Eole Water : produire de l’électricité et de l’eau avec une éolienne !

Voilà de l’innovation dans les énergies éoliennes : à Saint-Tulle, la start-up française Eole Water vient de mettre au point une éolienne capable de produire de l’électricité, mais aussi jusqu’à 2.000 litres d’eau potable par jour…

Projet n’a toujours pas été concrétisé pour l’heure mais il peut s’agir d’une avancée majeure. De nombreuses éoliennes et autres sources d’énergie peuvent être installées dans des lieux isolés en étant cependant rattachées à un réseau. Eole Water développe un concept simple : l’eau provient de l’air, l’énergie du vent et les composants sont tous entièrement recyclables.

Une telle éolienne va permettre à des milliers de personnes vivant dans des zones isolées de pouvoir accéder à l’eau potable et à l’électricité. En effet, « l’éolienne pèse 11 tonnes, mesure 30 mètres de haut et n’a pas besoin d’être connectée à un réseau », décrit Thibault Janin, Directeur marketing et logistique d’Eole Water.

La commercialisation n’est encore qu’à ses balbutiements mais la start-up compte déjà en implanter dès septembre à Abu-Dhabi. Des projets de contrats avancent également avec la Polynésie, le Chili, le Bénin ou encore la Zambie.

Grâce à la condensation de l’air, c’est une nouvelle source d’eau qui peut s’installer n’importe où. Une bonne chose quand on dénombre encore que plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et que 2,6 milliards de personnes manquent d’installations sanitaires de base…

Energies renouvelables : publication du rapport mondial du REN21

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REN21 – Renewable Energy Policy Network for the 21st Century – réseau politique reconnu et légitimé sur la scène internationale, a publié mercredi son Rapport mondial sur les énergies renouvelables. Les conclusions soulignent que le secteur des énergies renouvelables continue de croître malgré la poursuite de la récession économique, la réduction des incitations et la faiblesse du cours du gaz naturel.

Le réseau REN21 – crée en 2005 –  cherche à faciliter l’échange des informations et des connaissances autour des énergies renouvelables pour favoriser la croissance des technologies d’énergies renouvelables dans les pays en voie de développement et industrialisés. Le réseau est appuyé par le Programme des Nations unies pour l’environnement et l’Agence allemande de coopération technique, en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie.

Energies photovoltaïques à l’honneur

A l’aide de milliers de données individuelles, de centaines de rapports et autres documents, et aussi de nombreux échanges avec des experts du monde entier,  le rapport mondial décrit en détail l’état de différentes filières d’énergie renouvelable dans le monde.

Les experts de REN21 ont constaté d’encourageants résultats pour 2010. Ils révèlent, en effet, que les énergies renouvelables représentent « près d’un quart de la capacité totale de production d’électricité mondiale et fournit presque 20% de la production électrique mondiale, hydroélectrique notamment. Dans le même temps, la capacité installée de solaire thermique pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire a crû de 25 GWth soit de 16% environ. »

Le rapport soulève l’impact bénéfique des politiques incitatives qui sont « le principal moteur de cette croissance » dans au moins 119 pays (surtout des pays en voie de développement) ayant adopté des politiques ou des objectifs favorisant les énergies renouvelables. Les experts insistent sur le fait que c’est plus du double qu’au début de 2005.

Cette envolée s’explique en partie par le dynamisme des marchés de ce secteur énergétique. L’investissement dans les énergies renouvelables a atteint le niveau record de 211 milliards USD, soit environ un tiers de plus qu’en 2009 (160 milliards USD), et cinq fois plus qu’en 2004.

Le leadership chinois dans les énergies éoliennes

L’une des surprises de ce rapport est le positionnement en première position de la Chine en matière d’énergies renouvelables. Chine, premier pollueur et premier consommateur d’énergie de la planète a le plus investi en 2010 dans les énergies éoliennes et dans les chauffe-eau solaires, devant l’Allemagne et les États-Unis. L’Allemagne conserve la tête du palmarès spécifique à l’énergie photovoltaïque.

« La performance mondiale des énergies renouvelables, en dépit des vents contraires, a été un facteur positif et stable en période de turbulences. Aujourd’hui, plus d’individus que jamais obtiennent de l’énergie à partir de sources renouvelables au fur et à mesure que la capacité augmente, que les prix baissent et que la part des énergies renouvelables dans l’énergie mondiale continue de progresser », a souligné Mohamed El-Ashry, président du Comité de direction de REN21.

Le domaine de l’énergie est en pleine mutation, conscient de l’impact des énergies fossiles et des pollutions associées au réchauffement climatique, de nombreux pays se montrent de plus en plus responsables. Cependant, cette tendance ne doit pas omettre la croissante détérioration de l’environnement par les activités industrielles et humaines. Le leadership chinois en termes d’énergie éolienne ne justifie en rien l’ouverture quotidienne de centrale à charbon sur son territoire.

Sources: actu-environnement, bluewin, lefigaro, actualites-news-environnement

 

 

Norvège : l’énergie osmotique, une première mondiale

Il y a maintenant deux ans que la princesse Mette-Marit a inauguré en personne le prototype de centrale osmotique de Tofte, sur les rives d’un des bras du fjord d’Oslo. C’est alors une première mondiale. Tous les espoirs sont tournés vers le bouillonnement provoqué par la rencontre entre l’eau douce et l’eau salée. Le tumulte produit s’avère libérer une énergie renouvelable que l’entreprise norvégienne Statkraft s’est employée à transformer en électricité.

