ses parcs solaires et éoliens.

Quel est l’intérêt d’un tel concept ? L’hydrogène peut être produit par l’électrolyse de l’eau, réaction qu’il est possible d’engendrer par le biais d’une éolienne, ou encore d’une cellule photovoltaïque. Ainsi, le surplus d’électricité produit par nos fermes éoliennes et photovoltaïques, pourrait dès lors servir à produire de l’hydrogène, ensuite stocké sous forme solide, pour enfin être utilisé par nos industries comme source d’énergie.

Source : Enjeux Les Echos, mai 2011.

L’appel des religions à la protection de l’environnement

Dans le cadre de l’Interfaith Center for Sustainable Development (Centre inter-religieux pour le Développement durable), de Jérusalem en Israël, les chefs locaux du christianisme, du judaïsme et de l’islam ont lancé une campagne pour la protection de l’environnement basée sur les préceptes de leurs religions.

Un retour au « pragmatisme »…

Réchauffement climatique, acidification des océans et crise des espèces trouvent aujourd’hui des manifestations extrêmes. Personne ne peut plus ignorer l’urgence de prendre position et d’agir pour l’environnement afin d’éviter « le pire ». Les trois religions ont compris que sans une planète viable, aucun message « divin » n’aura d’échos.

Aussi c’est avec justesse que l’évêque catholique romain William Shomalie a remarqué que « si la Terre est polluée, cela touchera aussi bien les musulmans que les chrétiens et les juifs ».

Les « grandes » religions se disent naturellement vouées à sensibiliser leur fidèles aux grandes thématiques actuelles, or elles avaient jusqu’à peu laissé le domaine de « green » sur la touche. C’en est fait  avec le coup d’envoi de cette campagne de protection de l’environnement.

Parler de l’implication des religions pour l’environnement  n’est pas nécessairement du prosélytisme. Alors qu’André Malraux prophétisait que « le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas »,  et qu’aujourd’hui le ton est donné au développement durable, que reste-t-il ? Les pratiques les plus archaïques et destructrices de l’environnement persistent et les religions restent « un formidable vecteur de mobilisation » et ont une « audience considérable ». Un bon cocktail ?

…toujours voué à être diffusé…

Les trois monothéismes envisagent l’année prochaine d’organiser une conférence internationale pour « former leurs représentants respectifs aux problèmes de l’environnement ». La conférence aurait lieu en parallèle du sommet de Rio en 2012. Le but n’est pas de proposer une solution totalement alternative mais plutôt complémentaire.

Les religions investies ont l’intention de sensibiliser tant leurs croyants que « ceux du bouddhisme et de l’hindouisme aux problèmes écologiques dans la perspective de la foi », explique le rabbin David Rosen.

…« pour éviter le danger d’une crise climatique majeure »

Le dernier communiqué du centre inter-religieux pour le développement durable, qui s’appuie sur la Genèse,  appelle « les fidèles de toutes les religions à lutter contre l’effet de serre » et « de presser les dirigeants politiques à œuvrer en ce sens ». D’autant que les groupes de pression conservateurs de la Terre Sainte sont tout particulièrement puissant et « maintiennent leur (gigantesque) auditoire dans le déni vert ».

Recherche d’un renouveau d’audience ou non, cette initiative religieuse n’est pas à minorer. Elle peut faire sourire, elle peut rendre perplexe mais c’est un moyen d’inciter une part non négligeable d’individus dans le monde. A défaut d’avoir été convaincus par des arguments rationnels, les chefs religieux appellent leurs croyants à agir alors avec leur foi. Aussi preuve d’une ouverture, certains proposent que le centre inter-religieux trouve une entente avec l’Alliance of Religions and Conservation (ARC), créée en 1995, qui encourage des actions menées par des groupes religieux avec des ONG de protection de la nature et qui, comme lui, prône l’union sacrée.

Source: zegreenweb, bluewin

Cameroun : du biocarburant à partir du lisier

Les éleveurs ruraux au Cameroun sont en passe de devenir un exemple à suivre en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. En effet, afin de pallier la pénurie d’électricité sévissant dans le pays, un programme gouvernemental a été mis en place afin d’aider les fermiers à transformer le fumier de leurs animaux en biocarburants. Cette initiative permet non seulement d’apporter aux professionnels une source de revenus supplémentaires, mais aussi d’apprendre à mieux appréhender les problématiques liées à l’environnement et au changement climatique.

