Deux ans après Fukushima : une gestion désastreuse de la centrale accidentée

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Ces derniers mois ont été marqués par une information négative, en continue, liée à Tepco (Tokyo Electric Power Company), l’exploitant gérant la centrale accidentée de Fukushima.

Dès lors une question s’est posée  de savoir si l’exploitant était bel et bien à la hauteur de la tâche qui lui incombait de démanteler au mieux la centrale accidentée, de décontaminer les eaux contaminées, de faire face et d’agir en conséquence aux fuites de ces eaux de plus en plus nombreuses.

On ne peut s’empêcher de soulever qu’en vue de tous ces récents évènements, dont on fera part par la suite, le gestionnaire semble être soit dépassé par l’ampleur du travail, soit incompétent au regard des résultats attendus suite à une telle catastrophe.

Car les enjeux et les conséquences de la catastrophe sont nombreux et lourds : selon actualites-news-environnement.com, « le défi de Tepco consiste à déterminer quoi faire de l’eau contaminée qui s’accumule à la centrale à un rythme de 400 tonnes par jour –soit suffisamment pour remplir une piscine olympique en une semaine » et « le plan compliqué de nettoyage de la centrale de Fukushima pourrait prendre 30 ans voire plus ».

Et depuis la catastrophe, les conséquences ne manquent pas, comme les relaient de nombreuses sources, comme celles selon lesquelles le gestionnaire croulerait depuis deux ans sous les procès, lesquels se comptent par centaines, comme celles des demandes d’indemnisation des victimes de l’accident, lesquelles s’accroissent avec le temps et se compteraient même en dizaines de milliards d’euros.

A propos de l’accident

En chiffres, il est intéressant d’évoquer que jusqu’à présent, « 30 milliards d’euros ont été payés par l’Etat japonais pour aider Tepco » face à cette situation et que « 17 réacteurs du groupe Tepco sont à l’arrêt depuis l’accident survenu le 11 mars 2011 ».

Radioactivité et pollution nucléaire

Deux ans après la catastrophe, les fuites d’eau radioactives vers l’océan, provenant du refroidissement des réacteurs ravagés, semblent se poursuivre. Des fuites similaires avaient déjà été détectées en 2012, et en avril dernier principalement, celles-ci avaient été nombreuses, poussant le gestionnaire Tepco à reconnaître que ces fuites étaient « graves » et à admettre être incapable d’en « expliquer la raison ».

De même, Tepco avait pêché en février, aux abords de la centrale, un poisson avec un taux de radioactivité de 740 000 becquerels de césium par kilogramme, soit 7 400 fois plus que la norme fixée par les autorités japonaises pour interdire tout aliment à la consommation. Le gestionnaire avait alors listé un grand nombre d’autres poissons contaminés, saisis depuis déjà plusieurs mois…

En juin : nouvelle contamination radioactive des eaux

La compagnie avait fait état en début de semaine de juin de « l’écoulement de césium radioactif dans l’eau du sol en direction de la centrale, après avoir assuré que la contamination était négligeable et qu’il n’y avait pas de crainte pour l’environnement ».

Malgré la construction de la compagnie de réservoirs dans les sous-sols de la centrale pour stocker l’eau contaminée, dans laquelle toute l’eau est conservée actuellement, l’eau contaminée arrive toujours à s’infiltrer, prouvant ainsi que les réservoirs utilisés ne sont pas fiables à 100%. Et, soulignons-le, la gestion des liquides de refroidissement n’est qu’une infime partie du travail de démantèlement que doit entreprendre Tepco…

Le gouvernement avait alors ordonné à l’opérateur d’accroître ses capacités de stockage d’eau et de construire un mur de terre gelée autour des quatre réacteurs pour empêcher l’écoulement d’eau de s’infiltrer dans la centrale. Mais serait-ce suffisant ?

