Des armées qui tendent vers le vert

Il est assez rare d’associer l’idée d’une armée régulière et l’idée du développement durable. Pourtant certaines armées modernes se penchent sur la question. En effet, la question du changement climatique concerne les armées et impliquent certains enjeux de sécurité. La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis sont des pays qui osent innover et poser les questions telles que la pollution des armées lors des opérations extérieures ou bien les menaces que fait peser le réchauffement climatique sur l’outil de défense et la sécurité des pays. La vraie question étant : l’armée et le développement durable sont-ils vraiment incompatibles ?

Armée et Environnement

Les armées modernes restent gourmandes en énergies fossiles. Au-delà du mythe, trop répandu, d’aller faire la guerre pour capturer et contrôler le pétrole de l’ennemi il faut reconnaître que ces armées se posent, elles aussi, la question de l’après pétrole. Cet un réel enjeu pour toutes les forces armées mais surtout pour la planète. Pour la Navy britannique les forces militaires doivent rechercher des énergies peu consommatrices de carbone afin de réduire leur dépendance aux énergies fossiles. Une autre question importante et difficile à résoudre est comment mener une opération coordonnée et efficace tout en ayant une moindre empreinte environnementale ? Plusieurs initiatives ont été engagées au niveau scientifique pour y remédier mais cela risque de prendre du temps, la solution des biocarburants n’étant pas satisfaisante. Sur certains théâtres d’opération ou même sur le territoire national, l’armée française est désireuse de montrer qu’elle se soucie de l’environnement dans lequel elle évolue. Ainsi sur le théâtre afghan, une station d’épuration pour le traitement des eaux usées a été mise en place dès l’année 2004 sur le camp de Warehouse. Toujours sur ce même site, le traitement des déchets était également à l’ordre du jour avec environ 40m3 de d’ordures ménagères traitées par jour. Autre exemple, en Guyane française, l’économat des armées, qui est la centrale d’achat de ministère de la Défense, s’attache à se ravitailler en produits locaux issus de l’agriculture biologique ou raisonnée afin de respecter et d’appliquer les directives développement durable.

Le changement climatique, des préoccupations sécuritaires

Mais les armées ont surtout pour rôle de protéger la population. Et chacun sait qu’aujourd’hui le dérèglement climatique pose des questions sécuritaires. Il est donc tout à fait naturel que les armées réfléchissent aux conséquences du réchauffement climatique et à des solutions pour maintenir leur efficacité opérationnelle tout en limitant la pollution inhérente aux opérations. Les Américains, par exemple, sont très inquiets de la sécurité de leurs bases militaires à l’étranger, notamment à cause du risque de montée des eaux et de l’accélération du nombre de typhons sur le globe. Le risque environnemental fait donc réagir les armées. Le changement climatique est un phénomène qui est maintenant pris en compte par les doctrines militaires, notamment américaines et britanniques. Pour les Américains, le dérèglement climatique est un phénomène à considérer parce qu’il est générateur de menace, aussi bien sur le point des catastrophes, que sur les possibles conflits sociaux directement induits comme la disponibilité de l’eau, la sécurité alimentaire ou encore l’approvisionnement énergétique. C’est dans un rapport publié en octobre 2014 que pour la première fois le Pentagone a concédé que le changement climatique constituait une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis.

Moins d’intervention pour moins de pollution

Un principe de base consiste à dire que la paix est préférable pour le genre humain mais elle l’est également pour le respect de l’environnement. Plusieurs exemples d’anciens conflits nous le prouvent comme la pollution et destruction du couvert végétal usité par les Américains au Vietnam – opération Ranch Hand – dans le but de débusquer l’ennemi. Ou encore la destruction totale et la pollution des terres pendant la première guerre mondiale à cause d’un recours massif à l’artillerie. Tous ces exemples font désormais partie du passé. Précisons que maintenant du fait des économies réalisées sur le budget de défense et la manière dont les armées opèrent, de tels désastres écologiques ne sont plus à craindre. Les armées bien qu’engagées à travers le globe sont maintenant soucieuses de tendre vers l’éco-responsabilité de leurs troupes. Qui a dit que les protecteurs de l’environnement étaient seulement des militants pacifiques ?

Crédit photo : forcesarmeesauxantilles.fr ©

Ethiopie : une tour face à la pénurie d’eau

La Warka Water est une tour en bambou conçue pour capturer l’humidité de l’air afin de répondre au manque d’eau de certaines populations. Cette tour à l’allure simple et futuriste est née suite au voyage en Ethiopie de l’architecte italien Arturo Vittori. Il s’est rendu compte de la difficulté d’accès pour les populations à des sources d’eaux potables. Il a constaté que les femmes marchaient souvent plusieurs kilomètres pour recueillir une eau insalubre dans un point d’eau souvent partagé avec des animaux. La tour Warka Water permettra peut-être de remédier à cette situation.

Inspiration locale pour solution mondiale

Selon l’Organisation Mondiale de la santé environ 1.1 milliard de personnes sur Terre n’ont pas accès à de l’eau potable. La tour Warka Water permet de collecter l’eau dans des zones sèches. Le concept est simple la Warka Water parvient à récupérer de l’eau grâce à l’air. C’est en étudiant l’artisanat traditionnel éthiopien que l’architecte italien a inventé cette tour. En forme de vase, la tour Warka Water mesure 9 mètres de haut et pèse seulement 60 kilos. Elle est réalisée à partir de matériaux naturels comme les tiges de bambou qui composent sa structure. A l’aide d’un tissage fin situé au sein de sa charpente en bambou la tour récupère les gouttes de pluie lors de la saison des moussons, les gouttes tombent ensuite dans un réservoir placé sous ce tissage. Pendant la saison sèche, toutes les particules d’eau qui sont contenues dans l’air en raison du phénomène de condensation sont également piégées dans le tissage tendu au milieu de la Warka Water et récupérées. L’objectif de l’inventeur de cette tour est de récolter jusqu’à 100 litres d’eau par jour. Plusieurs modèles de Warka Water ont été conçus et testés, notamment en Italie, au Liban et bien sûr en Ethiopie. Un défi que souhaite relever Arturo Vittori est de concevoir un tissage fin dont le maillage sera le plus efficace possible dans la récupération des gouttes d’eau.

Un projet « do it yourself »

D’après Arturo Vittori il suffirait de deux ânes pour déplacer le matériel permettant sa construction et de seulement quatre personnes pour son installation. Le coût de réalisation de cette tour ne devra pas excéder les 1.000 dollars, son concepteur souhaitant que la Warka Water puisse être réalisée de manière simple et économique et avec les matériaux dont les populations disposent sur place. En effet, aucune machine n’est nécessaire à sa fabrication. La première tour Warka Water effective doit être installée en 2015 près de Bahar Dar, en Ethiopie. C’est la phase de test finale, si c’est un succès cela pourrait constituer un moyen pérenne, facile et peu onéreux de lutter contre le manque d’eau et de combattre les problèmes de santé liés à la déshydratation. Selon son inventeur ce projet peut être adapté à tous les pays, la Warka Water serait même reproductible dans un milieu désertique.

 Enfin, le choix du nom de cette tour n’est pas anodin, le nom « Warka » désigne un arbre de la région, c’est un symbole de fertilité en Ethiopie mais également un lieu de rencontre dans les villages. Il faut préciser qu’un élément essentiel de ce projet pour Arturo Vittori est que cette tour soit acceptée par les personnes qui en auront l’usage. Elles doivent pouvoir l’accepter et se l’approprier.

Sources :
http://www.revolve-water.com/warka-water-italian-project-ethiopia/
http://www.espritsciencemetaphysiques.com/tour-impressionnante-cree-eau.html

Warka Water Crédit photo : www.domusweb.it ©

Vers une transition énergétique d’Internet ?

Il ne s’agit pas (pas encore) de pédaler devant son ordinateur pour faire fonctionner Internet et/ou son ordinateur. Néanmoins, il est important de comprendre que tous nos objets connectés sont énergivores. Pour chaque foyer la facture d’électricité se rapportant à la navigation sur Internet et l’utilisation des nouvelles technologies de l’informatique et de la communication (NTIC) pourrait faire bondir. Mais ce sont les infrastructures du web, comme les serveurs ou les data centers, qui consomment le plus d’énergie. Selon l’Agence de l’environnement de la maîtrise de l’énergie la consommation des infrastructures du web en 2030 pourrait atteindre l’équivalent de la consommation énergétique mondiale de 2008. A l’heure de la vie ultra connectée et de la transition énergétique, tous les internautes, plus au moins actifs, doivent être conscients de la quantité d’énergie consommée pour chaque appareil utilisé quotidiennement comme les ordinateurs, les Smartphones ou encore les tablettes.

Responsabiliser les internautes

La responsabilisation des utilisateurs sur la consommation des NTIC et d’Internet est un élément important. Une des motivations avancées pour opérer une évolution dans le bon sens serait de faire comprendre aux utilisateurs que leur facture d’électricité pourrait être réduite de 20% s’ils décidaient de combattre la dictature du rechargement de leurs appareils connectés, tout en régulant leur navigation sur Internet.  Par exemple, en prenant en compte des changements de batterie au stockage de données, un IPhone consomme davantage d’électricité (361 kWh/an) qu’un réfrigérateur (322 kWh/an). L’augmentation du nombre d’utilisateurs à travers le monde est aussi une réelle question. La croissance de la demande en énergie devra suivre afin de garantir un service de bonne qualité. Moins surfer sur le net pourrait nous permettre de préserver l’environnement. Mais Internet s’est imposé dans tous les domaines de notre vie : la consommation, le travail, le loisir et la culture, le social, l’administratif. Un pas de plus dans la préservation de l’environnement serait donc de proposer plus d’hébergements verts aux personnes souhaitant créer un nouveau site web. Souscrire chez un hébergeur vert permet d’ailleurs de réaliser des économies, compte tenu du fait que les installations sont moins gourmandes en énergie. De plus,  d’autres infrastructures d’Internet peuvent être améliorées. Prenons les data centers de la firme Apple, ces derniers sont alimentés à 100% en énergie renouvelable.