« Nous ne nous rendions pas compte de la destruction causée à l’environnement par le fumier en décomposition. Maintenant, nous avons appris qu’il rejette des tonnes de méthane, qui est un gaz très dangereux », déclare Juliana Mengue, une fermière veuve de 46 ans vivant au Nord-ouest du Cameroun.

Il est aujourd’hui prouvé scientifiquement que le méthane provenant du fumier a un impact non négligeable sur le changement climatique. Les efforts pour infléchir son émission à travers le monde se concentrent principalement sur la transformation de ce gaz en biocarburant et sur le changement du régime alimentaire des animaux élevés afin qu’ils en produisent moins.

Jean Kuete, le ministre camerounais de l’agriculture, a déclaré que les efforts sur le biocarburant constituent une des composantes d’un ensemble d’initiatives gouvernementales concentrées sur l’amélioration des conditions de vie des fermiers et leurs communautés.

« La technologie de production d’énergie à base de biocarburant est assez peu coûteuse  et permet ainsi aux éleveurs de l’utiliser sans une assistance financière importante ».

Selon de nombreux éleveurs, ces nouvelles technologies ont apporté des changements significatifs à leurs conditions de vie ainsi qu’à celles de leurs communautés. Afin d’installer un digesteur de fumier dans sa ferme, l’éleveur doit s’acquitter de la somme de 15 000 francs CFA, soit un quart de son prix, le reste étant pris en charge par le ministère de l’Agriculture et le groupe Heifer International qui s’est associé au projet.

Pour produire leur biocarburant, les fermiers collectent le lisier de leur bétail qui sera ensuite mélangé avec de l’eau. Cette mixture est laissée en décomposition  et le méthane s’y échappant est alors stocké dans le digesteur qui a une capacité de 18 mètres cube. A la fin du processus de décomposition, le fumier est enlevé, séché, puis transporté dans les champs locaux pour être utilisé comme fertilisant.

Micheal Mbu, un autre pionnier de la biogestion qui élève des porcs, des chèvres et des vaches, affirme que la simplicité du procédé est à la portée de n’importe quel fermier et peut lui assurer une véritable source de revenus complémentaires.

« J’ai connecté le méthane à dix cuiseuses avec deux pompes qui assurent une fourniture constante en essence. Avec ça, j’ai de l’énergie pour faire de la farine à pain et à pâtisserie. J’ai monté ma petite affaire qui emploi aujourd’hui cinq personnes ».

Eugène Ejolle Ehabe, membre du gouvernement en charge de la recherche et du développement pour l’agriculture, a déclaré dans un entretien que la production de biocarburant à partir de fumier et autres déchets pourrait, en étant appliquée à l’échelle nationale, endiguer les énormes pertes en bois et ainsi améliorer significativement le développement.

Il a noté que seulement un cinquième des ménages ruraux avait accès à l’électricité et seulement 40% des ménages urbains. Chaque année au Cameroun, des milliers d’arbres sont coupés, le bois restant la principale source d’énergie dans les milieux ruraux.

« La production de biocarburant pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation et ainsi aider à préserver les forêts et la fertilité des sols » a-t-il déclaré.

Sources :  trust.org   bonaberi

Réchauffement climatique : les animaux et les plantes migrent plus vite que prévu

 

Si certaines conséquences du réchauffement climatique étaient déjà connues, telles que le retrait des glaciers, la fonte de la banquise ou l’élévation du niveau moyen des océans,  son impact sur les migrations des espèces animales et végétales était moins évident, celles-ci étant plutôt attribuées à la destruction des écosystèmes par l’homme.

Or, les conclusions d’une étude de département de biologie de l’université de York, publiées le 19 août dans la revue Science, établissent un lien direct entre ces migrations et le réchauffement climatique.  A partir de l’analyse de données sur quatre décennies, il a été démontré que sous l’effet de la chaleur, les animaux et les plantes migrent vers les pôles et des altitudes plus hautes, à un rythme qui va de pair avec celui du réchauffement climatique.