Le Norvège et ses nombreux fjords se révèlent le lieu idéal au développement de ce procédé, comme la plupart des pays côtiers. En effet, au niveau des estuaires, la quantité d’énergie libérée peut atteindre l’équivalent de celle d’une chute d’eau de 120 m.

La membrane, enjeux de la rentabilité du processus

Cependant, l’énergie osmotique dépend avant tout de la membrane qui sépare les deux réservoirs alimentés localement par de l’eau douce ou de l’eau salée. La membrane est semi-perméable et retient le sel en laissant passer l’eau. L’énergie émane de la différence de pression osmotique entre les deux types eaux ; la différence de concentration de sel crée des étincelles.

La membrane est la clé de voute de l’exploitation osmotique. Les remparts à son développement et sa production réduisent les capacités de production énergétique de la centrale. On estime encore que dans l’état actuel de la technologie, la surface de membrane nécessaire est de 200 000 à 250 000 m2 par mégawatt. « Pour produire de manière rentable de l’énergie osmotique, il faut encore améliorer le rendement des membranes », concède Clément Perchat, chef de projet hydroélectricité chez Statkraft France.

…Vers la concrétisation du prototype

Statkraft reste optimiste : « à terme, on devrait atteindre 25 MW, soit la consommation de 30 000 foyers ». Cependant cet optimisme ne doit pas faire oublier aux dirigeants de l’entreprise que pour produire autant, cinq millions de mètres carrés de membranes – l’équivalent de la surface d’un terrain de football – sont nécessaires.

Il va sans dire, que cette énergie n’est pas rentable …pour le moment. Mais la hausse du prix de l’énergie devrait modifier cette situation. En plus de n’avoir aucun impact sur l’environnement  et de ne pas dépendre des conditions climatiques, cette énergie renouvelable répond – en théorie – à la moitié de la consommation énergétique annuelle des ménages européens. Si l’entreprise ne compte pas pour l’instant multiplier l’opération sur d’autres Fjords, elle espère tout de même pouvoir commercialiser le processus d’ici 2015. L’initiative norvégienne n’est pas marginale, et déjà, la recherche est en forte expansion dans les rangs d’experts de Corée, des Etats-Unis, du Japon et des Pays-Bas…

Source: cleantechrepublic.com

Des terres rares trouvées au fond de l’océan Pacifique

Les terres rares ou les 17 métaux aux propriétés électromagnétiques similaires sont très recherchées pour fabriquer les technologies de pointe comme les voitures hybrides et électriques, les énergies renouvelables, électroniques, l’éclairage et l’armement. Ils sont présents naturellement dans le sol mais sont très difficiles à extraire.

 

La fin du quasi-monopole chinois : bienfait pour les autres pays industriels et pour l’environnement

Aujourd’hui, 97% de la production de terres rares est possédée par la Chine. Mais les résultats d’une étude japonaise publiée lundi dans l’édition en ligne de la revue scientifique britannique Nature Geoscience, pourraient changer la donne. Le quasi-monopole chinois est soudain contre-balancé, ces découvertes sont donc bien accueillies par le milieu de l’industrie technologique.

Les mondes scientifique et industriel ont conscience de la présence de ces précieux métaux dans les fonds marins mais aucune initiative n’a pour l’heure été prise en raison des incertitudes quant à leur localisation.

Cette nouvelle est importante car si la Chine ne dispose que d’un tiers des ressources mondiales, l’extraction des métaux dans ses sols est véritablement prédatrice de l’environnement. Près des exploitations, les terres, l’air et l’eau sont contaminés par des matières radioactives cancérigènes issues des déchets d’extraction.

Les résultats des recherches japonaises montrent que les fonds sous-marins sont un gisement considérable de «terres rares» et d’yttrium, présents en forte concentration dans certains sites (est du Pacifique nord et centre du Pacifique sud). Les gisements sous-marins sont évalués à 100 milliards de tonnes, écrit le quotidien financier Nikkei. Ils reposeraient par 3.500 à 6.000 mètres de fond, sur une superficie de 11 millions de mètres carrés. « Un kilomètre carré de ces gisements pourra fournir un cinquième de la consommation annuelle mondiale actuelle [de terres rares] », a expliqué Yasuhiro Kato, professeur associé de sciences de la terre à l’université de Tokyo.

 

Sous les mers : extraction facile

Mieux encore, les expériences menées par les chercheurs japonais montrent que ces «terres rares» contenues dans les boues sous-marines peuvent être facilement extraites à l’aide d’un bain acide. Selon Yasuhiro Kato, une telle technique ne présenterait pas de danger pour l’environnement, «car les acides dilués utilisés dans ce lessivage ne sont pas rejetés dans l’océan».

Cependant ces propos n’ont pas encore été mis à l’épreuve de la grande profondeur des mers pacifiques – entre 4000 et 5000 mètres – « c’est une question difficile pour moi, car je ne suis pas ingénieur, juste géologue » admet M. Kato. Sera-t-il possible technologiquement et rentable économiquement d’extraire ces terres rares ? Quoiqu’il en soit, pouvons-nous encore accepter que les matériaux de fabrication de nos voitures électriques ou éoliennes proviennent d’une production polluante ?

Source: 20minutes.fr, les echos, le devoir

UE : 38 millions pour l’éco-innovation

Dans le cadre du programme pour la compétitivité et l’innovation (CIP selon l’acronyme anglais), l’Union Européenne propose 38 millions d’Euros pour financer 42 projets qui seront sélectionnés en septembre.