En définitive tout utilisateur de NTIC et d’Internet devrait connaître les enjeux énergétiques qui leurs sont liés c’est-à-dire la consommation énergétique et son efficacité. Des gestes simples peuvent être adoptés pour permettre d’économiser de l’énergie, de réduire ses dépenses en matières énergétiques, tout cela ayant pour finalité un peu plus de protection pour l’environnement.

Photo : Anthedesign.fr ©

Entreprendre l’écologie : où est passée l’Azerbaïdjan ?

Bien connue pour son indépendance énergétique rendue possible grâce à l’exploration et l’exploitation de ses champs pétrolifères situés au large de la capitale Bakou, l’Azerbaïdjan semble vouloir poursuivre son développement vers une économie plus verte. Ce pays sud-caucasien, qui s’est d’abord concentré sur son développement économique après son indépendance en 1991, s’attaque depuis les années 2000 aux questions environnementales qui le concernent. Néanmoins cet élan écologique national connaît un ralentissement depuis deux ans alors que l’Etat azérie continue de soutenir des projets environnementaux sur l’ensemble de son territoire.

L’écologie pas une nouveauté politique

Les autorités azéries ont lancé un programme environnemental en 2003 visant à promouvoir le développement durable socio-économique du pays et la restauration et l’expansion de ses forêts. Ce programme a ensuite été suivi par l’adoption de trois programmes d’Etat sur l’environnement. Il faut noter qu’il existe peu de pays ayant fait partie de l’Union Soviétique qui manifestent une volonté politique orientée vers la protection et/ou la dépollution de l’environnement. Mais la principale décision en matière d’environnement de l’Azerbaïdjan s’est opérée en 2006 lorsque le gouvernement a décidé de mettre en place un « plan pour l’amélioration de la situation écologique ». Qui dernier s’est étalé de 2006 à 2010.

L’aboutissement de toutes ces mesures a été récompensé en 2012 par l’obtention de l’Azerbaïdjan de la 2ème position des pays présentant les meilleurs indicateurs d’éco-développement, d’après le classement de l’indice de performance environnementale (IPE) de l’Université de Yale. Ce classement prend en compte 132 entités souveraines et met en avant la santé et l’état de l’écosystème, ainsi que les efforts et progrès qui sont réalisés par les pays dans le domaine du développement durable. Malgré cette publicité méritée, l’engouement et la volonté politique du pays pour lutter contre la pollution semble s’être enrayée.

Relancer la machine écologique azérie

Après une période très engagée dans la lutte contre la dégradation de ces espaces naturels l’Azerbaïdjan donne moins de signe clair en faveur de la transition écologique. Pourtant, ce pays est très attaché à la diversité naturelle qui le compose. Il possède plus de 120 zones protégées. Autre signal préoccupant, le pays ne milite pas en faveur d’une transition énergétique nationale ni pour la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. Pourtant, le pays est pionnier en matière de lutte contre la pollution, cette dernière ayant frappé de plein fouet la biodiversité azérie sous l’ère soviétique.

Ce pays pourrait-il devenir un modèle pour les pays en développement qui souhaitent s’engager sur le chemin d’une transition vers une économie verte ? Rien n’est moins sûr. Cependant, l’Azerbaïdjan souhaite tendre vers une utilisation rationnelle de ses ressources naturelles. L’Etat aspire également à s’attaquer au problème de dégradation des sols, à la baisse de ses réserves forestières et à la réglementation jugée inadéquate de l’industrie et du logement. Les enjeux pour se pays sont également sanitaires compte tenu de pollution des sols et du déclin inquiétant des réserves de poissons que le ministère de l’écologie et des ressources naturelles tente de juguler. Il n’apparaît pas totalement déraisonnable de penser que le pays pourrait profiter de l’élan politique et social créé par la conférence internationale sur le climat de Lima, qui vient juste de s’achever, pour proposer des mesures écologiques plus ambitieuses.

35 000 réfugiés climatiques hors du commun

Alors que la marche pour le climat a mobilisé des centaines de milliers de personnes la semaine dernière dans le monde entier, 35 000 morses se sont réfugiés sur une plage cette semaine, faute de banquise. Le réchauffement climatique fait peser une lourde menace sur ces réfugiés climatiques dont le territoire privilégié, la banquise, se réduit chaque année.

SOS Morses en détresse

Il s’agit là d’une migration record. Près de 35 000 morses en détresse ont été identifiés samedi dernier sur une plage d’Alaska. Le constat s’impose : ces gros mammifères n’ont pas trouvé de glace où se réfugier. Il faut dire que le réchauffement climatique fait des ravages sur les calottes glaciaires, du coup, les zones de mer deviennent trop vastes et les lourds animaux ne parviennent pas à atteindre les rivages encore gelés.

Chaque année, les morses de l’Océan Pacifique migrent pour passer l’hiver en mer de Béring, au nord des îles Aléoutiennes. Lors de cette migration, les morses font des pauses pour se reposer car leur poids, jusqu’à 1,5 tonnes pour un adulte, ne leur permet de nager tout du long. Ils fatiguent.

Ce phénomène de regroupement « en terre inconnue » pour les morses avait déjà été observé en 2009 d’après WWF. Dommage que rien n’ait été fait depuis pour leur préserver leur habitat et leur épargner ces attroupements mortels. En effet, les plus gros d’entre eux, sans le vouloir évidemment, écrasent parfois les plus petits. WWF rappelle qu’en 2009, près de 131 jeunes morses avaient été retrouvés écrasés par les plus gros.

Ce signal de détresse des morses a constitué une belle opportunité pour WWF de rappeler la nécessité d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, principal facteur du réchauffement climatique.

Image d’entête : DPA/DANIELREINHARDT/AFP

Choisir de ne pas couvrir la marche pour le climat

People's Climate March
People’s Climate March

Ce qui est qualifié de mobilisation historique contre le changement climatique n’a pas fait long feu dans la cheminée médiatique. La People’s climate march s’est tenue, dimanche 21 Septembre 2014, sur tous les continents. Pourtant l’écho politique se fait lui aussi attendre. Cette marche était organisée par le mouvement de cybermilitantisme Avaaz, en collaboration avec des associations locales.

Les médias américains, notamment ceux qui ont leurs sièges à New-York n’ont pas relayé suffisamment l’information de la People’s climate march qui  a eu lieu en plein centre de Manhattan. Les médias européens n’ont pas offert une large couverture sur cet événement national et international. Est-ce là un choix éditorial ou politique, comme le pense certains participants de la People’s climate march?

Deux jours après ce quasi couac médiatique, le président de la République, François Hollande, annonce un don d’un milliard de dollars pour la conférence onusienne sur le climat. Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, espérait récolter 10 milliards de dollars pour ce forum mondial sur le climat. Actuellement, seulement 2 milliards de dollars ont été réunis.

L’ancienne ministre de l’Ecologie, Cécile Duflot, apparaissait heureuse de la mobilisation en faveur de la marche pour le climat, notamment à cause du nombre de personnes présentes pour cette manifestation à Paris : entre 5000, selon la police, et 25000 selon les organisateurs.  La lutte contre le changement climatique et pour la transition énergétique est donc un réel engouement responsable des citoyens. Cependant nombre d’observateurs, dont Mme Duflot, regrette le « manque de volonté politique » pour faire évoluer les choses dans le bon sens.

Alors que l’échéance de la conférence climat Paris 2015 arrive à grands pas, il temps pour certains députés socialistes que François Hollande agisse dans le sens du développement durable en faisant des propositions claires et courageuses. Le dossier climatique est une occasion pour lui de se démarquer sur la scène politique nationale et mondiale.

L’extinction de l’espèce de dauphin la plus rare au monde ?

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« Cinq dauphins au large de la ville d’Hamilton « ,

Source :http://a401.idata.over-blog.com

 

L’extinction des dauphins Maui, la plus rare au monde, est-elle proche ? En effet, il ne reste plus que 55 cétacés adultes (identifiés à ce jour) de cette espèce qui vit uniquement au large de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande.

 

Alors que les défenseurs de la vie sauvage mettent la pression sur Wellington pour éviter qu’il disparaisse à jamais, le Maui est à l’ordre du jour de la réunion du comité scientifique de la Commission baleinière internationale, qui s’est tenue le 15 juin 2014 à Jeju, en Corée du Sud. La réunion n’a malheureusement pas permis de résoudre la question. L’ONG très active Sea Shepherd, fondée par Paul Watson en 1977, vient de lancer une action de mobilisation contre les pécheurs et les industries extractives qui prospectent dans le secteur.
De petite taille (170 cm au maximum), gris et blanc, le dauphin Maui tient son nom d’un demi-dieu polynésien. Au regard du nombre réduit de survivants, les experts estiment probable son extinction d’ici 2030 au plus tard si aucune mesure d’urgence n’est prise. Cette espèce de dauphin n’a été observée que dans les eaux peu profondes en bordure de la côte occidentale de l’île du Nord. Sachant que la période de gestation de la femelle varie de deux à quatre ans, les risques de disparition définitive de cette espèce de dauphin pourraient-être imminents.