Fin mai, la compagnie avait alors nouvellement installé des citernes en acier pour les utiliser à la place des réservoirs. Mais déjà le 5 juin, Tecpo a annoncé qu’une nouvelle fuite d’eau contaminée d’environ un litre avait été détectée dans l’une des citernes.

Enfin, le 10 juin dernier, la compagnie a annoncé avoir terminé, la veille, d’extraire les 24.000 tonnes d’eau concernées pour être enfermées dans des citernes. Mais ces citernes d’accueil viennent de prouver qu’elles ne sont pas non plus fiables à 100%… Cercle vicieux ? Ce problème n’est vraisemblablement pas réglé.

En attendant, la compagnie a promis la construction accélérée de nouvelles cuves qui seront posées au sol. Seront-elles enfin fiables ?

En mai : Tepco envisageait de rejeter en mer l’eau stockée dans la centrale

L’opérateur japonais avait déjà fait parler de lui à la mi-mai en déclarant envisager de rejeter en mer l’eau stockée dans la centrale, expliquant ne « plus savoir quoi faire des dizaines de milliers de tonnes d’eau contaminée stockée dans les réservoirs de la centrale accidentée » et avait alors déclaré espérer pouvoir rejeter ces eaux dans l’Océan Pacifique, une décision à laquelle les pêcheurs japonais se sont évidemment farouchement opposés.

La compagnie avait alors affirmé que « l’eau rejetée ne contiendrait que très peu d’éléments radioactifs grâce au mélange avec de l’eau de pluie »… Ah bon ?

Mars-avril : pannes d’électricité et courts-circuits dus à la présence de rats

Une série d’incidents de ce genre et de pannes de courant avaient été signalés également en mars et avril. Ces incidents ont constitué un nouveau revers pour l’opérateur, lequel cherche toujours à rassurer l’opinion et les pouvoirs publics de sa capacité à gérer le problème de l’eau contaminée. L’incident le plus médiatisé étant celui d’un court-circuit décelé, dont la raison avait été donnée à la présence de cadavres de rats…

Quelles solutions peut-on envisager face à cette situation ?

On peut se demander si tous les problèmes imputés à la compagnie sont dues à un manque d’investissement du gouvernement japonais (ou mondial ?), bien que les responsables de la compagnie continuent à déclarer qu’ils n’ont pas besoin d’aide extérieure. La solution reposerait-elle sur un investissement plus important du gouvernement japonais ? La centrale a-t-elle besoin d’une aide mondiale pour pallier à tous ses problèmes rencontrés ou arriverait-elle à maîtriser seule la situation bien que cela ne semble pas être le cas?

En vue de la gravité de la situation, il n’est pas préjudiciable de penser que le problème ne concerne que le Japon et la société fautive : en négligeant le risque de tsunami ainsi que les préparatifs pour pallier à un grave accident, la société a mérité le grand nombre de procès et d’indemnisations qu’elle récolte. Néanmoins, c’est la population japonaise, les pêcheurs (lesquels n’ont toujours pas repris leur activité depuis l’accident) et certainement la population mondiale qui se trouvent concernés par ce risque majeur qu’est le déversement d’eau contaminée en mer.

En attendant il ne nous reste plus qu’à espérer, face à ces nombreuses lacunes, qu’un nouveau séisme ne survienne pas prochainement et que la présence de rats ne vienne pas gêner le travail déjà colossal et laborieux de la compagnie, ce qui aggraverait très nettement la situation. Espérons également que la centrale prenne en considération la demande de l’Agence internationale de l’énergie atomique quant à l’amélioration de la fiabilité de ses équipements et que la décision finale du gouvernement japonais ne soit pas, en ce mois de juin, d’accepter le rejet des eaux de la centrale dans l’Océan Pacifique.