Le CIP est destiné à soutenir le développement de nouveaux produits, services et procédés économes en ressources naturelles et produisant moins de déchets, d’émissions et de polluants. Les projets devront s’inscrire dans ce cadre et faire appel aux innovations environnementales existantes.

Enthousiaste, M. Janez Potocnik, membre de la Commission européenne chargé de l’environnement a déclaré « Ces éco-innovations sont une source d’inspiration considérable. Elles sont la preuve qu’il est possible d’exercer une activité économique de manière très fructueuse tout en respectant l’environnement. »

287 projets ont été soumis au titre de l’appel à propositions lancé en 2010, ce qui correspond à une hausse de 42 % par rapport à 2009. Parmi les projets retenus l’an dernier, les jurys avaient apprécié une technique non-invasive de réparation des conduites d’eau, des panneaux acoustiques fabriqués à partir de caoutchouc provenant d’anciens pneumatiques, des panneaux intérieurs biodégradables permettant de diminuer de 15 % le poids d’un avion, ou encore un procédé de fermentation facilitant la récupération du CO2 dans les brasseries.

Cette année, la CE vise particulièrement les demandes qui portent sur des projets liés au sujet prioritaire que constitue « la préservation de l’eau mais également au recyclage des matériaux, à la construction durable, à l’industrie agro-alimentaire et aux entreprises respectueuses de l’environnement ».

Les candidatures sont surtout attendues parmi les PME européennes. Cette initiative européenne est une fois encore l’illustration que préservation de l’environnement et efficacité énergétique ne se contredisent pas. Bien que le montant des aides allouées aux projets reste insuffisant, c’est un moyen constructif et positif d’orienter les entreprises vers les innovations respectueuses de l’environnement.

L’appel à propositions sera clôturé le 8 septembre 2011

Source: enerzine, le moci

Mont-Saint-Michel: l’Unesco demande la suspension des projets éoliens

Source: Fotosearch

Lors de la 35ème session de l’Unesco – l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture – réunie jeudi 23 à Paris, ses représentants ont demandé à la France de renforcer la protection du Mont Saint-Michel, site classé au Patrimoine mondial depuis 1979.

L’Unesco recommande à l’État « de mettre en œuvre un plan de gestion de la vue autour du Mont ». Elle proscrit les projets d’installation d’éoliennes autour de la baie sur terre comme en mer. Elles ne doivent pas être visibles depuis la Merveille de l’Occident, ou visibles quand on la regarde : la France doit suspendre tout projet d’installation accepté ou en cours.

L’État devra faire un rapport sur ce plan de gestion « à la 36e session, en juin 2012 ». D’ici là, une délégation de l’Unesco devrait se rendre sur place en automne…Le Mont ne risque pas d’être déclassé du Patrimoine mondial de l’humanité, l’organisation décrit uniquement avec précision ses souhaits pour la préservation.

Seuls deux projets ont été autorisés : côté Manche à Argouges, où l’on compte trois éoliennes qui, à la demande du préfet en 2007, ont limité leur hauteur à 99 m en bout de pale. Des recours ont été déposés. La construction n’a pas commencé. Côté Ille-et-Vilaine, un seul projet est prévu à Tremblay: quatre éoliennes de 140 m. Le préfet a donné son accord fin mai.

Ces projets ont été acceptés car même « si les éoliennes étaient perceptibles, elles seraient difficilement identifiables, compte tenu de l’infime taille des objets pouvant apparaître à l’horizon » déclarent les autorités du département Manche. Cependant il n’est pas certain que l’Unesco accepte un tel argumentaire. D’autant que selon l’ONG Europa Nostra, qui regroupe plus de 250 associations du patrimoine en Europe, ces éoliennes, à 20 km du Mont-Saint-Michel, seraient visibles depuis le Mont, et dégraderaient un « paysage immuable et unique ».

En attendant de possibles suspensions, les associations opposées à l’installation de parcs éoliens dans la baie du Mont Saint-Michel à l’instar de la Fédération Environnement Durable se sont félicitées de cette demande. Le conflit entre nature et culture est de nouveau déclaré cette semaine. Comment devrions-nous concilier ces deux types patrimoines ? L’énergie renouvelable ou la majesté d’un site ?

 

Source:  actu-environnement, ouest-france, romandie

L’économie française verdit

Source: Enviro2b.com

Le 14 juin ont eu lieu les premières rencontres nationales de l’économie verte en présence de la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette journée a permis de dresser un bilan de cette économie nouvelle en France.

Aussi la ministre a déclaré un chiffre : 950.000 emplois verts avaient été comptabilisés en France en 2008. Ces chiffres émanent d’un rapport de l’Observatoire national des emplois et des métiers liés à la croissance verte, un service animé par le Service de l’observation et des statistiques (SOeS) du Commissariat général au développement durable. Crée en 2010, l’objectif de cet observatoire est de comparer les méthodes et les chiffrages sur les emplois, les métiers et les formations de la croissance verte.

Toujours selon l’Observatoire, la croissance de ces emplois verts proviendrait de deux secteurs :

1. les éco-activités, catégorie qui comprend les métiers de la protection de l’environnement, la gestion des ressources naturelles, les activités transversales comme les services généraux publics, la R&D et l’ingénierie.

Cette catégorie a le plus profité de la création d’emplois en 2008, notamment le secteur de la gestion du bruit, des eaux et des déchets.

2. les activités plus périphériques incluant toutes les activités dont la finalité n’est pas environnementale, c’est-à-dire : la production et la distribution de l’eau, la gestion des espaces verts, les transports Grenelle (activités liées au ferroviaire) mais aussi les travaux d’isolation, la fabrication de certains produits industriels tels que les chaudières à condensation.