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Source : http://www.lets-face-it-dolphins.com

 

Les filets de pêches et l’immobilisme du gouvernement, principaux coupables
Cinq de ces cétacés sont tués tous les ans par les pêcheurs, lors de prises accidentelles, selon Liz Slooten, professeur de zoologie à l’Université d’Otago (Dunedin en Nouvelle-Zélande), citant un rapport d’experts commandité par le gouvernement. « Ces dauphins sont au bord de l’extinction. Si on ne fait pas quelque chose tout de suite, jamais ils ne survivront », prévient-elle. Selon Wellington, les filets maillants, ces filets de nylon de plusieurs kilomètres de long, fixés verticalement et laissés dans l’eau pendant de longues périodes, sont la principale cause de disparition des dauphins. Par ailleurs, plusieurs associations de défense de la biodiversité suspectent l’exploitation minière des fonds sous-marins d’être l’une des raisons de l’extinction progressive de l’animal, y compris la surveillance sismique. Ces missions ont repris en 2014 avec l’attribution par la Nouvelle-Zélande d’une licence d’exploration pétrolière à un consortium d’entreprises et ce, malgré la catastrophe écologique datée d’octobre 2011, lors de laquelle un cargo s’était échoué au large des côtes du pays, provoquant une importante marée noire.
L’an dernier, quelques restrictions ont été prises en matière de filets maillants et de pêche au chalut, dans la zone de vie des dauphins Maui. Mais le gouvernement néo-zélandais a refusé de les interdire complètement, comme le recommandait la Commission baleinière internationale. Il a préféré ouvrir une enquête pour la mise en place d’un programme de sauvegarde, qui doit évaluer les risques pour les dauphins et ceux encourus par « les communautés de pêcheurs si la pêche est interdite ».
L’enquête a pris fin en novembre. Aucune mesure n’a été annoncée par le gouvernement, accusé par les écologistes d’immobilisme et de défendre les intérêts des lobbys pétroliers. « Le temps est un facteur essentiel avec des populations aussi basses, leur nombre peut chuter d’un coup », s’inquiète Karli Thomas, membre de Greenpeace. «Nous craignons que le gouvernement fasse trainer les choses jusqu’à un point de non-retour. Attendre qu’on n’en parle plus, faute de survivant, n’est pas une solution».

 

L’image de la Nouvelle-Zélande écornée
Sur la côte de l’île nord néo-zélandaise, les pêcheurs démentent être la cause de la disparition du mammifère marin. Ils se voient comme le bouc émissaire des défenseurs de l’environnement. «En 25 ans, il n’y a eu qu’un seul dauphin Maui pêché par accident», assure Keith Mawson, un représentant de l’industrie de la pêche de la région. «Vous pouvez éliminer tous les droits de pêche le long de la côte ouest, ça ne garantira pas la survie du dauphin », a-t-il rappelé.
L’affaire du dauphin Maui nuit à l’image de la Nouvelle-Zélande, réputée pour sa nature sauvage et intacte. Le pays, qui vante ses paysages « 100% purs » dans les campagnes touristiques à travers le monde, doit agir rapidement, estime la Société pour les mammifères marins. « Les gens viennent ici parce qu’ils savent que nous sommes respectueux de la nature, c’est l’image que nous cherchons à promouvoir », rappelle Phil McCabe, qui possède une agence de tourisme.
L’inaction de Wellington risque de lui valoir une image d’hypocrite, renchérit Liz Slooten, la zoologue de l’université d’Otago. « Les Japonais n’ont pas manqué de noter que nous les critiquons pour la pêche à la baleine mais nous ne bougeons pas le petit doigt pour sauver nos propres dauphins de l’extinction ».
L’organisation non gouvernementale World Wildlife Foundation a par ailleurs lancé le 20 mai 2014 une campagne baptisée « The Last 55 » pour appeler le gouvernement néo-zélandais à interdire totalement la pêche au filet et au chalut le long des côtes de l’île du Nord où vivent ces cétacés. Bien que leur objectif soit identique, leur action est différente de Sea Shepherd, car le groupe est bien plus modéré dans ses modalités d’action.

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Source : www.wwf.org

Géopolitique des BRICS

« Vers un contre-modèle ? »

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Et si la coupe du monde ne commençait vraiment que les 15 et 16 juillet prochain ? Si l’évènement sportif planétaire concentre aujourd’hui l’immense majorité de l’information et l’actualité, allant jusqu’à faire oublier que trois jours avant le début des festivités, le Brésil tout entier montrait sa grogne et menaçait de s’embraser, le sommet des BRICS de Fortaleza prévu pour le 15 et 16 juillet prochain est l’occasion d’assister à un autre type de match, ou la Chine s’annonce comme le meneur de jeu d’une équipe dont tout le monde prédit sa domination prochaine de l’économie mondiale. Conjugué à la volonté chinoise de créer également une Banque Asiatique d’Investissement notamment pour les infrastructures dont toute l’Asie a tellement besoin, ce sommet très discret pourrait avoir d’immenses répercutions sur la hiérarchisation du pouvoir que nous connaissons depuis un demi-siècle.
Comme le présentait le journal Le Monde dans son édition du 7 juillet dernier, les cinq économies émergentes voire émergées se réuniront la semaine prochaine pour fixer le calendrier et le siège de la future banque de développement qu’ils prévoient de lancer.
Le mécanisme est simple. Chaque Etat contribue à part égales, de l’ordre de 50 milliards de dollars (37 milliards d’euros), afin de former un capital initial de 250 milliards de dollars. A cela s’ajoute la mise en place d’un fond d’urgence de 100 milliards pour prévenir d’une nouvelle crise économique. La Chine participera à hauteur de 40 milliards de dollars pour le fond d’urgence, lui permettant de revendiquer le siège de la banque, qui devrait être Shanghai.
Du côté asiatique, la banque d’investissement commencerait avec un capital initial de 100 milliards de dollars.
Une remise en question des accords de Bretton Woods par ces deux projets ?
Certainement.
Un célèbre journal russe, La Voix de Russie, rappelait toujours selon Le Monde que la Russie « défie la domination financière américaine ». Et, au Brésil, les cinq pays « poursuivront leurs efforts pour réformer le système financier international, qui souffre d’un déséquilibre considérable en faveur de l’Occident ». Le message est passé.

Deux futurs opposants à la Banque Mondiale et au Fond Monétaire International, surtout que ces institutions prêteront sans conditions politiques ; une aubaine pour de nombreux pays souhaitant se détourner d’institutions s’introduisant trop dans la structure politique de leurs Etats. On pense à l’Argentine, au bord du défaut de paiement et qui pourrait profiter de ces mécanismes.
La Chine a proposé à une vingtaine de pays de la rejoindre dans ce projet, notamment ce que la Chine considère comme « l’Asie occidentale », c’est-à-dire le Moyen-Orient. Le Japon, en revanche, n’a pas été sollicité. L’Inde, selon le quotidien The Hindu, vient de l’être.
En somme, un contre-modèle alternatif à « l’hégémonie américaine ».

Une nouvelle configuration géopolitique ?
Plus généralement, le dollar US continue d’être la première monnaie de réserve, lui garantissant une marge de manœuvre certaine et représentant 33 % des échanges mondiaux à la fin de 2013, selon le FMI. Mais le montant était de 55 % en 2000. Le FMI a également souligné que les réserves « d’autres monnaies » sur les marchés émergents ont augmenté de 400 % depuis 2003.
Donc le dollar, hyper-attractif depuis les années 1960, est aujourd’hui un modèle concurrencé par l’euro, le yen et bientôt le yuan.
On peut dire que la Fed « monétise » 70 % de la dette du Gouvernement US afin d’essayer d’empêcher que les taux d’intérêt s’envolent. Autrement dit, lorsque la Banque Centrale prête de la monnaie à taux zéro à l’Etat, tant que ce dernier ne rembourse pas, la Banque Centrale fait de la création monétaire pure. Elle accroît la masse monétaire et si le PIB ne s’accroît pas dans la même proportion, il y a dévaluation de la monnaie, accroissement des coûts relatifs de nos importations et génération d’inflation. Même si par ailleurs cela peut favoriser les exportations par baisse du prix relatif de ces dernières. Cela revient à baisser le pouvoir d’achat des citoyens, leur prélever, à leur insu, un impôt invisible.
Il ne faut pas penser qu’il s’agirait de la fin du capitalisme occidental, néanmoins, seulement dela décadence économique régnante, le néolibéralisme, qui est encore l’idéologie officielle des US, de la majorité écrasante de l’Union Européenne et de certaines parties de l’Asie et de l’Amérique du Sud.
En ce qui concerne ce que l’on pourrait appeler le « néolibéralisme autoritaire » de l’Empire du Milieu : qu’est-ce qui peut ne pas plaire pour le moment ? La Chine a démontré que c’est le résultat d’une alternative orientée du modèle capitaliste « démocratique » occidental pour des nations qui veulent réussir. C’est de construire pas une mais nouvelles Routes de la Soie, des connexions massives de chemins de fer à grande vitesse, de ports, et des réseaux de fibres optiques, de pipelines à travers des parties immenses de l’Eurasie. Ce sera l’objectif avoué de la banque Asiatique de Développement pour les infrastructures, qui incluent une route du Sud-est Asiatique, une route de l’Asie centrale, une « route maritime » de l’océan indien et même un chemin de fer à travers passant par l’Iran et la Turquie qui arrivera en l’Allemagne.

Il se pourrait donc que l’émergence dans un futur relativement proche de ces deux institutions facilite la transition d’un monde unipolaire datant de la fin du XXe siècle vers un monde multipolaire réorganisé autour des BRICS.
L’Histoire est donc en mouvement.

 

Les arbres rejettent-ils des excréments ?

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Les excréments ont toujours été présents dans la vie humaine et ce depuis l’apparition de la vie sur notre planète. Les hommes rejettent les excréments avec pour conséquence de purifier le corps des substances nocives qu’il a ingéré. C’est exactement la même chose pour les animaux et on peut constater le même phénomène avec les machines depuis les prémices de la révolution industrielle…Mais qu’en est-il des arbres ou des plantes ? Ont-ils des excréments ? Si oui, les rejettent-ils ? Pourquoi ne le voit-on pas ? Interviewé par la télé en ligne universscience.tv, le biologiste Francis Hallé, biologiste, botaniste et dendrologue (science de la reconnaissance et classification des arbres) propose un élément de réponse plutôt étonnant à cette problématique.

Si les excréments, ou déjections, sont présentes partout, où et comment les plantes les rejettent-elles ? Francis Hallé part du principe que les excréments, non visibles chez un arbre, servent à construire son tronc. En ce sens les excréments, le rejet des déjections, sont impropres. Il vaudrait mieux parler alors d’incréments, car ingérés par l’arbre. Ces incréments sont connus sous le nom de la lignine, servant à la confection de tissus ou de biocarburants. Ces tissus serviraient ici à créer des tissus utilisés par l’arbre pour s’élever.