Sources :

http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0EH1MT20130605

http://www.actualites-news-environnement.com/30700-pecheurs-eau-radioactive-Fukushima.html

La Convention de sûreté nucléaire se réunit actuellement à Vienne

 

crédits photographiques: Rahm Emanuael

Du 4 au 14 avril 2011, les 72 pays cocontractants à la Convention sur la sûreté nucléaire (CNS) se réunissent à l’AIEA de Vienne. Ils se réunissent tous les trois ans pour examiner la mise en œuvre de la CNS. Il s’agit de leur cinquième réunion. La conférence va permettre d’examiner les rapports que chaque partie contractante est tenue de soumettre sur la sûreté nucléaire. Tous les pays qui exploitent des centrales nucléaires sont parties contractantes de la CNS.

Le directeur général de l’AIEA appelle à des normes rigoureuses et à une transparence totale

Lors de l’ouverture de la réunion, le Directeur général Yukiya Amano a évoqué les thèmes abordés à savoir la gestion de la sécurité, la culture de la sécurité, la coopération internationale, le réseautage de la gestion des urgences ; ainsi que des thématiques spécifiques liées à l’accident de Fukushima.

Bien que la priorité immédiate soit de surmonter la crise et de stabiliser les réacteurs, Yukiya Amano a appelé les participants à commencer le processus de réflexion et d’évaluation dans la mesure où « les préoccupations de millions de personnes dans le monde entier quant à savoir si l’énergie nucléaire est sans danger doivent être prises au sérieux ». Il a déclaré que « le respect rigoureux des normes de sécurité internationales et une transparence totale, dans les bonnes et les mauvaises circonstances, sont indispensables pour rétablir et maintenir la confiance du public dans l’énergie nucléaire ».

La Convention sur la sûreté nucléaire : un simple instrument incitatif

Cette Convention, entrée en vigueur en 1996, a été conçue pour renforcer la sûreté nucléaire. Ses objectifs sont d’atteindre et de maintenir un niveau élevé de sûreté nucléaire dans le monde entier. Il s’agit d’établir et maintenir des défenses efficaces dans les installations nucléaires contre les risques et de prévenir les accidents.

Cependant, la Convention sur la sûreté nucléaire est un instrument incitatif et n’oblige pas les parties à adhérer à certaines normes de sécurité. Elle est basée sur leur intérêt commun pour atteindre des niveaux plus élevés de sécurité.

Source : AIEA

Soutenir l’effort de réduction des dettes publiques et protéger l’environnement, deux objectifs complémentaires

Comme chaque année depuis maintenant quatorze ans, plusieurs associations au premier rang desquelles Friends of the Earth, publient aux Etats-Unis un rapport consacré à l’identification des dépenses, subventions ou niches fiscales grevant le budget américain et dont la suppression serait bénéfique pour l’environnement. En cette période de crise des finances publiques, un tel travail mérite d’être mis en lumière et pourrait faire des émules.

Le magazine du développement durable nous en apprend plus sur ce sujet. Il précise ainsi que les associations engagées pour cette étude travaillent sur la base de documents comptables officiels, directement mis à disposition par l’administration fédérale américaine. Ce qui nous donne une idée du sérieux de la démarche. Suivant leurs conclusions, l’Etat fédéral américain pourrait réaliser une économie de plusieurs centaines de milliards de dollars sur une période de cinq ans.

Elles suggèrent notamment la suppression pure et simple des aides destinées aux énergies fossiles qui permettent aux industriels du secteur de bénéficier de certaines exemptions de taxe. Cette mesure permettrait de faire rentrer dans les caisses de l’Etat près de soixante milliards de dollars.

Elles estiment ensuite nécessaire de stopper l’effort de recherche coûteux entrepris en vue du développement d’une technologie de capture et de séquestration du carbone, qualifié de « quête sans fin pour faire du charbon une énergie propre », et qui plus est « potentiellement dangereuse ».