Cette tendance devrait se poursuivre – sous l’égide du Grenelle de l’environnement – qui prévoit 440 milliards d’euros d’investissements dans les emplois verts d’ici 2020, dans les secteurs du logement, des transports, des énergies renouvelables et de l’agriculture.

Ainsi, d’après le ministère du développement durable, l’économie devrait voir fleurir des chefs de projet éolien, diagnostiqueurs immobiliers, conseillés en agriculture biologique, poseurs de panneaux photovoltaïques…

L’orientation vers une croissance verte reçoit les vœux des politiques, notamment d’Eva Joly, député au Parlement européen et candidate aux primaires d’Europe-Ecologie, qui affirme que « la conversion écologique est fortement créatrice d’emplois. […] On en prévoit 500.000 en 2020 ».  De même, Corinne Lepage, elle aussi députée européenne, est favorable à la croissance verte mais précise que si les métiers de l’énergie renouvelable sont peu présents en France, c’est qu’ « il y a une incompatibilité complète entre le tout nucléaire (car nous n’avons pas de mix électrique) et le renouvelable qui vient concurrencer le nucléaire dans un pays où le nucléaire est en surcapacité ».

Ces réactions décrivent la nécessité de faire de la croissance verte une véritable perspective économique, la nécessité de créer la diversification du bouquet énergétique. La politique française actuelle en matière d’énergie reste majoritairement attachée au nucléaire. Aussi les promesses d’investissements ne peuvent se concrétiser sans un choix tranché des politiques pour une diversification des investissements énergétiques…

 

 

Hydrogène : avons-nous trouvé l’énergie du futur ?

 

Source: Fotosearch

 

Cette semaine, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) a lancé, quatre Appels à Manifestations d’Intérêt (AMI) parmi lesquels figure la promotion de l’Hydrogène et de la pile à combustible. Cet appel démontre que les « Pouvoirs Publics de notre Pays prennent enfin conscience de l’importance capitale de ce vecteur d’énergie pour l’avenir de notre Pays», affirme René Trégouët, sénateur français honoraire dans un article sur RTflash.

L’appel fait suite à une conférence sur l’hydrogène du 31 mai lors des Mardis durables du Palais de la Découverte (Paris, France) auxquels avait participé l’ADEME et des représentants de sociétés majeures : Areva, Air Liquide, CEA, l’association ALPHEA.

Le développement de l’énergie à base d’hydrogène relève de la progressive prise de confiance des autorités scientifiques puis publiques pour cette énergie plus propre. L’opinion générale reste encore sceptique face à un gaz potentiellement dangereux : l’hydrogène est un gaz explosif. Mais « si l’on met le feu à une voiture à hydrogène, elle n’explosera pas, contrairement à celle à essence : l’hydrogène s’échappe, formant une flamme incolore, verticale et non rayonnante », assure Gauthier Winé, ingénieur chez ALPHEA.

 

Une fabrication rentable et verte

Il y a plusieurs procédés de production de l’Hydrogène : le vaporeformage, à partir d’hydrocarbures, et l’électrolyse de l’eau. La première technique, la plus répandue, a l’inconvénient de produire du CO2, et la seconde nécessite quant à elle de grandes quantités d’électricité mais affiche un très bon rendement. Pour le mieux, il faudrait que l’hydrogène soit produit à partir d’énergies renouvelables. Une solution serait de le fabriquer à partir de biogaz obtenu par fermentation de biomasse ou de créer l’électricité nécessaire à l’hydrolyse à partir de force éolienne, hydraulique et photovoltaïque.

Son stockage sous forme solide est plus sûr et moins coûteux. Cette forme de conservation est bien développée chez Mc Phy Energy, une startup française, qui sait stocker l’hydrogène sous forme de fines galettes d’hydrures de magnésium solides.

René Trégouët estime qu’ainsi les producteurs seront de plus en plus petits : l’énergie solaire ou éolienne permettra à un particulier de fabriquer et stocker de l’hydrogène sous forme non dangereuse. La plaque d’hydrogène pourrait autoalimenter une pile à combustible. «Le particulier ainsi équipé disposera, au moment où il le voudra, de toute l’électricité dont il aura besoin pour s’éclairer, pour se chauffer, pour faire tourner tous les matériels fonctionnant à l’électricité » conclut le sénateur.

Cette énergie transportable pourrait, sous la forme d’1mx30cmx30cm, « répondre à la consommation journalière d’un ménage », souligne Daniel Clément, directeur scientifique adjoint à l’ADEME. A ces avantages s’ajoute son indépendance des réseaux d’énergie existants. D’autant que le rendement de la pile à hydrogène est bon : entre 45 et 60 % ; ceci est mieux qu’un moteur classique.

 

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

On fait peu d’usages de l’hydrogène dans l’industrie française. La cause revient à une réglementation française dans ces domaines beaucoup plus restrictive que celle des pays concurrents (Japon, Corée, Allemagne, Pays scandinaves, USA) et au ridicule des incitations fiscales proposées pour développer ces secteurs stratégiques (au niveau des PME et des particuliers).

 

De l’énergie hydrogène pour quoi faire ? Peut-on souhaiter déjà longue vie à la voiture à hydrogène ?