Cette lignine est un composant extrêmement toxique que se fixe dans les cellules de l’arbre en train de mourir, donc ne risquant plus rien. Si l’hypothèse est vérifiée cela serait un mécanisme incroyablement astucieux, surtout si la lignine toxique fixée dans des cellules mortes permet à l’arbre/plante de s’élever afin de capter plus d’énergie lumineuse.

 

Des Américains jugés en Corée du Nord

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Deux touristes américains ont été arrêtés en avril en Corée du Nord et vont être traduits en justice sous plusieurs chefs d’accusation, dont « la perpétration d’actes hostiles », a annoncé l’agence nord-coréenne KCNA lundi 30 juin, comme le rappel le journal Le Monde. Et tandis que peu d’informations ont été communiquées, les questions fusent et laissent place à de nombreuses interrogations.

Quels drôles d’histoires
Les deux Américains, Matthew Todd Miller et Jeffrey Edwards Fowle, n’ont pas une histoire dite commune. Déjà, et bien que la tentation de prendre son sac à dos pour aller se « ballader » dans le pays le plus fermé à la mondialisation et à la société internationale pourrait être tentant, force est de constater que ces deux hommes ne sont pas dans, exprimé par le sacré, « le commun des mortels ».

Jeffrey Edwards Fowle, 56 ans, aurait oublié une bible dans l’un de ses hôtels. Le motif religieux étant ici contraire aux conditions d’attribution du visa, il a été arrêté. Une maladresse d’un pieux chrétien, dirons-nous. Un acte hostile, ont-ils dit.

Mais l’histoire de loin la plus étrange est celle de Matthew Todd Miller. Agé de 24 ans, ce jeune Américain a débarqué sur le territoire nord-coréen, a déchiré son visa et a demandé l’asile politique !
Autrement dit, Miller s’est payé un billet d’avion jusqu’à Pyongyang pour y déchirer son visa et rester là-bas pour des motifs politiques, prétextant qu’il avait besoin d’un « abri ». La vie aux Etats-Unis est certes très difficile, mais quand même…

Rappelons également que les Etats-Unis n’ont pas de lien direct avec le régime de Pyongyang, empêchant de facto toute résolution diplomatique du conflit. La Suède sert d’intermédiaire entre les deux pour les cas de décès, d’arrestation ou de maladie.
Des histoires étonnantes, qui seront probablement jugés sévèrement par Pyongyang. On peut peut-être espérer une résolution du conflit, le régime de Pyongyang peut (par moment) être plus tolérant, notamment au sujet de la consommation de cannabis, comme le rappel le Huffingtonpost.com…

 

 

Diesel : un scandale sanitaire comparable à celui de l’amiante

pot d’échappement (c) sipa

L’OMS l’atteste, les gaz d’échappements des moteurs diesel sont cancérigènes. L’organisation a même classé le diesel « cancérigène certain », exactement comme l’amiante et le tabac dont personne ne doute aujourd’hui de leur caractère mortifère.  Qu’attendons-nous donc pour éradiquer ces gaz de nos villes, et pourquoi pas, de nos vies ?

Avant hier, le Réseau Action Climat (RAC-France) et la Fondation Nicolas Hulot ont lancé une pétition

Le 17 juin, le Réseau Action Climat (RAC-France) et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH) ont lancé une pétition pour stopper ce qu’ils vont jusqu’à qualifier de « scandale sanitaire ». En deux jours, cette pétition, adressée aux ministres de l’Ecologie et de la Santé, Ségolène Royal et Marisol Touraine, a reçu à peine 800 signatures alors soutenons-la !

Que proposent-ils ? Trois mesures de « bon sens », surtout la dernière :

  1. « Débloquer l’argent nécessaire pour que les collectivités locales développement les transports en commun, le covoiturage de proximité et les mobilités douces ».
  2. « Mettre en place une prime à la conversion des vieux diesels d’au moins 1500 euros pour les revenus modestes ».
  3.  « Supprimer progressivement, à partir de 2015, l’avantage fiscal sur le diesel qui coûte 7 milliards d’euros à l’Etat chaque année ».

Rendez-vous compte, l’Etat subventionne à hauteur de 7 milliards un carburant toxique (7 milliards !!!! Le montant du trou de la sécu !)… Nous contribuables, finançons malgré nous nos propres détresses respiratoires et cancers. Cela est totalement absurde.

Les ONG le rappellent, le diesel cause ou accélère la mort prématurée de « milliers » de personnes. Les difficultés à respirer augmentent, tout comme les allergies ou l’asthme, notamment au sein de la population enfantine, particulièrement fragile.

Voulons-nous faire de Paris une ville comme Mexico, au Mexique, ou Delhi, en Inde, qui proposent à la population des distributeurs payants – oui payants – d’oxygène ?

Pour en savoir plus, voici les enjeux du diesel à travers une vidéo pédagogique mise en ligne sur les sites du RAC-F et FNH

Achetez en France du bois brésilien, importé illégalement !

Une enquête de Greenpeace révèle une recrudescence de la déforestation au Brésil, notamment dans l’Etat du Para, où 78 pourcent des surfaces forestières seraient exploitées illégalement.
Chaque minute, la planète perd l’équivalent de cinquante terrains de football de forêt. La déforestation a augmenté de plus d’un tiers en 2013, dopée par un rebond de la demande après quatre années de baisse. L’Etat de Para a vu au cours de l’année plus de 2300km2 de surface déboisée, dont une augmentation de la déforestation frauduleuse de 151% par rapport à l’année précédente.
Les enjeux économiques sont trop forts, les débouchés trop importants, pour endiguer ce type de trafic.
L’ipé, le « nouvel acajou », très prisé des occidentaux, fait l’objet de fraudes à très grande échelle et tout en jouant sur les normes entre Etats. Ces Etats, qui ont pour la plupart des normes différentes sur la question, permettent l’introduction de bois frauduleux sur un marché qui lui est bien légal, par le biais de mécanismes sophistiqués de blanchiment. « Les enquêtes ponctuelles de la justice brésilienne seront impuissantes à réformer le système », regrette Jérôme Frignet, spécialiste des filières bois et du Brésil chez Greenpeace.

Plusieurs phénomènes expliquent la dérive
Greenpeace met l’accent sur plusieurs dysfonctionnements tant nationaux qu’internationaux expliquant tout ou partie de la réalité des abus commis.
« Traffic de crédit de coupe », mécanismes opaques, abattages frauduleux, faux papiers pour le bois, liens entre entreprises et braconniers, faibles capacités d’inspection, de contrôle et de sanctions ; de nombreux exemples apportés par Greenpeace critiquent l’incapacité de l’Etat brésilien à répondre à l’enjeu, malgré tout une série de mesures adoptées depuis 2006.
Par ailleurs, l’ONG pointe deux problèmes à l’international. La différence des normes entres Etats, qui entraîne plusieurs abus dont le blanchiment de bois précieux fait que « les chaînes d’approvisionnement sont contaminées par du bois issu de scieries qui se sont procurées du bois illégal ». En ce sens, l’organisation écologiste internationale reprend les propos de l’ancien président de l’agence nationale brésilienne de la forêt, selon lequel « le taux de coupes illégales n’avait jamais dépassé les 60% », ce qui est le cas aujourd’hui.
Enfin, les pays occidentaux, France et Etats-Unis en tête, maintiennent une demande relativement constante, ce qui appuie le mouvement de déforestation et l’activité des braconniers.
Il semblerait donc qu’un beau parquet vaut bien toutes les coupes du monde.

L’air : le marché de demain

Modèle de distributeur d’oxygène, Dehli, Inde

La notion de bien commun, notamment au regard des questions environnementales, est de plus en plus utilisée de nos jours. Les enjeux écologiques relatifs à la pollution ont relancé ce débat sur le bien commun.
Il y a même aujourd’hui un véritable marché de produits relatifs au bien commun, comme le marché des droits à polluer.
Ce bien, commun à tous, peut donc s’acheter, se vendre voire faire l’objet de spéculation.

Le cas de l’air est intéressant
A vouloir trop se développer, des villes comme Beijing ou Mexico sont devenues si polluées que les divers gouvernements envisagent d’y installer des distributeurs d’oxygène.
C’est l’un des débats qui existent dans la société indienne d’aujourd’hui. Dehli est si polluée que la municipalité devrait installer prochainement des distributeurs d’oxygène un peu partout dans la ville. Et ces distributeurs seront payants !
La ville de Mexico, très touchée par ce phénomène (la ville est à plus de 2,240m au-dessus du niveau de la mer), étudie la possibilité de recourir à l’un de ces mécanismes.
Un peu plus humoristique, un artiste chinois militant a vendu aux enchères un bol d’air pur, venant de Provence, pour la somme de 5 250 Yuans, environ 600 euros !

En philosophie, ce bien commun est abordé dans la République de Platon, où les gardiens de la cité ne devaient rien posséder, hormis les objets de première nécessité. Ces derniers devaient partager l’habitat, les possessions matérielles et les repas. Il y avait donc une préoccupation morale et politique.
Le droit romain a affiné ces notions. Le bien commun se définit par une chose que l’on ne peut posséder. Il y existe quatre différentes catégories : les choses sacrées, propriété de dieu. Les choses publiques, appartenant à l’Etat ou la cité ; les choses privées, relatives au droit privé et les choses communes, qui n’ont pas de propriété, comme la mer. Saint Thomas d’Aquin ajoute à ces notions l’idée de participation. C’est en prenant part au bien commun que l’individu fait preuve de bonté. Le bien commun politique vise l’autarcie en vue du bien commun universel, l’honnestas, le salut éternel de chacun.

Comment aujourd’hui protéger ce bien commun, cette propriété collective, lorsque pour des questions d’équilibre budgétaire, les gouvernements bradent les services publiques ou engloutissent les ressources naturelles ?