Enfin, elles militent pour un abandon du soutien au secteur de l’énergie nucléaire. Celui-ci bénéficie en effet d’aides multiples de la part de l’Etat américain, allant de subventions à la recherche & développement à des garanties de prêt, en passant par des exonérations fiscales. Elles évaluent sur ce point l’économie potentielle à cinquante milliards de dollars pour une période de cinq ans, de 2012 à 2016.

AIEA : gendarme de l’atome ?

Source: photosearch

« Nous vivons à l’ère post-Fukushima » a déclaré ce lundi le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano. Selon lui, il est grand temps de redéfinir le rôle de l’Agence.

Déjà la Suisse, l’Allemagne et l’Italie, ont décidé de progressivement abandonner leur programme de développement nucléaire. Les propos du directeur général auront surement un impact significatif sur l’opinion mondiale, aujourd’hui très circonspecte sur le sujet.

Faire de l’AIEA un « gendarme » mondial

Yukiya Amano a indiqué dans un rapport aux cent cinquante et un Etats de l’Agence onusienne, que la mission de promouvoir le nucléaire civil de l’Agence n’est plus suffisante suite à l’accident du Japon. « La sûreté des installations nucléaires est plus que jamais prioritaire pour les pays » affirme-t-il. Il désire que l’Agence puisse « vérifier systématiquement et régulièrement la sûreté de toutes les centrales nucléaires ». Les évaluations nationales de sécurité ne sont qu’un point de départ, l’AIEA doit s’assurer de leur pertinence dans un second temps.

M. Amano a également souhaité un renforcement rapide des critères de sécurité de l’AIEA tout en cherchant à garantir leur application au niveau mondial. « Même les meilleurs critères sont inutiles s’ils ne sont pas appliqués », explique-t-il.

Vers une politique nucléaire mondiale ?

Réunis cette semaine à Vienne, en Autriche, siège de l’Agence, les experts de l’AIEA encouragent les Etats à prendre une solution collective.

Le rapport ne cherche pas à contester la responsabilité des États sur leur centrale, ni à modifier le statut de l’Agence – sous peine d’âpres discussions. Il reste donc trois jours aux ministres de ces pays pour mettre au point une stratégie internationale convaincante de renforcement de la sécurité nucléaire. Le risque d’attiser le courroux des anti-nucléaires va certainement influer beaucoup sur le débat.

Les évaluations vont être sélectives dans un premier temps. Il n’est pas possible, en effet, pour l’agence de vérifier les 440 réacteurs du monde dans le délai des 18 mois fixés. Encore aucune proposition concrète n’a été clairement énoncée, « les techniciens de l’AIEA se mettront d’accord sur un plan d’action » a confirmé la ministre française de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Le directeur général espère que les imprécisions concernant encore les modalités d’examens de sécurité seront une « motivation supplémentaire » des exploitants des centrales pour qu’ils se conforment strictement aux normes de sécurité.

M. Amano  est visiblement optimiste quant à l’assentiment des États membres, même si les stress tests européens ont montré que tous ne partagent pas la même approche de la sûreté nucléaire. Oui, tous les pays ont conscience de la nécessité de travailler ensemble en matière de sécurité nucléaire mais le consensus va être difficile à atteindre.

Le renforcement de l’intervention de l’agence onusienne va poser un problème politique majeur. Les pays tels que l’Iran, n’ayant obtenu que récemment la possibilité de développer l’énergie nucléaire civile, ne pourraient y voir qu’un moyen pour les occidentaux de garder un œil sur leurs activités. Ainsi les déclarations des experts de l’AIEA vont être un enjeu de renforcement de la sécurité nucléaire, de gouvernance mondiale mais aussi une manière d’apprécier la légitimité de l’agence…

Japon: scandale autour du redémarrage de deux centrales

La décision de redémarrer deux centrales nucléaires, sur les 50 fermées depuis la catastrophe de Fukushima, a été confirmée ce samedi 16 juin, après une semaine de délibération, ceci en dépit des protestations et de l’indignation du public et des organisations gouvernementales, dont Greenpeace, scandalisée, qui proteste et juge que cette décision menace «  inutilement l’environnement japonais, son peuple et son économie ».