Les avancées technologiques du secteur automobile sont saisissantes. Les voitures construites, plus légères que leurs homologues, s’adaptent à tout type de climat, sont de plus en plus autonomes et leur plein se fait en quelques minutes. Ainsi, pour les grands trajets, ils surclassent les modèles électriques, qui sont davantage adaptés aux déplacements en ville et nécessitent plusieurs heures de recharge. Ils dépassent de loin les possibilités permises par les biocarburants.

Mercedes en tête avec la classe B F-Cell. Ces trois voitures viennent de parcourir un tour de la Terre de 90 000 km à elles seules pour prouver leur autonomie. Audi suit la même orientation avec la Q5 HFC (Hybrid Fuel Cell) : son automobile a participé à un rallye de 300 km sans refaire un seul plein. Toyota promet des berlines à l’hydrogène mais seulement là où les infrastructures adéquates sont et seront disponibles.

Face à la hausse des prix du combustible fossile, les consommateurs préfèrent investir dans des modèles utilisant des options plus abordables. Nombreux attendent d’ailleurs un véhicule à émission zéro. Quoiqu’il en soit, les consommateurs n’achèteront pas le véhicule s’ils n’ont pas accès au carburant requis. Et seules la demande, la volonté politique et la disponibilité des véhicules à hydrogène ainsi que du carburant animeront le développement et des automobiles et des moyens de  et les routes qui les accueilleront. Pour exemple, en 2007, le Canada et les États-Unis ont convenu de créer une « autoroute verte », un réseau de 200 stations de ravitaillement en hydrogène entre la Colombie-Britannique et la Californie.

Mais en attendant la généralisation de la commercialisation de la voiture à hydrogène, rendez-vous dans les huit bus londoniens, en Angleterre, déjà équipés afin de répondre au projet de  réduction des émissions de CO2 de 60 % d’ici 2025…

Des pistes pour un sommet de Bonn efficace

 

A une semaine du lancement du sommet des Nations-Unies sur le changement climatique à Bonn, en Allemagne, Andrew Simms vient de publier une tribune sur le site du Guardian. Mais qui est Andrew Simms? Il s’agit du directeur du programme sur le changement climatique du NEF – the new economics foundation.

Celui-ci suggère dix pistes de réflexion aux négociateurs du sommet :

  • Organiser les négociations dans des lieux durement touchés par le réchauffement climatique, comme l’archipel de Tuvalu, menacé de disparition par la montée des eaux. Cette décision leur permettrait sans aucun doute de prendre conscience des problèmes auxquels ils doivent remédier.
  • Débarrasser les délégations des lobbyistes issues d’entreprises peu scrupuleuses.
  • Remettre en question le système de calcul des émissions de CO2. Andrew Simms estime ici que les pays riches ont trop souvent l’opportunité « de délocaliser leurs émissions » en faisant produire leurs marchandises dans d’autres pays, et donne ainsi une image de progrès dans la lutte contre le changement climatique, alors qu’il n’en est rien.
  • Expérimenter plus, et abandonner toute vision à court terme. Il propose ici la création d’un conseil représentatif indépendant, chargé de fixer un plan d’ensemble de réduction des émissions de CO2.
  • Associer tous les acteurs et les aspects des villes pour favoriser une transition énergétique en leur sein.
  • Débarrasser ce type de sommet de présentations « d’innovations gadgets », donnant le sentiment qu’il s’agit d’une « foire commerciale de la technologie » , et plutôt repenser notre modèle économique et notre politique d’innovation.
  • Mobiliser les mêmes montants employés pour le sauvetage des banques lors de la crise financière afin d’investir dans les réseaux intelligents et les énergies renouvelables.
  • Acter la suppression des subventions aux énergies fossiles, afin d’employer la manne financière dégagée pour favoriser la transition vers une économie verte, porteuse d’emplois et d’une meilleure qualité de vie.
  • Acter un objectif de réduction des émissions de CO2 de 30% d’ici à 2020.
  • Enfin, sa dernière piste est ouverte : il suggère à tous d’émettre ses propositions.

Source : The Guardian

Pour l’OCDE, croissance et protection de l’environnement vont de pair

crédits : fotosearch.fr

L’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient de publier, à l’occasion de ses cinquante ans, une tribune en ce sens sur son site web, relayée par le quotidien britannique The Guardian.

L’institution insiste sur le fait que, par des investissements judicieux dirigés vers des politiques d’innovation ou d’entreprenariat, en vue d’initier le changement vers une économie plus verte, les Etats peuvent « trouver de nouvelles sources de croissance et d’emploi ». Dans cette optique, elle a récemment mis à leur disposition un nouveau rapport, intitulé « Vers une croissance verte ». Celui-ci leur ouvre la voie en fixant « un cadre pratique pour stimuler la croissance économique et protéger l’environnement ».

Ainsi, pour le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, « ce rapport montre que croissance et souci de l’environnement peuvent aller de pair […] à condition de mettre en œuvre les politiques appropriées, nous pouvons tout à la fois créer des emplois, accroître la prospérité, préserver notre environnement et améliorer la qualité de vie ».

Deux types de mesures complémentaires sont envisagés pour permettre une transition vers cette économie plus verte. Tout d’abord, il s’agit de fixer un cadre budgétaire et réglementaire solide, ainsi qu’une politique d’innovation ambitieuse, afin de renforcer la croissance économique et préserver le capital naturel. Ensuite, il convient d’inciter à « une utilisation efficiente des ressources naturelles » et de rendre ainsi la pollution plus coûteuse.

L’organisation estime que ce changement doit être opéré le plus rapidement possible. Elle constate en effet que le capital naturel dont l’humanité dispose se dégrade : l’eau se raréfie, le climat se modifie…

Enfin, elle met également à la disposition des Etats certains outils pratiques afin de les soutenir dans cette transition, comme le document « outils pour la mise en place d’une croissance verte » ou encore un mécanisme de suivi des progrès réalisés.