Dans l’écrasante majorité des Etats, le gouvernement soumis par de nombreux flux d’intérêts financiers globaux, dissipe les biens communs en les vendant à tour de bras, dans la nécessité de payer ses dettes de jeu.
L’Etat trop dépensier se désengorge de ses obligations en privatisant, pour justifier qu’il ne peut subventionner l’ensemble de ces biens communs. Ces biens communs obtenus se forment dans le cadre de luttes, souvent défaites mais toujours émancipatrices, menées pour leur défense dans le monde entier. Dans bien des cas, les véritables ennemis sont justement ces Etats qui devraient en être les gardiens fidèles. Ainsi l’expropriation des biens communs en faveur des intérêts privés (des multinationales, par exemple) est-elle souvent le fait de gouvernements placés dans une dépendance croissante (et donc en position de faiblesse) à l’égard des entreprises qui leur dictent des politiques de privatisation, de « consommation » du territoire et d’exploitation. Les situations grecque et irlandaise sont de ce point de vue particulièrement emblématique. Autrement dit, plus on est endetté, plus on privatise.
La tradition occidentale moderne s’est développée dans le cadre de la dialectique Etat – propriété privée, à un moment de l’histoire où seule cette dernière semblait avoir besoin de protections face à des gouvernements autoritaires et omnipotents. De là proviennent les garanties constitutionnelles que sont l’utilité publique, le domaine réservé à la loi (qui garantit au législateur le monopole de certaines questions, excluant les interventions des autres pouvoirs d’Etat sous forme de décrets ou de règlements) et l’indemnisation. Mais maintenant que le rapport de forces entre Etat et secteur privé a évolué, la propriété publique a elle aussi besoin de protections et de garanties de long terme. Or celles-ci sont difficiles à concevoir à l’intérieur du cadre traditionnel, qui restreint la chose publique à l’Etat. Voilà pourquoi la protection libérale classique ne suffit plus.

Aujourd’hui, et malgré les travaux de l’économiste et politologue américaine Elinor Ostrom sur la gestion des biens communs, prix Nobel en 2009, la situation s’est aggravée.
La logique de mondialisation amène dans cette nouvelle guerre économique de nouveaux acteurs et de nouveaux enjeux. Cette concurrence acharnée entraîne, pour les agents économiques et dans une perspective néolibérale, à chercher de nouvelles sources de revenus. Les biens communs constituent ce nouveau champ du possible vers de nouvelles rémunérations.
Cycle vicieux ou pervers : c’est en voulant accélérer son développement économique que certains Etats ont créés de véritables marchés de bien communs. A trop vouloir chercher des débouchés économiques pour leur développement, les Etats ont cherchés de nouvelles sources de bénéfices. Les biens communs ont constitués en ce sens une nouvelle source de rentabilité.
A vouloir trop se développer, le bien commun est devenu un véritable marché.

Thomas Huxley, énonce dans son plus célèbre ouvrage Le meilleur des mondes que la terre ne pouvait intéresser le capitalisme, car elle ne produit rien ! Malheureusement cette idée est dépassée. Il suffit de voir le marché du photovoltaïque mondial, détenu avec une majorité écrasante par la Chine, qui génère des bénéfices avec de la production d’électricité solaire. Ce bien commun, développé en tant que marché, peut-être utile. A condition d’œuvrer pour le bien commun !
Selon Amartya Sen, prix Nobel d’économie, qui fait un lien direct entre croissance et bien commun : « La croissance d’une nation devrait être mesurée à l’aune des progrès réalisés chaque année en matière d’environnement et à la progression de la quantité de nourriture qu’on a pu mettre à disposition des plus pauvres ».
Il semblerait donc, en vendant l’oxygène, que des pays comme le Mexique ou l’Inde s’orientent vers une « décroissance » et non une « croissance ».

Le tourisme, la pollution et l’écotourisme

Les impacts négatifs de l’industrie du tourisme se manifestent quand le niveau de l’impact environnemental des touristes est supérieur à la capacité de l’environnement à s’y adapter. Le tourisme de masse incontrôlé représente une vraie menace pour les différentes zones naturelles du monde qui se retrouvent en surexploitation et souffrent de pollution.  La pollution issue du tourisme met une énorme pression sur les zones touchées avec des dégradations environnementales telles que l’érosion des terres, les rejets d’eaux usées dans les mers et les rivières, la destruction des habitats naturels des animaux, la pollution par une gestion négligée des déchets et la pollution de l’air. Avec une montée de la sensibilité des populations aux enjeux environnementaux, l’écotourisme devrait se trouver une place de choix dans les années à venir.

Les Maldives : île paradisiaque et calamité environnementale

Elle s’appelle l’île Thilafushi. Elle est seulement l’un des nombreux exemples de l’impact du tourisme sur l’environnement. Elle est située à l’ouest de Malé, la capitale des Maldives  à seulement une demi-heure en bateau. Il y a encore quelques années, cette île était aussi belle que les autres îles formant l’archipel des Maldives, une destination haut de gamme et fortement prisée par les touristes. Aujourd’hui, elle est une immense poubelle fumante à ciel ouvert où s’amassent des tonnes de déchets issus du tourisme mais aussi de toutes les îles avoisinantes.

Tourisme et Pollution – Thilafushi Island

Les déchets qui augmentent depuis 1993 sont en permanence brulés par des hommes qui y travaillent dans des conditions déplorables et les fumées sont rejetées dans l’atmosphère sans aucun traitement. Les vagues sont aussi en contact avec les flancs pollués au plomb et au mercure de l’île. Cette pollution peut très facilement impacter la chaine alimentaire des habitants qui subsistent grâce à la pêche. Le gouvernement des Maldives a effectué une étude qui démontre que  chaque touriste génère plus de 5 kg de déchet quotidiennement, contre 2 kg pour les habitants de Malé. Le million de touristes annuels représente trois fois le nombre de résidents de l’archipel. Après calcul, l’industrie du tourisme en est effectivement pour quelque chose dans la catastrophique évolution de l’environnement insulaire.

L’écotourisme, le tourisme durable et responsable

Il ne faut pas confondre l’écotourisme avec d’autres pratiques de tourisme responsable et citoyennes qui ne sont pas moins importantes. L’écotourisme est le tourisme qui limite au maximum l’impact sur l’environnement des visiteurs. Le tourisme éco-responsable met les visiteurs à contribution. Le tourisme doit être bien encadré. Le danger que représentent des visites touristiques en Arctique ou en Antarctique par exemple doit être évalué pour les touristes et pour les animaux dont l’ours polaire qui est en voie d’extinction. Selon Mikhaïl Babenko, qui travaille pour le WWF Global Arctic programme, le bruit des moteurs de bateaux et des sources humaines ont une influence négative sur la vie marine.

De Sotchi à Rio, 2014 connaitra un flux migratoire significatif en termes de tourisme sportif. L’accueil des compétitions sportives est une lourde responsabilité pour les pays concernés car ils se retrouvent à gérer une masse humaine qu’il est statistiquement impossible à estimer avec précision. Le comportement des visiteurs est aussi variable car ils se retrouvent dans un environnement différent.  Les débordements plus que probables peuvent lourdement impacter l’environnement. La préparation de ces jeux a aussi un impact sur l’environnement qu’il faut mesurer et limiter au maximum.

L’éco-tourisme est un modèle alternatif du tourisme traditionnel qui consiste à donner une expérience plus « verte ». Le tourisme  responsable inclut des actions de sensibilisation des visiteurs aux enjeux pour la protection de la faune, de la flore et de la population locale d’un pays ou d’une région. Cette évolution du tourisme cache un potentiel significatif et divers pays commencent à se positionner en matière d’écotourisme et de tourisme responsable. Par exemple au Bhoutan, le gouvernement a décidé de prioriser le respect de la nature et des traditions comme un dogme national. Le Bhoutan se positionne sur l’écotourisme de luxe. Et pour cause, chaque touriste reverse quotidiennement 250 $ de taxe qui sert à la préservation du pays, enclavé entre l’Inde et la Chine, à l’est de l’Himalaya. En France, les projets éco touristiques  se développent davantage à un niveau local que national.  La Loire-Atlantique soutient notamment des projets innovants tels qu’ un téléski nautique qui fonctionne à l’électricité, mise en valeur des loups par le parc animalier du sentier des daims, à Frossay, des chambres d’hôtes intégrées à la nature entre autres.

En 2013, selon les statistiques de l’administration chinoise du Tourisme (CNTA), les chiffres du tourisme en Chine étaient en net recul avec une chute de 10%. Tout comme le tourisme affecte l’environnement, la pollution fait aussi effet boomerang sur l’industrie du tourisme qui doit trouver le juste milieu afin de limiter son impact environnemental.

Une résolution pour 2014 : valoriser nos déchets

recyclage des déchets

L’année 2013 a fait place à 2014, l’heure est donc aux résolutions pour cette nouvelle année. Sortons donc de nos préoccupations égocentrées, ayons d’autres ambitions que la perte de poids, essayons d’ajuster notre consommation à nos aspérités sociales et environnementales. Pourquoi ne pas décider de valoriser nos déchets ?

En octobre 2013, la sortie en salle du film « Super Trash », dont la bande-annonce avait été mise en ligne sur Youtube en juillet 2013, a marqué les esprits, à juste titre.

Autre fait marquant de l’année 2013, le lancement en février, de l’Institut de l’économie circulaire à Paris. Lors de son inauguration, François Michel Lambert, Président de l’Institut de l’économie circulaire et Député des Bouches du Rhône, partait du constat quasi-unanime que le système économique linéaire consistant à « extraire, fabriquer, consommer puis jeter est à bout de souffle ».

En effet, il est temps de « faire des déchets des uns les ressources des autres ». La valorisation des déchets, en électricité verte par exemple, constitue une option bénéfique à plus d’un titre. Non seulement le déchet est recyclé, mais l’énergie produite est une électricité verte.