Photo: fotopedia.com

Le redémarrage pour la survie du pays?

C’est dans l’Ouest du pays, à Ohi, que le gouvernement japonais a autorisé la réouverture de deux réacteurs nucléaires. Ce sont les deux premiers à bénéficier de cet accord, car jugés sûrs par l’Agence de sécurité nucléaire, qui a effectué les tests pour le compte du Japon. Après l’arrêt complet de tout le parc nucléaire suite à la catastrophe de Fukushima, survenue le 11 mars 2011, le gouvernement japonais déclarait la semaine dernière que «si tous les réacteurs qui fournissaient 30% de l’électricité du Japon sont arrêtés, la société japonaise ne peut pas survivre».

Le ministre de l’industrie, Yukio Edano déclare quant à lui que « les préparatifs d’une relance effective sont en cours », relance qui sera assurée par le groupe industriel Kansai Electric dans les cinq à six prochaines semaines.

Cette annonce, qui intervient avant le pic de demande dû à la saison chaude, période où la climatisation au Japon tourne à plein régime, n’est pas la seule explication de la réouverture des deux réacteurs du site d’Ohi. Le Premier ministre Yoshihiko Noda rappelle que « ce n’est pas un problème de pénurie cet été, mais une nécessité pour ne pas freiner l’activité économique du pays qui s’accélère ».

Une forte désapprobation populaire

La réouverture du site d’Ohi semble être le commencement d’un mouvement massif de relance de l’activité des centrales nucléaires japonaises, malgré la forte hostilité de l’opinion publique. Le gouvernement japonais a prévenu « qu’environ 20 autres réacteurs ont subi des examens et qu’ils sont jugés sûrs ». Déjà, une dizaine de milliers de manifestants se sont rassemblés vendredi 15 juin « pour s’opposer à cette mesure ». Ils ont également fait circuler une pétition dans l’espoir « d’abandonner l’énergie atomique », qui a déjà recueilli 7,5 millions de signatures.

Fortement opposée à ce « feu vert » du Premier ministre qu’elle trouve « hâtif et dangereux », Greenpeace souligne dans un communiqué de presse que le gouvernement « ne tient pas compte de l’avis des experts en matière de sécurité et de l’hostilité de l’opinion ». Gouvernement japonais qui assure pourtant que « la politique de dépendance à l’égard de l’atome à l’horizon 2030 n’est pas remise en cause ».

 

Source: LeFigaro.fr

La géothermie, une source d’énergie renouvelable à fort potentiel

Alors que la France vise à l’horizon 2020 un doublement de la production des énergies renouvelables sur son sol, le potentiel de la géothermie peut lui offrir une place de choix dans la refonte de son mix énergétique. Elle occupe actuellement la troisième place des énergies renouvelables produites dans le pays, derrière l’hydraulique et la biomasse.

Une expérience conduite durant sept ans de manière conjointe par deux observatoires au Japon et en Italie, dédiée à la mesure du taux d’antineutrinos générés au centre de la Terre, vient en effet de démontrer l’étendue des capacités de cette source d’énergie. Les antineutrinos sont des particules créées par la désintégration nucléaire, qui produit ainsi de manière naturelle 20 térawatts d’énergie. Production importante lorsque l’on sait que l’Homme consomme actuellement « seulement » 14 térawatts d’énergie à l’échelle planétaire.

Pour capter ce gisement d’énergie, la mise en place d’installations de géothermie profonde serait nécessaire. Cette mise en place requiert une sélection minutieuse des zones propices. En France, celles-ci ont déjà été identifiées. Il s’agit principalement du Massif central, de l’Alsace et de la vallée du Rhône. Mais leur exploration reste couteuse, en raison du fait qu’il est indispensable de forer pour déterminer l’exploitabilité d’un gisement.