Si la capacité des espèces à s’adapter aux changements de température était déjà connue des scientifiques, en revanche la rapidité de ces déplacements mise en évidence par cette enquête reste une surprise. En moyenne, les espèces déplacent leur habitat vers des zones moins affectées par les changements climatiques, à raison de 17,6 kilomètres et 12,2 mètres d’altitudes par décennie, soit trois fois plus vite en latitude et deux fois plus vite en altitude que présumé.

« Ces changements reviennent, pour les plantes et animaux, à s’éloigner de l’équateur de vingt centimètres par heure, chaque heure et chaque jour de chaque année, explique Chris Thomas, biologiste à l’université de York et responsable de l’étude.

Autre surprise, il n’y a pas de différence entre les groupes taxonomiques : les plantes se déplacent au même rythme que les insectes, les oiseaux et les mammifères. En revanche, au sein de ces groupes, certaines espèces se déplacent beaucoup plus vite que d’autres, comme le papillon commun en Grande-Bretagne qui a migré 220 km vers le nord en deux décennies.

Si les résultats induisent le risque, à terme, d’extinction d’espèces dans certaines régions où les  conditions climatiques se détériorent, certains experts y décèlent plutôt une note d’espoir, puisque d’autres espèces vont se déplacer vers les zones où le climat sera devenu convenable, révélant ainsi une capacité d’adaptation au changement climatique. Mais qu’en sera-t-il si le rythme du réchauffement climatique s’accélère ?

Cette étude, en mettant en lumière un nouvel impact du réchauffement climatique, nous rappelle l’importance de ralentir son rythme.

OMI : entrée en vigueur d’une nouvelle régulation sur la pollution marine dans l’Antarctique

Soucieuse de réduire la pollution dans l’océan Antarctique, l’Organisation maritime mondiale (OMI) a déclaré dans un communiqué que la nouvelle régulation permettant de lutter contre la pollution dégagée par les navires transitant dans la région de l’Antarctique entrait en vigueur, hier, le 1er août.

Des amendements à la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) détaillent la densité spécifique de pétrole brut qui ne devrait pas être utilisée par les navires sillonnant l’Antarctique. En dessous de cette densité fixée, le carburant est considéré comme de moindre qualité. Ainsi « les navires de commerce comme ceux de passagers auront besoin de changer de carburant lorsqu’ils transitent par la zone de l’Antarctique », explique l’OMI, lorsque ces cargos navigueront avec du carburant de qualité inférieure.

La Convention prévoit aussi une zone nord-américaine de contrôle des émissions (ECA), dans laquelle les émissions d’oxydes de soufre, d’oxydes d’azote et d’autres produits provenant des navires seront soumises à des contrôles plus sévères que les limites qui sont actuellement appliquées.

La pollution a un impact considérable sur les glaciers des pôles. La revue scientifique Nature Climate Change a révélé d’ailleurs récemment que les polluants piégés dans les glaces se volatilisaient dans l’air à cause du réchauffement climatique, alimentant l’effet de serre… L’entrée en vigueur de cette mesure marque donc une étape concrète pour réduire les émissions de gaz polluants nuisibles à l’environnement.

Accès à l’énergie : l’ONU et l’UE s’engagent

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Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, a appelé l’UE à faire preuve de leadership politique pour développer l’accès à l’énergie dans les pays en voie de développement. Un objectif : parvenir à l’accès universel à l’énergie d’ici 2030.

Où sont prises les décisions ?

C’est à Bruxelles, dans le cadre d’une réunion avec les ministres européens du développement et des représentants de groupes privés du secteur énergétique que Ban Ki-Moon a rappelé le souhait de l’ONU de « doubler la part des énergies renouvelables et doubler le taux d’amélioration de l’efficacité énergétique dans le monde d’ici 2030 ».

Pour ce faire, il appelle l’UE, « premier donateur mondial en matière d’aide au développement », et plus précisément, ses dirigeants, à faire preuve de « leadership politique ».