Certaines initiatives en la matière sont prises, comme en témoigne l’activité de Tiru, entreprise spécialiste de la valorisation énergétique des déchets, présidée par Jean-Pierre Frémont, titulaire d’un doctorat de l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne, membre de la section économique du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

A l’heure de la transition énergétique, alors que notre mix énergétique évoluera tôt ou tard vers une part d’énergie verte plus importante, qu’attendons-nous ? Le recyclage donne une nouvelle vie aux déchets. Valorisés en énergie, ils poursuivent leur vie dans notre circuit économique sous la forme d’énergie. La transformation des biens de consommation ou de leurs résidus pour réintégrer le système économique de notre société est le processus indispensable à l’avènement d’un nouveau modèle économique, social et environnemental durable. Nous y tendons alors soutenons le activement !

Certes, l’énergie la moins polluante est celle que nous ne consommons pas. Mais sans vouloir être dans la radicalité, parce que vivre sans électricité paraît invraisemblable aujourd’hui, la valorisation des déchets en électricité verte est une clef pour l’avenir. Celui de notre environnement, donc le nôtre.

BP ou la rédemption intéressée

http://www.greenpeace.org.uk

Que cherche BP en portant plainte contre l’Agence de protection de l’environnement américaine seulement trois ans après la catastrophe de la plateforme Deepwater Horizon? Provoquer l’ire du grand public? S’affirmer comme acteur crédible?

Cela aurait pu être pris pour une blague si les médias n’avaient pas relayé l’information dans tous les sens : British Petroleum attaque l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) pour « l’avoir indûment exclu de l’attribution de contrats après la marée noire de 2010 dans le golfe du Mexique ».

Plainte juridiquement fondée ou non, la décence n’est pas au rendez-vous. Ni même l’intelligence. C’est à se demander si le département juridique de la compagnie britannique a une quelconque notion de communication. D’autant que BP, après le désastre de 2010, s’est démenée pour nettoyer son image (et les plages). Le pure player Rue89, pourtant toujours à l’affut de la moindre occasion pour mener la charge contre les grosses entreprises, qualifiait de « modèle du genre » la communication de crise du groupe. En quelques mots, en mai 2010, c’était « BP est partout. BP s’occupe de tout. BP finance tout. » Tony Hayward, alors président du géant pétrolier, voulait « gagner les cœurs et les esprits ». Malgré quelques éloges, le constat de l’opération de communication de crise avait été désastreux : photos truquées, chute du cours en bourse et un PDG devenu boulet. Mais sur le long cours, les erreurs se sont estompées et l’image de BP s’est en grande partie remise sur pieds.

Dans le cadre de la plainte récemment déposée, Il est possible de supputer de la sincérité de l’industriel. Malgré les efforts déployés après la catastrophe de 2010 et la position sur le marché du groupe, l’EPA ne se laisse pas convaincre d’un sérieux qui semble, aux yeux de la direction de BP, évident. Dans ce cas, le dépôt de plainte participe d’un effort de communication sur le repentir du pétrolier. Cet axe est appuyé par les déclarations de la communication de BP. Ainsi « l’entreprise souligne […] qu’elle est « l’un des plus importants fournisseurs de carburant du gouvernement sur le territoire national et à l’étranger ». « Pendant plus de deux ans et demi après l’accident de [la plateforme] Deepwater Horizon, le gouvernement fédéral a continué à acheter du carburant à BP, et […] a estimé de façon répétée que BP était un fournisseur gouvernemental responsable » selon LeMonde.fr. Sauf que ce n’est pas à la justice de décider du repentir de la major britannique si celui-ci consistait en une opération de communication.

http://www.zeeburgnieuws.nl

En réalité, ce que vient de faire BP, c’est se tirer une balle dans le pied. Voire même une tentative de remise au goût du jour du seppuku. Jusque là, la politique de communication consistait à tout assumer de la gigantesque fuite, aussi bien au niveau moral que financier, nonobstant les bourdes et autres maladresses persistantes. Seulement, l’exclusion par l’Agence de protection de l’environnement fédérale (EPA) n’a pas été digérée car, contrairement au public, le cœur de l’EPA semble ne pouvoir s’acheter avec de l’argent et des communiqués de presse. Sans se voiler la face, il s’agit surtout de gros sous : la décision de l’EPA empêche BP d’obtenir de nouvelles concessions pétrolières dans le golfe du Mexique. A l’heure où le champ de bataille des « Supermajors » se trouve être la réalisation de projets gigantesques et risqués (Shell se casse notamment les dents dans l’Arctique), le golfe du Mexique fait figure de valeur sûre. Les techniques d’extraction sont au point, les infrastructures downstream[1] sont accessibles et les conditions ne sont pas insurmontables.

BP se fait l’incarnation du nouveau Caliméro en croyant faire d’une pierre deux coups, et cela pourrait fonctionner. Seule la justice fédérale pourra le décider.



[1] L’activité downstream concerne tout ce qui se fait en aval de l’extraction du pétrole, du transport à la distribution en passant par la transformation.

Deux ans après Fukushima : une gestion désastreuse de la centrale accidentée

blues-tea-cha.blogspot.com

Ces derniers mois ont été marqués par une information négative, en continue, liée à Tepco (Tokyo Electric Power Company), l’exploitant gérant la centrale accidentée de Fukushima.

Dès lors une question s’est posée  de savoir si l’exploitant était bel et bien à la hauteur de la tâche qui lui incombait de démanteler au mieux la centrale accidentée, de décontaminer les eaux contaminées, de faire face et d’agir en conséquence aux fuites de ces eaux de plus en plus nombreuses.

On ne peut s’empêcher de soulever qu’en vue de tous ces récents évènements, dont on fera part par la suite, le gestionnaire semble être soit dépassé par l’ampleur du travail, soit incompétent au regard des résultats attendus suite à une telle catastrophe.

Car les enjeux et les conséquences de la catastrophe sont nombreux et lourds : selon actualites-news-environnement.com, « le défi de Tepco consiste à déterminer quoi faire de l’eau contaminée qui s’accumule à la centrale à un rythme de 400 tonnes par jour –soit suffisamment pour remplir une piscine olympique en une semaine » et « le plan compliqué de nettoyage de la centrale de Fukushima pourrait prendre 30 ans voire plus ».

Et depuis la catastrophe, les conséquences ne manquent pas, comme les relaient de nombreuses sources, comme celles selon lesquelles le gestionnaire croulerait depuis deux ans sous les procès, lesquels se comptent par centaines, comme celles des demandes d’indemnisation des victimes de l’accident, lesquelles s’accroissent avec le temps et se compteraient même en dizaines de milliards d’euros.

A propos de l’accident

En chiffres, il est intéressant d’évoquer que jusqu’à présent, « 30 milliards d’euros ont été payés par l’Etat japonais pour aider Tepco » face à cette situation et que « 17 réacteurs du groupe Tepco sont à l’arrêt depuis l’accident survenu le 11 mars 2011 ».

Radioactivité et pollution nucléaire

Deux ans après la catastrophe, les fuites d’eau radioactives vers l’océan, provenant du refroidissement des réacteurs ravagés, semblent se poursuivre. Des fuites similaires avaient déjà été détectées en 2012, et en avril dernier principalement, celles-ci avaient été nombreuses, poussant le gestionnaire Tepco à reconnaître que ces fuites étaient « graves » et à admettre être incapable d’en « expliquer la raison ».

De même, Tepco avait pêché en février, aux abords de la centrale, un poisson avec un taux de radioactivité de 740 000 becquerels de césium par kilogramme, soit 7 400 fois plus que la norme fixée par les autorités japonaises pour interdire tout aliment à la consommation. Le gestionnaire avait alors listé un grand nombre d’autres poissons contaminés, saisis depuis déjà plusieurs mois…

En juin : nouvelle contamination radioactive des eaux

La compagnie avait fait état en début de semaine de juin de « l’écoulement de césium radioactif dans l’eau du sol en direction de la centrale, après avoir assuré que la contamination était négligeable et qu’il n’y avait pas de crainte pour l’environnement ».

Malgré la construction de la compagnie de réservoirs dans les sous-sols de la centrale pour stocker l’eau contaminée, dans laquelle toute l’eau est conservée actuellement, l’eau contaminée arrive toujours à s’infiltrer, prouvant ainsi que les réservoirs utilisés ne sont pas fiables à 100%. Et, soulignons-le, la gestion des liquides de refroidissement n’est qu’une infime partie du travail de démantèlement que doit entreprendre Tepco…

Le gouvernement avait alors ordonné à l’opérateur d’accroître ses capacités de stockage d’eau et de construire un mur de terre gelée autour des quatre réacteurs pour empêcher l’écoulement d’eau de s’infiltrer dans la centrale. Mais serait-ce suffisant ?

Fin mai, la compagnie avait alors nouvellement installé des citernes en acier pour les utiliser à la place des réservoirs. Mais déjà le 5 juin, Tecpo a annoncé qu’une nouvelle fuite d’eau contaminée d’environ un litre avait été détectée dans l’une des citernes.

Enfin, le 10 juin dernier, la compagnie a annoncé avoir terminé, la veille, d’extraire les 24.000 tonnes d’eau concernées pour être enfermées dans des citernes. Mais ces citernes d’accueil viennent de prouver qu’elles ne sont pas non plus fiables à 100%… Cercle vicieux ? Ce problème n’est vraisemblablement pas réglé.

En attendant, la compagnie a promis la construction accélérée de nouvelles cuves qui seront posées au sol. Seront-elles enfin fiables ?

En mai : Tepco envisageait de rejeter en mer l’eau stockée dans la centrale

L’opérateur japonais avait déjà fait parler de lui à la mi-mai en déclarant envisager de rejeter en mer l’eau stockée dans la centrale, expliquant ne « plus savoir quoi faire des dizaines de milliers de tonnes d’eau contaminée stockée dans les réservoirs de la centrale accidentée » et avait alors déclaré espérer pouvoir rejeter ces eaux dans l’Océan Pacifique, une décision à laquelle les pêcheurs japonais se sont évidemment farouchement opposés.