Au niveau mondial, les experts présents à la rencontre Equinox Summit : Energy 2030, ont indiqué que selon leurs prévisions, la géothermie représentera en 2030 10% de la production électrique si les décideurs s’en donnent les moyens. Pour ce faire, un investissement d’un milliard de dollar serait nécessaire.

Sources : leplus.nouvelobs.com, scientificamerican.com, rhubarbe.net, wgsi.org.

L’économie française verdit

Source: Enviro2b.com

Le 14 juin ont eu lieu les premières rencontres nationales de l’économie verte en présence de la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette journée a permis de dresser un bilan de cette économie nouvelle en France.

Aussi la ministre a déclaré un chiffre : 950.000 emplois verts avaient été comptabilisés en France en 2008. Ces chiffres émanent d’un rapport de l’Observatoire national des emplois et des métiers liés à la croissance verte, un service animé par le Service de l’observation et des statistiques (SOeS) du Commissariat général au développement durable. Crée en 2010, l’objectif de cet observatoire est de comparer les méthodes et les chiffrages sur les emplois, les métiers et les formations de la croissance verte.

Toujours selon l’Observatoire, la croissance de ces emplois verts proviendrait de deux secteurs :

1. les éco-activités, catégorie qui comprend les métiers de la protection de l’environnement, la gestion des ressources naturelles, les activités transversales comme les services généraux publics, la R&D et l’ingénierie.

Cette catégorie a le plus profité de la création d’emplois en 2008, notamment le secteur de la gestion du bruit, des eaux et des déchets.

2. les activités plus périphériques incluant toutes les activités dont la finalité n’est pas environnementale, c’est-à-dire : la production et la distribution de l’eau, la gestion des espaces verts, les transports Grenelle (activités liées au ferroviaire) mais aussi les travaux d’isolation, la fabrication de certains produits industriels tels que les chaudières à condensation.

Cette tendance devrait se poursuivre – sous l’égide du Grenelle de l’environnement – qui prévoit 440 milliards d’euros d’investissements dans les emplois verts d’ici 2020, dans les secteurs du logement, des transports, des énergies renouvelables et de l’agriculture.

Ainsi, d’après le ministère du développement durable, l’économie devrait voir fleurir des chefs de projet éolien, diagnostiqueurs immobiliers, conseillés en agriculture biologique, poseurs de panneaux photovoltaïques…

L’orientation vers une croissance verte reçoit les vœux des politiques, notamment d’Eva Joly, député au Parlement européen et candidate aux primaires d’Europe-Ecologie, qui affirme que « la conversion écologique est fortement créatrice d’emplois. […] On en prévoit 500.000 en 2020 ».  De même, Corinne Lepage, elle aussi députée européenne, est favorable à la croissance verte mais précise que si les métiers de l’énergie renouvelable sont peu présents en France, c’est qu’ « il y a une incompatibilité complète entre le tout nucléaire (car nous n’avons pas de mix électrique) et le renouvelable qui vient concurrencer le nucléaire dans un pays où le nucléaire est en surcapacité ».

Ces réactions décrivent la nécessité de faire de la croissance verte une véritable perspective économique, la nécessité de créer la diversification du bouquet énergétique. La politique française actuelle en matière d’énergie reste majoritairement attachée au nucléaire. Aussi les promesses d’investissements ne peuvent se concrétiser sans un choix tranché des politiques pour une diversification des investissements énergétiques…

 

 

Les tarifs du gaz et de l’électricité doivent être réformés

 

"La fée électricité" - Raoul Dufy

Les tarifs du gaz et de l’électricité méritent d’être réformés. Ce processus est « socialement inéluctable », pour reprendre des termes employés par le professeur de l’IEP de Paris Stéphane Cossé, dans un article également cosigné par Christophe Droguère, expert dans le secteur de l’énergie, et Yann Wehrling, porte-parole du Modem, que vous pouvez lire ici.