Le « Straddling Bus » chinois, bientôt sur nos routes ?

La Chine a présenté en mai 2010 à la manière de Steeve Jobs un tout nouveau concept de transport en commun révolutionnaire : le « straddling bus ». Ce concept prend des allures de tramway ou train léger suspendu, ou encore plus surprenant, de tunnel roulant, permettant aux voitures de circuler sous son châssis. Il devrait être mis en service dans le futur dans le district de Mentougou à Beijing.

Mais quel est l’intérêt d’un tel concept ? Celui-ci permettrait sans aucun doute de décongestionner nos aires urbaines et fluidifier le trafic. En effet, il mettrait un terme à la nécessiter de cumuler sur nos axes de circulations des voies dédiées à chaque mode de transport, qu’il s’agisse de l’automobile, du bus ou encore du tramway, en les réunissant en une seule et unique voie à usage commun.

Ce bus nouvelle génération serait alimentée par l’électricité et l’énergie solaire, lui permettant d’atteindre une vitesse maximale de 60Km/h, et pourrait transporter plus d’un millier de voyageurs. Son coût serait d’approximativement 52 millions d’euros. Celui-ci reste moindre que l’investissement nécessaire au creusement et à la mise en service d’une ligne de métro par exemple : le coût de fabrication du « straddling bus » ne représente ainsi que 10% de l’investissement nécessaire à la réalisation d’un métro équivalent. En outre, sa réalisation aurait un impact environnemental moindre.

Ce projet nous vient de « Shenzhen Hashi Future Parking Equipment Co. ». Le verrons-nous un jour sur nos routes ?

L’eau du robinet permet de produire de l’électricité

Crédits photographiques: Flickr

Une « micro-turbine » installée sur le réseau d’eau potable permet de générer de l’électricité. L’avenue Brancolar de Nice a été choisie par Veolia Eau pour mener ce projet pilote.

L’eau arrive par un tuyau et ressort par un autre pour faire tourner une « micro-turbine »

Après 9 ans de démarches administratives, cette « micro-turbine » innovante a pu être implantée sur le réseau d’eau potable niçois.

L’eau potable arrive par l’un des tuyaux bleu clair puis repart dans un autre tuyau après avoir entraîné une turbine bleu foncé. L’eau potable, traitée en amont à l’usine de Super-Rimiez ressort intacte du processus par l’autre canalisation.

Benoît le Falher, directeur d’exploitation de Veolia Eau, explique que « l’usine d’eau potable est située à 220 m d’altitude ». Ainsi, « l’eau descend en ville : la gravité entraîne forcément une pression dans les tuyaux ».

Une première en France

S’il s’agit d’une première en France, « deux autres turbines ont depuis été installées, dont la dernière route de Turin, en décembre dernier », ajoute Benoît le Falher. L’investissement total qui dépasse 1.5 million d’euros va permettre de produire 5 millions de KW/h par an, revendus à EDF.

Selon Benoît le Falher, « une fois amorties, dans environ 5 ans, ces installations, qui génèrent plus de 400 000 € de revenus annuels, reviendront à Nice Côte d’Azur » et le trop-plein de Super Rimiez devrait permettre de faire tourner une quatrième turbine dans la communauté urbaine.

Au total, ces « micro-turbines » pourraient produire l’équivalent de la consommation électrique annuelle de l’usine d’eau potable de Nice. Pour Benoît le Falher, il s’agit « tout de même de l’une des plus grosses structures de ce type dans tout le Sud-Est ».

On espère que cette démarche pourra être généralisée puis complétée à terme par le chauffage par les « eaux usées » voire même bénéficier des récents enseignements liés aux feuilles artificielles.

Des cellules solaires sur les pistes cyclables aux Pays-Bas

Crédits photographiques: BrokenSphere

Après le smartphone , le tissu, le verre ou le plastique, c’est une piste cyclable qui va être recouverte de cellules solaires.

Un projet précurseur de « Solaroad »

Les Néerlandais sont bien connus pour l’omniprésence de leurs pistes cyclables à tel point qu’Amsterdam est au coude à coude avec Copenhague pour le titre de capitale européenne des vélos.

Dans ce contexte, les Pays-Bas envisagent l’installation de panneaux solaires sur les routes en commençant par les pistes cyclables. Cela a pour avantage une utilisation efficace de l’espace qui est mise au service de la production d’énergie.

Ce projet « Solaroad » est né grâce à la firme néerlandaise TNO. Une couche d’un centimètre d’épaisseur de cellules solaires en silicium cristallin est fixée sur le dessus avant d’être recouverte d’une couche de verre trempé.

Un projet pilote pour l’année prochaine

Ce procédé pourrait potentiellement produire 50 kWh par m2 et par an pour notamment contribuer à l’éclairage des rues et des feux de circulation dans un premier temps.

Cependant, ce procédé en est encore au stade du développement. C’est la raison pour laquelle un programme pilote à petite échelle doit être mené dans la ville de Krommenie, en dehors d’Amsterdam.

Prévue pour être installée l’année prochaine, la première « Solaroad » pourrait ensuite être mise en place dans tout le pays. Aux Etats-Unis, les premiers tests de routes solaires ont débuté en février mais le prix du panneau solaire routier en verre super résistant devrait rester très élevé.