La compagnie avait alors affirmé que « l’eau rejetée ne contiendrait que très peu d’éléments radioactifs grâce au mélange avec de l’eau de pluie »… Ah bon ?

Mars-avril : pannes d’électricité et courts-circuits dus à la présence de rats

Une série d’incidents de ce genre et de pannes de courant avaient été signalés également en mars et avril. Ces incidents ont constitué un nouveau revers pour l’opérateur, lequel cherche toujours à rassurer l’opinion et les pouvoirs publics de sa capacité à gérer le problème de l’eau contaminée. L’incident le plus médiatisé étant celui d’un court-circuit décelé, dont la raison avait été donnée à la présence de cadavres de rats…

Quelles solutions peut-on envisager face à cette situation ?

On peut se demander si tous les problèmes imputés à la compagnie sont dues à un manque d’investissement du gouvernement japonais (ou mondial ?), bien que les responsables de la compagnie continuent à déclarer qu’ils n’ont pas besoin d’aide extérieure. La solution reposerait-elle sur un investissement plus important du gouvernement japonais ? La centrale a-t-elle besoin d’une aide mondiale pour pallier à tous ses problèmes rencontrés ou arriverait-elle à maîtriser seule la situation bien que cela ne semble pas être le cas?

En vue de la gravité de la situation, il n’est pas préjudiciable de penser que le problème ne concerne que le Japon et la société fautive : en négligeant le risque de tsunami ainsi que les préparatifs pour pallier à un grave accident, la société a mérité le grand nombre de procès et d’indemnisations qu’elle récolte. Néanmoins, c’est la population japonaise, les pêcheurs (lesquels n’ont toujours pas repris leur activité depuis l’accident) et certainement la population mondiale qui se trouvent concernés par ce risque majeur qu’est le déversement d’eau contaminée en mer.

En attendant il ne nous reste plus qu’à espérer, face à ces nombreuses lacunes, qu’un nouveau séisme ne survienne pas prochainement et que la présence de rats ne vienne pas gêner le travail déjà colossal et laborieux de la compagnie, ce qui aggraverait très nettement la situation. Espérons également que la centrale prenne en considération la demande de l’Agence internationale de l’énergie atomique quant à l’amélioration de la fiabilité de ses équipements et que la décision finale du gouvernement japonais ne soit pas, en ce mois de juin, d’accepter le rejet des eaux de la centrale dans l’Océan Pacifique.

Sources :

http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0EH1MT20130605

http://www.actualites-news-environnement.com/30700-pecheurs-eau-radioactive-Fukushima.html

Indonésie : une compagnie minière sur le point de détruire 1,6 millions d’hectares de forêt

herbi-mag.com

Alors que, selon l’ONU, la déforestation en Indonésie est responsable de 70% des gaz à effet de serre et que le pays se classe troisième émetteur de CO2 au monde…

Alors que la forêt indonésienne est dans un état critique et qu’elle disparaît de plus en plus…

Alors que la protection des animaux en voie d’extinction en Indonésie est menacée…

Alors que Jakarta, la capitale de l’Indonésie, a instauré un moratoire pour lutter contre la déforestation…

La société minière East Asia Minerals Corporation, basée au Canada, a communiqué le 16 avril sur son autorisation prochaine de raser quelque 1,6 millions d’hectares de végétation sur l’île de Sumatra, dans la province d’Aceh, par le gouvernement indonésien. Une autorisation qu’elle obtiendrait en incitant le gouvernement à retirer le statut protégé de cette forêt.

East Asia Minerals Corporation a déclaré que « quasiment 100% du projet » était déjà approuvé par le Ministère des Forêts et a ajouté que « dès que la forêt aura été reclassée, notre société se verra accorder la possibilité de poursuivre son programme de forage ».

Et effectivement, Hadi Daryanto, secrétaire général du ministère des Forêts, a indiqué que « son ministère approuverait certainement le dézonage dans quelques semaines et que ce serait ensuite le tour du Parlement d’Aceh de rendre sa décision. » Une décision que le Parlement ne devrait pas refuser dans la mesure où le gouvernement a déclaré que le projet avait pour but d’aider les populations.

Une visée que nombre de biologistes et scientifiques réfutent, laquelle serait davantage dévastatrice selon eux. En effet, l’Association pour la Conservation de la Biologie Tropicale a affirmé que « les forêts d’Aceh sont essentielles pour la sécurité alimentaire, la régulation des flux d’eau durant la mousson et les périodes de sécheresse pour irriguer les champs de riz et autres cultures », affirmant que la végétation est « cruciale pour l’économie de la province comme pour les habitants ». Et d’ajouter que « la perturbation de la forêt des zones hautes d’Aceh augmentera le risque d’inondations destructrices pour les Indonésiens qui vivent en aval dans les plaines côtières ».

La compagnie a, de son côté, affirmé qu’elle avait une politique de responsabilité sociale pour traiter toutes les questions environnementales…

Pour mener à bien ce nouveau plan, la compagnie minière a décidé de travailler avec d’anciens responsables du gouvernement indonésien dont Fadel Muhammed, ancien ministre du gouvernement indonésien, qui vient notamment d’être déclaré suspect il y a une semaine dans le cadre d’une enquête de corruption. Elle a affirmé être activement impliquée à l’élaboration de ce nouveau plan d’aménagement dans la province d’Aceh, celui-ci consistant à attribuer « plus d’1 million de nouveaux hectares à l’exploitation minière, quelque 400.000 nouveaux hectares à l’exploitation forestière et plus de 200.000 nouveaux hectares à des plantations d’huile de palme ».

Pourtant, les dirigeants d’East Asia Minerals Corporation se sont réjouis d’une telle avancée. Edward Rochette, PDG de la compagnie minière, a estimé que « ce développement marque un progrès et une bonne nouvelle pour l’extraction minière dans la région ».

Une nouvelle qui, évidemment, a soulevé la colère des organisations environnementales. Car, pour elles, donner cet accord signifierait « la fin du moratoire décrété par le gouvernement visant à mettre fin à la déforestation massive » de l’Indonésie. Surtout que la province d’Aceh abrite de nombreux animaux, classés en voie d’extinction, comme les orangs-outangs, rhinocéros, tigres ou encore éléphants de Sumatra, qui ont subi au cours des dernières décennies « des pertes critiques ». Un point soulevé qui n’a pas fait reculer la compagnie, déclarant que « la lenteur de la reclassification serait imputable à une coalition de groupes environnementaux et autres ONG ».

Un orang-outang :

dinosoria.com

De son côté, Romandie.com, le portail des news suisses et internationales, a dédié un article, le 22 avril, à la naissance d’une femelle orang-outan en Indonésie, née le 20 avril au zoo de Semarang, sur l’île de Java. Elle est la première née dans ce zoo, depuis la mort de son frère en 2007, une heure après avoir vu le jour.

Suite à cette annonce de la société minière East Asia Minerals Corporation, les réactions se sont poursuivies : Ian Singleton, le directeur du Programme de conservation des orangs-outans de Sumatra, et l’organisation Friends of the Earth Indonesia (WALHI), se sont déclarés « surpris » que la compagnie annonce être « très fière » « que son lobbying ait porté ses fruits ».

Dedi Ratih, un des responsables de WALHI, a pointé, de son côté, la fait que « les compagnies étrangères s’ingèrent dans la politique locale et la dirigent ».

Que penser maintenant vis-à-vis de cette décision ?

La décision gouvernementale indonésienne quant à cette autorisation laisse perplexe, sachant que depuis plusieurs années la déforestation ravage l’Indonésie et menace ainsi l’une des biodiversités les plus importantes au monde. A quand moins de projets miniers de déforestation et davantage de subventions versées pour lutter contre ce désastreux impact environnemental ? La destruction de cette forêt par l’implantation de cette compagnie minière montre une nouvelle fois que le moratoire instauré en 2011 par le gouvernement n’est pas respecté, est un échec, et pire laisse deviner des actes de corruption dans le pays. Les responsables, une nouvelle fois, ne semblent se préoccuper de l’environnement et l’attribution de permis sévit… encore et toujours.

Sensibilisation des ONG environnementales

Concernant la déforestation en Indonésie, selon des estimations de Greenpeace, celle-ci est équivalente à la disparition d’un terrain de football « qui disparait toutes les quinze secondes pour faire place aux plantations ».

Au niveau planétaire, l’association WWF a de son côté eu l’idée récente de sensibiliser le public contre la déforestation : elle « repeint » virtuellement en temps réel cette surface rasée durant un match de football à la télévision montrant ainsi que « toutes les quatre minutes, une superficie en arbres équivalente à un terrain de football disparaît de la surface de la planète ».

Pour visualiser la vidéo de sensibilisation de WWF :

Sources :

http://www.7sur7.be/7s7/fr/2765/Environnement/article/detail/1617427/2013/04/18/Une-foret-protegee-de-Sumatra-bientot-vendue-a-une-societe-miniere.dhtml?show=react

http://www.tahiti-infos.com/Deforestation-en-Indonesie-une-miniere-canadienne-suscite-l-emoi_a72187.html

Informatique « verte » : EELV et l’AGIT contre l’obsolescence programmée

La proposition de loi d’EELV et les 13 propositions de l’AGIT

fr.wikipedia.org

Le 18 mars, EELV a proposé une nouvelle loi au Sénat pour allonger la durée de vie effective des équipements électriques et électroniques. Cette loi vise à « lutter contre l’obsolescence et à augmenter la durée de vie des produits ».

L’obsolescence programmée est « l’ensemble des techniques par lesquelles un fabricant ou un importateur de biens vise, notamment par la conception du produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement ». Cette loi est portée par M. Jean-Vincent Placé, président d’EELV au Sénat, et les membres du groupe écologiste.