Un mois jour pour jour après le tsunami japonais qui a conduit à la catastrophe de Fukushima, les experts de l’énergie et du climat s’interrogent toujours sur l’avenir énergétique de la planète. En France, outre le débat sur la filière nucléaire, les représentants du gouvernement et de l’opposition ne s’entendent pas sur l’application de la loi « Nome » – pour « Nouvelle Organisation des Marchés de l’Electricité ».

La question des tarifs de l’énergie est au coeur de ces débats. Dans un contexte marqué par la crise et une augmentation de « la précarité énergétique », est-il nécessaire d’augmenter les tarifs du gaz et de l’électricité ? (oui le gaz à augmenté le 1er, il ne s’agissait pas d’un poisson et oui, l’électricité doit à nouveau augmenter…)

L’idée véhiculée par les 3 experts précités, dans leur article paru aujourd’hui sur lemonde.fr, consiste à admettre que « les prix de l’électricité et du gaz vont être amenés à augmenter significativement les prochaines années », quelque soit notre « mix énergétique ». La tendance irait évidemment à une plus forte augmentation si le pays d’engage vers une sortie du nucléaire au profit d’un développement des énergies alternatives.

Certains élus, associations de défense des consommateurs, s’élèvent contre toute réforme des tarifs du gaz et de l’électricité au motif qu’elle serait inévitablement injuste et pèserait sur le portefeuille des ménages les plus précaires.

Là réside l’intérêt du « point de vue » développé par Cossé, Droguère et Wehrling. Ils proposent dans ce contexte de « reconsidérer en profondeur » le « système réglementé actuel qui traite de la même façon un ménage à fort pouvoir d’achat et les ménages les plus pauvres en précarité énergétique ». Pour les tarifs de l’électricité, ils suggèrent deux options :

  • « Étendre le tarif social du million de ménage actuel (bénéficiaire de la CMU) à 25% des ménages consommateurs d’électricité (environ 8 millions, soit les bénéficiaires d’allocations logement). Le tarif « bleu » serait lui supprimé pour les autres consommateurs et le prix librement fixé par les producteurs mis en concurrence (donc aux coût de revient effectifs des producteurs). Ces prix intégreraient une contribution de solidarité correspondant à la subvention au titre de « tarif social étendu ». »
  • « Maintenir un seul tarif, qui serait subventionné jusqu’à un certain volume, correspondant à une consommation énergétique minimale pour limiter les situations de précarité. Au-delà, le tarif serait fixé librement par les producteurs. A cela s’ajouterait un malus, payable par tous, en cas de consommation trop élevée aux heures de pointes (à ces heures, le coût marginal est plus élevé et les centrales les plus émettrices de CO2 sont mises en fonctionnement). Cette solution reviendrait à instaurer un service universel d’énergie minimal représentant un droit à l’énergie pour tous les citoyens. »

L’intérêt ici, quelle que soit l’option retenue, est que « les ménages les plus aisés et les plus consommateurs seraient ainsi incités à réduire leur consommation ou à engager des travaux d’économie d’énergie ».

Soyons donc lucide et admettons que « nous ne pouvons plus permettre que les plus aisés » des ménages français « bénéficient d’une énergie à des tarifs aussi avantageux ». Comme le soulignent Stéphane Cossé, Christophe Droguère et Yann Wehrling, il est temps d’envisager une réforme des tarifs de l’énergie basé sur « système juste et redistributif, incitatif pour les économies d’énergie, et encourageant les investissements au meilleur coût dans les moyens de production ».

Des milliers d’Allemands manifestent contre le nucléaire

Lundi 14 mars, plus de 100 000 Allemands ont manifesté contre l’énergie nucléaire. Répartis dans plus de 400 villes, ils ont notamment appelé à la fermeture de certaines centrales, d’après l’AFP.