Les tarifs du gaz et de l’électricité doivent être réformés

 

"La fée électricité" - Raoul Dufy

Les tarifs du gaz et de l’électricité méritent d’être réformés. Ce processus est « socialement inéluctable », pour reprendre des termes employés par le professeur de l’IEP de Paris Stéphane Cossé, dans un article également cosigné par Christophe Droguère, expert dans le secteur de l’énergie, et Yann Wehrling, porte-parole du Modem, que vous pouvez lire ici.

Un mois jour pour jour après le tsunami japonais qui a conduit à la catastrophe de Fukushima, les experts de l’énergie et du climat s’interrogent toujours sur l’avenir énergétique de la planète. En France, outre le débat sur la filière nucléaire, les représentants du gouvernement et de l’opposition ne s’entendent pas sur l’application de la loi « Nome » – pour « Nouvelle Organisation des Marchés de l’Electricité ».

La question des tarifs de l’énergie est au coeur de ces débats. Dans un contexte marqué par la crise et une augmentation de « la précarité énergétique », est-il nécessaire d’augmenter les tarifs du gaz et de l’électricité ? (oui le gaz à augmenté le 1er, il ne s’agissait pas d’un poisson et oui, l’électricité doit à nouveau augmenter…)

L’idée véhiculée par les 3 experts précités, dans leur article paru aujourd’hui sur lemonde.fr, consiste à admettre que « les prix de l’électricité et du gaz vont être amenés à augmenter significativement les prochaines années », quelque soit notre « mix énergétique ». La tendance irait évidemment à une plus forte augmentation si le pays d’engage vers une sortie du nucléaire au profit d’un développement des énergies alternatives.

Certains élus, associations de défense des consommateurs, s’élèvent contre toute réforme des tarifs du gaz et de l’électricité au motif qu’elle serait inévitablement injuste et pèserait sur le portefeuille des ménages les plus précaires.

Là réside l’intérêt du « point de vue » développé par Cossé, Droguère et Wehrling. Ils proposent dans ce contexte de « reconsidérer en profondeur » le « système réglementé actuel qui traite de la même façon un ménage à fort pouvoir d’achat et les ménages les plus pauvres en précarité énergétique ». Pour les tarifs de l’électricité, ils suggèrent deux options :

  • « Étendre le tarif social du million de ménage actuel (bénéficiaire de la CMU) à 25% des ménages consommateurs d’électricité (environ 8 millions, soit les bénéficiaires d’allocations logement). Le tarif « bleu » serait lui supprimé pour les autres consommateurs et le prix librement fixé par les producteurs mis en concurrence (donc aux coût de revient effectifs des producteurs). Ces prix intégreraient une contribution de solidarité correspondant à la subvention au titre de « tarif social étendu ». »
  • « Maintenir un seul tarif, qui serait subventionné jusqu’à un certain volume, correspondant à une consommation énergétique minimale pour limiter les situations de précarité. Au-delà, le tarif serait fixé librement par les producteurs. A cela s’ajouterait un malus, payable par tous, en cas de consommation trop élevée aux heures de pointes (à ces heures, le coût marginal est plus élevé et les centrales les plus émettrices de CO2 sont mises en fonctionnement). Cette solution reviendrait à instaurer un service universel d’énergie minimal représentant un droit à l’énergie pour tous les citoyens. »

L’intérêt ici, quelle que soit l’option retenue, est que « les ménages les plus aisés et les plus consommateurs seraient ainsi incités à réduire leur consommation ou à engager des travaux d’économie d’énergie ».

Soyons donc lucide et admettons que « nous ne pouvons plus permettre que les plus aisés » des ménages français « bénéficient d’une énergie à des tarifs aussi avantageux ». Comme le soulignent Stéphane Cossé, Christophe Droguère et Yann Wehrling, il est temps d’envisager une réforme des tarifs de l’énergie basé sur « système juste et redistributif, incitatif pour les économies d’énergie, et encourageant les investissements au meilleur coût dans les moyens de production ».

L’Elysée va se chauffer grâce aux eaux usées

Crédits photographiques: Eric Pouhier

L’Elysée ouvre la voie du chauffage par les eaux usées

Une fois n’est pas coutume L’Elysée va montrer l’exemple en se chauffant grâce aux eaux usées. Selon un communiqué de presse du 1er avril, « à l’heure du Grenelle 2 de l’Environnement fixant des objectifs ambitieux pour la réduction des gaz à effet de serre et encourageant les réseaux de chaleur d’origine renouvelable, les services de la Présidence de la République montrent l’exemple, par le choix d’un système innovant de récupération de chaleur sur les eaux usées, Degrés Bleus ».

Le Palais de l’Elysée est ainsi « le premier bâtiment de l’Etat qui va désormais bénéficier de ce procédé, utilisant une énergie locale et écologique ».

206 tonnes de CO2 non rejetées

Ce dispositif qui doit être mis en place au cours de l’été 2011 devrait permettre de réduire la consommation d’énergie fossile de 63% et éviter l’émission de 206 tonnes de CO2 par an.

C’est GDF Suez qui a été retenu avec son procédé « Degrés Bleus qui utilise la chaleur émanant des eaux usées : eaux des salles de bains, cuisines… à travers des échangeurs thermiques installés dans les collecteurs et des pompes à chaleur qui concentrent les calories ainsi récupérées ».

Ce projet devrait bénéficier « du soutien de l’ADEME, dans le cadre du Fonds chaleur, et de la DRIRE au titre de la Performance Energétique ».