M. Barroso, président de la Commission européenne, a donc fait part de l’objectif européen de « contribuer à offrir d’ici 2030 un accès à l’énergie à 500 millions de personnes supplémentaires dans les pays en voie de développement ». Concrètement, les instances européennes ont débloqué « 50 millions d’euros sur deux ans pour aider les pays qui le souhaitent à bénéficier d’expertise sur le terrain ».

M. Barroso aurait affirmé que « cette promesse démontre notre propre engagement et notre espoir que d’autres se joindront à nous pour faire en sorte que d’ici 2030, l’accès à l’énergie ne soit plus un privilège mais un droit pour tous ».

Le droit à l’énergie : c’est bien de cela dont il est question.

Rappelons donc qu’en juin prochain, se tiendra au Brésil, la conférence de l’ONU sur le développement durable RIO+20 (parce que 20 ans déjà se sont écoulés depuis le premier sommet de la Terre, à Rio). Un plan d’action pour le développement durable de la planète doit y être élaboré.

Les institutions s’activent donc, au niveau international et au niveau européen. Comme le note l’AFP, « d’ici là, l’UE et ses Etats vont chercher à mobiliser des aides supplémentaires à  hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros pour soutenir les investissements dans le secteur de l’énergie durable dans les pays en développement ».

On apprend qu’une part de cet argent sera versée par la Banque européennes d’investissement (BEI), l’autre proviendra « d’autres banques » et du secteur privé.

A ceux qui objecteraient une solidarité trop accrue de l’UE vis-à-vis de l’extérieur quand la situation économique intérieure est désastreuse, Ban Ki-Moon répond que l’aide pour l’accès à énergie ne relève pas d’une « question de charité », mais qu’il s’agit bien de « repenser les solutions énergétiques conventionnelles, dans le contexte d’un réchauffement climatique global ».

RAPPEL :

–       1 personne sur 5 n’a pas accès à l’électricité

–      Plus de 40% des habitants de la planète font la cuisine et chauffent leur logement avec des foyers ouverts ou des fourneaux fonctionnant au charbon ou avec des biomasses. De belles alternatives existent, heureusement.

WWF aurait fait part de l’accueil favorable par les ONG de ces objectifs, même s’ils sont jugés assez peu ambitieux, notamment pour ne pas dépasser un réchauffement de plus de 2C°.

Blandine Bouniol, de la confédération d’ONG européennes Concord, pointe une autre limite dans cette stratégie, estimant contradictoire d’aider les pays en développement dans leur accès à l’énergie quand l’UE exploite ces pays pour répondre à ses besoins en biocarburants.

N’oublions pas que l’UE doit faire face à sa propre précarité énergétique : de plus en plus de foyers en France, par exemple, rencontrent des difficultés à payer leur facture d’énergie, une énergie de plus en plus chère.

Sources : Romandie.com

Changement climatique : hausse de la mortalité ?

Campagne de WWF

Si l’on fait souvent état des conséquences négatives du changement climatique pour l’environnement (fonte des glaces, migrations des espèces animales et végétales, etc.), on parle moins de son impact sur la santé des hommes qui est pourtant réel et croissant.

En effet, le projet européen Climate Trap, qui étudie l’impact du changement climatique sur la santé publique, a révélé que la part des décès liés à la hausse des niveaux d’ozone devrait augmenter dans plusieurs pays européens dans les six prochaines décennies. La France, la Belgique, l’Espagne et le Portugal seraient les plus touchés avec une augmentation du taux de mortalité lié à l’ozone, qui pourrait se situer entre 10 et 14%. A l’inverse, les pays nordiques et baltiques devraient voir leur taux de mortalité liée au climat diminuer.

Ce résultat est à mettre en parallèle avec la hausse des températures qui favorise la formation d’ozone troposphérique (l’ozone des basses couches de l’atmosphère), qui est la résultante de la transformation physico-chimique des polluants primaires dans l’atmosphère.

Le docteur Hans Orru, expert de la pollution de l’air de l’université d’Umea (Estonie), a indiqué que l’ozone est « un polluant très oxydant. Il provoque des problèmes respiratoires qui peuvent conduire à des hospitalisations et des décès ».