L’Allemagne, dont une franche partie de la population est hostile à l’atome, s’est très rapidement organisée pour organiser des manifestations d’ampleur. L’opinion publique allemande avait été sensible au changement de stratégie opéré par Angela Merkel qui était revenue sur la sortie programmée de l’Allemagne du nucléaire. Elle avait décidé de prolonger finalement la durée de vie de centrales.  Coïncidence hasardeuse, le 12 mars, avait eu lieu une manifestation « prévue de longue date », rassemblant plusieurs milliers de personnes dans de Bade-Wurtemberg, entre la centrale nucléaire vieillissante de Neckarwestheim et Stuttgart. Les militants demandent sa fermeture.

Une fois n’est pas coutume, il semble que ces manifestations aient eu un impact direct sur le gouvernement allemand : lundi 12 mars, la chancelière Angela Merkel a annoncé un moratoire de 3 mois sur l’allongement de la durée de vie des réacteurs. Ne soyons pas dupes, cette mesure paraît symbolique. La lutte devra se poursuivre. Mais dans le contexte hostile que nous connaissons : crise financière, chômage (des jeunes), baisse du pouvoir d’achat, un peu de symbolisme ne fait pas de mal, au contraire…

 

Trois centrales nucléaires japonaises en état d’urgence

Centrale d'Onagawa par la Tohoku Electric Power Company. Crédits photo : KYODO/REUTERS
Centrale d'Onagawa par la Tohoku Electric Power Company. Crédits photo : KYODO/REUTERS

Que peut-on dire à l’heure actuelle de la situation des centrales nucléaires japonaises suite au séisme et au tsunami qui a frappé l’archipel en fin de semaine dernière ? Futur Tchernobyl ou Tricastin ?

  • L’incident à la centrale nucléaire de Fukushima N° 1 a été classé au niveau 4 par l’Autorité de Sureté Nucléaire, ce qui la place au même niveau que l’incident survenu sur le site nucléaire du Tricastin en France en 2009. Entre temps, le bâtiment accueillant un des réacteur a explosé, diffusant un nuage de particules radioactives et les autorités japonaises craignent une fusion du noyau et de nouvelles explosions. Quelques experts estiment qu’un des réacteur est en fusion partielle.
  • La société gérant la centrale d’Onagowa,a décrété le premier niveau de l’état d’urgence dimanche. Il y aurait une hausse de la radioactivité dans cette centrale. Sans plus de précision.
  • Le système de refroidissement du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Tokai a une pompe défectueuse. Mais le système de secours serait en état de marche.
  • En France, ces événements créent la polémique dans le monde politique et associatif.

    • Eric Besson, le ministre de l’Industrie, estimait samedi qu’il s’agissait « d’un accident grave mais pas une catastrophe nucléaire« .
    • Thierry Breton, ancien ministre de l’industrie et amoureux du Japon, estime de son côté samedi, qu’il n’y aura pas d’explosion. Dimanche matin, il avait tord.
    • Corinne Lepage, une autre ancienne ministre, mais de l’Ecologie, déclare que l’on doit tirer des leçons de cette situation : « Cela montre qu’il y a des risques. Et nous avons aussi en France des centrales à risque. Cela relance le débat sur le coût et les avantages du nucléaire. »
    • Sofia Majnoni de Greenpeace France déclare de son côté à l’AFP : « Ca fait un moment qu’on tirait la sonnette d’alarme, et on déplore qu’il faille en arriver là pour que les autorités puissent se poser des questions, et on n’est même pas sûr qu’elles le fassent ». Elle annonce par ailleurs, que les informations qu’elle reçoit de ses homologues japonais plus préoccupantes que celles diffusée par le ministère de l’Environnement.

    Difficile donc de se faire une idée claire sur la situation. Il est très frustrant de recevoir quasiment en temps réel des images de l’autre bout de la Terre tout en ne sachant finalement que peu de choses…