Pour  l’Alliance Green IT (AGIT), l’association des professionnels de l’informatique responsable, cette proposition de loi est « indispensable mais insuffisante ». Par conséquent, en complément de ces propositions de loi, l’association propose 13 solutions « concrètes, efficaces, et faciles à mettre en œuvre, sans attendre le vote » :

–  dans la rubrique « Fabricants », elle propose « l’allongement de la durée de garantie » ; « la facilité de réparation et de mise à jour matérielle» ; « l’Open Hardware ».

 –  pour les loueurs « l’allongement de la durée de la location financière (de 3 ans en moyenne à 5 ans)».

 –  pour les éditeurs de logiciels, ils préconisent de « supporter plus longtemps des anciennes versions de logiciel » et de « privilégier les logiciels ouverts ».

 –  concernant les « solutions côté utilisateurs », ils demandent aux administrateurs système d’« inciter à l’entretien de la couche applicative » telles que la « désinstallation des logiciels inutiles, la défragmentation, la suppression des fichiers temporaires » et aux directeurs informatiques d’ « aider les DSI à intégrer les coûts cachés du renouvellement dans le calcul du TCO Acheteurs » ; de « donner du poids aux écolabels complets et à la facilité de mise à jour du matériel dans les appels d’offre » ; d’’« intégrer la gestion des DEEE dès l’achat Gestionnaire de parc » et enfin de « favoriser l’architecture client-léger ».

 –  pour les « solutions côté pouvoirs publics », ils proposent de « diminuer le seuil-plancher d’amortissement » et de « communiquer auprès des entreprises ».

Frédéric Bordage, co-fondateur de l’Alliance Green IT, explique que « l’allongement de la durée de vie active des équipements électriques et électroniques (EEE) est indispensable pour réduire leur empreinte écologique qui se concentre lors de leur fabrication et de leur fin de vie. Il faut donc les utiliser plus longtemps pour en utiliser moins et réduire leur empreinte écologique et économique ».

Il est bon de noter qu’avec une durée de vie moyenne divisée par 3 en 25 ans, les achats de matériels high-tech ont été multipliés par 6 en France entre 1990 et 2007.

Pourtant, les Français seraient prêts à conserver leur matériel plus longtemps.

Une récente étude d’Ipsos pour Crucial.fr,  réalisée du 26 octobre au 1er novembre 2012 auprès d’un échantillon de 803 personnes représentatif de la population française possédant un ordinateur, montre en effet que les Français seraient prêts à « réparer » ou « booster » leur ordinateur plutôt que de le remplacer : « 86 % des Français pensent qu’il est préférable pour l’environnement de réparer un ordinateur ou de lui ajouter de la mémoire plutôt que de le remplacer » et « plus de la moitié d’entre eux (66 %) seraient même prêts à repousser un achat si leur matériel existant pouvait être rendu plus performant ».

Une dynamique en faveur de l’environnement

Le 7 juillet 2011 déjà, l’ADEME, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, montrait via une étude le non-respect de l’environnement des technologies de la communication. Avec des exemples à l’appui, l’Agence a ainsi montré que l’envoi d’emails, les recherches sur le web ou encore les transmissions et lectures de fichiers par clé usb généraient une quantité importante de CO2. L’Agence a également publié Étude sur la durée de vie des équipements électriques et électroniques, en juillet 2012 ; un rapport de 100 pages sur le sujet.

Depuis, l’Alliance Green IT a proposé 8 gestes essentiels et certains fabricants s’impliquent de plus en plus pour la protection de l’environnement.

L’association expose ainsi ces « 8 gestes essentiels » : « utiliser le matériel le plus longtemps possible » ; « collecter et recycler le vieux matériel » ; « acheter du matériel d’occasion reconditionné » ; « en cas d’achat de matériel neuf, préférer le matériel éco-conçu » ; « débrancher tous les appareils électriques inusités » ; « mettre en veille votre PC aussi souvent que possible » ; « n’imprimer que le strict nécessaire » ; « réduire la consommation électrique de votre centre informatique ».

Du côté des fabricants, Acer, par exemple, vient de lancer une nouvelle gamme de moniteurs professionnels Acer B6. Cette gamme est « destinée aux utilisateurs professionnels recherchant confort, qualité d’image et design écologique ». Faisant partie de la gamme Acer Displays, ils sont fabriqués à plus de 10% avec du plastique recyclé et « une évaluation interne a montré que ces moniteurs pouvaient réduire la consommation d’énergie de 50% par rapport à d’autres moniteurs de la même catégorie ».

Quel impact énergétique et environnemental lié à l’utilisation quotidienne d’un ordinateur et ses périphériques ?

Un intéressant site internet présente de manière ludique les gestes et conseils utiles pour préserver l’environnement via l’informatique verte. Un jeu de missions sur le thème de l’informatique verte est proposé aux internautes. Le jeu consiste à interviewer  des experts « pour mieux comprendre » et avoir des « conseils d’usage » pour ensuite, en tant que journaliste, rédiger un article grâce aux informations collectées. Il est également possible de vérifier sa compréhension des interviews par le biais d’un Quiz et d’une Boîte à outils.

Bon reportage à tous.

Sources :

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/energies-environnement/developpement-durable/221168925/obsolescence-programmee-13-s

http://www.indexel.net/sur-le-terrain/green-it-les-huit-gestes-essentiels-2974.html

http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/comment-surfer-sur-le-web-en-polluant-moins_258461.html

Greenpeace projette sa liste noire de centrales nucléaires à fermer en priorité

Projection sur la centrale de Fessenheim, le 28 mars 2013
http://lci.tf1.fr/france/societe/centrales-nucleaires-francaises-greenpeace-publie-sa-liste-7902506.html

« Pourquoi seulement moi ? », voilà ce que Greenpeace a projeté sur la centrale nucléaire de Fessenheim, le matin du 28 mars 2013. Par cette action assez spectaculaire, l’organisation cherche à toujours plus sensibiliser la population sur les risques que représentent les centrales nucléaires, mais aussi à publiciser le rapport qu’elle a publié le même jour, dans lequel elle appelle à la fermeture de quatre centrales. Les noms de celles-ci – Blayais, Bugey, Gravelines, et Tricastin – étaient d’ailleurs projetés en même temps sur une piscine proche de Fessenheim.

« 50% de nucléaire : 5 centrales nucléaires à fermer en priorité » : pourquoi ce rapport?

Greenpeace part de plusieurs constats.

  • Tout d’abord, elle reprend l’objectif annoncé par le candidat Hollande lors de la campagne présidentielle : diminuer la part du nucléaire de 75 à 50% d’ici 2025. Or selon Greenpeace, il n’y a clairement pas d’adéquation entre cet objectif et les mesures proposées par le gouvernement Hollande qui prévoit actuellement le lancement de l’EPR de Flamanville, la fermeture de la centrale nucléaire Fessenheim, et un grand débat sur l’énergie devant déboucher sur une loi de programmation énergétique et. Pour l’organisation écologiste, il faudrait en fait fermer vingt réacteurs pour effectivement diminuer la part du nucléaire de 75 à 50%.
  • Ensuite, Greenpeace souhaite tirer une leçon du drame de Fukushima. Comme l’a exprimé l’ancien président de l’ASN, « il faut imaginer l’inimaginable » en matière de catastrophe nucléaire. Or aujourd’hui l’on en est encore à une logique probabiliste, en faisant donc fi des risques à faible probabilité. Pour Greenpeace, ce n’est plus tenable, il faut passer à une logique déterministe pour s’assurer que le drame de Fukushima ne se reproduira pas.

Comment ce rapport est-il construit ?

« Il faut imaginer l’inimaginable », c’est bien ce que s’efforce de faire Greenpeace dans ce rapport. L’organisation s’est en effet donné pour objectif d’analyser la situation des différentes centrales nucléaires françaises, et d’imaginer les conséquences que pourraient avoir des accidents divers et variés.

Le rapport sélectionne alors trois critères qui permettent de déterminer une « liste noire » des centrales qui seraient en fait aussi dangereuses que celle de Fessenheim et qui mériteraient donc au même titre, d’être fermées :

– le niveau de  sûreté des centrales (leur âge, leur puissance, la nature du combustible ou encore le type de radier) ;

– les risques d’agressions externes naturelles ou non naturelles (un incendie, un séisme, ou bien un crash aérien) ;

– les conséquences d’un accident (en fonction des activités proches, de la proximité d’une grande métropole, de la densité de la population).

Prenons un exemple avec la centrale de Blayais.

  • Pour cette centrale comme pour les trois autres visées par Greenpeace, on trouve dans le rapport une fiche récapitulative de la centrale donnant notamment des informations sur son emplacement, ses réacteurs, son âge.
  • Le rapport répertorie alors les éléments propres à la centrale qui peuvent impacter sur les critères choisis. Puis en fonction de cela, le rapport va plus en détails, dessinant en quelque sorte des scénarios traduisant la dangerosité de la centrale.
  • Par exemple, on constate que la centrale de Blayais, compte tenu de sa situation géographique, est facilement inondable. Dès lors, le rapport dresse un scénario d’inondation et montre ainsi que les risques pour la centrale liés à cette agression naturelle sont :

–          un isolement de la centrale ;
–          la rupture d’une digue ;
–          le sous-dimensionnement des digues ;
–          une inondation centra via le canal de rejet des eaux de refroidissement.

  • Si les risques de tout accident – naturel ou non – pour la centrale se produisent, les conséquences toucheraient toute la région :

– concentration de la population ;

– contaminations ;

– impacts socio-économiques : la centrale de Blayais est située dans une région où les exploitations agricoles sont nombreuses, et en particulier les exploitations viticoles, toutes seraient alors directement touchées par une catastrophe par exemple naturelle dont l’impact sur la centrale ne ferait qu’amplifier les conséquences sur toute la région.

Par ce rapport donc, Greenpeace parvient à « imaginer l’inimaginable » et à tirer la sonnette d’alarme : il ne suffit plus d’imaginer, il faut agir, en fermant ces centrales qui sont, comme tend à le montrer ce rapport, aussi dangereuses que Fessenheim.