A côté de ces prévisions, une étude à contre-courant, réalisée par l’Institut Heartland, le Centre d’étude du dioxyde de carbone et du changement climatique et le Science and Environmental Policy Project (SEPP), avance au contraire que le réchauffement climatique améliorerait la santé :

« L’humanité se portera mieux en 2100 qu’actuellement parce qu’elle sera capable de s’adapter à tous les défis que le changement climatique pourrait engendrer […] La hausse des températures conduit à une baisse de la mortalité hivernale sans forcément mener à une hausse de la mortalité estivale. »

Des résultats étonnants qui devraient néanmoins alimenter le débat autour du changement climatique.

Le Royaume-Uni bientôt leader en matière de réduction des émissions de CO2

crédits : fotosearsh.fr

Le premier ministre britannique David Cameron est en passe de tenir l’une de ses promesses de campagne : conduire un gouvernement plus écologique que jamais. En effet, des médias anglo-saxons tel The Guardian, nous indiquent que celui-ci devrait accepter aujourd’hui de mettre en œuvre le programme de réduction des émissions de CO2 le plus ambitieux au monde, d’ici à 2025. Il passerait ainsi outre les craintes exprimées par certains des membres de la coalition au pouvoir, qui souhaitaient voir développer un programme de réduction moins ambitieux, sur l’impact de telles mesures sur la croissance économique.

Ce programme de réduction des émissions de gaz carbonique vise à réduire leur niveau de 50% par rapport à celui relevé en 1990, à l’horizon 2025. Cette initiative a été saluée par le dirigeant de la WWF Royaume-Uni, Keith Allot. Ce dernier a en effet déclaré que le Royaume-Uni se posait avec cette décision en leader sur le dossier du changement climatique. M. Allot a également rappelé qu’aucun autre pays n’a mis en place des objectifs juridiquement contraignants en vue d’une réduction des émissions de CO2 pour les années 2020.

Le Royaume-Uni n’est pas novice en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Il avait en effet été le premier pays au monde à se doter d’une loi poursuivant cet objectif : le « Climate Change Act 2008 », en affichant alors l’objectif de réduire de 80% ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, par rapport à 1990. Un portefeuille ministériel dédié à l’énergie et au changement climatique avait été créé à cette occasion, confié aujourd’hui à Chris Huhne.

Soutenir l’effort de réduction des dettes publiques et protéger l’environnement, deux objectifs complémentaires

Comme chaque année depuis maintenant quatorze ans, plusieurs associations au premier rang desquelles Friends of the Earth, publient aux Etats-Unis un rapport consacré à l’identification des dépenses, subventions ou niches fiscales grevant le budget américain et dont la suppression serait bénéfique pour l’environnement. En cette période de crise des finances publiques, un tel travail mérite d’être mis en lumière et pourrait faire des émules.

Le magazine du développement durable nous en apprend plus sur ce sujet. Il précise ainsi que les associations engagées pour cette étude travaillent sur la base de documents comptables officiels, directement mis à disposition par l’administration fédérale américaine. Ce qui nous donne une idée du sérieux de la démarche. Suivant leurs conclusions, l’Etat fédéral américain pourrait réaliser une économie de plusieurs centaines de milliards de dollars sur une période de cinq ans.

Elles suggèrent notamment la suppression pure et simple des aides destinées aux énergies fossiles qui permettent aux industriels du secteur de bénéficier de certaines exemptions de taxe. Cette mesure permettrait de faire rentrer dans les caisses de l’Etat près de soixante milliards de dollars.

Elles estiment ensuite nécessaire de stopper l’effort de recherche coûteux entrepris en vue du développement d’une technologie de capture et de séquestration du carbone, qualifié de « quête sans fin pour faire du charbon une énergie propre », et qui plus est « potentiellement dangereuse ».

Enfin, elles militent pour un abandon du soutien au secteur de l’énergie nucléaire. Celui-ci bénéficie en effet d’aides multiples de la part de l’Etat américain, allant de subventions à la recherche & développement à des garanties de prêt, en passant par des exonérations fiscales. Elles évaluent sur ce point l’économie potentielle à cinquante milliards de dollars pour une période de cinq ans, de 2012 à 2016.