Les avantages et les inconvénients

Un système de récupération de la chaleur des eaux usées présente à la fois  des avantages et des inconvénients. S’agissant des avantages d’un tel système, il s’agit d’une ressource disponible toute l’année, de manière continue, à un faible coût et à proximité du consommateur. En hiver, la chaleur peut être récupérée et en été, le procédé permet de refroidir les bâtiments. Il permet en outre de réaliser d’importantes économies d’énergie.

S’agissant des inconvénients, ce système est plutôt adapté au milieu urbain car il nécessite un débit de canalisation d’environ 151/s. Enfin, l’installation est plus complexe et donc plus coûteuse sur un parc ancien.

L’interaction entre l’eau salée et l’eau douce peut produire de l’énergie renouvelable

 

crédit photographique: ACS / Nano Letters

Le Professeur Yi Cui et son équipe de chercheurs de l’Université Stanford en Californie estiment que les cours d’eau pourraient fournir environ 13 % de la consommation mondiale actuelle d’énergie.

Ils envisagent une énergie renouvelable basée sur le principe de l’entropie où l’énergie est produite lorsque l’eau douce des rivières se disperse dans l’eau de mer chargée de sel. L’équipe a développé un nouveau système entropique qui pourrait conduire à l’utilisation généralisée des énergies renouvelables générées par les rivières.

Une batterie qui capte l’énergie renouvelable créée par le phénomène de l’entropie

Dans la nature, la diffusion de l’eau de rivière en eau de mer salée conduit à une légère élévation de température et cette énergie peut être captée pour produire de l’électricité.  Les chercheurs avaient déjà mis au point une batterie qui capte cette différence pour produire de l’électricité. Cette capture se fait grâce à l’énergie osmotique.

L’eau douce et l’eau salée sont séparées par une membrane, et l’eau salée attire l’eau douce à travers la membrane, entraînant une augmentation de la pression. La pression peut alors être utilisée de différentes façons, par exemple pour faire tourner une turbine.

La batterie est optimisée grâce au processus chimique

L’équipe de Stanford a élaboré un système plus compact. Selon la Royal Society of Chemists, cette batterie extrait de l’énergie à travers des mouvements des ions de sodium et de chlore à l’intérieur et à l’extérieur d’un réseau cristallin de nanotubes.

La batterie se décharge dans l’eau de mer alors que le chlore est absorbé par l’électrode d’argent et que le sodium est absorbé par l’électrode de dioxyde de manganèse. Les ions sont libérés lorsque la batterie se charge en eau douce. Cette méthode extrait de l’énergie à partir de la différence de concentration entre deux solutions en les stockant dans des batteries chimiques.

En raison de la forte concentration d’ions dans l’eau de mer, l’énergie électrique rejetée est supérieure à celle nécessaire à la batterie pour se charger en eau douce. Pour le moment, cette technologie est à 76% efficiente mais Yi Cui a avancé que « si nous rapprochons les deux électrodes plus près, je pense que nous pouvons atteindre 85% ».

Ce qui est sûr c’est qu’environ 70% de la surface de la terre est recouverte d’eau ce qui offre un large potentiel.

La première feuille artificielle « fonctionnelle »

 

 

CC Jurvetson

Lors de la 241e réunion nationale de l’American Chemical Society, les scientifiques ont décrit une cellule solaire de pointe de la taille d’une carte de poker qui imite le processus de photosynthèse que les plantes vertes utilisent pour convertir la lumière du soleil et de l’eau en énergie.

L’objectif est « de faire de chaque maison sa propre centrale électrique »

Selon le chimiste Daniel Nocera du MIT qui a dirigé l’équipe de recherche, « la feuille artificielle apparaît particulièrement prometteuse comme source peu coûteuse d’électricité pour les habitations dans les pays en développement. Notre objectif est de faire de chaque maison sa propre centrale électrique ».

Placé dans un seul gallon d’eau – soit environ 3,78 litres – en plein soleil, le dispositif pourrait produire suffisamment d’électricité pour alimenter une maison dans un pays en développement pour une journée, a déclaré le chimiste Nocera.

Il le fait par la séparation de l’eau en ses deux composantes, l’hydrogène et l’oxygène. Les gaz d’hydrogène et d’oxygène seraient stockés dans une pile à combustible, qui utilise ces deux matériaux pour produire de l’électricité, située sur le dessus de la maison ou à côté d’elle.

La nouveauté réside dans la facilité de mise en œuvre de la « feuille artificielle »

La «feuille artificielle» n’est pas un concept nouveau. Elle a été développée plus d’une décennie auparavant par John Turner, de l’US National Renewable Energy Laboratory. Mais ce dispositif n’était pas fonctionnel pour une large utilisation car il était composé de métaux rares et chers, était très instable et d’une durée de vie d’à peine un jour.

La nouvelle feuille est composée de matériaux peu coûteux qui sont largement disponibles, fonctionne dans des conditions simples et est très stable. Des études en laboratoire ont montré qu’il pourrait fonctionner sans interruption pendant au moins 45 heures sans baisse d’activité. Cette avancée est liée à la découverte de catalyseurs peu coûteux, en nickel et en cobalt, qui sont capables de diviser efficacement l’eau dans ses deux composantes, l’hydrogène et l’oxygène, dans des conditions simples.

À l’heure actuelle, la feuille de Nocera est environ 10 fois plus efficace que la photosynthèse d’une feuille naturelle. Le chimiste pense pouvoir encore accroître son efficacité : «la nature est alimentée par la photosynthèse, et je pense que le monde futur sera alimenté par la photosynthèse ainsi sous la forme de cette feuille artificielle».